XII. — L'évêque. — Le prêtre
NOS chansons de geste nous offrent, au sujet du Prêtre, toutes les contradictions que nous y avons constatées au sujet du Pape; mais, en général, la part n'a pas été faite aussi belle aux clercs qu'à leur souverain spirituel. Le Pape était loin de nos trouvères qui le respectaient à cause de cet éloignement même, e longinquo auctoritas. Tout au contraire les évêques, les prêtres, les moines étaient trop près de nos poètes, et les jongleurs prenaient un malin plaisir à les montrer d'un doigt railleur aux chevaliers et au peuple qui étaient leur public ordinaire.
Il faut bien l'avouer: nos épiques n'ont pas eu la notion catholique de l'Évêque. ni celle du Prêtre. L'idéal même leur a manqué, ou plutôt ils se sont créé un mauvais idéal. En vérité, c'eût été un immense malheur si tous nos évêques avaient ressemblé à Turpin. Et cependant Turpin, dans la plupart de nos vieilles chansons, passe pour le type du grand, du bon évêque.
Turpin a de hautes vertus, mais il se trouve que ces vertus ne sont pas celles d'un évêque. Turpin est un soldat entre