‹ La littérature grecqueChapitre 41 sur 65 · PG, t. LXXVII, p · texte numérisé non relu

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+ porain d'Arcadius, mais Gennadius ne le mentionne

point. Photius (cod. 271) lisait de lui un recueil de dix

homélies, dont il donne d’intéressants extraits. On a,

portant son nom, un recueil de vingt et une homélies, dont quatre se retrouvent au nombre des dix qu'a

connues Photius; mais les sept dernières, qui sont des

homélies sur les psaumes, ne paraissent pas être du même auteur que les quatorze autres. Ces quatorze ho-

mélies authentiques sont d’une rhétorique brillante et

arüficielle, non sans intérêt historique !.

Proklos, d’abord évèque du Cyzique (426), élevé en 434 au siège de Constantinople, mort en 446, a son nom en tête de vingt-cinq homélies et d’une série de lettres, auxquelles il convient d’ajouter deux homélies d’un vif intérêt historique nouvellement signalées par M. Budge dans un papyrus copte (VIII: s.), l’une prononcée à Constantinople dans l’église d'Anthémios, le dimanche où fut intronisé Nestorius (428), l'autre prononcée à Constantinople dans la grande Eglise, en présence de Nestorius et contre sa des à ajouter à celui que nous ont conservé les actes du concile d’ Éphèse. On trouve trace d’homélies et de lettres perdues ?.

Basile, évèque de Séleucie en Isaurie, dont Photius (cod. 168) fait à tort un ami de jeunesse de saint Jean Chrysostome, a pris part au Brigandage d'Éphèse (449) et au concile de Chalcédoine (451), réhabilitant Eutychès à Éphèse et le condamnant à Chalcédoine. Il dut mourir peu après 458, où il signa une lettre à l’empereur Léon avec les autres évèques d’Isaurie pour protester contre l'élévation de Timothée Aelouros (Mansi, t. var, p. 595). Nous possédons en deux livres une composition

4. PG,t. XL, p. 164. KRUEGER, art. « Asterius » de RE 3. 2. PG,t. LXV, p. 679. H. ACHELIS, « Neue Homilien » dans la Theolog. Literalurz. t. XXII (1900), p. 675. R. Duva, Lütt. syriaque, p. 317.

de Basile sur la vie et les miraéles de sainte Thékla. C'est une pièce fort curieuse, parce qu'elle dépend des Acta Pauli et Theclae pour la vie, et parce que les miracles rapportés ensuite sont des miracles contemporains de Basile. On sait que le tombeau de sainte Thékla était à Séleucie. Tillemont (xv, 346) a montré que ces deux livres avaient été sûrement composés à Séleucie entre 431 et 467 par l’évêque de Séleucie. Leur authenticité est donc bien établie. Mais ils ne sauraient être du même auteur que les quarante sermons publiés sous le nom de Basile, que nous avons proposé de restituer (le 38e et le 39e exceptés) à Nestorius. Le quarante et unième seul pourrait être revendiqué par BasileL.

Parmi les vingt-deux soi-disant homélies qui portent le nom d’Eusèbe soi-disant d'Alexandrie, on élimine les n% 13 et 14 comme appartenant à Eusèbe d'Emèse et les n° 17-20 comme appartenant à saint Jean Chrysostome ; il faut éliminer aussi, croyons-nous, les n° 11, 15, 21 qui ne sauraient être du même auteur que ceux qui restent, soit les n° 1-10, 12, 16, 22. Ces treize entretiens, car ce ne sont point des homélies, constituent une façon d'introduction à la vie chrétienne faite par Eusèbe à un laïque de haut rang du nom d'Alexandre ; il est possible que ces treize pièces ne représentent qu'une portion de l'ouvrage. Telles qu’elles sont, elles ont de l'intérêt pour l'étude des mœurs et de la liturgie à l’époque où leur auteur écrivait, savoir le Ve ou le VIe siècle. Mais qui est cet Eusèbe que les mss. traitent indûment d'évèque d'Alexandrie ? Une notice biographique, qui semble servir de préface aux treize

4. PG,t. LXXXV (texte de DAUSQUE, Paris 4622). P. BATIFFOL, « Sermons de Nestorius » dans la Rev. biblique, t. IX ei p. 329. LITTÉRATURE GRECQUE, 15

entretiens et rédigée par « Jean le notaire », amas de. fables mêlées à quelques bons traits que personne n'a encore départagés, est une composition plutôt à tinienne qu'alexandrine !.

$ 6. — Littérature ascétique.

Des essais de règles, dont aucune n’est comparable à celles que le monachisme latin, avec saint Benoît en première ligne, a produites, des essais de morale, sous forme de maximes ou de discours où l’on chercherait vainement la maïtrise de saint Jérome ou du pape saint Grégoire, seraient tout l'héritage du monachisme grec le plus ancien, celui du IVe et du V®siècle, si ce monachisme n'avait enfanté une littérature de mirabilia, recueils de dits et de gestes des moines les plus notables, où tout l'esprit de leur institution première est représenté au mieux. Ces recueils, telle l’Æéstoire lausiaque, telle plus tard (VI siècle) la Prairie spirituelle de Jean Moschos, avec des énormités de crédulité et de simplicité, renferment des moralités du sens le plus ingénieux et du tour le plus ingénument achevé. Ils comptent parmi les ouvrages les plus lus, chez les grecs comme chez les latins, les plus imités aussi, et leur influence sur les croyances populaires dure encore ?.

Antoine (Arturo) est originaire d’un village de la Basse-Égypte et meurt (a. 356) dans la montagne de

1. PG,t. LXXXVI, p. 313. KRUEGER, art. « Eus. v. AL » de RE 3. 2. Voyez Dom J. M. Besse, Les moines d'Orient antérieurs au concile de Chalcédoine (Paris 1900), p.1.

Kolzim aux bords de la mer Rouge. C’est un égyptien plus copte que grec, mais demeuré en contact avec Alexandrie ; il est l'original légendaire des solitaires, et l'ami d'Athanase. Du temps de Jérôme {Vrr. nl. 88), on connaissait sept lettres d'Antoine à divers monastères, lettres « d’accent et de langage apostoliques et qui ont été traduites en grec ». C'est dire qu'elles avaient été écrites en copte. On les a en latin. Dans l’épître d'Ammon à Théophile est insérée une lettre grecque d'Antoine à saint Théodore, traduite du copte. On trouve enfin dans la vie de saint Antoine une série d'instructions du saint aux moines, dont le biographe ch. 16) assure qu’elles ont été prononcées en copte !.

La vie de saint Antoine, qui porte le nom d’Athanase, est d’original grec, et le texte grec que nous en possédons paraît bien être l'original même. Elle peut dater de 357*. On en a une version latine, œuvre d'Évagrios d'Antioche, faite à Verceil entre 363 et 370 : « Vitam beati Antonii de graeco Athanasii in sermonem nostrum transtulit », dit Jérôme { Vir.. int. 125). Rufin (7. £. 1, 28) connaît aussi « ….. ille libellus qui ab Athanasio scriptus etiam latino sermone editus est. » L’authenticité de l'original a été contestée (Weingarten, Gwatkin), mais ne semble pas douteuse (Zôckler, Loofs), en ce sens au moins qu'Athanase a dû mettre la main à

l'œuvre ?.

4. PG,t. XL, p. 971. La lettre d’Ammon, ibid. p.065. Les pièces traduites de l'arabe (ibid. p. 961), et pareillemént la règle monastique mise sous le nom de saint Antoine et popularisée par saint Benoît d’Aniane, sont supposées. Sur la réalité de l'existence d'Antoine, Dom Burer, The lausiac history of Palladius (Cambridge 1898), p. 215.

2, PG,t. XXVI, p. 835, donne le grec d'Athanase et le latin d’Évagrios. — Biblioth. hag. gr. p. 10. ZorckLer, Askese und Mônchium (Francfort 4897), p. 188. Burzer, The lausiac History; p. 226. — Le De vir-

Le souvenir de saint Pakhôme (Iluycuoc) est attaché à la grande île monachale de Tabennes sur le Nil, Tabennesos en Thébaïde, où il s’est établi vers 317 : originaire de Thébaïde et jusqu'à vingt et un ans « moine » du temple de Sérapis, il estle législateur légendaire des cénobites (4346*). Dès l'an 404, Jérôme met en latin une Regüla Pachomii, en cent quatre-vingt-quatorze courts articles : il la publie, dit-il, d'après une version grecque faite sur l'original copte, et il la publie à l'usage des nombreux latins qui habitent dans les monastères du Delta. Jérôme joint à cette règle onze petites épitres pour une part en langage chiffré, dont on cherche encore la clé : cela aussi traduit du copte sur le grec. Gennadius {Vir. énl. 7) a connu ce recueil hiéronymien. Je ne sache pas que l'original, soit grec, soit copte, de ce recueil ait été retrouvé : on a un texte grec de larègle, en cinquante articles, un autre en soixante articles, un résumé dans Palladios (ist. laus. 38), une amplification en éthiopien. — Denys le Petit (VIe s.) a mis en latin une vie de Pakhôme et de son disciple Théodore : l'original grec traduit par Denys le Petit subsiste, mais il n’est pas la vie la plus ancienne (perdue) de saint Pakhôme, il n’en est qu'un remaniement de troisième main !. —On a enlatin une Doctrina de institu-

“ginilate qui porte le nom de saint Athanase (PG, t. XXVIII, p. 251) est un anonyme des environs de 370. P. BATIFFOL, « Le TTeptTraç0evias du pseudo A. » dans la Rômische Quartalschrift, t. VII (4893), p. 274. — Le Syntagma doctrinae est pareillement un anonyme des environs de 380. P. Barirror, « Le syntagma dit de S. À. » dans Séudia patristica (Paris 1890), p. 419.

41. PG,t. XL, p. 947. PL, t. XXII, p. 62et t. LXXIII, p. 227. — Biblioth. hag. gr. p.99. G. GRÜTZMACHER, Pachomius und das älteste Klosterleben (Freiburg 1896). P. LADEUZE, Étude sur le cénobitisme pakhomien pen-

dant le IV® siècle et la première moitié du Ve (Louvain 1898). Anal. Bolland. t. XVIII (1899), p. 60.

tione monachorum portant le nom d'Orsisios (+ 380*), qui fut disciple de Pakhôme : cette version est de date indécise. Le grec n'est pas signalé; l'original a été probablement copte. Gennadius {Vér. énl. 8) a connu trois Exhortationis epistulae de Théodore (+ 363*), autre disciple de Pakhôme : elles n'existent plus !.

Un recueil de cinquante homélies, ‘Ouuio avevuuri- «ai, porte le nom d'un Makarios, moine égyptien, que Gennadius (Vir. nl. 10) connaît comme l'auteur d’une épître « ad iuniores professionis suae ». On fait de ce Makarios (+ 391) un disciple de saint Antoine, un higoumène du désert de Scété, et le maître d'Évagrios le Pontique. L'épitre signalée par Gennadius existe encore en latin; on en a une autre plus développée, en grec.

On a vingt-neuf discours qui portent le nom d’un certain Isaïas, dont on fait un moine de Scété du IV° siècle : elles ont été éditées en latin, le grec est inédit encore, le tout de peu de prix ÿ.

Sozomène {vr, 29) a eu pour source de ses informa tions sur le monachisme égyptien, outre l'Histoire lausiaque dont il sera parlé plus loin, un recueil de notices sur les moines égyptiens les plus notables, recueil qu'il attribue à un Timothée, dont il fait l’évêque d'Alexandrie de ce nom (381-5). Il est aujourd'hui démontré que le recueil de ce Timothée n'est pas autre chose que l’Historia monachorum in Aegypto de Rufin, laquelle a dù être publiée en 402 ou 403. Mais cette Jlistoria n’est pas, comme on l'avait cru, une œuvre originale latine; c'est une traduction faite par Rufin sur un original grec, et on a retrouvé cet ori-

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