CROISET, t. V, p. 939. E. NORDEN, Kunstprosa, p
XLII est la série des discours prononcés à Constantinople, parmi lesquels les discours XXVII-XXXI, Ieoi Osokoyiuc, apologie de l’orthodoxie consubstantialiste contre les Eunoniens etles Macédoniens, sont ceux qui ont valu à Grégoire le surnom de « Théologien » par excellence. Les discours IV-V contre l’empereur Julien sont plutôt des œuvres écrites, que des œuvres prèchées : ce sont deux manières de philippiques, qui ont le tort d'être postérieures à la mort de l'empereur.
La plupart des compositions poétiques de Grégoire appartiennent au temps de sa retraite. Il nous révèle qu'il a entrepris d'écrire en vers d’abord pour maïtriser sa facilité, ensuite pour offrir aux jeunes gens des poésies qui les porteraient au bien, enfin pour que les chrétiens n’aient rien à envier aux païens (11, 1 ; XXxIX, 33 et suiv.). Les Apollinaires, avant lui, avaient eu une semblable ambition et y avaient réussi moins encore.
Les Mauristes ont partagé les poésies de Grégoire en deux livres : poésiesthéologiques (soitdogmatiques, soit morales), poésies historiques (poésies sur luimême et poésies sur les autres) : cent quatre-vingtcinq pièces. Les Mauristes ont mis à la suite les Epitaphia, cent vingt-neuf inscriptions funéraires métriques, et les Æpigrammata, quatre-vingt-quatorze petites pièces de genre gnomique. Epigrammes ou plus longs poèmes, toute l'œuvre est de peu de prix : « la poésie de Grégoire n’est le plus souvent rien d'autre que de la prose versifiée, languissante et redondante : quelques petites pièces élégiaques peuvent cependant prétendre à quelque valeur poétique » (Bardenhewer. Le long poème Isoù Euvroù a un intérêt historique comme source de la biographie de Grégoire. Versificateur, Grégoire s’est exercé dans les principaux mê-
tres dactyliques et iambiques de la prosodie classique :
on remarque toutefois deux curieuses pièces de lui, un, duvos éoxequoc (1, L : xxx) et un Jlo0ç xagerovc nagauvetixôc (1, 2 : 111) écrit en rythmes toniques.
La correspondance de Grégoire compte deux cent. quarante-quatre lettres ou billets que les Mauristes ont mises autant que possible dans l'ordre chronologique : da plus ancienne est de 357-358; la plupart, de la période 383-389, c'est-à-dire du retour de Grégoire à Arianze ; la plus récente des derniers jours de Grégoire ; un certain nombre d'époque indéterminée. Ces lettres se distinguent à leur langue excellente et à leur élégance un peu vaine : la collection, pour la plus grande partie, en fut faite par Grégoire lui-même, une sorte de florilège où il avait mis aussi un choix de lettres de saint Basile ( cf. Epist. 52 et 53) !.
$ &. - Saint Jean Chrysostome.
Jean, que la postérité depuis le VII siècle surnomme Chrysostome, est né à Antioche (ca. 345). Il a été formé par Libanios, le grand rhéteur païen. Il a débuté à Antioche par des plaidoyers. Puis, attiré par l'Eglise, il a reçu le baptème (4. 369) et a passé à l'école de Diodore; de là, il s’est retiré dans la solitude parmi les moines des entours d'Antioche. Mélèce, évéque d’Antioche, l'y est venu prendre (a. 381) pour l’élever au diaconat. Flavien, successeur de Mélèce, l'a
Fr NVNVU
4. PG;t. XXXV-XXXVII (édition des Mauristes [dom CLÉMENCET], Paris 1778, terminée par CAILLAU, Paris 4840). — Sur les scoliastes de Grégoire, BARDENNEWER, p. 270. Sur les anciennes versions de G. en latin, en slavon, etc. ibid. p. 271. Sur les versions syriaques, R. Duvaz, Litt. Syr. p. 311. À. J. MasON, The five theologicat orations of Gregory of Nazianzus (Cambridge 1899). J. Bozuc etH. GISMONDI, S. Gregorii Theo-' log? liber carminum iambicorum, versio syriaca (Beyrouth 1895-1896) LOors, art. « Gregor v. Naz. » de RE3.
fait prêtre (a. 386). Jean est prêtre dix ans à Antioche (387-397), dix années données au ministère de la parole avec un incomparable éclat d'éloquence et de caractère. L’admiration du clergé de Constantinople le désigne au ministre Eutrope pour successeur de l’évêque de Constantinople Nektarios (27 sept. 397) : Jean est intronisé à Constantinople (26 février 398). Mais bientôt l’intrépide hardiesse de sa parole autant que la vigueur réformatrice de son gouvernement soulèvent contre lui la cour et le clergé; Eutrope, l'impératrice Eudoxie, Théophile d'Alexandrie, Epiphane, animentla cabale, qui se résout en un concile, le concile tenu à Chalcédoine Ad quercum, où Jean est déposé sans avoir consenti à comparaître (403). Exilé par l'empereur, rappelé par une émeute populaire, exilé définitivement (404), il est relégué à Cucuse en Arménie d’abord, puis à Arabissos, enfin à Pityonte sur la mer Noire (juin 407), et c’est en route pour Pityonte, à Comanes de Pont, qu'il meurt (14 sept. 407). |
Théophile d'Alexandrie, et à sa suite Épiphane et Jérôme, ont poursuivi ou cru poursuivre en Chrysostome unorigéniste : mais l'origénisme estpour peu dans les épreuves de Chrysostome, et Chrysostome joue un rôle effacé dans l’histoire des idées théologiques. Il est orateur, ilest l’orateur catholique, et le plus abondant, le plus varié, le plus populaire. « Sa facilité est prodigieuse, même pour un oriental; il a le mouvement et la passion; il a l'harmonie, non pas le nombre sonore, la période large et puissante d'un romain, mais la grâce syrienne, parfois un peu molle, toujours élégante, souvent touchante: il a surtout l’image, l'inépuisable invention de la métaphore originale, la comparaison juste et frappante. Et ce qui est vraiment supérieur, ce qui le rend sans égal..., c’est le tour pratique de son
éloquence « (Puech). De là sa familiarité, sonironie, son pathétique, ses digressions, ses épanchements, tout ce qui révèle un orateur en communication directe avec son
auditoire : il veut, lui-même le dit, que chacun ait son mot et que nul ne retourne à la maison les mains vides : « Nous interprétons l'Écriture, non pas pour que. vous connaissiez l'Écriture, mais pour que vous corrigiez vos mœurs : sans cela, vaine est la lecture, vaine l'exégèse » (Proph. obscur. 11, 7). Sa préparation exégétique et spéculative est celle d'un antiochien formé à l'école de Diodore : Théodore de Mopsueste et lui représentent bien le développement opposé de la méthode antiochienne, Théodore vers la science, Chrysostome vers la vie !.
L'œuvre de Jean compte d'abord quelques. écrits de morale ou de spiritualité. L'exhortation &iç Os dwgor énneo0vtu, en deux parties distinctes, deux lettres d’exhortation à un ami tombé dans le déréglement : il nes’agit pas de Théodore de Mopsueste ; ce serait le plus ancien écrit de Jean {Antioche 369*). Troisopuscules sur la vie monastique, que l’on a coutume de désigner sous le titre commun de Adversus oppugnatores vitae monasticae, dateraient de 376* et du temps de la persécution des moines par l’empereur Valens. Un opuscule, communément désigné sous le titre de Comparatio regis et monachi, éloge de la vie monastique, semble du
1. PG, t. LXVII-XLIV (édition des Mauristes{[Dom MonTrAucox], Paris 1718-1738). L’édition de H. SAviLe (Eton 16142) est plus estimée. — Sur les versions latines, arméniennes, coptes, slavonnes, éthiopiennes de Chrysostome, BARDENHEWER, p.328. — Sur Chrysostome, voir PREUSCIEN? art. « Chrysostomus » de RE3. CRorseT, t. V, p. 951. A. Puecu, Un réforma-
teur de la sociélé chrétienne au IV° siècle, saint Jean Chrysostome et les mœurs de son temps (Paris 1891), et Saint Jean Chrysostome (Paris 1900). Sur la chronologie des œuvres, voir G. RAusCneN, Jahrbücher der christl. Kirche unter dem Kaiser Theodosius d. Gr. (Freiburg 4897). Funk, Kircheng. Abhand. t. II, p. 23. NORDEN, Kunstprosa, p. 550.
même temps. Autant il en faut dire des deux livres sur la componction, Tlsoi xaruvé£sws, dédiés le premier à Démétrios, le second à Stéléchios, deux amis de l'auteur. Les trois livres Loc Sraysiquor, adressés à un ascète d’Antioghe tourmenté par le démon, sont un traité sur les épreuves de la vie spirituelle : ils datent des derniers temps du séjour de Jean dans la solitude. Les six livres en forme de dialogue TTeoù isowovrnc, ou de l'épiscopat (De sacerdotio) et de son éminente dignité, ont été écrits pour un ami de Jean, Basile (de Raphanée?), que son élévation à l’épiscopat remplissait de scrupules. Socrates (vr, 3) attribue le leg ispwovrne, comme aussi le Tlooc Sraysiguor, au temps du diaconat de Jean à Antioche, mais les deux écrits paraissent plutôt dater de la solitude (ca. 380).
L'opuscule Eic vewréqur ynostouour est un traité sur le veuvage à une dame de qualité qui venait de perdre son mari, Thérasios : il date de 380 où 381. Le Ileoi uovaydoias ou de la persévérance dans le veuvage, est moins un livre qu'un sermon prèché et qui s'adresse à toutes les veuves en général; on le joint sans motif suffisant à l'opuscule précédent : la date est indéterminée. Le Ilsoi magbevius ou de la virginité, est de date indécise : Jean y faitallusion dans ses homélies {x1x, 6) sur 1 Cor. qui ont été prèchées à Antioche : on en fait de là un écrit datant du diaconat, sinon des années de solitude de Jean, mais il paraît être plutôt du temps de sa prêtrise, comme les homélies antiochiennes. L'opuscule contre les clercs qui ont des femmes dans leur demeure, Lo0ç roùs Éyorracs nagôérvouc ovracdxrouc, et l'opuseule contre les vierges consacrées à Dieu qui habitent dans une maison où il ya des hommes, Teoù roù rûc xavomxac pu) cuvouxebr dvdpdosr, sont attribués à l’épis-
copat de Jean.— Le Ad yo eig Toy axäguor Bubéhury xuù h 14.
xata Llovluuvod xuù no0ç Ehimrus, est une manière de philippique contre l’empereur Julien : elle se donne comme écrite une vingtaine d'années après la mort de l'empereur, elle est sûrement antiochienne d'origine nous voudrions qu'il fût bien établi qu’elle est de Jean. Le Ilooc iovduiouc nai Ehimras Gnddasis Orr OT Oe0c 5 Xoioréç, un opuscule sur l’accomplissement des prophéties du Christ, est, croyons-nous, suspect autant que le précédent.
C'est par centaines que se comptent les homélies portant le nom de Chrysostome, son nom ayant été mis en tête de tous les recueils de sermons de la plus basse époque susceptibles d’être prèchés, ou ayant abrité les sermons d'auteurs anciens que leur nom ne recommandait pas !.
Sur la Genèse, on a une série de soixante-sept homélies de carème embrassant toute la suite du livre de la Genèse : elles datent d'Antioche, et sont antérieures à 395. On a en outre huit homélies sur les trois premiers chapitres de la Genèse, homélies de carème, Antioche 386. Le soi-disant neuvième sermon de la même série est postérieur à 388. Pour les Rois: on a cinq homélies sur Anne, temps pascal 387, et trois homélies sur David et Saül, même temps. Sur les psaumes, il nous reste moins des homélies que des sortes d’élévations sur soixante psaumes choisis : elles peuvent avoir été faites d'après des. homélies, des homélies prêchées à Antioche, mais la date est indéterminée. On a des fragments sur Job, sur
4. FABRICIUS, t. VIIT, p. 463 et suiv. a dressé un « Index homiliarum et tractatuum Ioannis Chrysostomi » publiées dans les éditions de F. du Duc, de Savile, de Montfaucon. C’est un index alphabétique selon les incipit de chaque homélie : il est reproduit par PG, t. LXIV, p. 1327. — Sur deux homélies retrouvées dans un papyrus copte (VIII s.) par BuDce, voyez Theolog. Lileralurz. t. XXII (1898), p. 676.
les Proverbes, sur Jérémie, tirés des chaînes et qui sont à contrôler. Les deux homélies sur l'obscurité des prophéties datent d’Antioche, vers 386. On a en grec un commentaire sur les huit premiers chapitres d’1saïe, et un commentaire sur tout Isaïe dans une traduction arménienne : Constantinople 397*. Six homélies sur Isaïe, en titre sur Ozias et les Séraphins, datent d'Antioche 388. Sur Jérémie, sur Daniel, nous n'avons que des morceaux tirés des chaînes.
Suidas {s. p. low. ?Avr.), qui attribue à Jean des commentaires sur « toute l'Écriture, soit la judaïque, soit la chrétienne », lui attribue des commentaires sur Mathieu, sur Marc, sur Luc et sur Jean. Si tant est que Suidas ne s’est pas trompé, rien ne nous sera parvenu de Chrysostome sur Marc, ni sur Luc, à l’exception de sept homélies sur Lazare (Luc. xvr, 19). Mais nous avons quatre-vingt-huit homélies sur saint Jean, prêéchées à Antioche en 388*, et quatre-vingt-dix homélies sur Mathieu, prêchées à Antioche en 390*. Les homélies sur Mathieu ont été traduites en latin par le pélagien Anianus (V* siècle). — Les cinquante-cinq homélies sur les Actes datent de Constantinople, 400 ou 401, tandis que les quatre homélies sur le commencement des Actes sont d'Antioche 388, ainsi que les quatre homélies sur la vocation de Paul. — Pour les épitres, on a trente-deux homélies sur Rom. (Antioche 391?) ; quarante-quatre homélies sur 7 Cor. et trente sur IT Cor. {Antioche 392); un commentaire en six chapitres tiré d'homélies sur Gal. (Antioche); vingt-quatre homélies sur Éph. (Antioche); quinze sur Phi. ; douze sur Col. (Constantinople 399) ; onze sur 2 Thess. et cinq sur 21 Thess. (C P.); dix-huit sur Z Tim. et neuf sur /7 Tim. (Antioche ?); six sur Tük. (Antioche) ; trois sur Phile. ; trente-quatre sur /leb. (Antioche). Ces der-
nières ont été traduites en latin par Mutianus sous la * direction de Cassiodore; le texte grec mentionne au titre qu'elles ontété publiées après la mort de Jean et d'après ses notes (oyqusiu) par un prètre d’Antioche du. nom de Constantin. Les chaînes donnent des fragments sur les épitres catholiques.
Les homélies sur divers sujets se groupent en plusieurs séries : douze homélies contre les Anoméens. ITeoù dxaralnnrov, prononcées partie à Antioche, partie à Constantinople ; huit homélies contre les juifs (Antioche 386-7); vingt et une homélies sur les statues à l’occasion de la sédition des Antiochiens contre Théodose (387); deux homélies aux catéchumènes (Antioche, carême 387) ; trois homélies catéchétiques sur les démons (Antioche, carème 388); neuf homélies sur la pénitence, les trois dernières suspectes (Antioche 395*).
Viennent enfin les sermons de fêtes liturgiques : sur. la naissance du Sauveur, sur son baptème, sur la trahison de Judas, sur la passion, la résurrection, l'ascension, la pentecôte ; les panégyriques de saint Paul, de Mélèce d'Antioche, de Lucien d’Antioche, de Babylas d’Antioche, de saint Ignace d'Antioche, d'Eustathios : d’Antioche, quelques autres encore : au total quarantecinq discours. — Il y faut joindre les sermons détachés sur des textes scripturaires ou sur des points de morale : homélie sur la parabole de celui qui devait dix mille talents, sur le texte « Pater si possibile est transeat a me calix iste », sur le texte « Salutate Priscillam », sur l’aumône, etc. : au total trente-quatre discours. — Les Mauristes mettent à part l'homélie de Chrysostome sur son ordination sacerdotale; les deux homélies sur la disgrâce d'Eutrope; l’homélie sur l'exil de Saturninus et d’Aurelianus ; les quatre homélies au - moment de son premier exil et au retour. Ce sont là
D'ATHANASE A JUSTINIEN. Ps" 7240
des pièces historiques au premier chef. — On y joindra
‘les curieuses homélies stationales prononcées à Constantinople en diverses basiliques nommées, en.399 : onze discours retrouvés par les Mauristes !.
Enfin, la correspondance de Jean, telle qu’elle s’est conservée, compte deux cent quarante-deux pièces, la plupart de courts billets, la plupart de son second et dernier exil. L’ospucule communément intitulé Quod nemo laeditur nist a seipso est une sorte de lettre à ses amis surle bon usage des tribulations (Cucuse 406). Et l’opuscule intitulé de même Ad eos qui scandalizati sunt est une consolation à ces mêmes amis et fait suite au précédent (derniers mois de la vie de Jean). À Ia défense de Jean appartiennent ses deux lettres au pape Innocent (404 et 406) et sa lettre aux évêques, prêtres et diacres emprisonnés pour sa cause (404).
$ 5. — Homélistes moindres.
: Sévérien [Ss6youroc) fut évêque de Gabala en Syrie. Gennadius (Vér. int. 21) dit de lui : «in divinis seripturis eruditus et in homiliis declamator admirabilis fuit, unde et frequenter ab episcopo Ioanne [CArysostome] et imperatore Arcadio ad faciendum sermonem Constantinopolim vocabatur ». Gennadius connaît de lui une exposition sur l’épitre aux Galates et un « libellum gratissimum De baptismo et Epiphaniae solemnitate. » Il mourut sous Théodose IT. On lui reconnaît six homélies grecques Eiç,xoouonoiur, qui sont parmi les Spuria de Chrysostome (PG, LVI, 430). De
1. Sur ces homélies stationales, P. BariFroL. « De quelques homélies de S. J.» dans la Rev. biblique, t. VIII (1899), p. 366. J. C. PARGOIRE, «Les homélies de S. J. C. en juillet 399 », dans les Echos d'Orient, t. III (Paris
ces mêmes Spuria, on restitue à Sévérien l’homélie sur le serpent d’airain (LVI, 499), l'homélie De sigillis (LXHI, 531), l'homélie 7x Dei apparitionem (LXV, 16), l'homélie sur Abraham (LVI,553), dont on a unetraduction arménienne sous le nom de Sévérien. L'Exhor: tatio ad sanctum baptisma attribuée à S. Basile . (XXXT, 423) est de même en arménien sous le nom de Sévérien. L’homélie De pace (LIT, 425) a été retrouvée en grec par M. Papadopoulos Kerameus et est sûrement de Sévérien. On a encore en arménien treize autres homélies de Sévérien. Peut-être les Spuria de Chrysostome recèlent-ils encore d’autres homélies de Sévérien, mais l’investigation en est à faire, sans tenir compte des identifications arbitraires des critiques anciens, comme Ellies du Pin. Sévérien, dans ses homélies grecques authentiques, se signale par sa lourdeur et sa rudesse de forme : le fond est en outre de peu de prix. On est loin de l’admirable orateur loué par Gennadius !.
Gennadius (Wir. énl, 20) parle d'un Antiochos, mort du temps d’Arcadius, et dont il connait un long traité Adversus avaritiam. I connaît aussi du même une homélie pleine de componction « in curatione caecinati qui a Salvatore inluminatus est ». Cet Antiochos est l'évêque de Ptolémaïs de Palestine, dont Sozomène {vurr, 10) vante l’éloquence, et qui au synode Ad quercum fit cause commune avec les ennemis de Chrysostome. Son œuvre, dont on trouve des citations dans les chaînes, chez Léonce de Byzance, chez Cyrille d'Alexandrie,
4, PG, t. LXV, p.15. TILLEMONT, t. XI, p.387. FABRICIUS, t, X. p. 507, J. B. AUCuER, Severianti Gabal. ep. homiliae nunc primum editae ex antiqua versione armena (Venise 1827). À. PAPADOPOULOS KERAMEUS, Ar@lexta LepooolvuiTixme oTæyvoloyias, t. 1, (Pétersburg 41891).
LS
chez saint Éphrem, son œuvre a dû se made dans la littérature pseudépigraphe !.
Ce même Gennadius (Vér. nt. 29) connaît un Héliodore, prêtre d’Antioche, qui a composé « De virginitate egregium et sacris scripturis instructum volumen ». L'auteur et le livre sont inconnus d’ailleurs.
Théodote, évèque d'Ancyre en Galatie, avait, à Éphèse, produit une réfutation de Nestorius d’une 5onne dialectique, nous assure Gennadius { Vér. ënl. b5). Nous avons de lui trois homélies contre Nestorius, insérées dans les actes du concile d’ Éphèse et prononcées à Éphèse même. Nous avons aussi en grec une exposition Sur le symbole de Nicée. Les actes du VIIe concile parlent de « six tomes à Lausos contre Nestorius » (perdus), qui doivent être la réfutation de Nestorius dont parlait Gennadius. Ces mêmes actes signalent des homélies sur la Nativité, sur Élie et la veuve, sur saints Pierre et Jean et se boiteux guéri, sur la parabole des talents, sur les deux aveugles (Mawsr, t. x, p. 312). Les trois homélies publiées sur la Vierge et He Nativité sont à contrôler ?.
Paul, évêque d'Émèse en Syrie, était, selon Gennadius (Vér. intl. 31), auteur d’un petit traité « De paenitentia, in quo dat legem paenitentibus, ita debere dolere de peccatis ne supra mensuram tristitiae immensitate desperationis mergantur ». On a des fragments d’homélies de lui prononcées à Alexandrie devant saint Cyrille *.
Astérios, évêque d'Amasée de Pont, n'est pas le même dont parle Jérôme (Vér. int. 94); il est contem-