CRITIQUE, PHILOSOPHIE, APOLOGÉTIQUE, ETC
Lamennais; Bonald ; Joseph de Maistre. — C'est dans la prose qu'il faut chercher l'originaHté de cette période.
Toute l'œuvre des encyclopédistes esta terre. Trois hommes ont marché à la fois contre elle : Lamennais, Bonald et de Maistre. — Lamennais*, compatriote de Chateaubriand, débuta par V Essai sur l'indifférence en matière de religion (1817-1823) où il combattait l'athéisme poHtique, le rationaHsme, le protestantisme, la religion naturelle, en deux mots l'individuaHsme et le principe cartésien.
Nous assisterons plus tard à son évolution. — L'ennemi de Condorcet et de Condillac, le vicomte de Bonald *, aura été avant tout le théoricien du pouvoir absolu : l'institution de la société est pour lui d'origine divine (ce qu'il croit prouver par l'origine métaphysique du langage) ; le roi est maître sur ses sujets comme Dieu sur le monde ; l'homme n'a pas de droits, mais des devoirs. Et, si Bonald s'en était tenu à ce catéchisme, on pourrait le négliger ou le considérer sous l'aspect archéologique ; mais il est de ces systématiques qui sont plus intéressants dans la négation que dans l'affirmation, et la critique qu'il a faite de la démocratie est si profonde et a reçu de l'expérience des confirmations si rigoureuses qu'il apparaît à beaucoup comme une espèce de voyant. — Plus papiste que monarchiste, Joseph de Maistre* examine les événements du point de vue ultramontain. Ses Considérations sur la France (1796) montrent l'action de la Providence dans la marche de la Révolution;
Lamennais.
l'Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814) prétend établir qu'une constitution politique est une œuvre divine ; YExamen de la philosophie de Bacon (1836) ne tient le monde pour intelligible qu'à travers l'idée de finalité ; le sous-titre des Soirées de Saint-Pétersbourg (1821) est Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, etc. De Maistre est un magnifique écrivain. Tempérament de révolutionnaire au service de toutes les puissances de réaction, il se rend vite à charge aux causes qu'il défend et meurt à temps pour n'être pas frappé des foudres qu'il a replacées dans la main du Pape.
Philosophes, humanistes et critiques. — Les encyclopédistes sont à terre : Volney, l'auteur des Ruines et de la Loi naturelle, ne veut plus être que philologue, et Garât, « l'optimiste de la Révolution », va démentir par une fin chrétienne les principes de sa vie.
Cependant il y a encore des philosophes, mais assagis. Ainsi Azaïs, l'accommodant inventeur de la doctrine des compensations, Gérando, Laroraiguiôre et Maine de Biran *, qui se séparent des derniers condillaciens, représentés par Destutt de Tracy, et s'acheminent vers l'éclectisme universitaire de Victor Cousin. Ce spiritualisme psychologique est condensé en petites formules précieuses par Joubert * qui fait commerce de lettres avec les beaux esprits du temps. On peut goûter encore Joubert et il faut noter que l'influence de Maine de Biran s'est prolongée, par delà Victor Cousin, jusqu'à Ravaisson et Lachelier. Saint- Simon, à l'écart, réorganise sur le papier l'Europe, la société, l'industrie, la religion et, partant du principe que « tout homme doit travailler », veut substituer au régime de la propriété héréditaire celui de « l'association universelle » ; Ballanche {Essais de palingénêsie sociale, Orphée, la Ville des expiations, etc.), mystique et nuageux, noie dans l'ouate de ses phrases une pensée qui ne sut pas choisir entre la Révolution et le Péché originel ; Daunou, Suard, Ginguené, Quatremère de Quincy, Coray, Boissonade. Hase, Letronne, Dubner, etc., humanistes et philologues ; les deux Champollion, qui fondent l'égyptologie ; Sylvestre de Sacy. Garcin de Tassy, Dalher, Cahen, qui explorent les civilisations persane et sémitique; Paulin de Saint-Barthélémy et Antoine de Chézy, qui inaugurent en France les études sanscrites où vont se distinguer Langlois et Eugène Burnouf ;
LA PROSE - 'Si
Le Gonidec, qui restaure la langue bretonne ; Raynouard, qui découvre les troubadours avant Diez; Brillât-Savarin, qui fait une science de la gastronomie dont Berchoux n'avait su faire qu'un art ; Geoffroy, qui crée aux Débats le feuilleton dramatique dont Duviquet hérite à sa mort (1814); i->ussault, Féletz, Iloffman, qui se disputent dans la presse le « sceptre » de la critique échappé à La Harpe, eurent du mérite, des lettres ou du poids. Mais toutes ces figures s'estompent et disparaissent dans le rayonnement de M°»e de Staël et de Chateaubriand.
M^^ de Staël *. — Germaine Necker, mariée à dix-neuf ans au baron suédois de Staël-Holstein, a vu se préparer la Révolution dans le salon de son père. Elle en a défendu les principes sous la monarchie, et la Terreur n'a pas refroidi son zèle.
Proscrite sous le Consulat, elle fit plusieurs séjours en Allemagne, en Italie et en Russie. Rentrée en France après la chute de Napoléon, elle se retira en Suisse, à Coppet. Son salon, le premier de Paris en 1802, a été le foyer permanent de l'opposition à l'Empire, en même temps qu'un très beau centre intellectuel : Cabanis, \L-J. Chénier, Benjamin Constant, Barante, Schlegel, Guizot, etc., y ont passé. Cette esquisse biographique importe à l'histoire de son cerveau.
Pour la formation de ses théories littéraires, il n'a pas été indifférent que M.^^ de Staël fût fille de Necker, suisse, protestante, répubhcaine et qu'elle parcourût l'Europe en proscrite. C'est Jean- Jacques qui l'a menée à la politique, qui l'a menée à la littérature, et l'on distingue par quel fil elle a passé des Réflexions sur le procès de la Reine, des Réflexions sur la Paix et du livre des Passions (1796), « sorte d'autobiographie morale semée de considérations fort importantes sur la Révolution » (Herriot), au livre décisif de sa maturité : de la Littérature considérée dam ses rapports avec les instittUioHs sociales (x8oo).
M^c de Staël.
Pour la première fois dans ce livre et avec tout le dogmatisme dont elle est capable, elle établit le principe dont elle tentera un peu plus tard la vérification dans V Allemagne (1813) et qui fera fortune : à savoir que toute littérature est façonnée par le milieu. Sans en discuter ici la valeur, notons vite les conséquences qu'en a tirées l'auteur : c'est d'abord qu'il existe des littératures nationales, des types historiques de littérature ; c'est ensuite qu'une littérature n'est susceptible de fleurir et de progresser que lorsqu'elle se nourrit d'une substance indigène. Et, comme M"^^ de Staël a découvert une littérature du Nord et une littérature du Midi, celle-ci étant nommée classique, celle-là romantique, on voit, au second rang des conséquences : i® qu'il n'y a pas un Beau universel et des canons esthétiques invariables ; 2^ que les traditions helléno-latines, ne tenant chez nous à rien de national, doivent être abandonnées au profit des httératures du Nord, chrétiennes et occidentales ; 30 que, pour réaliser ce « concert européen « , proposé à notre traditionnel besoin social et humain, une pénétration réciproque est souhaitable et que nous. Français, tout particuHèrement, nous avons le plus vif intérêt à nous renouveler de sève germanique.
Si M"^6 de Staël n'avait pas accepté du xviii^ siècle la croyance au pouvoir de la raison, à la suffisance de la rehgion naturelle, à la perfectibilité indéfinie de l'espèce humaine, on pourrait appeler son œuvre une insurrection contre le passé. Ce fut du moins une insurrection contre le classicisme français. Aussi, ne s'étonne-t-on pas d'y voir correspondre chez elle, en morale, le plus exaspéré des individuahsmes. Delphine (1802), Corinne (1807), c'est M"*^ de Staël tenant tête à l'opinion, la femme de génie opposée à la médiocrité sociale qui l'opprime et dont elle ne s'affranchit qu'en se vouant à une défaite certaine. La thèse est grosse de tout le féminisme contemporain.
Avec des pages fortes, pathétiques et d'analyse aiguë, les romans de M"^®de Staël sont une manière de fatras. La philosophe est plus intéressante, bien que sa part d'invention soit assez faible et qu'il faille surtout lui reconnaître
la qualité féminine par excellence : une grande « puissance de réceptivité » . Mais elle enveloppait de lyrisme et excellait à coordonner et à systématiser les idées qui se croisaient autour d'elle. Et elle était femme encore par son aisance à se hausser au-dessus des contingences vulgaires, par le beau mépris qu'elle affichait pour les acquisitions de l'expérience. Dans son besoin d'accommoder les faits à son incurable optimisme, elle écrira sérieusement, par exemple, que « les Romains sont supérieurs aux Grecs dans la carrière de la pensée » et, de même, elle n'hésitera pas à découvrir dans « l'imagination mélancolique » le signe de la supériorité philosophique des modernes. Mais, outre qu'elle laisse beaucoup d'qbservations justes et de formules heureuses et qu'elle a bien vu, tout en les exagérant, les méfaits de « l'esprit de société », elle est considérable par l'action qu'elle a exercée autour d'elle : cette ennemie de nos traditions classiques, cette propagandiste des Lettres étrangères, partage en définitive avec Chateaubriand l'honneur et la responsabilité d'avoir « déclanché » le romantisme français.
Chateaubriand . — Chateaubriand* est tout Celte des pieds à la tête ; il est fait de tous les songes, de toutes les contradictions, de toutes les inquiétudes sans cause de sa race ; il a son tour d'imagination magnifique et funèbre, son goût de l'aventure et de la mort, son dégoût du connu, du passager et du médiocre ; il est, comme elle, toujours suspendu entre le désir et le regret; il est, comme elle, partout « en exil » et, comme elle, incapable de s'arracher à l'obsession de son « moi », de se subordonner et de se classer dans l'ordre social. De cette impossibilité d'adaptation découlent toutes les misères qu'il décore des beaux noms de mal de l'infini, tourment de l'absolu, etc. Le Celte ne souffre que d'être un déclassé. Encore a-t-il vite fait, s'il est un Chateaubriand, de tirer orgueil de son isolement comme d'une noblesse ; et, incapable de s'intéresser aux autres, il lui reste la ressource, en se projetant sur le monde, de le recréer à son image. Pour le sentiment
LlTri-KAT. FRANC. —• I. |
de la nature, Chateaubriand a eu des maîtres, dit-on, dans Rousseau et Bernardin. Mais Combourg, ses racines celtiques et ce je ne sais quoi de « physique », que M. Adrien Mithouard discerne très justement dans le christianisme breton, l'avaient singulièrement préparé à recevoir l'étincelle. La Nature, conçue comme une féerie, comme une fête de l'imagination et des sens, c'est la Nature comme la
voient déjà les romans de la Table-Ronde.
Dans un tel cerveau, l'idée ne se présente jamais qu'en images, comme chez les poètes et les enfants. Peut-être le xviii^ siècle avait-il poussé trop loin le culte de l'abstraction. Le Génie du Christianisme (1802) fut, à ce point de vue, une double réaction contre la sécheresse de cœur et la sécheresse d'esprit. Il n'est pas contestable néanmoins que l'argumentation en est faible et que la beauté d'une religion n'en prouve pas la véracité : comme l'a très bien observé Brunetière, l'erreur de Chateaubriand fut que, voulant faire l'apologie du christianisme, il la fît en Breton, et donc sentimentale. Mais le résultat qu'il visait fut atteint. En associant le christianisme à des idées touchantes et grandioses. Chateaubriand réussit à persuader les contemporains de son efficacité dans la morale, dans l'art, dans la littérature et jusque « dans la substance des sentiments humains » dont est faite la civiHsation. Parla, il appuyait l'effort de M"^^ de Staël contre l'antiquité classique ; avec moins de rigidité dans les principes, mais plus de vertu dans l'exemple, il établissait les droits esthétiques du moyen âge et de l'art gothique, il aiguillait les lettres françaises sur le subjectivisme lyrique et la représentation de la nature. Chateaubriand a « rouvert la grande nature fermée », selon l'expression de Théophile Gautier, et peu
Chateaubriand.
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s'en est fallu qu'elle n'ait tout submergé. De fait, et qu'on le prenne dans René, dans les Natchez ou dans l'Itinéraire, il n'est guère que la personnalité de l'auteur qui surnage désormais. Le reste n'est qu'un torrent d'images brillantes ou sonores.
« Cette complaisance d'imagination, dit M. Charles Maurras, Chateaubriand la portait jusque dans la politique, et ne l'aimait, à vrai dire, que pour la force d'émotion qui est en elle. Les faits ne le touchaient qu'autant qu'ils lui étaient prétexte à grandes images et à pensées retentissantes. Oiseau de tempête et de charnier, il détestait le calme, la vie organique et normale... Chateaubriand n'a jamais cherclic dans la mort et dans le passé le transmissible, le fécond, le traditionnel, l'éternel; mais le passé comme passé et la mort comme mort furent ses uniques plaisirs. Loin de rien conserver, il fit au besoin des dégâts afin de se donner de plus sûrs motifs de regrets. A la cour, dans les champs, dans les charges publiques, comme dans ses livres, il est lui et il n'est que lui, ermite de Combourg, solitaire de la Floride. »
Le jugement est sévère. Il est loisible de l'adoucir en disant que, si Chateaubriand n'a connu que lui, il s'est du moins connu profondément. En outre, son aptitude à sentir et à exprimer « les aspects multiples du vaste univers » lui a permis d' « individualiser » fortement les époques historiques, par quoi il détermine la vocation d'Augustin Thierry et ouvre encore une source féconde du romantisme : la couleur locale. Les Martyrs (1809) manquent peut-être à toutes les règles de l'épopée et il est entendu que le merveilleux en est froid, infidèle la peinture du catholicisme naissant et du paganisme agonisant : dans les pages consacrées à nos origines, la puissance de restitution est prodigieuse, surtout si l'on songe à l'idée que se faisaient de ces origines et des moeurs de la monarchie franque un Velly et un Anquetil'. Mais Chateaubriand n'eût écrit
I. Cf., par exemple le portrait de Childéric par Velly (1755) : « Childéric fut un prince à fraiidos aventures. C'était l'homme le mieux f.iit de son
que les Mémoires d'outre-tombe qu'il faudrait encore le maintenir sur nos autels. Ses autres livres ont vieilli : il y a dans les Mémoires tout ce qu'il faut pour soutenir le choc du temps, un style plein, ramassé, qui s'est presque entièrement affranchi du procédé oratoire, une vigueur de coloris extraordinaire et les plus beaux horizons de la httératurc, même, à l'occasion, du piquant, de la grâce et de la bonhomie. Ce n'est cependant pas par les Mémoires que Chateaubriand a retenti sur ses contemporains. Ils parurent trop tard (1848- 1850) et quand son action avait presque fini de s'exercer. ; En particulier ce qu'on a appelé le « mal du siècle » est né avec René (1802). Chateaubriand y campait le héros romantique par excellence, accablé par la disproportion de sou rêve avec la réalité, sombre et avide d'infini. Jamais héros n'enfanta plus d'épigones, et c'est que ce René,
Sans culte et cependant plein de désir vers Dieu,
n'est autre que Chateaubriand lui-même. On retrouvera chez Lamartine et Musset sa spiritualité nuageuse, son ennui et son vague à l'âme ; chez Vigny et Lecontc de Lislc son pessimisme ; chez Hugo, chez Augustin Thierry, chez Flaubert sa description pittoresque et sa narration grandiose, et chez tous enfin son goût de la beauté presque charnelle des mots.
Charles Nodier. — Nodier* n'a point accoutumé qu'on le rapproche d'un Chateaubriand et d'une Staël ; il s'est fait une légende autour de son nom, et le « bon » Nodier, le « nonchalant )) Nodier, s'est substitué, du vivant même de l'auteur, au véritable Nodier, investigateur et novateur, que nous connaissons mieux aujourd'hui par les travaux d'Edmond Biré et de Michel Salomon. Il est bien certain que ce
royaume. Il avait de l'esprit, du courage; mais, né avec un cœur tendre. il s'abandonnait trop à l'amour : ce fut la cause de sa perte. » Et tout esl dans ce ton, ajoute M. Camille Jullian. — Le « poème en prose » produisit vers la même époque une œuvre assez remarquable : le Dernier homme, de Cousin de Grainville, publié en 1805, après la mort de l'auteur, et qui est une sorte de contrepartie, souvent puissante, du Paradis perdu de Milton.
n'est point assez de voir en lui, avec Sainte-Beuve, « un des plus tôt éveillés parmi les romantiques, des plus matineux, mais des moins provocants et des plus détachés », et M. André Hallays a raison de signaler, comme le <c titre principal de l'auteur de Jean Sbogar, la part qu'il prit au triomphe du romantisme » .
Ce romantisme, dont M"^^ de Staël venait de dresser la carte et Chateaubriand de fixer la constitution, il en fut le premier pionnier et, dans son introduction aux Voyages pittoresques de Taylor (1820), où il « poussait à l'intelligence du gothique », comme dans le roman avec les Proscrits {1802), le Peintre de Salzhoiirg (1803), Jean Sbogar (1818), Adèle (1S20) , Smarra (1821) et Trilby (1822), où il donnait à force dans le merveilleux germanique et celtique, comme au théâtre, avec le Vampire (1820) et Bertram (1821), où il instaurait le « genre frénétique », comme dans ses multiples incarnations de bibliographe, de lexico- Charles Nodier. graphe, de philologue, etc., par ses pointes mahcieuses contre les pseudo-classiques et son admiration pour Shakespeare, Gœthe, Byron et Walter Scott, il fraya la plupart des voies où allaient s'engager ses jeunes amis de la Muse française et Victor Hugo principalement. « Il n'est pas, dit Edmond Biré, jusqu'à cette petite manie des épigraphes, devenue bientôt un des signes particuliers de l'école romantique, qui n'ait eu Nodier pour parrain. » Mais l'auteur de /^«nS6og«y était Franc-Comtois, non par accident, comme Hugo, mais profondément et par toutes ses racines, et il n'y a point chez nous de race plus caustique, avec un penchant plus marqué pour le merveilleux. C'est ainsi que Nodier tempéra toujours de mahce, à défaut d'ironie, les excès où l'entraînait son imagination aventureuse : on peut douter si lui-même se prenait bien au sérieux. Et cet aimable scepticisme le rendait parfaitement impropre à l'emploi de chef d'école. Enfin, il faut
noter, avec Michel Salomon et à l'honneur de Nodier, qu'il écrivait presque classiquement. « Ce romantique, dit-il, a la convenance, la mesure, la justesse, l'élégance légère sans l'artifice des orfèvreries et verroteries voyantes... Seuls, à son estime, les écrivains sans génie s'étudient à mettre en valeur, pour elle-même, l'expression, qui vaut par la pensée qu'elle revêt. N'est-ce pas là de quoi désarmer les esprits sévères qui, dans le romantisme, condamnent la « promotion du mot )) presque autant que la promotion du moi? »