Voir ci-dessus, note
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ET DES ASCETES. 165
proposé, en écrivant cette biographie , comme il le dit dans rintroduction , de réfuter les calomnies des adversaires du patriarche d'Antioche, qui accusaient celui-ci d'avoir pratiqué le paganisme pendant sa jeunesse. Ce document renferme encore une autobiographie de Zacharie, qui nous apprend que celui-ci était né près de Gaza, qu'il étudia la grammaire et la rhétorique à Alexandrie et le droit à Beyrouth. Il fit baptiser Sévère à Tripoli et prit une part active dans les poursuites dirigées contre les païens ^
Les Plérophories de Jean, évêque de Mayouma, forment un recueil de récits anecdotiques, divisé en quatre-vingt-neuf chapitres. Cet ouvrage, composé en grec vers 515, est conservé en syriaque dans le ms. Add. 14650 du Musée britannique, et il a été inséré dans VHistoire (encore inédite) de Michel le Syrien. Il contient d'intéressants récits sur les Pères de l'Église monophysite du V® siècle, en particulier sur Pierre l'Ibère , et il rapporte les dires de ces Pères contre les Orthodoxes et le concile de Chalcédoine^.
D'autres vies de saints trouveront leur place plus loin sous le n** XIII de cette partie qui traite de la littérature ascétique.
\. Nau, Journal asiatique ^ 9« série ^ l. IX, p. î»3l, note \, 2. M. l'Abbé Nau a lu un travail sur ces Plérophories au congrès des Orientalistes de Paris, septembre 189T. H en public une traduction française dans la Revue de VOrient chrétien^ 489S-1899; tirage à part, Les Plérophories de Jean, évêque de Mayouma, Paris, 189D.
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LES TEIÇTES ÀPOLOGET^QUES.
La littérature apologétique est grecque , mais le syriaque nous a conserve des traductions d'anciens textes perdus. La version de l'apologie d'Aristide a été retrouvée, il y a peu d'années, par M. Rendel Harris dans un ms. du VIP siècle du couvent de Sainte-Catherine sur le Sinaï ^ Elle a permis à M. Harris d'établir que cette apologie était adressée non pas à Hadrien, comme le dit Eusèbe, mais à Antonin le Pieux. De son côté M. Armitage Robinson a reconnu, grâce à ce texte syriaque, que l'original grec avait été inséré, avec diverses modifications, dans l'histoire de Barlaam et Josaphat^. M. Batiffol a parlé plus au long de l'importante publication de MM. Harris et Robinson dans son livre, La littérature grecque chrétienne^ p. 88.
Le ms. syriaque qui renferme l'apologie attribuée à Méliton est probablement aussi du VII® siècle. Le ti-
1. The apoîogy of Arislides by J, Rendel Harris with an appendix by J. Armitage Robinson, Cambridge, 1891. M. Richard Raabe en a donné une traduclion allemande avec un apparat critique dans les Texte und Untersuchungen de Gebhardt et Harnack, t. IX, 1893, sous le titre Die Apologie des Arislides ans dem syrischen ûbersetzt.
2. Cette histoire a été attribuée à Jean Damascène dans les œuvres duquel elle est comprise; mais M. Zotenberg a montré qu'elle remonte plus haut que cet historien, Notice sur le livre de Barlaam et Joasaph, Paris, 1886.
tre est : « Discours de Méliton le philosophe (pro^ nonce) en présence d'Antonin César. Il disait à César de reconnaître Dieu et lui montra la voie de la vérité ^ » Ce texte syriaque nous a-t-il conservé l'apologie de Méliton, évêque de Sardes, dont Eusèbe parle dans son histoire ecclésiastique (Livre IV, ch. xxiv}-? Il y a contre cette hypothèse une grave difficulté ; le syriaque, qui est complet et ne renferme pas de lacune , n'a pas le passage de l'apologie de Méliton cité par Eusèbe. Cureton supposait que Méliton avait écrit deux apologies, bien qu' Eusèbe n'en mentionne qu'une seule; c'est peu vraisemblable. Le syriaque nous a plutôt conservé une de ces nombreuses apologies qui circulaient dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, dont on attribua la paternité à l'évêque de Sardes ^. Nous ne croyons pas toutefois, comme certains critiques le supposent, que le texte syriaque soit une œuvre originale , et que cette apologie ait été adressée à Caracalla (211-267), lors de son séjour en Osrhoène, par quelque chrétien de Mabboug ou des environs. Cette conjecture est fondée sur le passage suivant : « Les Mésopotamiens adoraient la juive Koutbi qui avait sauvé de ses ennemis Bakrou Vabâyâ d'Édesse. Au sujet de Nébo, adoré à Mabboug, à quoi bon vous écrire ce que tous les prêtres de Mabboug savent, que c'est l'image d'Orphée, le mage de Thrace. » Or ce passage milite en faveur d'une conclusion toute différente. On
1. Cureton, SpiciicgriMm syriacum, p. 22 et suiv.; cIPitra, Spicilegium Solesmense, t. n, p. xxxviir.
2. Le Spicilegium de Cdretos conlient la version syriaque de ce chapitre d'Eusèbe et des fragments des œuvres attribuées à Méliton; le second fragment sur la foi {Spicileg, de Cureton, p. 32, et Spicileg. de PiTRAjII, p. Lix) appartient à saint Justin, voir Abbé Martin dans les Analecta sacra de Pitra, IV, p. 29, note.
3. Gebhardt et Harnack, Texte und Untersuchungen, I, 261 ; Tixero^it, Les origines de l'Église d'Édesse, 9, noie 5.
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ne sait à quel événement il est fait allusion à propos de la juive Koutbi et du roi d'Édesse Bakrou , mais le titre à'abdyâ donné à ce prince n'est pas usuel ; c'est un mot artificiel , formé de abâ « père » , et qui rend littéralement le grec narQUioç [Patrice), Jamais les rois d'Édesse n'ont porté le titre de Patrice. En outre les Mésopotamiens savaient que le dieu Nébo représentait la planète de Mercure et non pas Orphée de Thrace. D'autres passages sur la mythologie trahissent une source grecque.
Cette apologie développe le thème commun à ce genre littéraire : le vrai Dieu est le Dieu unique , créateur du ciel et de la terre; les dieux du paganisme sont des anciens rois ou héros qui ont été divinisés ; les idoles de bois ou de métal ne se distinguent de la matière avec laquelle elles sont fabriquées que par l'art du sculpteur ou de l'orfèvre ; Dieu ne s'est pas manifesté avec une évidence telle que les fausses religions fussent impossibles, parce qu'il a donné à l'homme le libre arbitre et la faculté de discerner la vérité de l'erreur.
A cette littérature appartiennent encore les IlypO" mnemata du philosophe Ambroise dont le texte syriaque a été publié par Cureton dans son Spicilegium^ p. 38 et suiv. Le titre est ainsi conçu : « Hypomnemata qu'écrivit Ambros , un chef de la Grèce qui devint chrétien. Tous les sénateurs, ses pairs, s'élevèrent contre lui; il s'éloigna d'eux et leur prouva par écrit toute leur sottise. » Comme le remarque Cureton, cet ouvrage est, à peu de chose près , le même que celui qui est intitulé en grec Aoyog nçoç "EXXrjvaç et est attribué à saint Justin, bien qu'il soit douteux que cet apologiste l'ait écrit \ L'auteur met en évidence l'inanité de la mytho-
1. Cureton a imprimé le ^oyog ttqoç "EU.rjvai au-dessous de la traduction anglaise du texte syriaque.
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logie grecque ; il montre combien sont indignes de la divinité les actions des dieux dans les poèmes d'Homère , et prouve ainsi la supériorité du christianisme sur le paganisme. Ambroise, que le syriaque donne comme l'auteur de l'ouvrage, est vraisemblablement le même que le disciple et l'ami d'Origène qui, selon Épiphane, fut un illustre personnage, fournit à son maître les moyens de publier ses Hexaples et mourut martyr.
Il ne nous est rien parvenu des apologies écrites par des Syriens, telles que l'apologie du patriarche nestorien Jésuyab I, mentionnée par Ébedjésu * et qui était probablement une défense du nestorianisme adressée à l'empereur Maurice.
i. AssÉMANi. B. 0., m, pars 1, 109.