‹ La littérature grecqueChapitre 13 sur 65 · ACL, t. I, p. 11, et t. II, p · texte numérisé non relu

ACL, t. I, p. 11, et t. II, p

subir, de sa rédemption par Jésus... Ce roman gnostique a dû être rédigé en grec, mais on n’en a qu’une version copte dans un ms. unique (British Museum, Codex Askewianus, V°-VIe siècle), publiée pour la première fois en 1851. Il est en quatre livres : le qua- , trième (incomplet), d’un gnosticisme plus archaïque, paraît être d’un auteur différent; les trois premiers sont identifiés avec les ’Egwrnouc Maugius (comm. du IIIe s.) qu'Épiphane (xxvi, 8) signale comme une pièce ophite sévérienne. Telle quelle, la Pistis Sophia peut remonter à la seconde moitié du II siècle. Elle est vraisemblablement d'origine égyptienne . é Le papyrus de Bruce, un papyrus copte sahidique (Ve-VIesiècle) trouvé dans un tombeau thébain et rapporté par Bruce en 1769 à Oxford, renferme deux traités gnostiques traduits du grec. Le premier, identifié avec les Livres de Jet attribués à Énoch par la Pistis Sophia, serait du milieu du 11° siècle. Le second, mutilé aux deux bouts, est un traité sans nom connu, mais il peut être plus ancien que le premier (fin Ile siècle). Les textes du papyrus de Bruce appartiendraient au même milieu gnostique que la Pistis Sophia?. Trois pièces coptes ont été signalées dans un papyrus du V° siècle, aujourd'hui à Berlin. D'abord un Evayyéluioy rara Mogiäu : il proviendrait du milieu barbéliote. On en trouve des passages textuellement reproduits par saint [rénée {r, 29-31). Ce serait donc

4. Le texte copte, joint à une traduction en latin, dans SCHWARTZE et PETERMANN, Pis{is-Sophia (Berlin 1851). — Lrpsius, art. « Pistis Sophia » du DCB.Harnack, Ueber das gnostische Buch Pistis-Sophia (Leipzig 1890). ACL, t. I, p. 174.

2. E. AmÉLiNEaU, Notice sur le papyrus de Bruce (Paris 1489), texte copte et traduction française. C. Scamipr, Gnostiche Schriften în koplischer Sprache aus dem Cod. Bruce. (Leipzig 4892). — ACL, t. I, p. 14; 1. II, p. 538.

PEN RE Le ñ

un document antérieur à 180. Puis une Soqia ’Incot XQorov, inconnue jusqu'ici : révélations que le Christ ressuscité communique à ses douze apôtres et à sept saintes femmes, sur la montagne en Galilée. Enfin la Tloë&is ITéroov dont nous avons parlé déjà’. Marcion (Magxiwr) est de Sinope, dans le Pont, la patrie, vers le même temps, du juif Aquila : comme Valentin, il a enseigné à Rome vers le temps d'Hadrien (117-138). Saint Justin, qui le réfutait dans un livre spécial, oc Magriwva, parle de lui dans sa première Apologie (ch. 26 et 58), comme d’un hérétique vivant de son temps (ca. 150) et comme d’un redoutable séducteur de fidèles. A la différence des autres Gnostiques qui n’ont formé que des sectes ou des écoles, Les Marcionites formèrent des églises dissidentes, dans toute l'Asie Mineure et la Syrie, dont il subsistera encore un grand nombre au IVesiècle (Épiph. xzrr, 1). Marcion procède du syrien Cerdon, lui aussi venu à Rome (ca. 130); mais Cerdon n'a rien écrit qui soit connu. Marcion était l’auteur d’un traité intitulé °4yTr- Oécag, savoir de l’antagonisme irréconciliable de l’Ancien et du Nouveau Testament : « Separatio legis et euangelii proprium et principale opus est Marcionis : nec poterunt negare discipuli eius quod in summo instrumento habent, quo denique initiantur et indurantur in hanc haeresim : nam hae sunt Antitheses Marcionis, i. e. contrariae oppositiones quae conantur discordiam euangelii eum lege committere » (Tertull. Adv. Marcion. 1, 19). Tertullien a eu en main les An-

1. C. Scamir, « Ein vorirenäisches gnostisches Originalwerk in koptischer Sprache », dans les Sitzungsberichte, 1896, p. 839. — ACL, t. II, p. 12. — Joignez-y le court fragment (valentinien?) grec trouvé à Behnesa par MM. GRENFELL et Honr, Oxyrrhynchus Papyri, p.1(London 1898), n. 4, et étudié par Harnack, Sétzungsberichte, 1898, p. 516.

titheses de Marcion, mais il n’est guère possible de restituer le livre d’après la réfutation qu'il en fait. Tertullien (o. e. 1, 1 et 1v, 4) mentionne encore une épitre de Marcion, comme une pièce fort connue ayant trait : aux rapports de Marcion et de l'église romaine. La, préface aux canons arabes de Nicée (Mansi, t. NE p- 1057) écrit : « Apostolorum Actus e medio omnino sustulerunt [Marcionistae], alium substituentes Actorum librum qui faveret opinionibus ac dogmatibus, illumque nuncuparunt Librum propositi finis. Psalmos quos recitent inter preces fundendas alios a Davidis psalmis sibi effinxerunt ». Le fragment de Muratori cite aussi un « novum psalmorum librum Marcionis »!,

Parmiles disciples de Marcion, Hermogènes (Æguoye- »nc) est à citer, contre qui Tertullien écrivit un De causa animae adversus Hermogenem qui est perdu, et son Adyersus Hermogenem que nous possédons. Théophile d'Antioche aussi écrivit contre lui (Euseb. IT. E. 1v,24,1.) À citer mieux encore Apelles (4xeh1%c), dont le catalogue hérésiologique, appendice au De praescriptionibus de Tertullien, rapporte que « habet : privatas sed extraordinarias lectiones suas quas appellat Phaneroseis Philumenes cuiusdam puellae quam quasi prophetissam sequitur. Habet suos libros quos inscripsit Syllogismorum, in quibus probare vult quod oînia quaecunque Moyses de Deo scripserit vera non sint.. » (Praescript. 51). Des révélations de la prophétesse, il ne reste rien. Origène a eu en main les Syllogismes (Contra Cels. v, 54) et l'on en a quel-

4. ACL, t. I, p. 191. ZAnxN, Geschichle, t. I, 585 et t. II, p. 409 (sur le canon du N. T. admis par Marcion et sur les remaniements qu’il faisait

subir au récit évangélique). À. Han, Antitheses Marcionis (Künigsberg 1823), à refaire. SALMON, art. « Marcion » du DCB.

LES PRIMITIFS, 8l

ques fragments dans le De paradiso de saint Ambroise!. |

Cassien (Kaoowmrdç) est donné par Clément d'A. pour un docète (Stom. xx, 13) : ce devait être un valentinien dissident de la seconde moitié du If siècle (ca. 170), et un encratite, sans doute alexandrin. Clément, qui le cite à plusieurs reprises textuellement, donne des titres : un traité en plusieurs livres, "Efyynruxc; un traité dogmatique de l’ascétisme, leo Eyxourelas n neo evrovyiac (Strom. ur, 13 etc.). Selon Eusèbe, Clément aurait utilisé une Xopovoyougia de Cassien qu'Eusèbe ne semble pas avoir connue (vr, 13, 7) non pue que Jérôme Aie int. eh et qui n’est sans doute qu'une part des "EEnynruxu?.

$ 5. — Les presbytres, Papias.

Si les Gnostiques sont des dissidents, c’est qu'il y a un canon ecclésiastique solidement maintenu. C’est l’œuvre des « presbytres » : ils sauvent, comme dit Clément d'A., « la tradition de la didascalie bénie des apôtres » : lui-même en appelle plusieurs fois aux « traditions reçues des vieux presbytres ». Les presbytres par excellence « sont ceux qui ont vu les apôtres » : dans une acception plus récente, ce sont les homélistes et didascales des églises. Un trait leur est commun, ils n’écrivent pas. Dès la fin du 1° siècle on ne peut que rappeler de mémoire leurs dits. Dans

1. HarNAck, De Apellis gnosi monarchica (Leipzig 1814). Ip. Sieben Bruchstücke der Syllogismen des A. (Leipzig 1890). Horr. art. « Apelles » et SALmow art. « Hermogenes » du DCB.

2, ACL, t. I, p. 201 ett. IT, p. 535. ZaAun, Geschichle, t. II, p. 632. SAL-

mow, art. « Cassianus » du DCB.

Clément d'A. et dans Origène on relève des dits de ce genre, qui sont pour la plupart des explications de passages scripturaires. Origène par exemple écrit : « Audivi quemdam de sapientibus ante nos dicentem cum explanaret hune locum... » (/2 Ps. xxxvr, 4, 1). Chose curieuse, c'est toujours avec une pareille formule respectueuse et anonyme que les dits des presbytressont cités. Epiphane (xcn, 2), d'après Hippolyte, reproduit un fragment d'homélie ou d'explication scripturaire qu'il attribue aux presbytres de Rome «instruits par les disciples des apôtres ». Hippolyte (Contra Noet. 1) rapporte un dit fort curieux d’un presbytre de Smyrne : ila dû en connaître nombre d’autres, puisqu'il parle ailleurs des vrouvmuariouoi oi Êno TOr roecOvTEQur drayeygauueror (PG, t. x, p. 632). Irénée cite à maintes reprises les dits anonymes de presbytres, qu'il appelle « le meilleur que nous », ou « ceux qui furent avant nous et meilleurs que nous », ou « les presbytres », ou « les presbytres qui ont vu Jean », ou « les presbytres disciples des apôtres », ou « le presbytre », ou « le vieux disciple des apôtres », ou «un certain presbytre formé par ceux qui ont vu les apôtres et ont été instruits par eux », ou enfin « le divin vieillard et héraut de la vérité », désignations obscures où l’on a voulu reconnaître Papias, et avec raison, mais où d’autres autorités sont à retrouver. Papias mentionnait comme « disciples du Seigneur » Aristion et le presbytre Jean; il témoignait avoir vu et entendu ces deux personnages, et citait volontiers leurs traditions et leurs récits (ragadooas, dinynoas : Euseb., . E., 1, 39, 14). Au presbytre Jean apparüent la citation fameuse faite par Papias (nr, 39, 15) d'un dit concernant les évangiles de Mare et de Mathieu. Papias devait à Aristion des récits des choses

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