‹ La littérature grecqueChapitre 31 sur 65 · HARNACK, art. « Antiochenische Schule » de RE · texte numérisé non relu

HARNACK, art. « Antiochenische Schule » de RE

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la Syrie Euphratésienne, et qu'il s’instruisit à Édesse, auprès d'un certain Makarios « qui interprétait les saints livres », dit Suidas. Lucien se fixa à Antioche, ou il fut fait prêtre, et se trouva bientôt à la tête d’une école importante (diduoxaletov uéya). Il n’est fait nulle mention de. lui à propos des synodes tenus à Antioche contre Paul de Samosate (ca. 270). Quelle fut son attitude envers Paul, on l’ignore au juste; toutefois, une lettre d'Alexandre d'Alexandrie (Theodoret. Æ. E. 1, 3) affirme de Lucien qu'il a été longtemps séparé de l’église (droovraywyoc), plus précisément sous l’épiscopat des trois successeurs de Paul, Domnos, Timée, Cyrille, ce dernier mort vers 302. Lucien fut martyrisé à Nicomédie (7 janvier 312). Philostorge (rr, 14) énumère quelques-uns de ses disciples : Eusèbe de Nicomédie, Maris de Chalcédoine, Théognis de Nicée, Léonce d’Antioche, c'est-à-dire tous les leaders du parti d’Arius; et encore Ménophante, Néoménios, Antoine de Tarse, Astérios de Cappadoce. Arius et ses amis affecteront de s'appeler Aovuamorai (Épiph. Ancorat. 33). Ces disciples suffiraient à trahir l’enseignement de Lucien, sa méthode d'empirisme biblique et de syl- | logistique, sa théologie subordinatienne, tout l’arianisme.

Jérôme (Vér. inl. 77) attribue à Lucien des « breves ad nonnullos epistulae ». Suidas les mentionne aussi. Les actes du Métaphraste parlent « du plus cher de ses disciples, Antoine, qui dans sa captivité à Nicomédie lui sert de secrétaire pour la rédaction de ses lettres, ainsi qu'en témoigne l’une d’entre elles ». Ces lettres étaient adressées à ceux de ses disciples qui n’étaient point alors à Nicomédie, et aussi des femmes : comme Dorothéa, Sévéra, Eustolium (la même qui compromit plus tard Léonce d'Antioche). La CAroni-

que pascale cite un fragment d’une lettre de Lucien «aux Antiochiens » (PG,t. xcir, p. 689). Jérôme (7. c.) mentionne encore des « de fide libelli ». Déjà Eusèbe (1x, 6) disait que Lucien comparut devant l’empereur Maximin et présenta pour sa défense une apologie du christianisme : Rufin, traduisant ce passage d'Eusèbe, y insère une harangue apologétique, dont Harnack soutient l’authenticité essentielle. Par contre, le symbole de foi que, au témoignage de Sozomène (nr, 5), les évêques du synode d’Antioche de 341 attribuaient à Lucien et que nous possédons en grec et en latin, est tenu pour supposé. Si quelque chose s’est conservé de Lucien, c'est parmi les écrits pseudépigraphes qu'il le faudra chercher.

Comme Origène, comme Hésychios, Lucien fit de la critique textuelle. Nous avons vu que l'Égypte et Alexandrie au temps de saint Jérôme se servaient des Septante d'Hésychios, la Palestine de ceux d’Origène, et que « Constantinopolis usque Antiochiam Luciani martyris exemplariaprobat ». Suidas, dépendant toujours des Acta Luciant ariens, rapporte que Lucien, « trouvant les saints livres fortement altérés par la faute du temps qui y avait corrompu maintes choses, par le fait des traductions perpétuelles d’une langue en une autre, par la malice enfin des hommes, des Grecs, qui en avaient voulu changer l'esprit en introduisant des éléments étrangers », Lucien reprit les Septante, êt, sur l’hébreu « qu'il savait à la perfection, entreprit de les corriger, y consacrant un travail énorme ». Un mot de Jérôme donne à entendre que le N. T. avait été de la part de Lucien l’objet des mêmes soins : « Praetermitto eos codices, quos a Luciano et Hesychio nuncupatos paucorum hominum asserit perversa conten-

tio » (Praef. in Eve. ad Damas.).Le catalogue gélasien JU

reprendra ce mot de Jérôme, quand il condamnera les «euangelia quae falsavit Lucianus apocrypha, euangelia quae falsavit Isicius apocrypha ». On ne sait rien de positif sur le N. T. de Lucien; sa recension des Septante n’est pas retrouvée !.

Un autre prêtre d'Antioche est signalé par Eusèbe (vit, 32, 2) : il avait été fait prêtre du temps de l'évêque Cyrille, et était tenu pour un homme au courant de la culture hellénique en même temps que versé dans les lettres hébraïques. Eusèbe ne dit pas qu'il ait rien écrit. Jérôme n’en parle pas. Il s'appelait Dorothée, et Eusèbe se félicite de l'avoir entendu interpréter les Écritures à l’église 2.

$ 40. — Le dialogue « De recta in Deum fide ».

Il existe un ouvrage en cinq livres en tête duquel on lit : *Ædauartiov dükoyos neo Ts sis 0e0v 00Ûmc miotews. On en a un ms. (Marcianus 496; XIT°s.) dont les autres (de la Renaissance) sont dérivés. On en a une version latine, œuvre de Rufin, en un ms. (Schlestadt. 96; XIT°s.). C'est un dialogue contre les hérétiques dont les personnages sont Adamantios (c'est-à-dire Origène), qui représente la foi orthodoxe, deux mar-

4. ACL, p. 526. P. BATIFFOL, « La passion de saint Lucien d'A, », dans le c. r. du Congrès sc. int. des catholiques, f. II (Paris 48M), p. 184. A. HAN, Bibliothek der Symbole (Breslau 1897), p. 484.

2. ACL, t. I, p.532. — 11 est question d'un Dorothée, évêque de Tyr, confesseur sous Dioclétien, martyrisé sous Julien! Le nom de ce personnage a été donné à un catalogue des apôtres et dés LXX disciples et à une soi-disant histoire de l’église de Constantinople. Ce Dorothée, évêque de Tyr, «n’a jamais existé», et àses prétendus écrits « la littérature byzantine n'offre aucune référence antérieure au neuvième siècle » (Duchesne). TILLEMONT, t. V, p. 657. Bibl. hagiog. gr. p. 11. Voyez toutefois KRUMBACHER, p. 391.

| s « # D’'HIPPOLYTE DE ROME A LUCIEN D’ANTIOCHE. 191

cionites, Mégéthios et Markos, un disciple de Bardesanes, Marinos, deux valentiniens, Drosérios et Valens, enfin un païen, Eutropios, qui est pris pour juge de la discussion. On croit que la réfutation des Marcionites dépend d’une source utilisée par Irénée et par Tertullien (Harnack), peut-être le traité de Théophile d'Antioche contre Marcion (Zahnj. Sûrement l’auteur a connu les traités de Méthodios (+ 311*) sur le libre arbitre et sur la résurrection. « Ce dialogue est d’une grande importance; il est probablement antérieur à Constantin, ou tout au moins au concile de Nicée; autant qu'on peut le voir, il provient du pays syrien, et contient des détails curieux sur les diverses formes de la christologie docète, si longtemps populaire parmi les Orientaux » (Duchesne). On a attribué de bonne heure ce dialogue à Origène, la Philocalie en est le premier témoignage; mais Origène est un personnage du dialogue, non l’auteur (ca. 300), qui reste inconnu ".

4. Le texte grec dans PG, t. XI, p. 1714. Le latin dans Caspari, Kirchenhistorische Anekdota (Ghristiania 4883). — ACL, t. I, p. 478. Bull. cril. t. V (1884), p. 343.

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