CHAPITRE III Propre de
L'adopiion du Bréviaire Romain créait la nécessité de composer un Propre des saints locaux. Celui-ci se fit attendre cinq ans encore. Pourquoi ce long retard ? Nous n'en avons trouvé d'autre explication que celle-ci. L'archevêque Paul Hurault de l'Hôpital était vieux. Il avait eu avec le Parlement des démêlés de toute nature ^ ; si bien que, fatigué de tant de désagréments, il finit par s'éloigner d'Aix et résida habituellement à Paris où il mourut en septembre 1624. Son neveu -, qui était son coadjuteur depuis sept ans, lui succéda mais ne lui survécut que do quinze mois.
Quoi qu'il en soit, c'est M^' de Richelieu ^ qui nous donna en 1627 notre premier Propre diocésain. Il en avait
(1) 11 faut citer parmi les démêlés de Paul Hurault de l'Hôpital avec le Parlement, la querelle qui lui fut faite parce qu'il voulait entrer dans la salle des audiences précédé de sa croix métropolitaine; et encore l'interminable affaire des places que la Cour voulait occuper dans le chœur de St-Sauveur.
(1) Gui Hurault de l'Hôpital, 1G24-1G25. On peut s'étonner que, môme étant coadjuteur, celui-ci n'ait rien fait pour le Propre, car il passait pour grand amateur des choses de l'histoire locale, ainsi qu'en témoignent les « Mémoires de quelques antiquités de ceste ville ». par Boniface de Fortis (B. Méjanes, ms. 1011}.
(1) Alphonse de Richelieu, IGîG-lGSO. C'était le frère aîné du célèbre cardinal ; chartreux aussi pieux et modeste que zélé; évoque malgré lui, de par la puissance de Monsieur son frère. Il fut transféré à Lyon en 1629, créé cardinal la même année par Urbain VHI. Il mourut à Lyon en 1G53.
AIXOISE. 221
confié le travail à un savant théologien du Chapitre, professeur de l'Université royale, le chanoine Melchior Raphaelis.
Si le lecteur veut bien jeter un coup d'œil sur la liste de nos saints provençaux dont noire Bréviaire de 1499 ordonnait l'office ', il s'étonnera avec nous que le Propre de Richelieu n'en ait retenu qu'un si petit nombre .
Les deux fêles de S' Maximin.
S'° Magdeleine.
S' Louis (C Anjou.
S' Sidoine,
Les deux fêtes de S' Mitre ;
De plus, la Transfiguration et la Dédicace (\Vi\ sont déjà de droit commun ;
Enfin les fêtes de S'° Ursule et des Dix mille Martyrs dont la célébration ne nous était particulière qu'en raison d'une possession de reliques.
Agit-on de la sorte pour se restreindre au culle des bienheureux exclusivement aixois? Nous sommes porté à croire qu'on voulut plutôt pleinement entrer dans la pensée de Pie V, qui avait réduit le. Sanctoral du Bréviaire romain, afin de laisser à l'office du Temps une plus large place.
Quant à la composition des oiïices, il est manifeste que- Raphaelis chercha à s'écarîer le moins possible de nos pré-
(1) Voir cette énumération au Doc. xii. — Pour les dates des fêtes de ce Propre, voir le tableau comparatif à la fin de la présente section.
cédents bréviaires. Les principales retouches qu'il y fit affectent les leçons, dont l'ancienne ordonnance ne ressemblait pas à la nouvelle manière pour les deux premiers nocturnes ; et quand il dut changer une homélie, ce fut puur prendre celle du Bréviaire romain, comme on peut le constater à la fête de S' Maximin, où l'hom. D7is et Salvator de S' Grégoire sur l'Ev. Designavit remplace le Sœpe enim j)ro sua nequitia du même docteur. Cette même observation s'applique aux offices de S'° Magdeleine et de la Transfiguration, où d'un bout à l'autre l'ancien texte fait place à celui du Brév. de Pie V.
Une 2" édition de ce Propre a été donnée en 1668 par le cardinal Grimaldi *, en suite d'une délibération capitulaire du 17 juin 1664, demandant cette réimpression, « attendu que la dernière édition est épuisée ».
On y ajouta :
S' Roch, dont la piété populaire réclamait le culte :
S' Cannât, év. de Marseille, qui était aixois par sa naissance ;
S' Honorât, év. d'Arles, dont un miracle avait marqué le passage- à Aix.
Or, S' Honorât avait au Brév. 1499 simplement une oraison propre. On lui donna une leçon relatant le fait miracu-
(1) Doc. XX. — Le cardinal Jérôme Grimaldi siégea à Aix de 1655 à 1G85. Il y a laissé les plus grands souvenirs. Par amour pour son Eglise d'Aix, il refusa d'opter pour le siège d"Ostie, comme c'était son droit, lorsqu'il devint le plus ancien du Sacré Collège,
AixoiSE. 223
leux de la place qui a gardé son nom, dans notre ville, et où la procession des Rogations doit faire une station traditionnelle ; mais on lui assigna l'or. Exavdi du commun.
S' Cannai avait en 1499 une or. propre et des leçons. On modifia celles-ci et on prit l'or. Exaudi du commun.
Quant à S' Roch, c'était la première fois qu'on lui octroyait chez nous le droit de cilé. On lui fixa l'or. Adesto du commun et le sermon Deridetur de S' Grégoire, au 2" nocturne.
Une 3- Edition du même Propre semblable à la seconde parut sous l'épiscopat de M^' de Cosnac ^ en 1707.