Assémani, B. 0., Ill, pars I
S. ASSÉMANI, B. 0., I, 430; III, pars I, p. 50. M. 0. Braun a publié un passage de la deuxième poésie de Jean d'Apamée dans la Zeitschr. fur Kathol, TheoJ.y 1892.
3. Le P. Bedjan Tient de publier le texte syriague de ces deux livres, Ethicon seu Moralia Gregorii Barhebrœi, Pans et Leipzig, 1898. Un appendice, à la un du Yolume, reproduit une petite composition de Barhebraeus en prose rimée, intitulée L'enfance de l'esprit, pooiijoflal^ et qui est du même genre. Le P. Gardahi a publié aussi le Livre de la colombe sous le titre de Abulfaragii Gregorii Bar-Hebrsei Kithâbhâ Dhijaunâ seu Liber colombœ, Rome, 1893. Uenfance de V esprit hq trouve également dans cette édition.
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§ 1. — La philosophie syriaque.
Le plus ancien texte syriaque , après la version de la Bible , est un dialogue sur le destin entre Bardesane et ses disciples.
Bardesane naquit à Édesse, le 11 juilllet 154 ^ de parents riches et nobles. Son père, dit Barhebraeus , s'appelait Nouhama, et sa mère, Nahschiram ^. Selon saint Épiphane, il fut l'ami d'enfance du prince d'Édesse, Abgar, fils de Manou, qui régna trente-cinq
1. Date fournie par la Chronique d'Édesse et confirmée par la Chronique ecclésiastique de BARHEBRiEUSt 1, 47. M. Uahn, Bardesanes gnosticus, Leipzig, 1819, citant le passage d'Eusèbe, Hist. eccL, IV, 30, d'après lequel le traité sur le destin de Bardesane avait été adressé à Antonin, voyait, dans cet Antonin, Lucius Vérus qui, dans sa campagne contre les Parthes en 163, visita Édesse; il trouvait donc la date de 154 pour la naissance de Bardesane trop basse, car celui-ci n'aurait eu que onze ans en 165; mais il s'agit d'Héliogabale ou Antonin d'Émèse, auquel fut adressée, vers 220, une ambassade indienne qui passa par la Mésopotamie (Porphyre, De Abstinentia , lY y 7; Stobée, Eclogœ physicœ, éd. Heeren, I, IV, 56). Elias de Nisibe donne la date du 11 juillet 134, au lieu du 11 juillet 153 (Lamy dans la Chron. eccl. de BARHEBRiEus, I, 47, note) ; mais celte variante s'explique facilement comme une faute de copiste, voir Nad, Une biographie inédite de Bardesane Vastrologuet Paris, 1897.
2. Chron. eccl., ï, 47. Sur ces noms, voir Hoffmann, Auszûge aus syr. Akten, p. 137, note 1162.
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242i LA PHILOSOPHIE SYRUQUE.
ans, de 179 à 214. Il ne fut sans doute pas étranger à la conversion de ce prince qui devint chrétien vers 206. Bardesane, selon Barhebrseus, vécut soixante-huit ans et mourut en 222. « Il avait d'abord été élevé, ajoute cet historien, dans le paganisme par un prêtre de Mabboug, mais il reçut ensuite le baptême et fut élevé dans la doctrine de l'Église à Édesse ^ Il écrivit des traités contre les hérésies et, à la fin, il se laissa entraîner par les théories de Marcion et de Valentin. Il nia la résurrection ; il considéra l'union charnelle comme un acte de pureté et prétendit que a tous les mois , la lune , la mère de la vie , émettant sa lumière et entrant dans le soleil, le père de la vie, recevait de celui-ci l'esprit de conservation qu'elle répandait sur tout l'univers^ ». Cette notice ne s'éloigne pas beaucoup de ce que rapporte Épiphane. Suivant Eusèbe, au contraire, Bardesane, après avoir été un partisan de Valentin, serait revenu, à la fin de sa vie, à l'orthodoxie, mais sans se laver complètement de son hérésie. Cette dernière hypothèse, admise aussi par Pseudo-Moïse de Chorène, semble trouver un appui dans un passage du Lm^e du destin^ où Bardesane combat l'astrologie, à laquelle il s'était, dit-il, adonné autrefois.
Somme toute , on sait peu de chose de la vie et des écrits du célèbre gnostique. Pseudo-Moïse , qui s'entend à combler les lacunes de l'histoire , fait de Barde-
i. Son maître dans l'étude des sciences occultes aurait été un certain Scuthinos , le précurseur de Mani et l'auteur de quatre livres (épiphane, Théodoret, etc.; comp. aussi Paul de Lagarde, Prœtermissorum libri duo, Gœltingue, 1879, p. 96, l, ult.). La plus ancienne des notices qui attribuent à Bardesane l'invention d'un alphabet mystique est de Jésu bar Noun (élu catholicos en 824) ; Khayy ath, Syri orientales, Rome, 1870, p. 176, note 2.
2. Bariiebrseus a emprunté ses renseignements à la Chronique de Michel le Syrien, qui donne d'autres détails légendaires sur la vie de Bardesane; voir Nau, Une biographie inédite, etc.
sane un apôtre fervent; il aurait tenté d'évangéliser l'Arménie; il aurait écrit l'histoire de cette contrée et un autre livre d'histoire ou de mémoires sur l'Inde, d'après les renseignements que lui avait procurés l'ambassade indienne députée à l'empereur Héliogabale ^ .
Saint Éphrem représente Bardesane comme un homme du monde, aimant le luxe, et l'oppose à Marcion, l'ascète, qui se vêtissait d'étoffes grossières; il mentionne les cent cinquante hymnes que ce gnostique écrivit pour répandre sa doctrine dans le peuple^. Malheureusement ces hymnes sont perdues; perdus aussi les traités ou dialogues contre les hérésies dont parlent Eusèbe, les Philosophoumena et Barhebraeus, ainsi que le traité d'astronomie , dans lequel Bardesane établissait, par le calcul de la durée des révolutions des planètes, que le monde prendrait fin après six mille ans d'existence *. Le Kitab al-Fihjnst (éd. Fluegel, Leipzig, 1871, p. 339) donne les titres d'autres ouvrages de Bardesane, mais on ne peut se fier aux données de cet auteur pour une époque si éloignée du temps où il vivait, il ne nous reste donc , pour étudier le système philosophique de ce Syrien , que le Lwre sur le destin et quelques notices éparses dans le recueil des hymnes de saint Éphrem contre les hérétiques , et notamment dans les hymnes 53-55 ^. Encore ce Père de l'Église est-il suspect de mauvaise foi ou d'ignorance ^. Recons-
i. Renan, dans son Marc Aurèle, Paris, 1882, p. 433, note 3, pensait que l'auteur de ces ouvrages était un autre Bardesane, originaire de la Babylonie. Renan, ibid., p. 436-439, a tracé un joli portrait de Bardesane d*Édessc.