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Viywo^izxà, Lexique roman, i, p

DANS l'épopée française. I 69

Sarrasins aux chrétiens irrités et de pousser, de leur main forte, toutes les nations de l'Occident contre la barbarie orientale. Ecoutez plutôt ce petit sermon du Pape dans Aspronont : « Francs chrétiens, Dieu vous tienne en vertu ! C'est un grand bonheur, vous pouvez bien le dire, que la nécessité de cette guerre. Vous avez en vous grand péché qui vous confond et vous domine; mais, par les grands coups de vos épées d'acier, vous allez être absous et purifiés. Pas de dilai, je vous en prie. Vengez, vengez notre Seigneur Jésus. Ou je me trompe bien, ou vous serez vainqueurs (i). » Certes, cette harangue courte et bonne vaut celle de Turpin dans Roland. Le Pape y montre autant d'énergie contre les mécréants que de franchise avec les chrétiens. C'est une double grandeur.

Quant à cet amour pour les biens de la terre, qui est trop souvent reproché par les trouvères aux hommes d'Eglise, nous Tavons vu plus rarement attribué au Pape lui-même. Tout au contraire, dans le prologue de Garin de Lo/ierain, dans cette partie du poème où sont rappelées d'une façon si vivante les antiques déprédations de Charles-Martel, le Pape joue un rôle sublime. C'est un saint Léon. Comme les hordes des Vandales s'approchent, comme tous les chrétiens s'enfuient devant ces barbares, le Pape se lève, tendrement plore, s'a sa j^ent appelé, et il ordonne à tous les clercs de sacrifier leur argent pour armer les chevaliers. Objections de l'archevêque de Reims qui ne veut pas « donner une maille» ; objections de l'abbé de Cluny qui veut bien, lui, donner quelque chose... pour ne point perdre tout. Mais l'Apostole indigné, faisant usage de cette puissance sans contôle qui lui appartient comme à l'administrateur suprême de tous les biens de l'Eglise, s'écrie alors d'une voix terrible, en s'adressant à Charles-Martel : « Je vous donne « l'or et l'argent des clercs ; je vous donne le vair et le gris ; « je vous donne leurs palefrois, leurs mulets, leurs roncins. « Prenez tout. Je vous le donne et vous l'octroie. Et je vous « prête encore les dîmes pendant sept ans et demi. Mais « quand vous aurez vaincu, mon fils, v'ous me rendrez

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