‹ La liturgie aixiose [microform]: étude bibliographique et historiqueChapitre 84 sur 103 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Liturgie Aixoise proprement dite avant le Concile de Trente

Transportons-nous au xiV siècle. Nous entrons à Saint- Sauveur.

Con ligue à l'église romane du prévôt Benoît, on a construit une église gothique ^qui comprend avec son abside et son transept un vaste chœur, oii les chanoines seront plus à

l'aise que dans le chœur de St-Maximin ^- Bientôt à la grande nef qui s'achève va s'ajouter un clocher - dont les 8 cloches appelleront à l'office les chanoines, les clercs et le peuple.

Mais nos premiers regards doivent se tourner vers le premier pasteur dont cette église est le siège. Le voici qui va pour la première fois y pénétrer.

1. Intronisation de l'Archevêque ^. — L'église d'Aix vient d'apprendre qu'un nouvel archevêque lui est donné. Son veuvage a cessé. Sa joie se manifeste aussitôt par une sonnerie générale des cloches. On y procède graduellement: ce sont les petites « campanes » d'abord qui commencent leur carillon argentin ; puis une autre y mêle sa voix plus grave, puis une autre encore et bientôt toutes résonnent ensemble et longuement ^.

Quelques jours après, un mandataire de l'Elu se présente pour prendre possession du siège de S' Maximin. Le Chapitre est réuni dans la salle des délibérations. Il se fait lire les lettres de provision à lui adressées. Et voici qu'on se rend au choeur. Après une brève allocution, le procureur

(1) Ce chœur était sous le dôme, où se trouvait l'autel, et la travée suivante de la nef actuelle du Corpus Vomîni,

(2) Commencé en 1323, fini en 14-25.

(3) Doc. Lxsirr. — Une référence que j'indique au début même d'un article ou d'un alinéa est la pièce justificative de toute cette partie, sauf pour les détails dont une autre source est notée dans la cours du teste.

(4) ^ Simul pulsentur ad classum (sic) et longo tmcf w » (loc. cit). — « Classis, veut dire puîsatio campanarum s (Du Gange).

AIXOISE , 271

du Prélat, revêtu du surplis et de l'aumusse, va s'asseoir sur le siège archiépiscopal ; et aussitôt l'on chante le Te Deum avec l'or, de Spiritu sancto.

Le jour de l'entrée de l'Archevêque a plus ou moins tardé, selon les circonstances. On y est enfin. Toute la cité est sur pied. L'empressement de la foule est le plus bel ornement de cette réception, car le cérémonial en est très simple. Le prélat arrive, avec sa suite ; il est à cheval. 11 entre à Aix par la porte de la Madeleine et se rend à Saint- Sauveur. C'est là seulement qu'il descend de sa monture. Les chanoines, en chape de soie, sont devant le portail et le reçoivent. L'archidiacre lui fait baiser la croix et l'évangile. Le « precentor » (grand chantre) entonne le i^ Ecce vir prudens, ou le Sint lumbi; et l'Archevêque, in habita quo equitabat, s'avance entre deux dignilaires à la suite du clergé jusqu'à l'autel, un clerc lui tenant la queue. Il s'agenouille devant son « faldistorium » pendant que l'archidiacre, après le 7. Salviim fac, chante l'or, du St- Espril. Puis il se lève, donne la bénédiction au peuple et monte directement à son palais.

— Après le xiv° siècle, cette cérémonie d'entrée prit peu à peu un plus solennel développement. Voici ^ comment elle s'accomplissait dans la période qui précéda immédiatement l'adoption des réformes de Trente.

(1) Doc. Lxxv. fol. 197. 199, Récept. de Génebrard et de l'Hôpital.

272 LA LITORGIE

Les consuls, la noblesse et le peuple allaient, jusqu'à l'église de N.-D. de la Seds, chercher l'Archevêque qui s'y était arrêté. Après une harangue de l'Assesseur, on se mettait en marche. A la porte des Augustins, d'autres fois à la porte St-Jean, on rencontrait les religieux des Ordres mendiants^ qui, croix levée, précédaient le cortège jusqu'à la Maison de Ville. Là, devant les consuls l'Archevêque jurait de maintenir les droits de la cité d'Aix, Après quoi, l'on s'avançait à la porte du bourg, * où étaient disposés d'avance le « faldistorium » et les ornements du Pontife. C'est là que le clergé l'attendait, les chanoines étant parés de chapes d'or. Alors le prélat prenait ses ornements ; il recevait de l'Archidiacre ou du Prévôt l'eau bénite d'abord, puis le Christ à baiser ; et, précédé de sa croix métropolitaine, il s'avançait processionnellement vers St-Sauveur, au chant du ï^. Sint lumbi vestri precincti. Quand on était à la Métropole, l'Archevêque s'agenouillait devant le maître-autel ; et l'Archidiacre chantait les ff. Protector nosler. . . Salvum fac. . . Mitte ei. . . Nihil proficiat. . . et l'or, Deus omn. fideL pastor et rector. Puis le prélat jurait d'observer les statuts de St-Sauveur, dont, l'Archidiacre lui présentait le texte, qu'il lisait probablement ou était censé avoir lu; il donnait ensuite sa bénédiction et il allait à son palais.

Ainsi était installé l'Archevêque d'Aix. Nous le verrons (1) Portail actuel de la grande horloge.

LITURGIE AIXOiSE

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