‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 9 sur 161 · I. Eginhard, Vita Caroli Magni, cap. XXix · texte numérisé non relu

I. Eginhard, Vita Caroli Magni, cap. XXix

ques centaines d'années, ont enfin conquis leur forme presque définitive. Nous sommes en présence de la langue romane du Nord et de celle du Midi. Toute la littérature changera dès que ces deux langues, au lieu d'être uniquement parlées, seront écrites. Le latin sera de plus en plus abandonné. Une inévitable originalité éclatera dans notre poésie d'abord, puis dans notre prose véritablement transformée. Nous ne serons plus les copistes de l'antiquité ; nous serons nous^ c'est-à-dire la France. La langue classique elle-même subira l'influence vivante de notre langue et de la nouvelle littérature. Tout va rajeunir, tout rajeunit déjà, revirescunt omnia.

Malgré l'existence de quelques poésies françaises évidemment antérieures à l'an mille, et bien qu'il y ait eu avant cette date une tendance notable à une littérature nationale, nous ne pensons pas que l'époque romane proprement dite ait commencé avant le XI^ siècle. C'est alors que la France, ne craignant plus la fin du monde, se couvre, comme le dit Raoul Glaber, « de la robe blanche des églises ; » c'est alors surtout qu'elle donne la parole à ses poètes et leur dit : i. Chantez en ma langue. » Et ils chantèrent.

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