Perles, Meletemata Peschittoniana
3. Frédéric Berg, The influence of the Septuagint upon tke Peshilta Psalter, New-York, 1895; comparer Oppenheim, Die syr, Uebersetzung des fuenften Bûches der Psabnen^ Leipzig, 1891 ; Baetiigen, Untersuchungen ûber die Psalmen, Kiel, 1878, et Jahrbûcher fur protesU Théologie, VIII, 4(fô et suiv., 593 et suiv.
4. CoRNiLL pour Ézéchiel; Hyssel pour Michce; Seboek, Die syriscke Uebersetzung der zwôlf kleinen Propheien, Breslau, 1887.
Font démontré MM. Nestlé et Bœthgen^ invoquer dans ce sens les titres des Psaumes. Ces titres n'étaient déjà plus compris avant notre ère, en ce qui concerne les notes musicales qu'ils renferment , et les auteurs de la Peschitto les avaient laissés de côté. C'est à Théodore de Mopsueste qu'on doit les nouveaux titres du Psautier que l'on trouve dans les ms. et dans nos éditions; du reste, ces titres varient suivant les ms.
Les livres qui ont subi le moins cette influence sont : Job qui suit de près le targoum ^ ; les Chroniques , Esdras, Néhémie et Esther qui furent traduits plus tard. On avait aussi compris dans cette catégorie les Proverbes, dont le texte, dans la Peschitto et le targoum, présente une ressemblance frappante; mais M. Pinkuss ^ a établi , en rapprochant un certain nombre de passages , les rapports qui existent, également pour ce livre, entre la Peschitto et les Septante. D'un autre côté, il ne fait plus de doute aujourd'hui que le targoum des Proverbes dépend de la Peschitto; l'opinion qui faisait dériver la Peschitto du targoum est complètement abandonnée.
Comment expliquer l'influence des Septante sur la Peschitto? Certains critiques ont fait une double conjecture sans se prononcer dans un sens plutôt que dans un autre : ou les auteurs de la Peschitto étaient versés à la fois dans la connaissance de l'hébreu, de l'araméen et du grec et se servaient pour leur traduction des
1. NESTLE, Theol. LiteraturzeiU^ 1876, col, 283; Baethgen, Zeilschr. f.dieAltestamentliche Wissenschafi, 1885, p.6(?el suiv.
8. Gomp. Stenij, De syriaca libri lobi interprelatione, Helsingfors, 1887; Mandl, Die Peschittho zu Hioby Leipzig, i892.
3. Die syriscke Ueber^etzung der Proverbien , dans la Zeitschr. fur die Alttest, Wissenschaft, t. XIV, 1894, p. 65-141 et 161-222.
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40 LES ANCffiNNES VERSIONS
targoums et des Septante ; ou une revision de la Peschitto, basée sur les Septante, a eu lieu postérieurement. Cette dernière hypothèse est seule possible. Les Juifs araméens de la Mésopotamie — rappelons que les auteurs de la Peschitto étaient des Juifs convertis de cette contrée — ces judéo-chrétiens ignoraient le grec ; mais, eussent-ils été capables de lire les Septante, ils ne se seraient pas servis de cette version, que les écoles juives de la Palestine et de la Babylonie considéraient comme une œuvre mauvaise , portant atteinte au caractère sacré du texte hébreu. En fait, les Septante n'eurent de crédit en Palestine et en Syrie que chez les chrétiens. Or l'Église de TOsrhoène est, dans ses premiers temps , judaïsante. Au IIP siècle se produit un revirement : Palout , évêque d'Édesse reçoit l'imposition des mains de Sérapion, évêque d'Antioche vers l'an 200 ; dès lors c'est à Antioche , à la métropole des chrétiens hellénisants de la Syrie, que se rattache l'Église d'Édesse. Il est très admissible qu'après cette époque l'ancienne version syriaque ait été soumise à une revision pour la mettre en harmonie avec lesSeptante dont les Syriens hellénisants faisaient usage.
Cette revision doit être postérieure à Origène et aux premiers Pères de l'Église qui citent des leçons de la version syriaque que l'on ne trouve plus dans notre texte actuel. Elle devait être achevée au commencement du IV® siècle , car Aphraate (vers 340) et saint Éphrem {f 373) avaient sous les yeux une version syriaque très proche de celle que les ms. reproduisent. A cette époque la recension de Lucien d'Antioche ^ était répandue en Syrie , et il y aurait intérêt à rechercher si
1. Sur cette recension, voir Paul de Lagarde, Librorum Veteris Teatafnenti canonicorum pars prior grsece, Gœltingue, d883.
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la révision de la Peschitto est demeurée étrangère à celte recensions
Vers la même époque remonte la version syriaque des livres deutérocanoniques , dont les citations d'Aphraate.et de saint Éphrem établissent l'existence au rV* siècle. Ces livres ont été traduits du grec, à Texception de l'Ecclésiastique qui procède directement de rhébreu ^.
L'Ecclésiastique syriaque renferme de nombreuses et importantes lacunes, qui sont soit intentionnelles, soit occasionnées par le mauvais état du manuscrit dont le traducteur se servait. De fausses lectures ont engendré des erreurs de traduction ; la version n'est pas toujours littérale , parfois elle abrège ou elle développe et paraphrase. Ces défauts ont été mis en évidence par la publication de fragments de l'original hébreu récemment découverts et comprenant les chapitres xxxix, 15-xLix, 11^. Dans la partie syriaque correspondant à ces chapitres, on croit reconnaître plusieurs mains. « Jusqu'au chapitre xliii, observe M. Israël Lévi^, le traducteur suit avec une certaine attention l'original hébreu. Tout d'un coup il s'arrête, puis vient un fragment
1. M. Driver a remarqué, dans Notes on the Hebrew Text of the Books of Samuel^ Oxford, 1890, p. lxxii, qu'un certain nombre de passages des livres de Samuel concordent dans Lucien et dans la Peschitto et s'éloignent également des Septante et du texte hébreu. M. STOCKMAYEn, dans la Zeitschr. fur die AlUestam, Wissenschaft, 1892, t. XII, p. 218, a relevé ces passages pour le premier livre de Samuel, et il conclut que, dans ces cas, Lucien dépend de la Peschitto, mais l'hypothèse contraire est aussi vraisemblable.
2. Distinct de TEcclcsiastique de THexaplaire, qui a été traduit du grec, voir ci-aprés, n® v.
3. M. Schechter, professeur à Cambridge, a trouvé d'autres morceaux, notamment la fin de l'Ecclésiastique, mais il ne les a pas encore publiés.
4. V Ecclésiastique ou la Sagesse de Jésus y fils de Sira, Paris, 1898, p. Lii,X" vol., fasc. I de la Bibliothèque des Hautes études, section des Scietices religieuses.
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du chapitre xliii , 1-iO , qui est une traduction faite sur le grec. Au chapitre xliv , commence une version qui n'a plus ce caractère , mais qui se distingue par son
infidélité Une autre main semble avoir revisé le
tout en mettant d'accord le syriaque avec le grec : nombreuses sont les traductions qui s'écartent de l'hébreu pour se concilier avec le grec ... Malgré ces défauts de toute nature , le syriaque l'emporte généralement sur le grec, lorsqu'il serre de près le texte et ne se livre à aucune fantaise. »
Au sujet du livre de Tobie , il y a lieu de rappeler, que la version syriaque que nous possédons est composée de deux morceaux différents : l'un, i-vii^ 11, est tiré de Hexaplaire; l'autre, vu, 11-xiv, 15, provient d'une source que les ms. ne désignent pas ^
A la fin du V® siècle lorsque les Syriens orientaux, devenus nestoriens, se séparèrent des Syriens occidentaux, le texte de la Peschitto était définitivement constitué , car on ne constate pas de variantes notables dans les versions qui avaient cours chez les uns et les autres.
Les travaux critiques sur la Peschitto ^ sont basés sur l'édition de Samuel Lee ou l'édition d'Ourmia et sur quelques ms. particuliers.
i» CERiANif Le edtzioni... del Vecchio Test,, dans les Mémoires du R. Istiluto LombardOy XXI, 2, p. 22; Field, Origenis Hex. fragmenta, Oxford, 1878, I, p. LXVIII, note 3; Noeldeke, Monatsberichte der Berliner Akademie der Wissenschaften^ 1879, p. 46.
2. Nous ne pouvons donner ici la longue liste de ces travaux, dont nous avons cité plus haut quelques-uns des plus récents et dont les plus anciens n'offrent qu'un intérêt rétrospectif. On trouvera celte liste dans l'article de M. Nestlé, Syrisehe Uebersetzungen dans la Real-Encyklopedie fur protest. Théologie und Kirche, 8" éd. ; ajouter encore : SCHiHiDT, Die beiden syrischen Uebersetzungen des I M accabœer bûches ^ dans la Zeitsehr, fur die Alttestam, Wissenschaft, 1897; Teches, Syrisch-Hebr, Glossar zu den Psalmen nach der Peschila, ibid.y 1897; ScHWATz, Die syr, Uebersetzung des ersten B. Samuelis^ Berlin, 1897.
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L'édition Lee, faite en 1823 pour la Société biblique anglaise, en vue des chrétiens du Malabar, est la reproduction du texte imprimé dans la Polyglotte de Walton , quoique Samuel Lee ait consulté quelques manuscrits. Walton, de son côté, n'avait fait que réimprimer le texte publié par Gabriel Sionita dans la Polyglotte de Paris en y ajoutant les livres deutérocanoniques.
Le texte dont se servent les Syriens orientaux a été imprimé à Ourmia en 1852 par la Mission américaine. La Mission catholique en a donné également une édition à Mossoul en 1887.
Les éditions concordent entre elles , quoique l'ordre dans lequel sont classés les livres bibliques soit différent dans les deux recensions, l'orientale et l'occidentale. L'édition d'Ourmia a l'avantage de donner un texte entièrement vocalisé qui reproduit la prononciation orientale.
Les livres deutérocanoniques ont été publiés séparément par Paul de Lagarde * , d'après la Polyglotte de Londres et des ms. du Musée Britannique^.
Le manque d'une édition critique de la Peschitto se fait vivement sentir, et il est à souhaiter qu'une œuvre aussi utile pour l'exégèse biblique soit bientôt entreprise '.
i, Libri Vet, Test, apocryphi syriace, Leipzig, 1861.
2. M. CerianI , qui a tant fait pour la critique des versions syriaques de la Bible, a public de 1876 à 1883, une reproduction photolithograpiiique du cod. Ambrosianus (un ms. jacobite du VI* siècle) qui contient non seulement les livres protocanoniques, mais aussi les livres deutérocanoniques.
Le Musée britannique possède un ms. écrit à Âmid en 464 et qui renferme le Pentateuque, à l'exception du Lcvilique; et un autre ms., daté de 532, contenant le Livre de Daniel.
3. Une liste des édidions de livres particuliers de la Peschilto a clé donnée par M. Nestlé, Syrische Uebersetzungen^ dans la Real-Encyklcpedie fur protestantische Théologie und Kirche^ 3" éd.; voir aussi sa Syrische Grammatik^ 2* éd., Berlin, 1888, liUeratura^ p. 17 et suiv.
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§ 2. -^ Les anciennes versions du Nouveau Testament.
L'étude des anciennes versions syriaques du Nouveau Testament soulève des problèmes dont la solution est loin d'être définitive. On connaît quatre anciens docaments de ce genre : 1® V Harmonie des quatre Évangiles ou le Diatessaron de Tatien ; 2° la Peschitto du Nouveau Testament; 3° La version publiée par Cureton; et 4° la version découverte au Sinai par Mrs. Lewis.
La Diatessaron fut de très bonne heure en usage dans rÉglise syriaque ; il est cité par les auteurs sous son nom grec ou sous le titre A' Évangile des [livres) mêlés, v^^iJi^l vjLû^çiôf , par distinction des Évangiles séparés, ^vA^fv^uiX^o/. Les chrétiens de la Mésopotamie ont peut-être appris à connaître les Évangiles par cette Harmonie. La doctrine d'Addai dont la rédaction étendue que nous possédons est de la fin du IV® siècle ou du commencement du siècle suivant, apporte sur ce point un témoignage qui semble emprunté à la tradition. Après avoir parlé de la création de l'Église d'Édesse par Addai , cet apocryphe ajoute : « Une foule nombreuse s'assemblait chaque jour et se rendait à la prière de l'office et à (la lecture de) l'Ancien Testament et du Nouveau du Diatessaron. » Cependant la question se rattache à celle de la composition du Diatessaron sur laquelle on est encore peu fixé.
La thèse suivant laquelle Tatien a écrit en grec son ouvrage * a pour elle le titre sous lequel il est cité ordinairement, To dià TsaaaQWv Evayyéhov. Mais cette thèse a été combattue^ par des arguments de poids.
1. Harnack, Die Ueberlieferung der grieehischen Apologeten, Leipzig,
2. Zaun, Forschungen zur Geschichte des NeutesUimentlichen Canons, 1 Theil, Tatian*s Diatessaron, Leipzig, 1881.
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Tatien était originaire de la Mésopotamie; il vivait dans la seconde moitié du second siècle, et il composa, d'après Épiphane , son Harmonie des Évangiles après son retour de Rome. On doit conclure de ces faits que le Diatessaron a été écrit en syriaque à Edesse même et en vue de la nouvelle Église de la Mésopotamie. La date du retour de Tatien dans sa patrie n*est pas, il est vrai, certaine. M. Harnack remarque que, depuis Fan 180, Tatien était considéré comme hérétique en Occident, tandis que il passait pour orthodoxe en Orient. Le voyage de l'auteur du Diatessaron en Mésopotamie aurait pu avoir lieu entre l'an 152 et l'an 165 ; postérieurement à cette date, Tatien serait revenu à Rome où il aurait été accusé d'hérésie. Selon M. Zahn, Tarrivée de Tatien en Orient doit être fixée à Fannée 172 ou 173 ; il n'existe aucune trace d'un voyage ultérieur en Occident. Tatien demeura en Orient où la réputation d'hérétique ne l'avait pas suivi, et il y finit ses jours. Cette dernière opinion a prévalu et l'on admet généralement aujourd'hui que le Diatessaron a été composé en syriaque à Édesse vers Fan 172. Il n'y a rien d'extraordinaire à ce que Tatien ait conservé, pour son livre, le titre Tv EvayyéXiov qui était le terme consacré , en y ajoutant les mots âià TeaaaQwv qui le complétaient.
L'Harmonie de Tatien suppose-t-elle l'existence d'une version syriaque des quatre Évangiles d'où elle aurait été tirée? M. Zahn qui tenait d'abord pour l'affirmative^ et voyait cette version dans les fragments de Cureton-,