‹ La littérature de tout à l'heureChapitre 49 sur 56 · Francis Poictevin : Derniers Songes · texte numérisé non relu

Francis Poictevin : Derniers Songes

scrupules. D'ailleurs, cet universel, cette fiction qui fait défaut, autour de quoi si délicieusement flotteraient et se dérouleraient, dans les limites d'une principale et grandissante unité, les mille détails réflétés-de FIdèe, cette fiction existe peutêtre comme fictivement. Ne se forme-t-elle pas dans le souvenir du lecteur des Paysages et des Songes et ne serait-ce pas ce visage humain qui n'est jamais dit, la réalité de l'âme qui'ne's'avoue que par ses extrémités? — Au souvenir les livres de Francis Pùictevin apparaîtraient : une antique chasuble très précieuse, mais d'un si long temps que le tissu principal et grossier, usé, fusé sous la cassure des ornements métalliques, seulement par places conservés, ne subsisterait plus qu'ainsi que de très légers fils et qu'il ne faut pas toucher, crainte de les rompre. — Peut-être Poictevin souffre de ne point posséder le Vers : et comme le Vers spîendide relierait fortement ces proses dénouées ! Cdmme il ferait que ce recul d'inachevé, que l'écrivain très- justement exige de son œuvre, ne fût point cette désordonnance des notes ajoutées ! — Ce sentiment de lui sur les compositions: « Révélé à la dernière page, mais révélé en un prolongement, tout doit moins être dit qu'indiqué en une indicible réticence. Et ainsi cette réticence, cette sous-entente, ce dernier aveu caché, que devra deviner, dans son âme, le lecteur rare, voilà l.e sceau de l'œuvre. »

Adrien R macle. en allant an fond du problème humain, a reficoirtré'.mi de ces mystères de naturelle surnaturalité qui semblent être les seuls sujets, désormais, permis au romancier en chemin vers l'Intégral et, pour informer ce cas extraordinaire de la vie ordinaire, l'écrivain à été nécessairement induit, n'ayant pas le vers, à varier son style en sorte que l'illusion d'un rhythme soit procurée par le mélange du poème en prose et de la prose d'analyse. C'est ' la résultante d'une double filiation paternelle par l'adultère 2. Du mari de sa mère l'enfant hérite une violente force impulsive d'amaiivité qui paralyse la spiritualité héritée de l'amant. L'enfant, devenu un peintre, reste enfant toute sa vie : ses tendances vers l'absolu du Beau et vers l'absolu de l'amour sont l'une par l'autre rendues insuffisantes. Il a des ferveurs cordiales excessives ; heureux, souffre d'inapaisables soifs de féminin ; malheureux, tend à l'irréductible abstraction de l'amour divin, puis s'exalte jusqu'à l'impossible en son art, puis tombe aux méfiances les plus grossières, à des bassesses banales. En une femme aimée il essaie

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