‹ La littérature grecqueChapitre 29 sur 65 · PG, t. X, p. 235. ACL, t. I, p · texte numérisé non relu

PG, t. X, p. 235. ACL, t. I, p

Side parle d’un premier discours de ceux qui sont Eic T0 ndoya, comme si sur ce sujet il en connaissait plusieurs de Piérios, puis d’un TTsoi Tnc OsoTroxov, enfin d'un Eig to Bioy toù dyiov Hauqpihov. Piérios, à en juger par la notice de Photius, était un dogmatiste dans la tradition d'Origène : Jérôme le traite, au pur point de vue littéraire, de « Origenes junior » {Z. ce.) . Jules l'Africain (Sextus Iulius Africanus), originaire de Libye selon Suidas (s. p. ?4pouxavdc), mais fixé à Emmaüs-Nikopolis en Palestine, sans qu'on puisse dire qu’il en ait été l’évêque, paraît avoir été un médecin riche et savant, quia voyagé en É gypte,en Arménie, en Phrygie, peut-être jusqu’à Édesse et jusqu'à Rome. Il nous est connu par une épître à Origène (238*), qu’il avait entendu en Palestine discutant avec un certain Bassos sur Daniel : Jules écrit à Origène pour exprimer ses difficultés sur l’histoire de Susanne : on a la réponse d'Origène jointe à la lettre de Jules. Eusèbe a possédé une autre lettre, celle-ci adressée à un certain Aristides, sur la conciliation des deux généalogies évangéliques : il en donne un long fragment {r, 7). Eusèbe (vr, 31, 2) mentionne cinq livres de Xo0v0yoapiæ dont il loue l'exactitude et dont il fait nombre de citations dans sa Préparation et dans sa Démonstration évangéliques : sa propre Chronique est établie sur la chronographie de Jules. Photius (cod. 34) décrit ce même ouvrage sous le nom de “Jorogwxov, et le qualifie de travail court, mais qui n'’omet aucun événement nécessaire : il commençait, ajoute-t-il, à la création du monde selon Moïse pour abôutir à la naissance du Christ, en poursuivant toutefois jusqu’à l'époque de l'empereur Élagabale, précisément jusqu'à l’année

4. PG, t.X, p. 241. DE Boon, Neue Fragmente, p.170. ACL, t.1, p. 439.

5723. C'est dire que la Chronographie de Jules s’arrêtait à l’année 221 de notre ère. Jules harmonisait dans une suite synchronique les données de l’histoire profane et celles de l’histoire sainte, pour relever l’antiquité de Moïse et de la préhistoire patriarcale : la chronographie était pour lui une forme de l’apologétique. Comme apologiste Jules reprenait une idée de Justin et de Clément; comme chronographe, il n'avait pas de prédécesseur dans la littérature chrétienne. L'œuvre était rédigée, non sous forme de table ou canon, mais sous forme de texte continu. Gelzera montré quela Chronographie

de Jules a été, pour l'antiquité dont elle traite, la source

des chronographes postérieurs : Eusèbe, Malalas, l’auteur du Chronicon paschale, le Syncelle et les anonymes byzantins, commele Barbarus Scaligert, ete. :il a été utilisé même par des Latins, comme Sulpice Sévère. On en a seulement les citations textuelles faites par le syncelle et par Eusèbe.

Jules avait composé aussi un traité en vingt-quatre livres intitulé Keovoi 7 nugado£u, sorte d'encyclopédie des sciences agronomiques et médicales, dédiée à l’empereur Alexandre Sévère. On en a de longs et nombreux fragments qui donnent une idée de la culture ès sciences positives d'un savant du troisième siècle. Eusèbe à connu ce traité (vr, 31, 1) qu'il donne comme le plus célèbre ouvrage de son auteur. Les doutes exprimés (Scaliger, Valois) sur l'identité de cet auteur et de l’auteur de la Chronographie, n'ont pas prévalu : mais les brutalités et les paganismes qu'on y relève sont à noter comme caractéristiques de Jules !.

1. PG;t.X, p. 35 et XI, p.. ACL, t. I, p. 507. H. GELZER, Sexlus Ju-

lius Africanus und die byzantinische Chronographie, t. I-I-II (Leip-

2ig 1880-1885-1898). F. Kinn, art. « Jul. Afr. » du XL.

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