Meletemata Peschittoniana , Breslau, 18S
2. Das Buch des Propheten Ezéchiel, Leipzig, 1886, p. 151-155.
3. Die syrische Uebersetzung zu den Bûchern der Chronik^ dans Jahrb. fur protest. Théologie, 1879.
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chrétien incontestable semblent bien prouver que les auteurs de la Peschitto étaient des Juifs convertis. Dans Isaïe, VII, 14, la version syriaque porte « Voici que la Vierge concevra » et rend par viei^ge le mot hébreu que la tradition juive entend d'une jeune femme. Ce changement est d'autant plus frappant que dans d'autres endroits , le syriaque conserve le même mot que l'hébreu. On cite encore, à l'appui de cette opinion, d'autres versets des Prophètes et des Psaumes.
Croire que la Peschitto est un ancien targoum , remontant à un ou deux siècles avant notre ère et qui aurait été accepté par les Syriens chrétiens après avoir subi une revision *, ce serait mal connaître l'histoire des targoums. Le targoum était l'explication, faite en araméen et oralement, des péricopes de la Bible qui étaient lues dans les synagogues pendant les offices et dont le texte hébreu n'était plus compris des foules. Les docteurs , chargés d'expliquer le texte , recevaient et transmettaient aux disciples le targoum oral qu'il était défendu de mettre par écrit. Ce targoum était une paraphrase et non une version littérale comme la Peschitto. C'est seulement plusieurs siècles après notre ère, alors que la tradition commençait à se perdre, que se fit sentir la nécessité de rédiger par écrit les anciens targoums. Il n'y a d'exception que pour le targoum de Job qui a été écrit au premier siècle de l'ère chrétienne. Le livre de Job n'était pas compris dans les livres lus à la Synagogue; il servait de lecture édifiante, et on se crut autorisé à le traduire de bonne heure en araméen pour la commodité des fidèles.
Comme les Septante , la Peschitto n'est pas une œuvre faite d'un seul jet. Les livres qui la composent ont
i. Prager, De Veteris Testamenti versione guam Peschitto vocant^ Gœttingue, 1873.
UTTÉRATURE SYRIAQUE. 3
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été traduits à différentes époques; on commença par ceux dont le besoin se fit sentir plus tôt, tels que le Pentateuque , les Prophètes et le Psautier. Les Chroniques, Esdras avec Néhémie et Esther ne faisaient pas primitivement partie du canon de TÉglise syriaque. Dans les anciens ms. , ces livres sont distincts des livres protocanoniques ^ Au IV* siècle, la série des traductions des livres bibliques était complète; elle comprenait même des livres apocryphes, comme l'indiquent les citations d'Aphraate et de saint Éphrem.
Suivant Fauteur de La doctrine d'Addaiy qui renferme la Légende d'Abgar^ Tapôtre de la Mésopotamie aurait, dans ses dernières instructions aux fidèles, recommandé à ceux-ci de s'en tenir, pour l'Ancien Testament, à la Thora et aux Prophètes. Il faut voir là un écho de l'axiome répandu dans le peuple, que la Loi et les Prophètes renferment toute la religion, plutôt qu'une ancienne tradition relative aux premières traductions syriaques des livres bibliques. Le Psautier dut être traduit de très bonne heure pour les services religieux.
Quoique la Peschitto procède de l'hébreu et reflète la tradition targoumique, l'influence des Septante s'y fait sentir, plus ou moins grande suivant les livres bibliques. Cette influence est sensible dans le Pentateuque 2, plus sensible encore dans le Psautier ^ et les Prophètes *. Pour le Psautier, on ne saurait, comme
i. Wright, Syriac literature^ 2« éd., Londres, 1894, p. 4-5.