Forschungen zur Geschichte des NeutesL Canons
2. CuRETOM, Remains of a very ancient recension,.,^ Londres, 1858. Cureton avait trouvé cette ancienne version des Évangiles dans un ms.» malheureusement incomplet, du Musée britannique, qui l'avait reçu du couvent de Nitrie en Éçypte. Trois feuillets, qui avaient été enlevés à ce ms., ont été retrouvi ^ en Egypte par Brugsch qui les a déposés
byGoogk
s'est rallié à l'avis de M. Baethgen^ Celui-ci estime que le Diatessaron est le premier texte syriaque des Évangiles, composé sur le grec. Vers 250, observet-il ^, apparaît une version syriaque des quatre Évangiles conforme au texte grec des ms. occidentaux, mais le traducteur connaissait le Diatessaron et s'en est servi. C'est cette version que reproduisent les fragments de Cureton. Environ trente ans plus tard, il existait à Édesse une version des Évangiles très proche de la Peschitto et provenant d'une revision de l'ancienne version de Cureton. Les citations bibliques d'Âphraate sont empruntées en grande partie au Diatessaron, mais quelques-unes aussi à la version de Cureton et à la revision qui a formé la Peschitto. »
Cette thèse, M. Baethgen l'appuie des arguments suivants : 1° La version de Cureton renferme des leçons harmonistiques dont l'origine doit être cherchée dans le Diatessaron ; 2° C'est par le Diatessaron que s'expliquent les abréviations dans cette version de plusieurs passages des Évangiles ; 3° La version de Cureton est postérieure à Tatien, car elle a des leçons de source occidentale, qui sont inconnues à Tatien. a Des textes qui portent ce caractère occidental , observe M. Basthgen, existaient déjà avant le milieu du IP siècle et étaient très répandus dans la période qui finit avec l'an 250 après J.-C. On devra donc admettre avec quelque certitude que les origines de la version de Cureton, dont le texte décèle le caractère occidental dans une importante mesure, tombent dans cette même période, entre 150 et 250. La question est maintenant de savoir
à la Bibliothèque de Berlin. Wright a donné de ces trois feuillets une édition qui ne se trouve pas dans le commerce, sous le titre : Fragments of the Curetonian Gospels, Londres, i872.
i . Evangelien Harmonie dans la Real-Bncykl., 3« éd ., V, 657.
t. Evangelien frag. Der gr, Text des Cureton,, Leipzig, 488K, introd.
byGoogk
si cette version doit être placée au commencement ou à la fin de cette période. » M. Bsethgen se décide pour la seconde alternative en faisant ressortir les passages de la version Curetonienne qui se rapprochent de la forme Alexandrine du texte grec et qui concordent avec les citations d'Origène; 4° Tatien, dans sa recension du texte grec, ne se tenait pas à la lettre, mais se permettait souvent des paraphrases, comme Eusèbe le rapporte [Hist, eccL iv, 29). On trouve dans la version Curetonienne les mêmes passages retravaillés, mais dans une proportion moins forte que chez Tatien ; on voit par là que cette version, tout en suivant le Diatessaron, connaissait Toriginal grec; 5® enfin, au point de vue dogmatique, la version de Cureton renferme des traces d'hérésie qui s'expliquent par l'influence du Diatessaron que Théodoret de Cyr qualifiait de xaxovçyia rrjç aw-
Il ne fait pas de doute que les Syriens de la Mésopotamie possédaient, au commencement du IV® siècle, le Diatessaron de Tatien, la version publiée par Cureton, et la Peschitto dans un texte très voisin de celui que nous possédons. Les citations du Nouveau Testament dans les homélies d'Aphraate en font foi. Cet auteur qui écrivait à Nisibe ou dans les environs de cette ville, vers 340, cite chacun des quatre Évangiles par son nom et parle des Généalogies de Notre Seigneur qui ne se trouvaient pas dans Tatien ^
L'original du Diatessaron est aujourd'hui perdu. Le commentaire que saint Éphrem en fit s'est conservé dans une version arménienne que Mœsinger reproduisit en latin, en 1876. A l'aide du travail de Mœ-
1. Voir l'Introduction de Dom Parisot à l'édition des homélies d'Aphraate dans le l*' vol. de la Patrologia syriaca de M. Graffin, Paris, 189». Gompé Woods, Sludia biblicaj Itl, Oxford, 1891, p. 105-138.
byGoogk
singer et des citations fournies par Aphraate et Éphrem, M. Zahn tenta en 1881 de reconstituer le Diatessaron. Depuis, la version arabe du Diatessaron, attribuée à Abou 1-Faradj ibn at-Tib ^ a été publiée à Rome (1888) par le P. Ciasca qui en a donné une traduction latine. M. Hamly Hill a réuni et traduit en anglais, avec le concours de M. Armitage Robinson, les passages du Diatessaron cités dans les commentaires d'Éphrem [A dissertation on the Gospel commentaries of S. Ephrem the Syrian^ Edimbourg, 1896). MM. Harris et Goussen ont publié des extraits tirés des commentaires de Jésudad et d'autres auteurs (Harris, Fragments ofthe commentary of Ephrem Syrus upon the Diatessaron, Londres, 1895 ; Goussen, Apocalysis S. Joh» çersio sahidica, Leipzig, 1895).
Le Diatessaron demeura en vigueur chez les Syriens jusqu'à Rabboula, évêque d'Édesse [f 435), qui en interdit Tusage dans les églises et les couvents de son diocèse. Le biographe de cet évêque nous informe que Rabboula ordonna aux prêtres et aux diacres de veiller à ce qu'il y eût dans chaque église un exemplaire des Évangiles séparés 2. A la même époque, Théodoret, évêque de Cyr, fit détruire plus de deux cents exemplaires du Diatessaron dans son diocèse ^. La réaction qui se manifesta à ce moment contre le Diatessaron entraîna la perte de ce livre.
Rabboula, ajoute son biographe^, est l'auteur d'une version syriaque du Nouveau Testament faite sur le
1. Le p. Gheikho, dans une communication faite au XI* congrès des Orientalistes, tenu à Paris en 1897, croit que cette version est antérieure au dixième siècle et n'est pas d'Ibn at-Tib. Son opinion est basée sur un fragment ancien qu'il a trouvé en Orient.
â. OvEnoECK, Ephrœmi syri.., opéra selectOj Oxford, 186», p. 220, 1. 3.