v. Perles, Meletemata Peschittoniana, cités ci-dessus
2. NcELDEKE, Zeitschr, der deut, morgenl, Gesellsehaft^ XXV, 116; comp. ci-dessus, p. 4, note 1.
3. C'est aussi ia conclusion à laqueUe M. Gwillum, Studia biblica, III, Oxford, 1891, p. 47-104, est arrivé après avoir coUationné le texte de nos éditions avec les plus anciens ms.
■ 4. Comp. Albert Bonus, Collalio codicis Lewisiani rescriptij Oxford, 169G.
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DU NOUVEAU TESTAMEiNT. 51
ms. qui reproduit peut-être la Philoxénienne. La Peschitto, ainsi complétée, fut imprimée dans les polyglottes de Londres et de Paris, puis par Gutbir, Schaaf, Lee , et à Ourmia et Mossoul.
Il est inutile d'énumérer ici les ms. les plus anciens 4e la Peschitto et de rappeler |es travaux de Wickelhaus, Adler, Jones, Cureton, Gwilliam, etc., basés sur ces manuscrits. M. Gwilliam prépare en ce moment une édition critique dee Évangiles de la Peschitto qui répondra à un desideratum exprimé depuis longtemps*.
Il nous reste à parler de la version syriaque des Évangiles découverte dans un ms. du mont Sinaï.
C'est à une dame anglaise, versée dans la connaissance du syriaque, Mrs. Lews, que revient Thonneur de cette découverte. Cette dame, qui se trouvait en 1892 au couvent de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï, reconnut, sous récriture d'un ms. renfermant des vies de femmes saintes et martyres, une écriture plus ancienne^ dont la lecture lui révéla l'existence d'une nouvelle version syriaque des Évangiles. Malheureusement des phrases ou des mots sont effacés ; en outre un certain nombre des feuillets de l'ancien ms. qui avaient servi à former le nouveau sont perdus, de sorte que la version du Sinaï, comme celle de Cureton, présente d'importantes lacunes 2.
Le premier travail à faire pour servir de base à l'étude de la version du Sinaï, était une collation complète de cette version avec la Peschitto et la Cureto-
1. Un spécimen de cette nouvelle édition a été présenté par l'auteur au XI» Congrès des Orientalistes, au mois de septembre 1897.
s. Cette- version a été publiée à Cambridge en 1891 sous le titre de The four Gospels in syriac transcribed from the sinaitic palimpseste avec une introduction de M»* Lewis et des notes critiques des éditeurs. M"* Lewis a publié quelques nouvelles lectures dans Some pages ofthe four Gospels, Cambridge, 1896. Traduction allemande par A. Merx, Die vier Kanonischen Evangelien,.. Berlin, 1897,
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nienne. Ce travail a été entrepris de deux côtés à la même époque, en 1896 : par M. Cari Holzhey à Munich* et par M. Albert Bonus à Oxford^. Le premier n'a coUationné que la Curetonienne; le second a ajouté la collation de la Peschitto et a tenu compte des nouveaux déchiffrements de M"* Lewis que M. Holzhey ne connaissait pas encore. D'un autre côté, Tétude de M. Holzhey est plus développée; elle discute les problèmes que soulève la version récemment découverte et que M. Bonus s'était contenté de signaler. Ces deux publications ont donc chacune leur utilité et se complètent Tune par Tautre.
Le problème qui se pose d'abord est de savoir s'il existe quelque rapport de parenté entre cette version et les autres versions syriaques connues précédemment. Voici dans quel ordre M. Holzhey classe ces versions d'après leur âge : la Sinaïtique, la Curetonienne et la Peschitto. Le Diatessaron, dépendant de la Sinaïtique, est postérieur à celle-ci, mais il est douteux qu'il soit plus moderne que la Curetonienne. Quant à la Peschitto, c'est la plus récente de toutes les versions. Ces conclusions sont fondées sur les arguments suivants :
a L'examen de la Sinaïtique, comparée avec le grec et les autres versions syriaques, montre que cette version a été faite directement du grec par un auteur qui possédait également la langue grecque et la langue syriaque. La version est en général littérale et fidèle; elle ne décèle nulle part une tendance à s'éloigner de l'original d'après un point de vue particulier. Dans des cas tout à fait secondaires, l'auteur se permet seu-
i. Der neuentdeckte codex Syrus SinaiticuSy Munich, 48%. 2. Collatio codicis Lewisiani rescripli, Oxford, 1896.
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lement d'abréger une location; çà et là il omet un verset.
« La Curetonienne semble être une recension du texte précédent, entreprise dans le but de serrer davantage le texte grec. Les abréviations de la Sinaïtique sont supprimées ; les versets omis sont rétablis ; quelques expressions sont remplacées par des synonymes , mais le texte reste foncièrement le même. L'auteur de la Curetonienne ne laisse de côté aucun mot grec; il fait au contraire quelques petites additions pour rendre le texte plus clair.
« La Peschitto enfin est le résultat d'une revision de la Curetonienne d'après le grec et en suivant les mêmes principes que celle-ci, mais avec encore plus de soin et de<;onséquence; ainsi les petites additions delà Curetonienne ne sont pas maintenues. C'est ce texte revisé qui fit tomber en désuétude , après l'an 400 , les versions précédentes. »
Dans un certain nombre de cas cependant la Peschitto concorde avec la Sinaïtique et s'écarte de la Curetonienne. Ce fait qui semble en contradiction avec l'ordre de succession admis pour les trois versions , M. Holzhey l'explique de la manière suivante : « Ou bien l'auteur de la Peschitto avait sous les yeux la Sinaïtique et la Curetonienne et il a choisi dans l'une de ces deux versions les leçons qui lui paraissaient les meilleures ; ou la Sinaïtique et la Curetonienne avaient primitivement les mêmes leçons dans ces cas, et elles ne différèrent que plus tard par suite d'altérations du texte. » Tout cela est fort douteux. La question peut être envisagée d'une autre manière. La Curetonienne serait la première version des Évangiles séparés, contemporaine du Diatessaron; la Sinaïtique serait une revision de la Curetonienre pour laquelle le Diatessaron aurait été
consulté. Ainsi on s'expliquerait, d'un côté, Tanalogie frappante qui existe entre la Curetonienne et la Sinaïtique, et, d'un autre côté, les abréviations que la Sinaïtique présente en beaucoup d'endroits sous l'influence du Diatessaron. La Peschitto serait une recension de la Sinaïtique, puisque , dans de nombreux cas, ces deux versions sont d'accord entre elles contre la Curetonienne.
Le titre à'Esfangile des textes séparés^ Ur^^ v<^-ûs^o/, que portent la version Sinaïtique et la version Curetonienne ne paraît pas avoir été donné à la Peschitto. Il y a là un indice que les deux premières versions existaient pendant que le Diatessaron, dont elles étaient ainsi distinguées, était encore en usage en Syrie, tandis que la Peschitto ne fut répandue qu'après que l'Harmonie de Tatien fut tombée en désuétude. Dans le lexique de Bar Bahloul, sous les mots Bar Aba, il est fait allusion au verset 17 du chapitre xxvii de l'Évangile de saint Mathieu, et on y lit ce qui suit : « Ce Bar Aba s'appelait Jésus, comme il est écrit dans VÉsfanf»ile des textes séparés. C'est évident aussi par les paroles de Pilate : « Et Jésus qui est appelé le Messie, que ferai-je de lui? » Donc Bar Aba s'appelait Jésus. Mais Tévangéliste n'a pas voulu écrire son nom, afin que dans le Livre il n'y eût pas de synonymie entre Bar Aba et Notre Seigneur. » L'auteur de ce passage nous informe que dans YEvangile des textes séparés on lisait Jésus Bar Aba, tandis que la Peschitto porte seulement Bar Aba; et son information est confirmée par la Sinaïtique qui porte : « Lequel voulez- vous que je vous livre? Jésus Bar Aba ou Jésus qui est appelé le Messie ?» Le passage du lexique de Bar Bahloul montre avec évidence que le titre A'Évangile des textes séparés ne s'appliquait pas à la Peschitto.
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Si la version Sinaïtiqne est, comme nous le croyons, postérieure à la Curetonienne et au Diatessaron, on ne peut songer à y trouver des traces ébionites. Il y a cependant au commencement, dans la généalogie de Notre Seigneur, un verset qui a beaucoup intrigué les critiques. C'est le verset 16 du premier chapitre de saint Mathieu, ainsi conçu : « Jacob engendra Joseph; Joseph, auquel était fiancée la Vierge Marie, engendra Jésus , qui est appelé le Messie. » Il n'y a aucun doute sur le sujet du second verbe engendra; c'est bien de Joseph qu'il s'agit. Cette leçon est propre à la Sinaïtique, mais son auteur ne doit pas être accusé d'hérésie intentionnelle puisque, plus loin, il rapporte exactement les passages relatifs à l'incarnation de Notre Seigneur. Certains théologiens, comme M. Charles en Angleterre, ont supposé que la généalogie placée en tête de l'Évangile de saint Mathieu manquait au texte primitif de la Sinaïtique , et qu'elle y fut ajoutée plus tard par un Ébionite. Mais, objecte le P. Durand ^ , nous savons par saint Épiphane que cette généalogie ne se trouvait pas dans l'Évangile selon saint Mathieu dont se servaient les Ébionites. La leçon en question doit plutôt être considérée comme « une tentative, à la fois exégétique et apologétique , dont le dessein était de marquer d'une façon explicite que le Christ descendait légalement d'Abraham et de David par Joseph. »
1. Dans les Études religieuses^ janvier 1895, p. 133 et suiv.
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