ACL, t. 1, p
da.
de:
diable » aient altéré le texte de ses lettres, ce qui donne une idée de la circulation et de l'importance des
lettres d'évèques à pareille date. La lettre de Denys à
Soter, était une réponse : la lettre des Romains n’est connue que par l’allusion qu'y fait Denys (1v, 23, 11) : toute cette correspondance épiscopale avait trait à la question du Montanisme. Comme aussi. la réponse de l’'évèque de Cnosse, Pinutos, à la lettre de Denys, et dont Eusèbe cite quelques mots (rv, 23, 8). Cette action collective est contemporaine de Marc-Aurèle (ca. 170) !.
Une vingtaine d'années plus tard, Sérapion (Zaouzæiwy) était évêque d’Antioche (192*-209*), Sérapion dont Eusèbe a possédé un recueil d'épitres, analogue au recueil de Denys. Il en mentionne {vr, 12, 1) une adressée à un certain Domninos, qui, failli dans la persécution de Septime Sévère (4. 202), avait passé au judaïsme. Une autre à deux « hommes ecclésiastiques » (des évêques?), Pontios et Carikos, et dont Eusèbe
(v, 19) donne deux fragments, était dirigée contre les
Montanistes et portait la signature de nombreux évêques, parmilesquels un Aurelios Kurenios (de Cyrène ?), martyr, un Aelios Pouplios loulios de Debeltos en Thrace, où l’on voit l'extraordinaire extension de cette correspondance épiscopale. Eusèbe (vr, 12, 2) connaît de Sérapion d’autres lettres encore à d’autres destinataires, nommément une à l’église de Rossos en Syrie, dont il cite un passage, le plus ancien témoignage existant sur l’évangile de saint Pierre. Saint Athanase (Sourat. A. E. ur, 8) semble avoir connu quelque autre écrit de Sérapion ?.
4, Rourw, Reliquiae sacrae, t. 1 (Oxford 1846), p. 179. ACL, CT, p. 25
ett. II, p. 313.
2, RouTH, t. I, p. 45, t. I, p. 451. ACL, t. I, p. 508.
ex 4 È :
La controverse pascale (4. 190) donne lieu àun nouvel échange d’épîtres épiscopales, dont Eusèbe a possédé le recueil. Il mentionne une lettre collective des évêques de Palestine, portant la signature de Narkissos de Jérusalem, de Théophile de Césarée, de Cassios de Tyr, : de Claros de Ptolémaïs. (v, 23, 2 et 25). Eusèbe en : transcrit quelques lignes, où les évêques demandent que leur lettre soit communiquée à toutes les églises. Une lettre des « paroisses de Gaule dont Irénée est évêque » (v, 23, 2 et 3); une des Romains signée de leur évêque Victor; une des évèques de Pont, signée par Palmas « le plus ancien »; une des évèques d'Osroëne; une de l’évêque de Corinthe Bacchullos; et de « nombre d’autres encore », unanimes à accepter l’usage pascal romain (/. c.). Toute cette consultation avait été provoquée sur l'initiative du pape Victor.
Polyctate, évêque d'Éphèse, écrivit à Victor une lettre dont Eusèbe (v, 24) a cité deux fragments célèbres, qui comptent au nombre des plus précieux débris de la littérature primitive, pour défendre l'usage asiate comme tradition apostolique.
Victor répondit en proposant de séparer les tenants de l'usage asiate de la communion catholique, lettre mentionnée par Eusèbe (v, 24, 9), qui ne semble pas l'avoir eue en mains. Les protestations les plus vives s’élevèrent aussitôt contre Victor : Eusèbe {v, 24, 10) en a lu divers spécimens, entre autres une lettre d'Irénée au nom « des frères de Gaule », adressée à Victor en même temps qu’ « aux divers et nombreux chefs d'églises », et dont Eusèbe cite un fragment de première importance !,
4, Rourm, t. I, p. 3, 43, 39. ACL, t. I, p. 802 ct t. IN, p. 322,
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$ 9. — Le fragment de Muratori.
Après la question du Montanisme, après la question de la Pâques, il est possible qu'il y ait eu une question du canon, provoquant une pareille consultation des évèques. Tertullien (Pudicit. 10) écrit : « .….cederem übi si scriptura Pastoris ...divino instrumento meruisset incidi, si non ab omni concilio ecclesiarum etiam vestrarum inter apocrypha et falsa iudicaretur ». Et il est possible que le Muratorianum ! soit une pièce se rattachant à une telle consultation. Ce texte latin, découvert par Muratori dans le manuscrit J. 101 (VIII- IX: siècle) de la bibliothèque ambrosienne et publié par lui en 1740 au t. IT de ses Antiquitates italicae, est mutilé en tête et à la fin (il compte 85 lignes d'écriture onciale) et a sûrement été copié tel quel (sauf les fautes propres au copiste) sur un archétype mutilé déjà. Ce n’est pas moins qu'une description du Nouveau Testament, avec indication des pièces non canoniques à répudier. L'origine romaine de ce texte est très vraisembiable (Harnack, Jülicher).
On peut être aussi affirmatif sur la rédaction en grec de l'original. L'auteur demeure inconnu, maloré les efforts de Lightfoot pour l'identifier avec Hippolyte (doi sis ndous très youpus). Ce n’est pas davantage
4, Le texte du Muratorianum, dans RouTu, Reliquiae, t.1, p. 394, et mieux dans E. PREuSCHEN, Analecta (Freiburg 1883), p. 129. ZANN, Geschichte, t.1, p.1-143. — LicurrooT, S. Clemeni, t. I, p. 205. ACL, t. I, p. 646. On a trouvé trace de la connaissance du Muralorianum dans une compilation cassinésienne du XIe siècle. HARNACK, « Excerpte aus dem Muratorischen Fragment », dans la Theolog. Literaturzeilung, t. XXII (1898), p. 431. P. BariFroL, « Gilbert d’Elnone et le canon de Muratori », dans la Revue biblique, t. VIX (1898), p. 421.
le prêtre Caius, puisque ce dernier ne recevait pas l'Apocalypse etque le Muratorianum la reçoit. Mais il est faitmention du Pasteur d'Hermas : « Pastorem vero nuperrime temporibus nostris in urbe Roma Herma{s] conscripsit, sedente [in] cathedra urbis Romae ecclesiae Pio episcopo fratre eius. » Le Muratorianum sera donc de peu postérieur au temps du pape Pie(140*-155*). Plus loin, il mentionne Valentin, qui enseigna à Rome au temps d’Antonin le Pieux (138-161); il mentionne aussi Marcion et Basilides, tous deux plus anciens que Valentin, mais il mentionne les Montanistes comme une secte constituée, ce qui nous reporte au plus tôt. vers 175. Il fait allusion à la passion de saint Pierre et au départ de saint Paul pour l'Espagne en termes qui peuvent dépendre de la ITegiodos ITérçov. Enfin il parle du quatrième évangile ên rappelant qu'il est de saint Jean et qu'il a été écrit à la demande des familiers de l’apôtre (cohortantibus condiscipulis et episcopis) et que l’évangéliste est, non seulement un témoin oculaire et auriculaire, mais l'historien même (sed et scriptorem) : ces insistances font penser à un temps où l'autorité du quatrième évangile était à consolider, le temps des controverses contre les Montanistes. Enfin, Ü y a dans les informations contenant saint Jean un emprunt à une légende qui se retrouve chez Clément d'Alexandrie, et qui dépend peut-être de la Hegiodoc Jwrvov. On ne se trompera pas de beaucoup en plaçant dans les dernières années du IT° siècle la rédaction du Muratorianum. Le style ne fait penser ni à un canon, ni à un prologue, mais plutôt à une épitre, sans que cette caractéristique ait rien d’absolu.