Ains mes nus clers n'en ot le cuer si large
172 l'idée religieuse
du Souverain-Pontife. « Il y a, dit-il, trois ç^rands sièges ecclésiastiques, Constantinople, Rome et cette cité. Il y en a même un quatrième qui est Toulouse, et Toulouse est à moi. J'ai mes clercs à moi dans tout mon royaume. Ni pour baptême ni pour chrétienté je n'ai besoin de ton pape. Et d'ailleurs, si c'est mon bon plaisir, J'EN FER.\I UN (i). »
« J'en ferai un »: parole farouche, parole d'un ennemi intime de l'Eglise romaine. Elle ne se lit que dans un poème, et ne pourrait se trouver que dans un nombre assez restreint d'autres Romans. Grâce à Dieu, cet horrible mot serait impossible dans la plupart de nos épopées nationales.
C'est ainsi qu'à nos yeux, il y a eu deux écoles de trouvères ; l'une qui était en pente vers un scepticisme moqueur, vers le scepticisme des fableaux et du Renart: l'autre, au contraire, qui était toute religieuse et dont les poètes .se considéraient comme des auteurs de Vies de Saints...