A. EUROPE OCCIDENTALE
La France et T Alsace-Lorraine.
L'invasion, au cours de la guerre actuelle, de certains territoires, — de la Belgique et du Nord de la France en particulier — ne crée pas, aux yeux des Alliés, un droit de possession. Les discussions portent uniquement sur les frontières telles qu'elles étaient tracées à la veille des hostilités. Dans ces conditions, le sort de l'Alsace-Lorraine apparaît aux Français comme la principale question territoriale que devra trancher le traité de paix. De nombreux ouvrages sont consacrés a ce problème. On sait que dès avant les hostilités, il avait fait naître de multiples publications 2, Nous avons cru devoir les laisser de côté, dans notre relevé des livres antérieurs à la guerre : en effet, -contrairement à ce que supposent les auteurs de pareils
1. Dans un même ordre d'idées, la Revue du Foyer a donné une série -de conférences sur Les Peuples opprimés. Voir p. 191.
2. Certaines d'entre elles ont été réimprimées ou rééditées avec quelques changements pendant la guerre.
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•ouvrages, la question d'Alsace-Lorraine n'a pas été une cause directe du conflit franco-allemand ', et celui-ci ne constitue pas une guerre de revanche. Mais une fois entraînée dans la guerre contre sa volonté, « la France élève une revendication fondée sur le droit et la justice ». Elle €st unanime à réclamer le retour à la patrie des provinces perdues :
Une enquête sur la question d'Alsace-Lorraine. Renaissance politique, littéraire et artistique du é février 191 5 et du 18 septembre 191 5.
La France et l'Alsace-Lorraine, par Henri Lichten- BERGER. Revue politique internationale de novembre-décembre 191 5.
Nos droits sur les deux provinces sont considérés comme incontestables; plusieurs plaidoyers en font sentir toute la valeur et toute la force :
La Guerre européenne et la question d'Alsace-Lorraine,
par Henri et André Lichtenberger. Paris, Chapelot, 191 5. In-8, 100 p. — I fr.
Les auteurs, Alsaciens d'origine, établissent l'inanité des prétentions historiques des Allemands sur l'Alsace-Lorraine. Ils rappellent les protestations des représentants des provinces annexées. Ils retracent l'histoire des deux provinces sous la domination allemande, leurs résistances et leurs souffrances. L'Alsace-Lorraine retournera de droit à la France : mais les auteurs estiment qu'un régime spécial devra être organisé pour ne point froisser les populations, principalement en ce qui regarde leurs opinions religieuses.
L'Alsace-Lorraine. Histoire d'une annexion, par Gabriel Séailles. Paris, Ligue des droits de F homme et du citoyen, 191 5. In-i6, 64 p. — G fr. 50.
I. Aussi la question ne tient-elle que peu de place dans les ouvrages rétrospectifs sur les causes de la guerre : tout au plus les auteurs de ces ouvrages estiment-ils qu'elle contribuait à aviver la défiance hostile que bien d'autres motifs entretenaient entre la France et l'Allemagne (voir par exemple, p. 117, l'analyse du livre de M. Lévy-Brùhl).
Cette brochure de propagande donne un exposé simple et modéré de nos droits et de nos revendications. Elle a été publiée en plusieurs langues.
L'Alsace-Lorraine devant l'histoire, par Joseph Rei- NACH. Paris, Berger- Levr a ult, 191 6. In-8, 32 p. — o fr. 75.
Dans cette conférence faite le 30 mars 1916 au Comité d'assiS' tance en Alsace- Lorraine^ l'auteur rappelle les raisons historiques par lesquelles l'Alsace-Lorraine est française.
La Formation de la France de l'Est, par P. Vidal de
La Blache. Revue de Paris des i" et 15 décembre 191 5.
Comparer :
« L'Alsace-Lorraine », son histoire, son héroïsme, son martyre, ses aspirations, par A. Prignet. Préface de M. Blumenthal, ancien maire de Colmar. Paris, Delàgrave, 191 6. In-8, 188 p., illustré. — 4 fr.
Cet ouvrage, surtout destiné aux enfants, insiste particulièrement sur l'histoire des provinces annexées pendant la domination allemande.
Cest de préférence en ce qui concerne l'Alsace que les Allemands fondent sur l'histoire leurs revendications. Leurs arguments ont été réfutés, au cours de cette guerre, en plusieurs brochures qui, se complétant Tune Tautre, prouvent que l'Alsace fut française dans tout le cours de son histoire :
Notre Alsace. Ses origines naturelles et ses débuts historiques, par Camille Jullian, Paris, Fischhacher, 19 16. In-8, 16 p. — o fr. 15.
(Édition de la Revue chrètientte.)
Dans cette conférence faite à Paris le 11 février 1916, l'auteur montre que, géographiquement, l'Alsace se rattache k la France; dans l'antiquité, elle appartenait corps et âmes à la patrie gauloise. Les conditions qui ont fait jadis l'Alsace terre de Gaule ne sont pas modifiées, et la font aujourd'hui terre de France.
Les Affinités françaises de l'Alsace avant Lonis XIV et
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Tiniquité de sa séparation de la France, par Jacques Flach. Parisy Tenin, 1915. In-i6, léo p. — 2fr. 50.
L'auteur prouve, par les documents et par les faits, que dans tout le cours des huit siècles que dura la séparation de la France et de l'Alsace, jusqu'à 1648, cette province se soumit à l'influence française dans sa langue, sa littérature, ses idées. Ses tendances et ses sympathies la portaient vers la France.
Cet ouvrage fut écrit pour compléter le suivant, dont le titre, mal interprété, avait fourni un argument à la presse allemande.
Comment T Alsace est devenue française, par A. Albert- Petit. Paris, Boivin, 191 5. In-8, xii-80 p. — i fr.
Lors de son retour à la France, sous Louis XIV, l'Alsace « avait besoin d'être francisée, et elle l'a été par le jeu d'une administration libérale, parfaitement adaptée au caractère indépendant et fier des populations alsaciennes ». La communauté primitive de race et d'histoire favorisa l'entière assimilation de cette province à la véritable patrie.
L'Alsace française de 1789 à 1870, par Georges Weill. Paris, Aîcan, 1916. In-8, 136 p. — i fr. 25.
L'auteur retrace l'histoire contemporaine de l'Alsace pendant la Révolution, les guerres de l'Empire, la période pacifique et heureuse qui va de 1815 à 1870. Il insiste sur la communauté de vie de la France et de l'Alsace, qui participait intimement à l'existence nationale.
Chiffons de papiers qui n'ont pas été déchirés. La
France et l'Alsace à travers l'histoire, par Rodolphe Reuss. Préface de Paul Deschanel. Paris, Fischhacher, 191 5. In-4, 56 p., 4pl- — 3 fr- 50.
Embrassant l'ensemble du sujet étudié partiellement dans chacun des ouvrages qui précèdent, l'auteur retrace l'histoire de l'Alsace depuis César jusqu'à 1870. Il insiste sur l'amour de l'Alsace pour la France depuis la Révolution.
— L'auteur a donné en juin 1916 un SuppUtnent à son Histoire d'Alsace de i8ji à içfi2 parue en 1913 (Paris, Boivin, in-8).
Notre intérêt se confond avec notre droit : l'Alsace et la Lorraine possèdent de grandes richesses naturelles, que l'Allemagne avait su nous ravir, mais qui sont indispensables à notre vie industrielle :
éyO LES CONDITIONS DE LA PAIX
La France reine du fer si l'on nous rend l'Alsace- Lorraine, par Francis Laur. Paris^ Vauteur, 22^ rue de Brunel, 1916. In-i6, 148 p.
La Vitalité et les richesses de l' Alsace-Lorraine, par
Henri Lichtenberger. La Science et la vie de mai 191 5.
Avec une carte du bassin minier et métallurgique de la Lorraine.
Le Fer en Lorraine, par L. Houllevigue. Revue de Paris du le»" août 191 5.
Le Sel et le pétrole en Alsace-Lorraine, par L. Houllevigue. Revue de Paris du 15 février 191 6.
Voir ci-dessous, p. 672, l'ouvrage de M. Engerand : L'Allemagne et le fer.
L'ouvrage suivant adopte l'idée — généralement repoussée en France — d'un plébiscite par lequel les populations alsaciennes-lorraines décideraient de leur sort :
Le Destin de l' Alsace-Lorraine. Discours d'un socialiste alsacien à deux nations, par S. Grumbach. Neuchâtcl, Delachaux et NiesiU, 1916. In-ié, 136 p. — i fr. 50.
L'auteur s'efforce de garder entre la France et l'Allemagne une attitude impartiale; repoussant l'idée d'autonomie, il demande que, pour résoudre la question d'Alsace-Lorraine, la population consultco choisisse elle-même entre les deux nationalités.
Le Pays rhénan.
L'annexion de l'Alsace-Lorraine ne sera pas une conquête, mais la réparation d'une injustice. Les exigences territoriales de la France doivent-elles être plus étendues ? Certains auteurs le pensent: ils réclament « la rive gauche du Rhin », l'annexion des régions cisrhénanes, en appuyant leurs revendications sur une grande variété d'arguments. Quelques-uns vont jusqu'à demander « des têtes de pont » sur la rive droite du fleuve convoité :