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du Seigneur (nr, 39, 14), des dimyoeuc comme celles
‘du FR Jean et aussi de Luc (1, 1). Conybeare a
récemment signalé un manuscrit arménien où les douze derniers versets de Mare sont attribués à à « Aristion le presbytre! ».
Papias lui aussi est un presbytre, et Irénée e(v, 33,4) le cite comme «un auditeur de Jean, un familier de Polycarpe, un homme ancien ». Eusèbe (nr, 39) en fait un évèque de Hiérapolis en Phrygie et l’auteur d’un traité en cinq livres, Æoyicor rvgaxor éEnypoaus. Ce traité a été aux mains d’Irénée, d'Eusèbe, de Philippe de Side (ca. 430), d'André de Césarée (fin V° s.). Peut-être at-il été anciennement traduit en latin : on en a trace dans un évangile latin (Rome, Alexandr. 14; IX° 5.) et dans deux catalogues du moyen âge (cathédrale de Nîmes XIII s., abbaye de Stams XIV s.). Il ne subsiste plus que les citations, assez toutefois pour avoir une idée du sujet et de la méthode de Papias. Du fragment de préface cité par Eusèbe {Z. c.), il ressort que Papias, à la facon de l’auteur du troisième évangile, s'adresse à un personnage {le nom manque), et lui exprime que, en outre des sources écrites, « tout ce qu’il a pu apprendre des presbytres et qu'il se rappelle bien, il l’ajoute à ses explications (£guyretous).…. Si quelqu'un se présentait qui avait fréquenté les presbytres, je m'informais des dires des presbytres : que disait André, Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Jean, Mathias ou tel autre des disciples du Seigneur, et Aristion et le presbytre Jean, disciples << des disci-
1. ACL, t. 1, p. 63, 288, 291, 589. Les presbytres d’Irénée dans GEBHART, HarNack, Barnab. epist. p.105. Funk, Opp. patr. apost. t. IX, p.301. Ceux d’Origène dans Prrr4a, Analecta sacra, t. 11, p.335. Sur la découverte de F, Conybeare (1893), voir Theol. Literaturz. t. XVII ( Asie p. 61. Sur les presbytres d’Irénée, ACL, t. IL, p. 333, note 2.
ples > du Seigneur que disent-ils? Je croyais que les choses qui sont dans les livres me serviraient moins que les choses attestées par une parole demeurée vivante ». (Comparez la prétention de Basilides et de Valentin à être disciples de disciples des apôtres). Papias ramasse les récits (tel le mort ressuscité par les filles de saint Philippe à Hiérapolis, tel le trait de Juste Barsabbas buvant du poison sans en être incommodé), aussi bien que les paraboles et sentences attribuées à Jésus par la tradition non écrite et souvent mélées de fables : ces éléments étrangers et fabuleux (£éva, uvbixwtegu) qui n'appartiennent point à la tradition écrite s'ajoutent pour Papias à ceux qu'il prend aux livres écrits, parmi lesquels il a certainement connu les trois Synoptiques, les Actes et le quatrième évangile. L'hypothèse de Schleiermacher qui voulait que Papias eût commenté des Æ4dy1« Kvoiov, un recueil primitif de simples maximes de Jésus, n’est plus défendable, Les Exégèses de Papias étaient une réfutation des Gnostiques (Basilides?) : elles sont postérieures au temps d'Hadrien (117-138) et peuvent dater de 150 environ!.
$ 6. — Les apologistes.
L’apologétique chrétienne fait valoir les motifs de raison, de conscience ou de fait qui décident ou qui justifientune conversion, et en cesens elle est aussi ancienne
1. Les fragments dans GErHARDr-HARNACK, Barnab. epist. p. 87, et FUNK, Opp.pp.ap., t. I, p.276, auxquels on joindra Prrra, Analecta sucra, t.II, D. 157 et DE Boon, Neue Fragmente des Papias… (Leipzig 1888). — ACL, t.1, p.6det t.IT, p. 356. Le fait que les Æxégèses sont postérieures à Hadrien est déduit du fragment découvert par de Boor. Sur une trace de Papias dans lécrivain arménien Vardan Vardapet (XIIe 8.) relevée par Conybeare, voyez Theol. Literalurz. t. XIX (1894), p. 583.
que la prédication apostolique. Saint Paul rappelant aux Thessaloniciens comment « ils ont quitté les idoles pour servir le Dieu vivant et véritable et pour attendre son fils Jésus qu'il a ressuscité d'entre les morts » (7 Thess. 1, 9-10), esquisse une apologie et résume une prédication qu'il dut faire maintes fois aux Gentils qui ne connaissaient point l'Écriture. Son discours sur l'Aréopage donne l’idée de la méthode. Mais ce morceau est unique dans le N. T., les bons presbytres semblent avoir perdu le contact du monde hellénique! Il faut venir au temps d'Hadrien pour rencontrer des « philosophes » devenus chrétiens se poser, non en prédicateurs, mais en avocats du christianisme !. Tel est Quadratus {Kodguros),un athénien peut-être, qui vers 125-126 remit à Hadrien de passage à Athènes une apologie du christianisme, qu'Eusèbe {rv, 3) a possédée et qui était répandue encore de son temps : il en cite textuellement le morceau où, parlant des miracles du Sauveur, malades guéris et morts ressuscités, . Quadratus écrit que ces miraculés « ont survécu à ce point que quelques-uns ont atteint notre époque même ». Eusèbe {1v, 23, 3) citant Denys de Corinthe a conservé le nom d’un Kodpuroc, évèque d'Athènes vers 170, différant évidemment du philosophe : Jérôme (Vür. inl. 19) confond les deux personnages en un. Quant à identifier notre philosophe avec le prophète Kododros, compagnon des filles de saint Philippe à Iiérapolis, dont parle Eusèbe (nr, 37, Let v, 17, 2-4), de facon à faire du personnage un asiate et un disciple des apôtres que Papias aura pt connaître, c’est jouer
4. Sur les apologistes en général, HARNACK, Die Ueberlieferung der griechischen Apologeten des zweiîten Jahrhunderts in der alten Kirche und im Mittelalter (Leipzig 1882). Cnoiser, Hist. de la litt. gr. LV,
sur un nom propre des plus répandus. Il ne reste de
l'apologie à Hadrien quele morceau cité par Eusèbe!. Aristides PAgoraidnc) est un autre écrivain mentionné par Eusèbe (rv, 3, 3) comme ayant lui aussi
présenté à Hadrien une apologie du christianisme.
On pouvait croire cette apologie perdue, lorsque Harris en découvrit une version syriaque; puis Robinson établit que le grec dont ce syriaque était la version avait été incorporé, non sans remaniements, dans le discours d’un des personnages (Nachor) de la légende de Barlaam et Joasaph {composition du VIE $s.) ; enfin on put identifier avec le début de l’apologie un fragment arménien (V*s.) publié dix ans plus tôt par les PP. Méchitaristes. Aïnsi restituée l’apologie porte le nom de Markianos Aristides, « philosophe d'Athènes »; elle n’est pas adressée à Hadrien comme l'indiquait inexactement Eusèbe, mais à Antonin le Pieux, son successeur (138-161). Aristides «expose d'abord la vraie notion de la divinité, puis décrit successivement les quatre catégories entre lesquelles l'humanité se partage : Barbares, Grecs, Juifs, Chrétiens : il flétrit l’idolâtrie et le polythéisme des premiers, reproche aux juifs leur attachement à des usages surannés : puis vient l'exposition du christianisme, dont il fait ressortir la supériorité morale. « De théologie proprement dite, il n’y en a pas ici... Aristides est un philosophe pratique, chrétien de foi et de cœur, dont la raison n’a ni inquiétudes, ni exigences » (Duchesne). L'auteur dépendrait de ia Didaché, du Pasteur d'Hermas, du Kyovyuu Iléroov, de Justin (Harnack). L'hypothèse (Doulcet, Kihn, Krue-
1. Sur Quadratus, Orro, Corpus apologet arum christianorum saec. II (Tena 1851-1881), €. IX, p. 333. — ACL, t. I, p. 95 et t. II, p. 269.
ger), qui l'identifiait avec l’auteur de l’épitre à Dioœnète, est-rejetée 1.
Ariston (=4oioruwr) de Pella est connu grâce à Eusèbe (av, 6, 3), qui invoque son témoignage au sujet de la prise de Bether (a. 135) par où prit fin la révolte de Barkokéba; et le titre de son livre, grâce à Origène (Contra Cels. 1v, 51), qui rapporte que Celse a connu le « dialogue de Jason et de Papiskos » et le traite d'œuvre qui serait ridicule, si elle n’était pitoyable et haïssable, en quoi, ajoute Origène, les lecteurs de cet opuscule ne seront pas de l’avis de Celse, quand ils verront «le chrétien disputer contre le juif d'après les Écritures juives et montrer les prophéties messianiques accomplies en Jésus. » Jérôme (Comm.in Gal. 11, 13) cite cette « altercatio Tasonis et Papisci quae graeco sermone conscripta est. » On a retrouvé dans un manuscrit de saint Cyprien (Vat. Reginen. 118; X°s.) une lettre latine d’un inconnu, du nom de Celsus, adressée à Vigile (de Tapse), Ad Vigilium episcopum de iudaica incredulitate : cette Tite était la préface de la traduction latine du dialogue d’Ariston. Mais l'original grec non plus que la version latine ne sont retrouvés. Dans l’Altercatio Simonis iudaeï et Theophili christiani, œuvre gallo-romaine du V°siècle qui porte le nom d’un Evagrius inconnu, on a conjec-
4. Aristidis philosophi atheniensis sermones duo (Venise 1878). REN- DEL Harris et A. Roginson, The Apology of Aristides (Cambridge 1891). E. HENNECKE, Die Apologie des Aristides (Leipzig 4893). R. SEEBERG, Der Apologet Aristides (Leipzig 1894). ACL, LI, p. 96 et t. II, p. 271. Bull. crit. t. XII (14891), p. 221. KruMBACuER, Geschichte der byzant. Lit. (Münche 4897), p. 885. — On a trouvé en arménien deux autres pièces sous le nom d’Aristides, un fragment d’une Epistula ad omnes philosophos insignifiante, et une homélie sur Le. xxur, 42 : aucune de ces pièces n’est défendable, elles paraissent être d’un écrivain antinestorien. P. Pare, Die Predigt und das Brieffragment des A. (Leipzig 1894). HARNAOK, art. « Aristides » de RE 3.
turé qu'avec d’autres matériaux pouvait avoir été em= ployé le dialogue de Jason et de Papiskos. Ariston à dû écrire après 135 (prise de Bether) et avant 165* (date de Celse). Le titre de son opuscule est donné par Origène : *lu60voç «ui Iluriorov datuoyia reoi Xo1oroù. La lettre à Vigile appelle Jason un hébréo- -Chrétien, et Papiskos un juif alexandrin. Ici pour la première fois un apologiste s’adressait à un juif et prouvait le christianisme par l'Ancien Testament : c'est l’argument de prophétie et de figure : non pas que les juifs aient beaucoup controversé contre les chrétiens au I siècle et qu'on sentit le besoin de les réfuter, mais parce que l’apologiste entendait personnifier dans un juif toute une série d’objections des païens, sinon des chrétiens même. Il n'est pas invraisemblable que saint Justin, quand il écrivit son dialogue avec Tryphon, ait connu le livre d'Ariston de Pella !.
Tatien (Turimvdc), originaire de la province de Syrie (Syrie euphratésienne) et né de parents syriens, c'est-à-dire non grecs, mais élevé dans l’hellénisme, est venu à Rome où il est devenu chrétien et à été auditeur de saint Justin, ce qui nous reporte au règne d'Antonin le Pieux (138-161). Il est resté à Rbmes un certain temps après la mort de Justin (4. 167*), comme lui laïque, rhéteur de profession, sans attache hiérarchique. Puis il rompt avec l’église romaine sous l’in-
4. HARNACK, Die Allerc. Simonis iud. et Theophili christ. nebst Untersuchungen über die antijüdische Polemik in der alten Kirche (Lei pzig 1883). In. art. « Aristo » de la RE3. P. CorssEN, Die Alterc. Simonis iud. et Theophili christ. auf ihre Quellen geprüft (Berlin 1890). Bull. crût. t. IV (1883), p. 401. ACL, t. I, p.92et L. IT, p. 268. P. BATIFFOL, « Une source nouvelle de l’Altercatio » dans la re biblique, t. VIII (4899), P. 337. M. ConNyBEaRE, The dialogues of Athanasius and Zacchaeus and of Timothy and Aquila (Oxford 1898), croit que ces deux dialogues et l’AZtercatio dépendent ensemble du dialogue d’Ariston, mais c’est là plus qu'il n’en peut prouver.
fluence d'opinions valentiniennes et encratites, s'il faut en croire Irénée (r, 28, 1), et se retire finalement (a. 172*) dans sa province natale, où il meurt à une date inconnue, mais sans que rien de positif permette de.le tenir pour non-catholique, au contraire : « Aucun contemporain, ou même qui que ce soit avant Eusebe, n'a représenté Tatien comme chef ou membre d’une secte quelconque : à Rome même, l’auteur du Petit Labyrinthe le cite au milieu des écrivains catholiques les plus respectés, Justin, Miltiades, Clément. Plusieurs de ses idées [sur les éons, sur l’ascétisme, sur Adam] sont considérées [par [rénée, par Rhodon, par Clément d’A., par Origène] comme dangereuses et on les combat; mais ce n’est pas un sectaire » (Duchesne). Eusèbe (rv, 29, 7) parle vaguement d'un « certain grand nombre d'écrits » de Tatien. Nous ne parlerons pas du fameux Diatessaron ou harmonie des quatre évang'iles (1v, 29, 6), qui, rédigé en syriaque, appartient à la littérature syriaque. On signale un Iso Coœwr et un 1lo0c Tovc dnopyrauévovs to reoi Osoù [Adversus eos qui de rebus divinis asseveraverunt], mentionnés par Tatien même (Orat. 15 et 40), un Toobimuarwr BaBkior (Euseb. v, 13, 8) etun Lei rod xura Tor Euro xaragrTiouod [De perfectione secundum Salvatore] (Sérom. 11, 12). Mais le plus connu de ces opuscules grecs et le seul qui nous reste est le -470ç zoûc Ellmrac, attesté par Eusèbe (iv, 29, 7), par Origène (Contra Cels. 1, 16), et qui s’est conservé dans un manuserit unique (Paris. gr. 451; X°s.). Cette apologie a dû être écrite à Rome, vers 163-167 (Funk), plutôt qu'en Orient peu après 150 (Harnack) ou pas avant 172° (Kukula). Le plan en est peu méthodique. Tatien expose d’abord la doctrine chrétienne de l'unité de Dieu, de la création et de la réparation par le Logos,
de la résurrection, pour conclure à la supériorité de cette doctrine; puis c'est au tour de la démonologie à expliquer le mal et le paganisme, et Tatien tire de là toute la critique de la civilisation hellénique; enfin l'antiquité transcendante des sources de la religion . révélée; Moïse comparé à Homère lui fournit un de nier ième apologétique. Érudit, sarcastique, paradoxal, Tatien défend le christianisme de haute lutte : il inaugure l’apologétique qui sera celle de Tertullien !.
Rhodon {‘Podwr) était un asiate venu à Rome et formé par Tatien, « ainsi qu'il l'a lui-même rapporté »,' dit Eusèbe (v, 13). Rhodon écrivit divers livres, ajoutet-il, l’un contre Marcion et Apelles, dédié à Callistion (personnage inconnu d’ailleurs), et un autre Eiç try &£auegor. Du premier l'on a deux fragments très caractéristiques donnés par Eusèbe : Rhodon y énumère les dissidences des disciples de Marcion, d’une part, et y rapporte quelques propos d'une conférence qu'il eut avec Apelles, d'autre part. Eusèbe témoigne encore qu'il écrivit un ouvrage spécial pour réluter le livre Des problèmes de Tatien. Ces divers livres auraient été composés avant 172* à Rome 2.
1. Orro, Corpus, t. VI. E. ScnwantTz, Tatiani oratio ad Graecos (Leipzig 1888). — L'hypothèse de Harnack que le Diatessaron aurait été composé en grec et publié à Rome n’a pas prévalu contre le système de Zaux qui en fait un travail d’original syriaque et destiné à l’usage liturgique des églises syriaques. Zanx, Forschungen, t. I. Bull. crit. LE À ee D. 243 et f. III (1882), p. 187. Rev. d. quest. hist. t. XLIV (1885), p. 5. J. FULLER, art. « Tatianus » du DCB. — ACE, t. I, p. 485 et t TÉ*D. Funk, Kircheng. Abhandl. t. II, p. 142. R. KukuLA, Tatians sog. Apologie (Leipzig 4900).
2. Rourm, Reliquiae, t. 1, p. 438. ACL, t. I, p. 599. L'hypothèse de Voir, Eine verschollene Die des antim. Kampfes (Leipzig 1891), supposant au ch. XLVIII, 2-43 d’ Épiphane une source antimontaniste qui serait Rhodon, « n’est pas fondée » (ibid.). ACL, t. II, p. 313.
Miltiades (Mariédnc), nous ne savons sur quoi on se fonde pour faire deluiunasiate, est qualifié par Tertullien de « ecclesiarum sophista », c'est-à-dire de porteparole deséglises (Ado. Valentinian.5). L'Anonymeantimontaniste d'Eusèbe (v, 17) mentionnait un traité de Miltiades où cet écrivain montrait « qu'il ne faut pas qu'un prophète parle en extase : ce n’est pas nécessairementun traité contrele montanisme. Tertullien (Z. ce.) présente Miltiades comme un auteur qui a écrit contre Valentin. Eusèbe {£. c.) connaît de Miltiades un Toûc Elimvac en deux livres, un Z1o0ç tovdaiovs en deux livres aussi, un Zlooc toc äpyovrag, soit une apologie adressée aux gouvernants {sans doute Antonin, Marc- Aurèle et Verus), probablement contemporaine de la première apologie de Justin (ca. 150). Tous ces écrits sont perdus !.
Athénagore (40mvaydguç) est encore un « philosophe athénien chrétien » ; ainsi du moins le qualifie le titre de son apologie ; on ne sait rien d'autre de lui, et il n’a été connu d'aucun ancien, sauf de Méthodios et de Philippe de Side. Les deux livres qui portent son nom se sont conservés dans un ms. unique (Paris. gr. 451, X°$.). Le premier, Lloeo6sia negi yooriuror, est adressé à Marc-Aurèle et à Commode, ce qui en fait un écrit postérieur à 176 (où Commode fut associé à l'empire) et antérieur à 180 (où Marc-Aurèle mourut) : c’est une apologie où Athénagore entreprend la justification des chrétiens accusés faussement d'athéisme et de crimes contre nature. Le second, ITepù dractrüceuwc, est davantage philosophique : c'est uñe exposition, toute de raison et s'adressant aussi bien aux fidèles qu'aux
4. Orro, Corpus, t. IX, p. 354. ACL, t.1, p. 23 ett. IT, p.361. SALMON, art. « Miltiades » du DCB.
incrédules, des toilements de la foi à la résurrection : des corps et à l'immortalité de l'être humain .
Le Ilo0ç Ad yvntor ou épitre à Diognète est, non pas une épiître, mais un court et élégant opuscule, adressé à un personnage sans doute fictif du nom de Diognétos,. et présentant en quelques pages claires et sympathiques Fapologie du christianisme à un païen supposé désireux de le connaître. Cet opuscule a la mauvaise chance de n'avoir été cité par personne jusqu’au XVI° s.; de nous être parvenu grâce à un manuscrit unique (Argentoraten. 9; XITI--XTV-° s.), lequel a péri en 1870 au cours du siège de Strasbourg; d'y être attribué à saint Justin, attribution que Tillemont a le premier montré qu'elle était injustitiée; d'être mutilé de sa fin. On a voulu en faire une composition postérieure à Constantin (Overbeck), datation improbable; ou postérieure à 170 et antérieure à 310 (Renan, Zahn, - Harnack), opinion plus prudente que l'opinion qui en fait une œuvre du II° siècle, car l’auteur de la lettre a connu et utilisé l'apologie d'Aristides. Cet auteur reste inconnu et la conjecture l'identifiant avec Aristides (Krüger), ou avec Apelles (Dräseke), ne paraît pas: justifiée ?.
Les deux derniers chapitres (xr-x11) n'appartiennent pas à l'épitre à Diognète. Ils constituent un fragment homilétique avec traces de rythme. L'auteur se donne pour « disciple des apôtres ». L'origine de ce
4. Orro, Corpus, t. VU. PG, t. VI (texte de dom ManrAN, Paris 1742). E. Scxwarrz, Athenagorae libellus pro chr., oratio de resurr. cadaverum (Leipzig 1881). — ACL, t. I, p. 599 et t. II, p. 313. ACL, t. I, p.226 et t. I, p. 317. HARNACK, art. « Athenagoras » de RE 3. LL. ArNOULD, De apologia Athenagorae (Paris 1898).
2. Orro, Corpus, t. II, p. 158. GEBMARDT-HARNACK, Barnabae epistula.
p. 442. FUNK, Opp. patr. apostol. t. I, p. 810. ACL, t. I, p. 757 et t. Il, P. 513. CRoISET, p. 743.
LES PRIMITIFS. ; 93 f è
- fragment reste indéterminée encore (HI siècle?) !. HAE les opuscules attribués à saint Justin, figure un Jlooc èmvas [Oratio ad Graecos], qui ne saurait être de saint Justin. L'auteur s'applique à montrer le caractère absurde et licencieux de la mythologie. Cureton en à publié une version syriaque, où l'apologiste est appelé Ambroise : mais rien ne peut faire penser à Ambroise, l'ami d'Origène. Harnack fait de l'Oratio ad Graecos une œuvre anonyme de la période
« Hermias le philosophe » (‘Egustaç) est le nom qui se lit en tête d’un fragment de traité intitulé Æacvouos Tüy éEw quaocépur, où Persiflage des philosophes du dehors, et l’auteur en est compté d'ordinaire au nombre des apologistes du [T° siècle. Les manuscrits en sont récents (XV° et XVI°s.), sauf un (Patmen. 202; X°5.), qui constitue le plus ancien témoin d'Hermias, car aucun écrivain ancien ne l’a connu. C’est moins un traité, qu’une sorte de sermon adressé à une réunion de fidèles (Renan); il viendrait probablement de Syrie (Renan). L'auteur y raille lourdement les contradictions des philosophes non chrétiens et ce persiflage est toute son apologie. Il y a lieu de douter que cette pièce médiocre soit du IT: siècle : elle serait au plus tôt de la fin du IV® (Ceillier), sinon du VI (Harnack), qu'il ne faudrait point en être surpris, car elle semble d’un temps où le paganisme n'existe plus comme culte populaire *.
Beaucoup plus intéressant est le 46706 ragcuvetixoc a00c Eiqras qui porte le nom supposé de saint Justin. Il procède de la même idée que le Æaovguds du soi-