KRUEGER, art. « Asterius » de RE
ITeoù dyevvirov Oeoù xoù yerrmrod. Épiphane lui attribue « trois cents autres pareilles propositions ».. L’opuscule conservé par Épiphane est de première importance pour l’histoire théologique. ; Eunomios, originaire de Cappadoce, diacre à Antioche, secrétaire d’Aétios et son disciple, comme lui aristotélitien, a été fait évêque sous Julien, puis banni; il meurt oublié vers 395. IL est le porte-parole de l’anoméisme : c’est lui que réfutent les controversistes. Photius (cod.138) a possédé un recueil de quarante lettres de lui, dont parle aussi Philostorge {x, 6). Socrates{rv,7) signale un commentaire de l’épître aux Romains, en sept rouoi, mentionné aussi par Suidas (s. v. Evrooc). Lettres et commentaire sont perdus. Nous avons une "Exbeois niorewg d'Eunomios, celle dont parle Socrates (v, 10) comme ayant été soumise à Théodose en 383 : elle existe en plusieurs mss. et a été publiée par Valois dans une note de son édition de Socrates. Nous avons mieux encore, l’’Æroloyntixoc d'Eunomios, le traité dont saint Basile a fait la réfutation, et que Photius (cod. 137) a possédé : Fabricius en a publié le texte. À la réfutation de Basile, Eunomios répondit par une ’Anoloyiæ Ÿnèg dnokoyias postérieure à la mort de Basile (379), et dont on a des fragments dans la réfutation qu'en a faite Grégoire de Nysse !. . Acace P4xdxioc) est le successeur d'Eusèbe sur le siège de Césarée (340*-366*). Jérôme {Vér.. in£. 98) lui attribue un commentaire sur l’Ecclésiaste en dix-sept € volumina », plus six autres volumes ovuuixror Enrmuärwr, etencore « multos diversosque tractatus » de sujet non indiqué. Socrates (1, 4), qui a connu de nombreux livres d'Acace, mentionne une biographie
1, PG, t. XXX, p. 835. Loors, art, « Eumomius » de RES,
composée par lui de son maître Eusèbe. Philostorge {xv, 12) lui attribue la plupart des écritures du synode de Constantinople de360. Épiphane (Lxxr1, 25) lui attribue le formulaire du concile de Séleucie {(«. 359), dont il donne le texte, et il cite (Lxxrr, 6-10) plusieurs passages d’un traité Tlooc Magxskor, savoir contre Marcel d'Ancyre. Tillemont pensait que le De fide adversus Sabellium, attribué à Eusèbe de Césarée, et que l’on a publié en latin seulement, était un ouvrage d’Acace :: improbable {(Loofs). Jérôme (Æpist. cx1x, 6), citant un passage d’Acace sur J Cor.xv,5, emprunté au livre IVe des Zvuuxra Énrnuara, met l’auteur au nombre des savants exégètes, nommément Origène, Eusèbe, Théodore, Apollinaire; et de fait onrelève des fragments de lui dans les chaînes, que personne n’a encore pensé à réunir !.
Théodore, évêque d'Héraclée en Thrace (+ 355*), un homéen, est présenté par Jérôme comme un écrivain élégant et net, « magis historicae intelligentiae » (Vir. int. 90), c'est-à-dire un exégète littéral : il se rattache par là à la tradition de Lucien. Jérôme connaît de lui un commentaire de saint Mathieu, de saint Jean, de saint Paul, et dupsautier. L'œuvre exégétique de Théodore est perdue, à l'exception des fragments qu'on en trouve très nombreux dans les chaînes : on n’a pas encore pensé à les étudier. Mai a publié une série de fragments sur Isaïe, d'après une chaîne ?.
Eusèbe, évêque d Émèse en Phénicie (+ 359*), un macédonien, est qualifié par Jérôme {Vzr. int. 91) de rhéteur élégant apprécié de ceux « qui declamare volunt », lui aussi « magis historiam secutus ». Il
1. Le texte du De fide, dans PG, t. XXIV, p.1047 (édit. de SIRMOND, Paris 1643). TILLEMONT, t. VIL, p. 62. Loofs, art. « Acacius » de RES. 2, PG, t. XVIII, p. 1307 (texte de Mai).
se rattache ainsi à la tradition de Lucien. Épiphane
(Lxvr, 21) le cite parmi les auteurs qui ont écrit contre les Manichéens. Au rapport de Jérôme (7. c.), il avait
écrit d'innombrables livres, dont les principaux étaient un Adversus ludaeos (mentionné aussi par Ebedjesu),.
un Adpersus gentes, un À dyersus Novatianos, un commentaire en dix livres sur l’épitre aux Galates, une série depetites homélies sur les Évangiles. Théodoret (Haer. fab. x, 25 et 26) parle de ss de controverse contre les Marcionites et les Manichéens. Ebedjesu ajoute des Quaestiones in Vetus Testamentum. Rien n’en subsiste plus, à l'exception de fragments exégétiques tirés des chaînes et de deux morceaux dogmatiques cités par Théodoret ‘.
Georges, évêque de Laodicée de Syrie (+ post 360), un EU ous était l’auteur d’une biographie d'Eu-
sèbe d'Émèse, que Socrates (11, 9) a résumée en une -
trentaine de lignes. Épiphane (Lxvr, 21) le cite parmiles écrivains qui ont polémisé contre les Manichéens. Autant en fait Héraklianos, cité par Photius (cod. 85).
Athanase (De Synod. (17) et Sozomène (1v, 13) ont
connu des lettres de Georges ?.
Basile, évêque d'Ancyre Fe post 360), encore un ma- Aonien. avait écrit contre Marcel d'Ancyre et aussi
,.1. PG, t. LXXXVI, p. 540 (textes suspects). Avcusri, In Euseb. Em. annotationes (Elberfeld 1829), est réimprimé tbid. p. 463. KRUEGER, art. « Eusebius vom Em. » de RE3,— On sait que les nombreuses homélies latines qui portent le nom d’Eusèbe d’E. appartiennent à la littérature gallicane (Faustus de Riez, Césaire d’Arles, etc.). Des Opuscula XIV Eusebii en latin publiés par Sirmond (voir plus haut, p. 213), les deux premiers, contre Marcel d’Ancyre, pourraient êlre d’Eusèbe d’Émèse. (KRUEGER).
2, DRAESEKE, Patrist. Untersuch. p. 1, a cru retrouver le traité de
Georges contre les Manichéens dans le traité sur ce sujet qui porte le
nom de Titos de Bostra (voyez p. 000) : cette conjecture n’est pas tenue pour fondée. Loors, art. « Georg von L. » de RE 3.
un De pirginitate. Jérôme (Vér. int. 89) ajoute : «.…. et nonnulla alia ». Athanase (De synod. 41) lui attribue un leo niorewc !.
Lucius (Æovxoc), clerc alexandrin passé à l’arianisme, a été intrus évêque d'Alexandrie en 361 et s'y maintient jusqu'en 378, où il est expulsé : réfugié à Constantinople, il en est chassé en 380 et l'on perd sa trace. Jérôme (Vir. ini. 118) a connu de lui des lettres festales, « solemnes de pascha epistulae », et « pauci variarum hypotheseon libelli ». Un fragment d’un Eic ro nuoya est cité de Lucius dans les actes du concile de Latran de 649 (Mansi, t. X, p. 1114), fragment de quelque lettre festale.
On possèdeenlatin, mais traduit du grec, un commentaire sur Job, Anonymus in 10b, en trois livres, faussement attribué à Origène. Huet a fait observer que ce commentaire étaitune œuvre arienne ; ilresterait à chercher si c’est l’auteur grec ou le traducteur latin qui a arianisé, et à leur assigner à tous deux une date. — Il existe un autre commentaire sur Job, en grec, et dont l'auteur, anticonsubstantialiste déclaré, semble se rattacher à l’école de Lucien : le texte grec est inédit, il n’y a d'imprimé qu'une traduction latine moderne (Périon). — Le commentaire sur saint Mathieu attribué à Chrysostome, Opus imperfectum in Matthaeum, est une œuvre arienne et latine, qui ne paraît pas postérieure au milieu du V* siècle et peut avoir pour auteur l'évêque africain arien Maximinus ?.
Titos fut évêque de Bostra (+ 375*). Sa présence au synode réuni à Antioche par Acace en 363, sous Jovien (Socrat. ur, 25), donne lieu de croire qu'il était du
1. J. ScuzApeBACH, Basilius von Ancyra (Leipzig 1898). 2, PG, t. XVII, p. 3141, pour l’Anonym. in Iob. Huer, Origeniana
[ibid.], p. 1273 et 1275.
parti homéen. Il mourut sous Valens. Jérôme (Vér. ind. 102) lui attribue de « fortes adversum Manichaeos libros », et encore « nonnulla volumina alia »Sozomène (v. 15) parle d’une lettre adressée à l’empereur Julien : nous ne l'avons pas. Mais le traité en quatre . livres contre les Manichéens s’est conservé intégralement eñ syriaque; on en a les deux premiers livres et une partie du troisième en grec. Titos est souvent cité dans les chaînes grecques, citations qui mériteraient qu'on les étudie !.
$ 8. — Les Apollinaristes.
Le nom d’Apollinariste est donné au parti d'Apolli- naire (Ærouwaguoc) de Laodicée, dont l’enseignement sur l'union du Logos au corps et à l’âme du Christ, a été le premier avant-coureur du nestorianisme.
Le père de notre Apollinaire s'appelait aussi Apollinaire : il était alexandrin et enseigna la grammaire d’abord à Béryte, puis à Laodicée de Syrie, où il fut fait prêtre ?. Georges de Laodicée l’'excommunia avec
1, DE LAGARDE, Tütè B. contra Manichaeos lib. IV syriace (Berlin 1859). In. Titi B. quac ex op. contra Man.servata sunt gr. (Berlin 1859). PG, t. XVIIT, p. 1069. Y joindre Pirra, Anal. sacra, t. I, p. 50. L’Oratio in ramos palmarum (PG, t. XVIII, p. 1263) est suspecte. — E. VENA- BLES, art. « Titus » du DCB.
2, Sozomène (V,18)attribue à Apollinaire de L. un poème en vers hexamètres sur « l'archéologie biblique », l’histoire sainte jusqu’à Saül, en vingt-quatre chants; il luiattribue aussi des « comédies à la manière de Ménandre », destragédies à l'instar d’Euripide et des hymnes à l'instar de Pindare; il met ses composilions très au-dessus des modèles antiques! Ces compositions dateraient du temps où Julien prétendit interdire aux chrétiens les écoles et les auteurs helléniques. Socrates (ur, 46) distingue entre les deux Apollinaire : le père aurait mis les «livres de Moïse » en vers hexamètres, et il aurait fait sur d'autres livres du Vieux Testament des poèmes en vers hexamètres, et des tragédies; quant au fils, il se scrait contenté de mettre le Nouveau Testament en dialogues à
son fils : on sait mal pourquoi (Sozom. vi, 25). Dès ce moment, l'attachement des deux Apollinaire à saint Athanaseetaupartinicéen paraît avoir été public (tbid.). En 362, le jeune Apollinaire de lecteur était devenu évèque de Laodicée. En 374, Jérôme vint étudier auprès de lui. C’est peu après, semble-t-il, que sa doctrine commença d’inquiéter l’orthodoxie; la date reste cependant indécise. Condamné à Rome sous Damase (377 et 382), à Antioche (378), à Constantinople (381), il dut mourir avant 392. Le souvenir d’Apollinaire est resté celui d’un homme d’une culture hellénique consommée jointe à une forte dialectique (Épiph. zxxvit, 24) : l’arien Philostorge {vur, 11) le met au-dessus de Basile et de Grégoire de Nazianze « pour la science sacrée ». Les historiens modernes en font un des théologiens les plus pénétrants de son temps.
Jérôme (Vér. int. 104) lui attribue «in Sanctas Seripturas innumerabilia volumina ». Et, de fait, on trouve de lui dans les chaînes nombre de fragments exégétiques, sur les Proverbes, Ezéchiel, Isaïe, l'épitre aux Romains, d'une exégèse « sobre, intelligente et qui s’abstientd’allégoriser » (Krüger). Jérôme encore mentionne ses « Adversus Porphyrium tiginta libri, qui inter cetera opera eius vel maxime probantur »; et Philosorge (vur, 14) les estime très supérieurs aux écrits d'Eusèbe et de Méthodios sur le même sujet. Sozo-
la manière de Platon ; Socrates ajoute que ces compositions «sont comme si elles n’existaient pas ». L'information de Socrates et de Sozomène n’est pas, croyons-nous, de première main : ni l’un, ni autre n’a lu les poèmes des Apollinaire, poèmes dont rien ne subsiste.
La paraphrase du psautier, en vers hexamètres, qui porte le nom d’Apolinaire (PG,t. XXXIIH, p. 1313) est-elle d’Apollinaire? Nous ne <royons pas qu’on l'ait prouvé. Dräseke, qui en défend l’authenticité attribue aussi à Apollinaire la paraphrase de l’évangile de $. Jean de Nonnos de Panopolis. Quant au Xo:oros méoyuwr, centon du XI° siè- «le,Dräseke est seul à l'attribuer à Apollinaire.
mène (v, 18) connaissait un ‘Yzèo dAnbeius, apologie éontre Julien et les philosophes grecs, où « il montrait l’indécence de leurs erreurs sur Dieu sans tirer aucun témoignage des Saintes Écritures ». Il écrivit encore, nous apprennent Jérôme (Wir. inl. 120) et Philostorge (vur, 12), une réfutation de l4xooynrixoc d'Eunomiôs. Jérôme a connu (Vr. énl. 86) un écrit contre Marcel d'Ancyre. Tous ces ouvrages sont perdus. — Dräseke, il est vrai, a cru retrouver le ‘Yrèo darôeiac dans la Cohortatio ad gentiles du pseudo-Justin, et le traité contre Eunomios dans les livres IV et V du Kur” Evvouiov de saint Basile; mais ces identifications ne sont pas justifiées. Les Ædloyor neo Tis dyiag Toutdos du pseudo-Athanase, que Dräseke attribue aussi à Apollinaire, n’ont pas plus de chance d’être de lui. Grégoire de Nysse, dans son traité Contre Apollinaire, citeun certainnombre de fragments du livre d’'A-. pollinaire ?An0 das meoi tic Oslus ougxwoews, traité de l'incarnation, dont on a d’autres citations dans Théodoret, Euloge, Justinien, etc., etque Dräseke a essayé de restituer. — Par l’auteur de l’opuscule Adpersus fraudes Apollinaristarum(PG;t.1xxxvi, p. 1948), on savait. que Apollinaristes et Monophysitesavaient mis, pour en assurer la circulation, des écrits d'Apollinaire sous le nom de Grégoire le Thaumaturge, d’Athanase, du pape Jules : rite le PRES établi qu'Apollneies était l'auteur du Kurd HLÉQOS niotis, petit traité sur la Trinité et l'Incarnation mis sous le nom de Grégoire, et qui a dû être composé soit en 390 (Caspari), soit vers 375 (Dräseke). Il faut en dire autant du Leo cugxwoswçsattribué à saint Athanase {PG, t. xxvunr, p. 25) et dont Dräseke fait un fragment d’une lettre d’Apollinaire à l’'empereur Jovien; autant du Leo tic à Xouote Evdrnros attribué au pape Jules (PZ, t. vur, p. 873); autant des
lettres prétendues du pape Jules sur l’union de l'humanité et de la divinité dans l’Incarnation (Jaffé, n° 190- 194); autant du Llooc roùc aura TAç Oeiuç Toù Loyov Cu9xw0ecwc dywribouévouc (PL, t. vin, p. 876), attribué au pape Jules. — Mais l”Exôeoix neoi Ts Co0od0ë&ov miorews du pseudo-Justin, que Dräseke réclame pour Apollinaire, ne paraît pas lui appartenir {.
On connaît quelques disciples d’Apollinaire. Vitalis (Bivoluos), prêtre puis évêque schismatique à Antioche du temps de Mélèce, avait encore des partisans à Antioche au début du Ve siècle (Sozom. vr, 25) : Dräseke réclame pour lui les ’Ærabsuatiouoi à regi miorewc xequ- Louc 16” du pseudo-Grégoirele Thaumaturge, mais cet opuscule ne paraît pas être antérieur à la seconde moitié du Ve siècle (Funk). — L'auteur Adversus fraudes Apoll. cite un fragment d’un livre apollinariste Tloûs toùc Léyoyrag pacxew juus Ouoovoioy To coux To Osw, qu'il attribue à un certain Valentin (Ovuleytivoc) dont Euloge (Photius, cod. 230) cite une proposition d’un monophysitisme violent. Il cite aussi un Polémon (Ioréuwv), dont Euloge (2. c.) rapporte une proposition analogue à celle de Valentin. Timothée [évêque?] de Béryte est mentionné aussi par l’Adyersus fraudes Apoll. : il était auteur d’un livre, dédié à un Homonios, évêque, et dont l'Adp. fraudes fait quelques citations ?.
4. J. DraEseKE, Apollinarios von L. sein Leben und seine Schriflen (Leipzig 4892), reproduit en appendice les textes qu’il a cru pouvoir revendiquer pour A., « Apollinarii quae supersunt dogmatica ». CASPARI, Alte und neue Quellen, p.65, pourle Kat yuéoôs æiotis. Mar, Nova PP. bibl.t. VII, pour les fragments exégétiques.— KRUEGER, art. « Apollinaris » de RE 3. Fuxx, Kircheng. Abhandlungen, t. II, p. 329.
2, sur Vitatis, DRAEseKE, Patr. Untersuch. p.78, et la diss. du P. LEquien dans PG, t. XCIV, p. 272. LEQUIEN considère comme des opuscules apollinaristes le fragment Ad imperalorem Iovianum qui porte le nom d’Athanase (PG, t. XXVIII, p. 532); de même l’opuscule pseudo-
En même temps qu'il nous apprend que les Apollinaristes, soit à Antioche avec Vitalis, soit « en d’autres villes », eurent leurs évèques à eux et leurs églises, Sozomène (vi, 25), marque qu'ils adoptèrent des rites différents de ceux des Catholiques, et notamment qu'ils eurent, au lieu des psaumes traditionnels, des canti-: ques de l'invention d’Apollinaire, assure-t-il. Il n'en reste rien.
5 4. — Les Cappadociens.
Depuis Nicée, l'Orient est en détresse, attardé à la recherche d’une formule non consubstantialiste. Constantinople foyer de l’arianisme officiel, Antioche paralysée par leschisme, Alexandrie engagée trop personnellement, sont impuissantes à promouvoir la renaissance catholique. C’est de la Cappadoce qu'elle va venir. Ce succès que Théodose décide, que le concile œcuménique de 381 consacre, en refaisant l'unité après un demi-siècle de luttes, sera une œuvre de politique ecclésiastique, et aussile fruit d'un espritde modération théologique habile à concilier la tradition et l’orthodoxie à la culture hellénique et la science origénienne : politique et théologie caractéristiques de nos Cappadociens.
Basile (BaoiAsoc), fils d'un chrétien de Césarée en Cappadoce, né en 331*, mort en 379 {1er janv.), a passé par les écoles de Césarée, de Constantinople, d’Athènes : à Athènes (351-355) il s’est lié avec Grégoire” de Nazianze et il a eu Julien pour condisciple. Retour d'Athènes, il s'est fixé à Césarée pour y professer las
athanasien "Or: els 6 Xeuoros (p.121) et le De incarnatione Dei Verbi" contra Paulum Samosatenum (p. 89).
rhétorique. Puis épris d'ascétisme, ila visité l'Égypte, la Palestine, la Mésopotamie, et finalement il se retire dans la solitude, près de Néocésarée, Là Grégoire de Nazianze vient faire de longs séjours : la PAilocalie, ce recueil d'extraits d’Origène fait par Basile et Grégoire ensemble, atteste leurs études communes !. Là Basile conquiert un ascendant exceptionnel sur tout ce qu'il y a d’ascètes en Cappadoce et dans le Pont, tout un parti de fidèles nicéens. Là enfin (364) l'évêque de Césarée, Eusèbe, vient le prendre pour le ramener à Césarée et l’élever à la prêtrise. Six ans plus tard (370), mais seulement après une élection laborieuse, Basile succède à Eusèbe sur le siège de Césarée, grand siège qui lui donne autorité métropolitaine sur la Cappadoce et sur le Pont, onze provinces. « Mais que d’entraves pour rallier à une exacte orthodoxie des esprits troublés par tant de luttes ! C’est le schisme d’Antioche, où la minorité se prévaut, contre Basile, de l'alliance de Rome et d'Alexandrie. C’est l'opposition semiarienne, qui, délogée du terrain christologique proprement dit, se reforme pour attaquer la divinité du Saint-Esprit; c'est la corruption, l’indolence, la jalousie du clergé, de l’épiscopat lui-même; c’est la froideur de ses amis... Sa grande amertune, c’est l'inutilité apparente de ses efforts. Ni le schisme d’Antioche ne s’apaise, ni Rome ne croit à la sincérité des alliés de l’évêque de Césarée. Damase ne le comprend pas, et l'union des églises ne parvient pas à se faire. Il meurt enfin, au milieu de ces luttes et de ces douleurs morales ? ». Théodose, Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze achèveront son œuvre.
À J. À. Rorixsow, The Philocalia of Origen, thetext revised, with a critical introduction (Cambridge 1893).
2, DUCHESNE, « L'église d'Orient de Dioclétien à Mahomet », extrait de
Les Grecs ont fait de lui le seul des Pères à qui ils. aient donné le surnom de « grand ». Peut-être fautil voir là le bénéfice que Basile a tiré de l’exceptionnelle maîtrise de son style. Photius (codd. 141, 143, 191) le place parmi les écrivains de premier rang pour l’ordre et la netteté des pensées, pour la pureté et la propriété du langage, pour l'élégance et le naturel : Basile est pour lui l'écrivain classique. Les critiques modernes, moins sensibles à ces qualités de forme, se plaisent à admirer en lui l'équilibre de dons variés de spéculation, d'érudition, de rhétorique et de gouvernement.
La théologie de Basile est à rechercher dans deux traités polémiques. L’Æ4vargentixoc Toù éxoloynrixoù Evyouiov, mentionné par Jérôme {Vér. int. 116) et antérieur à l’épiscopat de l’auteur, est pour les trois premiers livres une réfutation de l'A pologétique d'Eunomios, dont Basile produit le texte par citations qu'il. réfute une à une, à la façon d'Origène contre Celse!. On peut le dater approximativement de 363-4. Jérôme (/.c.) parle d'un ouvrage sur le Saint-Esprit ; nous l'avons encore, Ilegi rod äyiou nvetuaros, deux livres sur la consubstantialité de l'Esprit, dédiés à Amphilochios évêque d’Iconium, et datant de 375.
Mais l’action aussi bien que la théologie et le meilleur de saint Basile est à rechercher dans sa correspondance. Elle compte dans l'édition des Mauristes 366 lettres groupées en trois classes : lettres antérieures à l'épiscopat, la plus ancienne remontant à 357;
la Revue du monde cath. (Paris 4884), p. 46. — P. ALLARD, S. Basile (Paris 1890). CROISET, t. V, p. 930. E. NORDEN, Kunstprosa, p. 550.
1. Les livres IV-V traitent ex professo de la divinité du Fils de l’Esprit : ils étaient suspects aux Mauristes. Fuxkx les a revendiquées avec de fortes preuves pour Didyme, Xircheng. Abhandlungen, t. II, p. 291, contre Dräseke qui les réclamait pour Apollinaire.
lettres de l’épiscopat, 370-378; enfin lettres qu'il n'est pas possible de dater, et lettres apocryphes !, L'œuvre exégétique de saint Basile est réduite à vingt-deux homélies. En première ligne, les neuf célèbres homélies Eic Ty f£uyusgoy, commentaire de l’œuvre des cinq premiers jours de la Genèse : ce sont des homélies prêchées à l’église au cours du carême, pour une part improvisées, populaires même. Elles datent de la prêtrise de Basile, on ignore l’année précise. Elles ontété imitées par saint Ambroise dans son propre Hexaemeron (ca.389), et mises en latin par Eustathius (ca. 440). En second lieu, quinze homélies sur les psaumes : elles datent de la prêtrise de Basile et ont été prêchées en des solennités liturgiques. Improvisées aussi etpopulaires, elles représentent une faible part de la prédication de Basile rien que sur le seul psautier. Des nombreuses homélies sur divers sujets attribuées à Basile par les ms., les Mauristes en ont retenu seulement vingt-quatre; encore doutent-ils de l’authenticité de la seconde homélie sur le jeûne et du panégyrique de saint Barlaam. — D'un passage de Théophanes (ad ann. 502) on a voulu conclure, à tort, qué Basile avait écrit contre l’empereur Julien un pamphlet portant le titre de Touywdia fyovr ngopnreiu Ts vor xaTaoTÜoEuwc, qui aurait été composé vers 362-3. Sinous joignons lès écrits ascétiques, que nous avons étudiés ailleurs, la liste des ouvrages de Basile est close ?.
4, F. Loors, Zur Chronologie der Briefe des Basilius (Halle 1898). Eustathius von Sebaste und die Chronologié der Basilius Briefe (Halle 1898). Lettres apocryphes : la soi-disant correspondance de Basile et de Libanios vingt-cinq pièces; les lettres de l’empereur Julien et de Basile quatre pièces. Par contre, la correspondance de Basile et d’Apollinaire, quatre pièces, a été réhabilitée par Dräseke.
2. PG, t. XXIX-XXXII (reproduit l’admirable édition des Mauristes Dom GaRNIER et Dom Mara, Paris 1721-30).
Grégoire (L'oyyéouoc), frère plus jeune de saint Basile, a été fait par lui évêque de Nysse (Cappadoce) en 371. Formé par Basile même, il fut rhéteur un temps avant d'être par Basile et Grégoire de Nazianze conquis à l’ascétisme, puis au sacerdoce. Déposé par les Ariens. (375) sous Valens, rétabli à l'avènement de Théodose, il assiste au concile de Constantinople (381) où il procure le triomphe posthume de la politique ecclésiastique de Basile. C’est aussi le point culminant de sa vie, comme du rôle des Cappadociens. On ne connaît que quelques incidents du reste de sa vie; il dut mourir peu après 394. Si Basile représente plutôt la politique ecclésiastique des Cappadociens, Grégoire deNysse représentera davantage leur œuvre théologique. Mais chez Grégoire le bel équilibre de Basile est rompu. Grégoire plie sous le poids de son érudition hellénique ou origénienne. Du Pin lui reproche de mêler la philosophie à la :
théologie, d'expliquer les mystères ou les devoirs par «les principes des philosophes », ce qui fait que «ses livres sont plus semblables à ceux de Platon et d’Aristote qu'à ceux des autres chrétiens, et qu'ils sont tout ensemble moins clairs, moins agréables, moins solides : et moins utiles ». On peut lui reprocher tout autant d’avoir pratiqué Origèneavectrop peu de critique, aussi bien pour ses principes d'interprétation allégorique que pour tels ou tels développements théologiques. Par là, la conciliation cherchée par les Cappadociens de l'esprit du III siècle et de l’orthodoxie traditionnelle est précaire et provoquera la réaction antiorigéniste et intransiseante dont Epiphane et Cyrille seront les chefs. |
L'œuvre de Grégoire est une façon de prolongement de l’œuvre de Basile. Elle comprend d’abord des écrits exégétiques. L’Aroloynrix0c neoi Tac Eamuéoov est une
suite à l'Æexaméron de Basile : Grégoire l’expliquesur plusieurs points où il a été mal compris et le complète sur d’autres qu'il avait négligés. Le Ilepù xaraoxevc dvôgwrov aborde l’œuvre du sixième jour que Basile n'avait pas abordée. Les deux ouvrages datent de 379 et sont tous deux dédiés par Grégoire à son frère Pierre, évêque de Sébaste. Le second a été traduit en latin par Denys le Petit (VI siècle). Le Ilepi où Bio Movosws, ou de la perfection dans la vertu, un livre, dédié à un Césaire inconnu, est de date imprécise, plutôt tardive. On en a trouvé des fragments grecs dans des papyrus du Faioum. L'ouvrage en deux livres Et Tv ÉmMyoupr Tor yakuwr où des titres des psaumes, l’opuscule Ilsoi Tnç éyyacrouvôov sur le traditionnel sujet de la pythonisse d'Endor, une homélie indépendante sur le psaume VI, huit homélies sur l'Ecclésiaste (il n'y a qu'une partie d’improvisée), quinze homélies sur le cantique dédiées à Olympiade de Constantinople et que l’auteur n’a pas complétées, sont la contribution de Grégoire à l'exégèsedel’A. T.— Sur le Nouveau, on a de lui cinq homélies sur l’oraison dominicale (il en existe une version syriaque), huit sur les béatitudes, homélies de genre purement moral et dans « la manière des orateurs qui abondent en paroles » (R:Simon). Tel n’est pas le genre des homélies et des traités sur l'A. T. Grégoire est un admirateur d'Origène, et son exégèse personnelle est toute dans la manière d'Origène : arriéré par là en un temps où l'on sentait davantage le prix ‘du sens littéral et où l’on ne se faisait pas faute (lui-même nous l'apprend, In cant. proœæm.) de critiquer l'interprétation mystique, il allégorise pourtant et « jusqu’à ruiner la lettre de l'histoire » (Tillemont).
L'œuvre théologique de Grégoire a une Un Un
208 2. 7 s LITTÉRATURE GRECQUE.
que cette exégèse. Le Æ0yoc xurmynrix0s 0 jéyas, en quarante articles ou chapitres, estun exposé didactique de la doctrine catholique à l'usage des chrétiens qui ont. à instruire les catéchumènes en répondant aux difficultés des païens, des juifs et des hérétiques sur la Trinité, la rédemption, les sacrements. — Le 11006 Evvouov dytigontixoç, postérieur à la mort de Basile, est la réfutation de la seconde apologie qu'Eunomios avait publiée en réplique à Basile : ce traité en douze livres, dédié à Pierre de Sébaste, date de 381* : défense de Basile contre les attaques d'Eunomios, défense de la consubstantialité contre l’arianisme, c'est l'ouvrage le plus considérable de Grégoire et le plus important de tous les écrits de controverse contre l’arianisme (Bardenhewer). — Contre Apollinaire, Grégoire écrivit un "Avtiggqtix0c xçûc to *Anolwagiov,un livre, antérieur à 383; et un Kara "Anokuvaçiov, un autre livre, celui-ci dédié à Théophile d'Alexandrie. — Quatre opuscules sont consacrés à la défense de la théologie de la Trinité, à un point de vue plutôt apologétique et contre les païens : le Tlsoi tot un slvou tosic Osowç, à Ablabios, où . qu'il n'y a pas trois dieux; Ilgoç Elimrag neo Tüvr ou &vvouor ; le ITeoè niotewc, au tribun Simplikios, sur la divinité du Fils etde l'Esprit; enfin un Lleoù tic Gytuc Toudos, dédié à Eustathios de Sébaste, et dont on n’est pas d'accord pour savoir s’il est de Grégoire ou de
Basile. — Maï a retrouvé un Kurd Aosiov xai Zu6-
eliov, et, contre les Macédoniens, un leg roù éyiov LA C9
nvevuaros. — Le Ileoi wuyñc xaù Gvacräcswc est un
dialogue entre Grégoire et sa sœur Makrina supposée à ses derniers moments, sur là âme, la mort, la résur-
rection, la consommation finale. fe ITeoi siguaouevns ou de la fatalité est une apologie de la liberté humaine contre le fatalisme astrologique. Le Iegi r@r vyriwy,
ou des enfants qui meurent en bas âge, dédié à Hiérios préfet de Cappadoce, est une apologie de la Providence : le janséniste Tillemont en est fort embarrassé.
Une série d'opuscules ascétiques : un Llsoi rod vi vd LOL0TLarüv Ovoua 7 éntyysua, à Harmonios, traite de la vie chrétienne ; un TIegi rehsitntos, au moine Olympios, de la perfection chrétienne; un Ieoi roù «aura Oe0v oxomov, destiné à des moines, dela fin de l'homme. Le Ileoi nagbeviac paraît être un livre de la jeunesse de Grégoire (ca. 371).
Les homélies et discours de Grégoire sont de médiocres compositions, pleines des défauts du temps, la prolixité et le pathos (Bardenhewer) : c'est, selon Tillemont, avec beaucoup de raison que saint Sophrone de Jérusalem l'appelle un fleuve de paroles! Signalons ses sermons contre ceux qui diffèrent le baptême, contre les usuriers, sur la divinité du Fils et de l'Esprit (a. 383), sur sa propre ordination; des panégyriques de saint Étienne, de saint Théodore, des quarante martyrs de Sébaste, de saint Ephrem; des éloges funèbres de Mélèce d’Antioche (a. 381), de saint Basile, de la princesse Pulchérie, fille de Théodose (a. 385), de l'impératrice Flaccilla, sa femme (a. 385). Une vie de saint Grégoire de Néocésarée, une vie de Makrina. — Signalons enfin un recueil de lettres, vingt-six seulement, d'un vif intérêt soit historique, soit moral, notamment deux lettres fameuses sur les fidèles qui vont en pèlerinage à Jérusalem!
Amphilochios d'avocat est devenu évêque d'Iconium
4. PG, t. XLIV-XLVI (collection très médiocre des textes publiés par FRONTON DU Duc, GRETSER, ZACAGNI, CARACCIOLO, KRABINGER, MAÏï). Pas encore d'édition complète : tentatives de FORBES, Gregorii nyssent quae supersunt, deux fascicules seulement ont paru (Burntisland 1855-
w dr æ
(374-395*), le siège métropolitain de la Lycaonie. Il
était cousin germain de saint Grégoire de Nazianze. Ilest souvent cité dans la correspondance de saint : Grégoire de Naz. et de saint Basile dont il fut l'ami :. le De Spiritu sancto de ce dernier lui est dédié.
Jérôme (Vir. int. 133), qui a pu rencontrer Amphilo-
chios à Constantinople en 381, l’a entendu lire un
traité « De Spiritu sancto, quod Deus et quod adoran-
dus quodque et omnipotens sit ». Il ne reste rien de
ce traité. Une épiître synodale sur la question macédonienne, adressée au nom des évêques de Lycaonie (a. 377) aux évêques de Lycie (on en a le texte grec), a
été rédigée par Amphilochios. — On a des citations
de divers autres écrits du même : de lettres sur des
points de doctrine à Seleukos, au diacre Pancharios
de Side, aux fidèles de Syédra; de traités de controverse « Contre les Ariens », « Sur les écrits apocry-
phes dont font usages les hérétiques », « Sur Isaïe »,
« Sur la génération selon la chair », « Sur le Fils-
Verbe »; enfin de sermons sur divers textes christo-
logiques de Mathieu, de Lue, de Jean’.
1861), et de OsLHER, $S. Gregorit nyssent episcopi opera, rien que le
tome premier (Halle 1865), cette dernière très insuffisante. Sur les mo-
nographies récentes dont Grégoire a été le sujet, voir BARDENHEWER, P. 282 et Loors, art. « Gregor v. N. » de RE3.
Les quatre dialogues attribués à Césaire, frère dé Grégoire de Nazianze (reproduits par PG, t. XXXVIII, p. 851), sont pseudépigraphes (TILLEMONT, t. IX, p. 701) : mais le Césaire (cf. Suidas, s. v.) et ies dialogues seraient à étudier attentivement.
4. PG, t, XXXIX (d’après GALLANDI). — FABRICIUS, t. VIII, jr. 373. LICHT- Fo0T, art. Amph. » du DCB. Loors, art. « Amph. de RE3. Sur les homélies mises sous le nom d’Amphilochios, YOYez TILLEMONT, t. IX, p. 747. Trois d’entre elles doiventêtre restituées à Nestorius: P. BATIFFOL, « Sermons de N. » dans la Rev. bibl. t. IX (1900), p. 342. Les iambes à Sc: leukos sont un poème à un jeune homme sur la vie chrétienne, attri-
bué tantôt à Grégoire de Nazianze, tantôt à Amphilochios : origine à déterminer.
Eusèbe, évêque de Césarée de Cappadoce(362-370),
prédécesseur de saint Basile était inconnu dans l’his-
toire littéraire jusqu'à ces dernières années où l’on
a retrouvé dans un papyrus copte (VIII s.) une homélie sur la Chananéenne, qui porte son nom!.
$ 5. — Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste.
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L'école d’Antioche, avec Lucien et les Collucianistes, nous a présenté un premier groupe, « l’ancienne école », dont on peut reconnaître la tradition ou l'influence chez les exégètes ariens. La « nouvelle école » va nous présenter un second groupe, celui-ci orthodoxe de doctrine, plus fidèle que jamais à l'exégèse littérale. Le nicéen Eustathios (337*), avec son curieux traité sur la Pythonisse, en annonçait bien l'esprit; Diodore de Tarse en est le maître incontesté : à son école se forme Théodore de Mopsueste, l’exégète le plus littéral que l’antiquité ait eu, et en même temps le théologien en qui Pélage et Nestorius ont pu trouver leur doctrine; à son école aussi se forme saint Jean Chrysostome, un exégète encore, mais tout moraliste. L’allégorisme alexandrin a été ici combattu par une critique érudite et grammaticale, par un esprit positif où l'esprit moderne se plaît à reconnaître un de ses procédés les plus chers, et que trop de causes ont contribué à rendre stérile dans l'antiquité. ,
Diodore (Æ60dw90ç) est devenu évêque de Tarse en Cilicie en 378*, et a dû mourir avant 394. Il a étudié
1. H. Acmeus, « Neue homilien.., », dans la Theolog. Literalurz. t. XXIII (1898), p. 675.
à Athènes vers le même temps que saint Basile, puis (ca. 350) a été chargé à Antioche, sa ville natale, de la direction des doxyrnoa, et qui sont en même temps qu'une confrérie d’ascètes une école dont il fait le foyer de l'esprit nicéen et de la résistance à l’arianisme à Antioche : c'est là que viendront se former Jean Chrysostome et Théodore de Mopsueste. Diodore est lié avec saint Basile; il prend part comme évêque au concile de Constantinople de 381; de passage à Antioche en 386*, il entend son propre panégyrique prononcé par Jean Chrysostome. Son activité. littéraire compte parmi les plus fécondes, son autorité est comparable aux plus grandes : mais, plus encore qu'Apollinaire qu'il a combattu, il pose les prémisses du nestorianisme, et son crédit avec son œuvre ne survivront pas au concile d'Éphèse.
Suidas (s. y.) a conservé un catalogue étendu, encore qu'incomplet, des écrits de Diodore : ce catalogue est tiré de l'Histoire ecclésiastique de Théodore le Lecteur.
Le Ileoi siguaguernc où du destin était un ouvrage en huit livres, où Diodore traitait de la providence, de la liberté, du mal : Photius (cod. 223) en donne une analyse étendue et soignée qui permet de juger de la logique et de l'érudition de Diodore!,
Suidas cite encore : un leo toù elç 0e0c y Trou, sans doute une apologie contre les Grecs, mentionné par Ebedjesu; un traité contre les Melchisédéchiens (Korè Mslyiosdemror); un autre contre les Juifs, men-
4. Suidas écrit : Kar@ doreorouwry #at &or go40ywy xat eiouæg- Hévns, désignant par ces trois vocables le Zeçi eiouaguéyns ci-dessus. Les titres de Suidas sont Sujets à tautologies. — Ebedjesu signale un
livre « Adversus contentiosum » et un livre « Politicorum », dont le sujet reste à deviner.
üionné par Ebedjesu; un traité sur la résurrection et un autre sur l'âme probablement contre Origène; des Tloôs Toaruvov xepékaa, dont le sujet est inconnu; un traité de la providence (IIegù roçovotaç); un Kuro INürwvos neo 0808 xui Oewv, qui peut être l'ouvrage de Diodore auquel une lettre de Julien l’Apostat fait allusion en termes haineux (ap. Facund. 1v, 2); un Ileoù quoews #ai dAnc.. un livre par demandes et par réponses, dédié à un philosophe Euphronios ; un Kara AQiototrélous rep cuuaros oûoariou…., sur le corps du ciel et que le ciel n’est pas un animal; un traité sur les sacrifices contre le païen Porphyre. Théodoret (Haer. fab. x1, 11) fait écrire par Diodore contre Photin, Paul de Samosate, Sabellios et Marcel d’Ancyre; Photius (cod. 85), lui attribue un traité en vingt-cinq livres contre les Manichéens. Photius (cod. 202) connaît de lui un traité du Saint-Esprit; Léonce de B. un traité Ilo0c Toùc ovrovorwuotas, où contre l’apollinarisme, mentionné par Ebedjesu, et dont on a plusieurs fragments en latin et en grec, l'œuvre théologique caractéristique de Diodore. Suidas encore mentionne un Xoomxév, dans lequel, dit-il, Diodore « corrige l’erreur d'Eusèbe Pamphile sur les temps ».
Voici enfin, toujours d’après Suidas, l’œuvre exégétique : des commentaires sur tout l’Ancien Testament, et nommément sur la Genèse, l’'Exode et la suite, sur les Psaumes, sur les quatre livres des Rois, sur les Paralipomènes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique et les Prophètes. Puis sur les quatre Evangiles, les Actes, et l’épitre de Jean l'Evangéliste, Suidas y joint un traité sur un sujet familier aux Antiochiens : Tic diupooc Oswglus nai dhmyogiac, de la différence du sens spirituel et du sens allégorique. On a tiré des chaînes une série de scolies de Diodore
sur le Pentateuque, les Juges, les Rois, les Psaumes!.
Théodore de Mopsueste est né à Antioche (ca. 350), où, compagnon d'études de Jean Chrysostome, il a été formé par Libanios à la rhétorique, ensuite par
Diodore à la théologie : il a été fait prêtre d'Antioche :
(a. 383), puis (ca. 386), au moment où Jean Chrysostome entre dans tout son éclat, il se retire à Tarse auprès de Diodore jusqu'au jour (392) où il est fait évêque de Mopsueste, en Cilicie. Il y résidera trente-trois ans. En 394*, l'empereur Théodose désire l'entendre
prêcher à Constantinople; on a une lettre adressée à
Diodore par Jean Chrysostome exilé à Cucuse (404-7), qui témoigne de la fidélité de leur mutuel attachement; en K18, Julien d'Éclane et ses amis, les chefs condamnés du parti pélagien, se réfugient près de lui; en 428, Nestorius, allant prendre possession du siège de Constantinople, vient le visiter. Théodore meurt sur la fin de 428, à la veille de la condamnation de Nestorius, « nullam alicubi detractionem ab orthodoxis in vita suscipiens », pourra écrire Facundus. Mais, comme pour Diodore, son crédit et son œuvre - sombrent avec le nestorianisme, encore que le concile d'Ephèse n'ait pas voulu prononcer le nom de Théodore. Poursuivi par les Catholiques et par les Monophysites, il sera au VI® siècle condamné par Justinien et par le V° concile.
Photius (cod. 38) possédait encore le premier livre en sept tomes d’une “Égunveia Tac xrioews, commentaire de la Genèse, où Théodore « fuyait l’allégorie et interprétait selon l’histoire », dit Photius : on en a des fragments grecs, latins, syriaques. On a des fragments
4. PG, t. XXXIIL, p. 4559 (fragments recueillis par Maï). PrrRA, Spicil. Solesim.t.1,p.269.— R. Duvaz, Lili, syriaque, p. 316.
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