‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 82 sur 161 · Aspremont, p. 10, vers 82 et suivants · texte numérisé non relu

Aspremont, p. 10, vers 82 et suivants

1 70 l'idée religieuse

« les dîmes, car il vous est interdit de les garder (i). » Ces derniers mots sont profondément historiques. On croirait en vérité lire le texte des lettres apostoliques par lesquelles Boniface VIII et Benoît XI ont accordé plus tard tant de dîmes et d'annates à leur royal ennemi, Philippe le Bel... qui les méritait si peu.

Avons-nous besoin de rappeler, pour achever ici ce portrait des Souverains Pontifes, que, plus d'une fois, dans nos Chansons de geste, nos héros, noyés à la fois dans leur sueur et dans leur sang, se sont rudement occupés à délivrer Rome et à sauver le Pape. Citons en particulier cette délivrance de Rome par Guillaume Fièrebrace, qui est racontée longuement, trop longuement même, dans le Couronnement Looys. Enfin, ne l'oublions pas : le premier de tous les héros chrétiens, le type de la chevalerie chrétienne, notre Achille, Roland est sénateur de Rome et commande, dans l'armée de Charlemagne, vingt mille chevaliers pour l'Église romaine if). L'oriflamme, qui est l'antique drapeau de la France, a d'abord été consacrée à saint Pierre : elle a porté d'abord le nom de Romaine (3). On voit ici bien nettement quelles sont, à l'endroit de l'Église romaine, nos traditions nationales. Notre drapeau d'ailleurs méritera toujours le même nom que l'oriflamme de nos pères, et Roland n'est pas mort tout entier.

Les Papes ne sont pas toujours si favorablement traités par nos épiques. De temps en temps, le sens voltairien se réveille ; on n'est point fâché de lancer son petit trait contre la Vérité. Est-ce par malice, est-ce par sottise que l'auteur du Couronnement Looys prête au Pape des paroles telles que les suivantes ? L'Apostole veut allécher Guillaume pour l'engager à se charger de la défense de Rome : « Si vous faites aujourd'hui ce vasselage pour saint Pierre, vous pourrez manger de

I Garins H Loherains, édit. P. Paris, I, p. 9.

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