DucuEsNE, Orig. du culie chrétien, p
2. Le texte grec du « Martyrologe d'Orient » est reconstitué par De Rossi et DucnEsxe dans leur édition du Mart. hier. (Acta ss. novembr. t. I, Bruxelles 1894) : les deux éditeurs ont publié parallèlement le syriaque et le latin et dans une troisième colonne restitué par conjecturele grec,
légendes qui ne reposent sur aucune donnée historique et qui font même douter de l'existence du personnage dont elles rapportent les hauts faits. Les actes de sainte Barbe, de sainte Catherine d'Alexandrie, de saint Georges, fournissent le type de cette sorte de documents. Ce genre d'exercices littéraires a eu parfois d’étranges conséquences, comme celle de faire passer dans les livres liturgiques des saints apocryphes, comme Barlaam et Joasaph et un certain Alban, dérivés l’un de la légende indienne de Bouddha, l'autre du mythe grec d'Oedipe » (Van den Gheyn).
Eusèbe le premier entreprit un recueil de passions anciennes, dans sa Œvraywyn Tor doyaicoy maoTvoior : nous en avons parlé en parlant d'Eusèbe. Pareillement nous avons mentionné le recueil des martyrs de Palesüne, le Ilsoi row ëy Tluhœotivy uagrvenodrrwr. Moins d’un siècle plus tard, Marouta, évèque de Maipherkat, composait dans les premières années du V° siècle, en syriaque, un Livre des martyrs, recueil des passions des martyrs de la persécution de Sapor, qui dura de 340 à 379 : nombre de ces passions, qui ont passé en grec, appelleraient une étude d’ensemble.
Un compilateur byzantin, Syméon le Logothète, dont on fixe l’activité à la seconde moitié du X° siècle, a donné son nom à une vaste collection de vies de saints, pour une part pièces originales incorporées intégralement, pour une autre part pièces anciennes remaniées, métaphrasées. De récents travaux ont permis de déterminer, à quelques pièces près, le catalogue de la collection attribuée à Syméon dit le Métaphraste. Mais il est sûr que des collections plus an-
ciennes ont existé de vies rangées mois par mois
Erer
comme dans le Métaphraste : saint Théodore Stoudite (+ 826) dit dans une de ses lettres avoir trouvé de «nombreux #artyria copiés en douze tomes », c'est-àdire distribués par mois (PG, t. xarx, p. 912). On leur donne le nom de ménologes. On distinguera, avec les Bollandistes, les ménologes proprement dits (recueils formés d'une série de pièces hagiographiques complètes et développées), des ménologes abrégées (composés de Bior & ovyrouw, résumés de quelques pages), et enfin des synaxaires qui ne sont plus qu'une suite de notices d'une petite page à peine. Toute cette : littérature touffue est bien loin encore d’être tirée au clair : nous n’en possédons que des inventaires provisoires ou en cours d'exécution : il y a donc loin encore à en entrevoir la classification et les origines !.
Toutefois dès aujourd'hui parmi les pièces originales anciennes et antérieures au VI siècle, il convient de signaler la précieuse biographie de Parthenios évèque de Lampsaque par Crispinos d'Héraclée (TV® siècle); la biographie de Porphyrios qui fut évèque de Gaza par son diacre Marc, et une biographie du moine Hypatios (+ 446) de Chalcédoine par Callinikos, son disciple. Sûrement les ménologes et le Métaphraste ont gâché ou laissé perdre des pièces anciennes, nombreuses et de haute valeur, et ce n’est pas trop de traiter, avec les Bollandistes, le Méta-
4. KRUMBACHER, p. 200. La collection de Métaphraste, provisoirement, est à chercher dans P. G, t. CXIV-CXVI. — A. Enrnarp, Die Legendensammlung des Symeon Melaphrastes (Freiburg 1896). Forschungen
é zur Hagiographie der griechischen Kirche (Rome 1897), parues d’abord dans la Rômische Quartalschrift, t. XI (1897), p. 67. — Un résumé critique des travaux d’EurmanD dans deux articles des Anal. bolland. «Les ménologes grecs », t. XVI (1897), p. 341, et « Le ménologe de Métaphraste », t. XVII (1898), p. 418. :
phraste de « funestissimi hominis, qui Graecorum rem hagiographicam penitus vastavit » !.
4. Bibl. hag. gr. p. vi. — Sur Parthenios, P. BATIFFOL, « Étude d’hagiographie arienne, Parthénios de Lampsaque » dans la Rôm. Quartalschrift, t. VI (1892), p.35; sur Porphyrios et Callinikos, Marci diaconi vita de sancti Porphyrit episcopi Gazensis (Leipzig 4895), Callicini de vita sancti Hypatii liber (Leipzig 1895), deux études publiées sous la direction d'USENER. — Les Analectabollandiana donnent en chacun de leurs numéros un bulletin critique des publications hagiographiques.
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