LES SCIENCES CHEZ LES SYRIENS
§ 1. ^ La médecine.
La médecine fut particulièrement cultivée par les Syriens qui s'acquirent en Orient une grande notoriété dans cette science. Barhebrœus rapporte dans sa chronique syriaque* que, lorsque Sapor fonda la ville de Gondésapor, il fit venir dans cette ville des médecins grecs, qui introduisirent en Orient la médecine d'Hippocrate^. a II y eut aussi, ajoute-t-il, des médecins syriens qui devinrent illustres, tels que Sergius de Reschaina, Atanos (?) d'Amid '; Philagrius, Siméon de Taibouteh, Grégoire l'évêque, Théodose le patriarche,
i. Éd. Bruns et Kirsch, p. G2; éd. Bedjan, p. 57.
2. Suivant Tabarl (Noeldeke, Geschichte der Perser... Tabari^ Leide 1872, p. 07), Sapor fit venir de l'Inde un médecin qu'il établit en Susiane à Karka de Beit-Lapat (ou Gondésapor) , et c'est de ce médecin que les Susiens tenaient leurs connaissances médicales.
3. pj^^ào/ ooax^/, cette orthograplie ne se prête pas à la lecture d'Athanase d'Âmid. Atiianase, nommé maphrien d'Amid par le patriarche Tlicoduse, en 887, n'est pas connu comme médecin, en outre la place que Bartiebrxus assigne à ^aojl^/ dans son énumération ne permet pas de considérer celui-ci comme un contemporain de Théodose. Nous ne savons rien non plus des médecins Philagrius et Grégoire nommés dans cette notice. Grégoire Vévéque , à cause de la place qu'il occupe , ne peut désigner Barhebrxus, qui fut un des médecins du Sultan à Alcp en iîC3, Chron, eccL^ 1, 747.
le célèbre Honeîn, fils d'Ishak, et beaucoup d^autres après ceux-ci. Ils étaient tous syriens, mais Aaron le prêtre n'était pas syrien; son livre fut traduit du grec en syriaque par Gosius d'Alexandrie. »
Sergius , le médecin en chef de Reschaina , traduisit une partie des œuvres de Galien. Le manuscrit Add. 14661 du Musée britannique contient les livres VI- VIII du Traité des simples^ Ilepl xpàaeow xe xa\ Suvotfjiéuiv twv aTrXSv i]/ap{jLàxu)v. Chaque livre est précédé d'une courte introduction de Sergius, adressée au prêtre Théodore, et d'une liste des noms des plantes qui y sont traitées avec leurs équivalents en syriaque. Si le manuscrit est réellement du VP ou du VIP siècle , comme Wright le pensait ^ on devra considérer comme ajoutées après coup les gloses arabes qu'il contient. M. Merx a publié des extraits de cette version dans la Zeitschrift der deuL morg, Gesellschafty 1885, t. XXXIX, p. 237 et suiv. Le ms. Add. 17156 renferme des fragments de Lart médical Qi des Facultés des aliments de Galien ^,ces fragments ont été édités par M. Sachau, Inédit a syriacay p. 88-97. Les traductions de Sergius ont été revisées au IX® s. par Honein ibn Ishak ^, Cette revision ne nous est pas parvenue , mais le lexique syriaque de Bar Bahloul, qui cite Sergius, rapporte quelquefois les nouvelles explications de Honein ^.
Le Gosius qui , selon la notice de Barhebraeus , traduisit en syriaque le Syntagma médical du prêtre et médecin Aaron d'Alexandrie, est sans doute GesiusPetraeus qui vivait au temps de l'empereur Zenon \ Dans un autre passage [Histoire des Dynasties, éd. Pococke,