LES HISTORIOGRAPHES
L'histoire ecclésiastique a été d’abord dans l’antiquité chrétienne une forme de l’apologétique : ainsi l’a entendue Eusèbe de Césarée, trop érudit, il est vrai, et trop honnête pour tirer des textes ou des faits une autre leçon que celle qu'ils donnaient, mais très manifestement préoccupé de mettre en valeur cette leçon même. Philippe de Side, avec infiniment moins de res-
sources et de jugement, continue et énerve la méthode.
d'Eusèbe. Avec les historiens ariens, l’histoire devient un instrument de polémique. Avec Socrates, la vraie manière d'écrire l'histoire est près d’être trouvée : le contrôle et l’épuration des sources, le souci de la chronologie, la recherche de l'impartialité, tendent à s’imposer, mais sans y réussir. Sozomène et Théodoret refont l’histoire écrite par Socrates pour la mieux adapter à l'esprit moyen du temps, à la défense de l’orthodoxie, à la réfutation des historiens païens : car il y a encore des historiens païens, et nombreux, et agressifs, témoin Eunape, témoin Zosime!. Mais bientôt le concile d'Ephèse et le concile de Chalcédoine provoquent de nouvelles et violentes polémiques, et l'histoire ecclésias-