A SENS
$ 9. — Saint Lucien et l’école d’Antioche.
Après Rome, après Alexandrie et Césarée, le dernier foyer de science exégétique et théologique au IIF° siècle est Antioche. Là encore on trouve trace d'écoles, et d'écoles où des prêtres enseignent, comme Hippolyte à Rome, comme Clément à Alexandrie : Malchion, que nous avons vu aux synodes d’Antioche, soutenir le poids de l'argumentation contre Paul de Samosate, est roy ên’ Ayrioyelas ElAmnix@r nu deuTyoiwr Darg6ns roosorwç, président de l’enseignement des écoles helléniques d'Antioche, en même temps que prêtre. Mais tandis qu’un certain platonisme en spéculation et l’atlégorisme en exégèse sont la marque des alexandrins, une méthode dialectique qui se réclame d’Aristote et une recherche systématique du sens littéral caractérisent les théologiens d’Antioche. C’est un esprit qui leur est commun, plutôt qu'une institution. Paul de Samosate et Lucien sont des esprits de même famille : ce sera plus sensible chez les disciples de Lucien, les « Collucianistes », et ce le sera encore chez les disciples de Diodore. C’est dans ce sens, et dans ce sens seulement, que l’on peut parler d’une école d’An-
tioche.
Lucien (Æovxuroç) nous est mal connu, soit dans sa biographie, soit dans son œuvre. Il a dû exister des Acta Luciani rédigés par une main arienne, et dont dépendent la passion catholique qui porte le nom de Métaphraste, la notice que Suidas consacre à Lucien(s. ». Aovr.), etde même celle de l'historien arien Philostorge. On ypeut apprendre que Lucien étaitnéà Samosate dans