‹ La littérature de guerre. Manuel méthodique et critique des publications de langue française. Préf. de Gustave LansonChapitre 2 sur 216 · PUBLICATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS GÉNÉRALES

Publications générales.

Dans d'assez fréquents articles, donnés principalement à h Revue hebdomadaire ^ ^ M. Louis Léger s'attache surtout aux origines et à l'histoire passée du peuple slave. Certains ouvr.iges — signés de noms russes : Ivan Ozeroff, Arthur RafTalovich — sont des études économiques qui trouveront ailleurs une place. Il n'existe qu'une publication d'ensemble qui ait été présentée comme un etFort pour faire comprendre en France « la guerre russe », si différente de la nôtre :

La Russie et la guerre, par Grégoire Alexinsky. Paris, Colin, 1915. In-i6, 368 p. — 3 fr. 50.

(Le manuscrit français de cet ouvrage a été revu par M. E. Cletmann.)

Dans la première partie Avant la guerre l'auteur étudie les antécédents du conflit en Russie : la politique extérieure du gouvernement, la vie de la nation, troublée par les luttes intestines, la situation économique et financière du pays, sa dépendance vis-â vis de l'Allemagne, ses forces militaires : il établit que ni le peuple russe ni la « bureaucratie gouvernante » n'ont voulu une guerre contre l'Allemagne. La deuxième partie Dans la mêlée sanglanii justifie tout d'abord la conduite de la Russie pendant les négociations diplomatiques, puis l'auteur fait connaître l'attitude qu'ont prise respectivement, au cours de la guerre, les différentes nationalités englobées dans l'Enipire, les partis opposés. Il analyse l'état d'esprit du public et du soldat. Il insiste sur la grande puissance et sur les intrigues du parti allemand, ainsi que sur les abus de pouvoir du tsarisme. Une troisième partie Après la guerre, exami nant les modifications territoriales éventuelles, repoussse tout accroissement du domaine russe en Europe, et demande la neutralisation des Détroits. Elle étudie l'évolution qui, après l'anéantissement de l'impérialisme prussien, conduira la Russie vers la liberté,

I. Voir les livraisons des 5, 19, 26 décembre 1914, etc.. Voir aussi plus haut, p. 124.

et elle envisage l'avenir fécond des relations de l'Angleterre et de la France avec la Russie. L'auteur, ancien député à la Douma, l'un des chefs du parti social-démocrate ouvrier dans son pays, était grand adversaire du gouvernement et du régime.

Divers organes à tendances libérales sont fondés par les Russes domiciliés en France : \ Ëcho de Russie, hebdomadaire, paraissant à partir du 27 avril 191 5 ; la Nouvelle Russie, revue paraissant à partir du 8 mars 1916.

L'Ingérence allemande en Russie.

Le parti allemand dont la puissance était dénoncée par M. Alexinsky, dont la naissance et le développement étaient étudiés par M. de Wesselitsky ', devait faire la matière d'une importante série d'articles, que la censure supprima, et dont il ne resta qu'un titre, suivi d'une page d'avertissement :

Russie russe et Russie allemande, par J. Fikot. Revue Ç Ancienne Revue des revues) de mars 1916.

En dépit de la censure, l'auteur fit imprimer son étude en un fascicule in-8 de 72 pages, qu'il ne pouvait faire mettre dans le commerce, mais qu'il distribuait à ses amis.

— Voir antérieurement, du même auteur, dans la Revuf du i"""-!) octobre 1915 : Russes et Allemands.

C'est par la prépondérance de ce parti allemand, par les trahisons et les attentats qu'il a fomentés, que s'expliquent les grands succès militaires de l'Allemagne en Russie :

Quelques dessous de la stratégie allemande, par M. Barrière. Revue de Paris du 15 mars 1916.

L'auteur voit dans les trahisons du colonel Miassoiédof et de ses émules, dans les attentats tels que celui de l'usine d'Ochta, les auxiliaires indispensables de la stratégie allemande en Russie.

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