PI, AN BU CITŒUK
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tout à l'heure officiant clans son église raélropolitaine , mais il faut d'aijoi'd esquisser le cadre dans lequel va se dérouler l'aclion liturgique.
2° Le Choeur. Il est devant nous. L'autel-majeur nous apparaît ' au fond de l'abside, surmonté d'un baldaquin -. C'est là qu'habituellement réside le Très - Saint Sacrement dans un « ciboire suspendu » ^, et recouvert d'un
(1) Je n'ai rien trouvé de certain au sujet de la forme de l'autel. 11 y a pourtant aux Archives L'cp. (fd. Archevêché G. 2), un acte par lequel Imbert Batandier, de Marseille, s'engage envers l'arch. P. Filholi (1512), à faire autour de l'autel de St-Sauveur six colonnes de laiton de 18 pans de haut, surmontées chacune d'un ange et armées d'anneaux pour les tringles des rideaux dudit autel, et de plus sur lo retable une grande crosse portant la custode du St Sacrement. Deux pupitres et un monument sépulcral (?) sont compris dans ce marché payable onze e'cus d'or par quintal de laiton ouvrage'. — Rien n'indique que l'on ait exécuté ce projet.
(2) Doc. r.xx. — Délib. 1" oct. I(i25 décida de l'enlever, parce que « la cadène de fer » à laquelle il était suspendu était usée, aiais on le remplaça évidemment. A la Révolution on vendit « le baldaquin du maître-autel > avec les chandeliers, etc. (Archiv. dép. L. district d'Aix, n» li).
(3) Doc. i-xx. Dél. 11 nov. l.ôOO, il l'établissement de la procession du 3° dimanche, il est dit qu'au retour le St-Sacrement est remis in sacro ciborio quod pendet super altare. Et il n'est pas douteux qu'il ne s'agisse du maître-autel, car, en parlant du baldaquin ci-dessus désigné, on dit qu'il est un « poyle de laiton couvrant le St-Sacrenient ». — Quelle était la forme exacte de ce ciboire, ou tabernacle, suspendu? Rien ne l'affirme. De Haitze (Doc. cxrir) dit avoir lu aux archives du prieuré aixois de Saint- Jenn-dc-Malte, dans un vieil inventaire daté de 1300. cette mention : Una columbela de arqento pulchra et preciosa in qua asservatur corpus Christi, qui incarnalus est de Spir. S. ex Maria V. y. 11 est plus que probable qu'au moins au xiv siècle il en était de même h St-Sauveur. — J'ajoute de suite que lorsqu'il s'agit de la Sto Réserve, les documents divers antérieurs au xviii° siècle parlent tantôt du maître-autel, tantôt d'une armoire, tantôt de l'autel du Corpus Christi ou Corpus Domini: ce qui, en l'état actuel (le St-Sacrement résidant ;i l'autel de la chapelle du Corpus Domini;, pourrait produire des confusions. Or, après avoir étudié
voile ^ Il y demeure tout le jour. La nuit^ on l'enferme à la sacristie ^.
En avant de l'autel est le chœur occupant les deux premières travées de l'église. Quatre-vingts stalles, quarante de chaque côté, en double rangée, lui font un grandiose encadrement. Au-dessus de celles de la seconde travée, on établira les orgues au xv" siècle ^, en attendant que plus tard des tapisseries de grande valeur en fassent l'orne-
la question et comparé les documents, autant que je l'ai pu, je crois pouvoir coordonner ces renseignements de la façon suivante:
1» A l'origine, le St-Sacrement est suspendu au maître-autel.
2" Dans la 2« moitié du xiv siècle, TOrdinaire (Doc. ixxiii) de St-Sauveur parle, au jeudi saint, de mettre la Ste Hostie réservée pour le lendemain dans une armoire qui est près de l'autel du St-Sacrement. Le détail topographique précisant de quelle armoire il s'agit, eût été inutile, ce me semble, si cette armoire était à cette époque le lieu habituel ou était conservée la Ste Réserve. Le mot « autel du St-Sacrement » n'est pas davantage un argument irréfragable, car ce pouvait être l'autel de la Confrérie du St-Sacrement.
3» Au commencement du ivi» siècle, c'est dans « l'armoire» qui est près de l'autel de Corpus Dni que réside la Ste Réserve, car l'Ordinaire de 1514 (Doc. Lixiv), parlant des matines de la Fête-Dieu, dit qu'on en chante certaines parties extra chorum « devant l'armoire où est le St- Sacrement ». — Cet autel du Corpus Dni était contre le mur qui a été ouvert pour donner accès dans la chapelle actuelle.
4» Enfin, après la consécration, en 1534, de St-Sauveur agrandi, Mgr Filholi fit remettre le St-Sacrement au mattre-autel. Nous l'y trouvons, ainsi qu'il vient d'être dit, en 1590. On était donc revenu à l'antique usage ; et nous verrons plus tard qu'en 1625 on y fit un tabernacle, etc.
(1) Doc. cxiii, — De Haitze, n'indiquant d'ailleurs aucune référence, dit que ce pavillon s'appelait « chapelle ou petite chape ».
(2) Doc. Lxx. — Cela se pratiquait au moins au xv» siècle, à la fin duquel on mentionne de le faire < à l'accoutumée ».
(3) Cf. détails dans Notre Maîtrise. Doc. cxxir.
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ment le plus artistique ^ Au milieu est un pupitre en bois '.
Mais voici venir le nombreux personnel qui va remplir ce chœur aux larges proportions : vingt chanoines, vingt bénéficiers ^, puis vingt autres prêtres attachés au Chapitre, et parmi eux les curés *, sans compter une vingtaine de prêtres ou clercs, musiciens ou serviteurs et les enfants de chœur ^ .
Tous vont prendre placedans un ordre assez bizarre, que nous aurions quelque peine à justifier, voire même à décrire bien nettement, et dont le lecteur ne se rendra compte qu'en recourant au plan " annexé à cette étude.
Pendant que ce personnel passe devant vous, pour aller à
(1) Cf. Mille, Notre Métropole. Voir supra, 2« part. 2« sect.
(2) Doc. Lxx. — 11 est mentionné tel quand en 1B48 on le remplace par un aigle de léton,
(3) C'est l'archevêque Jérôme Fouque qui fixa ces chiffres du personnel, en H15. Il avait été précédemment prévôt du Chapitre, depuis l(i97 ; et jusque-là les chanoines étaient 12. Cette augmentation fut approuvée par bulle d'Honorius II, en 1130, laquelle est copiée in-exlenso dans Sobolis (Ordre successif , i, p. 273. JBibl. Sléjanes, ms. 1040), qui avait à sa disposition les archives du Chapitré et qui n'est guère répréhensible que pour ses fautes de chronologie, commises par tous avant Albanès.
(1) Ils étaient d'abord deux curés. Leur nombre fut plus tard porté à quatre.
(5) Pour ne pas allonger, je ne parle que superficiellement des enfants de chœur et de la musique, ayant traité ce sujet in-extenso dans ma monographie : Notre Maîtrise métropolitaine. (Doc. cxxii).
. (6) Voir le plan joint à ces pages. Il est dressé d'après le doc. liv et les Ordinaires. Il n'est pas douteux que le grand chœur désigné souvent dans nos mss. ne fût le côté de l'Archevêque. Les statuts le disent clairement. L'autre côté s'appelait le petit chœur.
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l'oiBce, franchissant soit la grande porte du chœur en venant du cloître, par la chapelle Ste-Gatherine, soit la porte de la sacristie avoisinant le maitre-autel, examinons son attitude et son costume. On dirait presque d'un défilé de moines .
Les chanoines ont la têle largement tonsurée *. Point de barbe longue ^. Ils portent le surplis à larges manches sur lequel est. une chape noire ^, fourrée de petit gris, descendant jusqu'aux talons et fendue par devant jusqu'à la hauteur de la poitrine. L'aurausse de drap fourré (ou la barrette, s'ils l'aiment mieux), complète le costume *.
Les bénéficiers " ont un habit de chœur analogue à celui des chanoines, sauf que la chape est fourrée de peau d'écureuil.
Les prêtres chapelains " et autres clercs attachés à Téglise
(1) Doc. Liv, et miniatures du doc. xir.
(2) Doc. Lxvi, — En 1538, le chanoine Balthazar de Villeneuve se vit, pour ce manquement à la discipline dans lequel il s'entêtait, privé de distributions en nature et en argent.
(3} Assez semblable à celle qu'ont encore certains ordres religieux, comme les Dominicains.
(4) En 1534 on délibéra (Doc. lxvi) de demander au Pape (et hœc impetratur licentia a Dno PapaJ de substituer la chape violette à la noire. Il semble que cette délibération n'eut pas de suite, car le costume ne changea pas alors. Il est assez curieux d'observer que les chanoines d'Aix devaient voir ce désir exaucé 350 ans plus tard, quand, en 187B, la cappa magna leur fut octroyée,
(5) Doc. Liv.
(6) Ibid. Il y avait deux genres de chapelains ou prêtres de chapelle : les uns ayant leur titre sans être attachés à St-Sanveur ; les antres, au contraire, attachés au chœur et y ayant leurs places. On appelait ces derniers « chapelains de l'habit >, parce qu'ils avaient droit à l'habit de chœur et participaient aux distributions des anniversaires. (Doc. cxni).
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ont la chape doublée de toile cirée ou de peau de bouc. Ils n'ont point d'aumusse, mais la barrette.
Ajoutons que, de Pâques au jour des morts, on porte le surplis sans chape et l'aumusse posée sur le bras. — Avec ce dernier trait vous avez tous les secrets du vestiaire capitulaire.
Maintenant assistons à l'office.
3° AvENT. On a sonné Matines : il est minuit. — A partir de 4409 ce sera, été comme hiver, à 2 h. du matin. * — Des flambeaux éclairent toute l'église, car il y a des fidèles dans la nef.
A l'entrée du chœur , chaque membre du clergé ^ se découvre en rejetant en arrière le capuce de son aumusse, ou en ôlant sa barrette, fait sa révérence à l'autel et va prendre sa place. L'officiant du jour ^, s'il n'est l'Archevêque ou l'un des dignitaires, quitte sa stalle habituelle et monte à celle qui est voisine de l'Archidiacre, laquelle est parée d'un tapis.
On commence Matines *. Le chant des trois nocturnes se poursuit avec une parfaite correction. Les bénéficiers et chanoines chantent les leçons dans l'ordre prévu et affiché
(1) Doc. T.XXIII,
(9) Doc. iiii.
(3) Doc. LIV.
(4) Doc. II, IV. X, XII, LXXIII à LXXVIt.
par le « precentor » ou le a subcenior » (plus tard le maître-de-chœur) ^-. Remarquons seulement que les leçons du 4" noct. qui^ en Avent, sont d'Isaïe, se clôturent, non pas comme les autres par le Tu autem, mais par Hœc dicit Dus convertimini.
Les Laudes suivent Matines. Elles débutent par un verset, entre le Te Deum et le Deus in adjutorium. C'est le verset « sacerdotal », ainsi appelé parce que l'ofiBciant le chante lui-même, tandis que tous les autres versets sont toujours dits par les enfants ou par les chantres.
Notons de suite que, pour les fêtes, l'officiant prendra, à la place de sa chape chorale, une chape de soie de la couleur du jour -. Les chantres-choristes, au nombre de 4 ou de 2, selon le degré de la fôte^ se revêtiront également de chapes et tiendront à la main leurs bourdons. Enfin aux fêtes de quatre chapes, c'est-à-dire les plus solennelles, il y aura encensement de l'autel et du chœur pendant le chant de la première leçon et une fois encore pendant le Te Deum^, sans préjudice de l'encensement ordinaire au Benedictus.
L'office de nuit achevé, le chœur se vide, l'église se ferme: chacun va prendre quelque repos jusqu'au jour.
(1) Doc. uv et suivants.
(2) Bien qu'aucun texte précis ne me permette d'établir une règle certaine, je crois que, en gîénéral, officiant, prêtre assistant et choristes quittaient leurs chapes pendant les psaumes et ne les prenaient guère que pour les fonctions accomplies debout.
(3) Doc. txxui, fol. clxj.
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Le matin est venu '. Une première messe a été chantée (le dimanche) à l'aurore, dans le chœur ou à l'autel St- Jean, au baptistère. Une seconde messe commence, à une heure assez variable, à l'autel de St-Maximin : c'est la « messe du peuple ». La foule qui y assiste religieusement ne se doute pas qu'il y ait, au début de la sainte action et aux secrètes, des longueurs ^ qui disparaîtront un jour.
Voici maintenant la grand'messe capitulaire.
On a chanté Prime et Tierce. Le seul détail qui ait frappé notre attention ^, c'est qu'après le Dirigera de Prime, le lecteur, ayant reçu la bénédiction, a lu l'un des Gradus sancte scale Dei ■*, puis le nécrologe du jour, auquel l'officiant a ajouté ces mots : Anime istorum et omnium fidelium def. p. Dei misericordiam sine fine req. in pace. Amen.
On fait la procession qui a lieu chaque dimanche ^ avant
(I) Doc. tiv.
(2} Doc. VIII et XV. Y voir les quelques textes particuliers.
(3) Doc. cxxni.
(4) Doc. m, fol. 155 et 171.
(5) Très nombreuses étaient les processions en usage à Aix. De Haitze (Doc. cxiii) en a relevé une liste qui n'est peut-être pas complète. Leur nombre a du reste varié selon les époques. 11 suffit de dire qu'en dehors de celles qui étaient d'un usage général (Fête-Dieu, Chandeleur, etc.) on dont nous retrouverons la tradition locale à certaines fêtes, au cours de cette'étude, il y avait tous les dimanches avant la grand'messe une procession pour l'aspersion de la métropole et les bâtiments adjacents, outre l'aspersion quotidienne qui suivait complies. Le 1" dim. de chaque mois cette procession était extérieure pour l'aspersion de la ville, les ordres religieux y assistaient. De plus, à partir de 1590 (Doc. lxx), on eut dans l'église la procession du St-Sacrement le 3« dimanche.
la grand'messe, et pendant laquelle on asperge d'eau bénite l'église et ses bâtiments adjacents.
La grand'messe solennelle du Chapitre ^ commence. Le célébrant, le diacre et le sous-diacre - sont en ornements violets, ainsi que deux chantres, qui ont pris la chape et le bourdon. Rien de saillant dans la première partie du saint sacrifice. On arrive à l'Evangile. C'est à l'ambon (les dimanches et fêtes seulement) qu'on le cbante. Les ministres, précédés des acolytes et du thuriféraire, s'j' rendent en bon ordre. — En 1566 on leur adjoint un enfant de choeur en chape portarjt une petite croix ^. — Au Credo le célébrant et ses ministres ont leurs sièges près de l'autel, côté de l'épitre. — A l'Offertoire *, l'autel ayant été encensé, le diacre s'agenouille pour encenser de trois coups le célébrant, qui rapporte à Dieu cet honneur en disant : Non nobis Dne non nobis sed nom. tuo da gloriam. Après quoi le diacre ayant remis l'encensoir au thuriféraire, celui-ci encense successivement les deux ministres sacrés, puis descend au chœur. Il encense de trois coups le Prévôt, puis de
(1) Doc. VIII, îv, tiv, iîxvii.
(2) Il y avait aussi un prêtre assistant "les jours de fêtes plus solennelles.
(3) « Tout ainsi qu'aux bonnes églises de France », dit la délib. du 9 nov. 1566 (Doc. lxix). Le texte dit : « à la tribune du chœur ». Mais une délib. de 1603 (Doc. txx), dit : « à l'ambon, selon l'usage >.
(■i) Il semble qu'à certains jours —je ne crois pas, sans pouvoir l'assurer pourtant, que ce fût chaque dimanche, — on faisait la cérémonie de l'offrande, ai. Matai note en effet au registre capitulaire (Doc. txxj, qu'en 1581, le jour de l'Assomption, hommes et femmes sont venus à l'oflrande à la grand'messe et ont baisé la patène, « ce qu" on avait cessé de faire depuis un an, à cause de la peste *.
deux coups l'Archidiacre. Montant alors aux stalles, il donne deux coups d'encensoir au groupe des chanoines qui ont leurs stalles près de l'Archidiacre, puis autant aux bénéficiers en passant devant eux, et il s'arrête devant l'autre groupe de chanoines qui est voisin du Prévôt et l'encense de môme de deux coups. Allant ensuite de l'autre côté du chœur, le thuriféraire donne deux coups d'encensoir au sacristain, deux coups au « precentor « et encense enfin les chanoines et bénéficiers comme il l'a fait précédemment à l'autre rang de stalles ^
La messe continue. Après la consécration nous voyons le célébrant étendre les bras. Au Supplices te rogamus, il baise l'autel en forme de croix. Après le Pater, aux mots apostolis tuis, il touche avec la patène le pied du calice, puis le milieu, puis le dessus. Telles sont les particularités qui nous frappent.
— Si l'Archevêque assiste à la grand'messe -, il dit les prières du commencement de la messe au pied de l'autel, avec le célébrant, qui est à sa gauche.
C'est lui qui bénit ainsi l'encens avant l'Introït : In cujus honore cremaberis, etc. ; à l'Evangile : Odore ^ celes-
(1) Doc. LxxYiu. — Bien que ee cérémonial soit de 1663, la méthode d'encensement qu'il détaille est certainement celle qui se pratiquait au XIV» siècle, car à elle seule peuvent s'appliquer les termes que çà et là j'ai pu saisir dans les plus anciens documents moins explicites.
!'2) Doc. VII.
• (.S) Trad. « Que le Seigneur illumine nos cœurs et nos corps d'une suave et céleste inspiration, afin que nous entendions et accomplissions les préceptes de son évangile. Ainsi soit-il. »
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, tis inspirationis accendat Dns corda et corpora nostra ad audienda et implenda evangelii sut precepta. Amen ; et à l'Offertoire ; Per intercessionem, etc. C'est lui qui, après l'épîlre, donne à baiser au sous-diacre sa main posée sur le livre fermé. Pendant les collectes et postcommunions il est agenouillé au faldistorium . A l'Evangile, il bénit le diacre qui lui dit : Jubé Domne benedicere. Il baise ensuiie le texte en disant non pas Credo Dne, comme le célébrant, mais : Paœ Christi * quam nobis per evangelium suum tvadidit confirmet et consecret nos in vitàm eter- ' nam. Amen ; et il se signe. C'est lui qu'alors on encense. Après le sermon, s'il y en a un, on dit le Confiteor et on publie les indulgences.
A l'Offertoire, l'Archevêque en disant: Ab illo ^ benedicaris cujus spiritus super eam ante mundi exordium ferebatur, bénit l'eau, que de l'autel lui présente le célébrant lui-même, en élevant la burette. Puis, celui-ci, ayant versé le vin et l'eau, pose sur le calice la patène portant encore l'hostie et, se tournant vers le pontife, il les lui montre en disant : Benedictionis ^ et consecrationis Angélus virtute sancte Trinitatis descendat super hoc munus . Alors se fait comme d'ordinaire l'oblation du pain et du
(1) Trad. < Que la paix du Christ donnée par l'Evangile nous confirme et consacre pour la vie éternelle. »
(2) Trad, « Sois bénite par Celui dont l'Esprit était au commencement du monde porté sur les eaus. »
(3) Trad. « Que l'ange de la bénédiction et de la consécration descende, par la vertu du St-Esprit, sur cette offrande. > »
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vin. L'Archevêque est encensé de trois coups par le thuriféraire lui-même, qui encense ensuite le chœur , comme nous l'avons dit tout à l'heure. A YOrate fratres, le prélat répond à voix basse : Immola Deo sacrificium laudis.
Du Sanctus à la communion, le prélat est à genoux. Il se lève un instant pour recevoir la paix qui lui est portée par un « des plus honorables chanoines ».
A la fin il donne la bénédiction SU nomen ; puis le célébrant, après le dernier évangile, vient lui baiser la main.
Le Chapitre a chanté Sexte après la grand'messe. Il chan-. tera None avant Vêpres *. le sermon ayant été d'abord donné vers 2 heures ^.
Nous allons assister aux Vêpres ^. L'officiant est à la stalle, parée d'un tapis, qu'il occupait à Matines. — Aux fêtes, deux ou quatre chantres-chorisleS, selon le degré du rite, prendront la chape et le bourdon. — L'office commence et se poursuit sans qu'aucune particularité appelle notre attention. L'encensement se fait comme à la messe. On dit les suffrages '' de la Ste Trinité, de S' Maximin et de
(1) Doc Liv.
(2) C'est du moins ce qui semble ressortir de divers textes ; mais je n'ai rien trouvé de précis à cet égard. — Au xvie siècle, pendant l'Avent, c'était un dominicain qui prêcliait le 1" dimanche ; un frère mineur, le 2» , un augustin le 3« ; et le 4^, un carme. Il en était de même, à tour de rôle, de la Septuagésime à la Passion . (Doc ixxvii).
(3) Doc. Hv, ixïiri et autres.
(4) Doc. txxiii, txxiv.
284 LA LITDRGIE
S' Mitre. L'Archevêque, s'il est présent, donne la bénédiction Sit nomen après le Benedicamus Dno.
Le chant des Complies ^ termine la journée. II se clôture par l'or. Deus qui illuminas, qui se dit toujours, sauf aux grandes fêtes ayant une or. propre.
Et voici qu'aussitôt après se fait une cérémonie toute spéciale. On se met en procession : c'est l'aspersion quotidienne du soir. On fait le tour intérieur de l'église, en y jetant de l'eau bénite et en disant le ps. Deus miser eatur nosiri, avec Gloria Patri . De retour au chœur, on chante le -f. Ostende nobis avec l'or. Visita quesumus... Dns vobisc... Bndicamus... Bndicai vos Pater, custodiat vos Filius, illuminet vos Spir. ses. Amen. Puis on entonne Tant, de la Ste Vierge ^.— Le samedi on ajoutera aux complies les litanies des saints avec quelques versets et oraisons.
Les offices auxquels nous venons d'assister, en ce premier dim. de l'Avent, se reproduisaient intégralement chaque jour. Leur solennité seule variait selon le degré de la fête.
Chaque jour aussi ^ trois messes étaient chantées : une première, à l'aurore, au chœur ou à l'autel St-Jean, au baptistère ; une seconde à l'autel de St-Maximin ; la troisième enfin, messe capilulaire ou conventuelle, après Tierce
(1} Doc. Lxxni.
(2) Cette antienne variait chaque jour de la semaine au lieu d'être fixée à tel ou tel temps de l'année. Cf. Doc. xti.
{3) Doc. Liv.
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ou None selon le temps K — A ces messes, lorsqu'elles étaient de la férié, le célébrant ayant l'orn. violet, les ministres étaient simplement en aubes ^.
Les derniers jours de l'Avent offrent un intérêt particulier. Une certaine solennité est donnée au chanl des grandes antiennes ^. Un tapis décore la stalle du chanoine qui l'entonnera et en dira l'oraison : c'est, à tour de rôle, le prévôt, l'archidiacre, le sacristain, le precenlor, le doyen, le sous-doyen, etc. . . Au moment voulu, celui-ci revêt une belle chape rouge ; il a un assistant qui en prend une autre moins belle, les choristes en font auiant. L'un de ces derniers porte l'antienne, le chanoine l'enfonne, le chœur la chante très solennellement. Puis, pendant le Magnificat, un sous-diacre en chape rouge fait l'encensement. — Les jours où les vêpres ne sont pas de la férié, après For. de la fête occurrente, on chante une seconde fois le Magnificat pour l'antienne 0.
4° Noël. Nous voici à la première des plus grandes solennités de la Ste Eglise,
(1) Je note de suite pour n'avoir pas à y revenir, que de l'oct. de l'Epiphanie aux Cendres et de l'oct. de Ja Fête-Dieu à l'Avent, on faisait, si les fêtes de 9 leçons ne l'empêchaient pas, chaque semaine, un jour l'off. de la Ste Vierge, un jour l'oIT. de S' Maximin, un jour l'off. de S' Mitre (Doc. txxiii). — Au commencement du xvi» siècle, les off. de 3 leçons. étant devenus obligatoires, on ne fit plus qu'une fois par mois ces trois offices votifs (Doc. txxv).
(2) Doc. LXXVII.
(3) Ibid.
Au Matines de" la Vigile *, les psaumes étant chantés, deux enfants de chœur, ayant la chape chorale (in cappis suis laneis), disent le f. Hodie scietis, auquel le chœur répond : Et mane videbitis. Alors l'Archidiacre, en surplis, sort de la sacristie, précédé de deux enfants, également en surplis, portant des cierges allumés, 11 vient au chœur chanter la première leçon, c'est-à-dire , l'évangile avec son homélie ; puis il monte à sa stalle ; un 2° chanoine dit la seconde, comme d'habitude ; le Prévôt dit lader;iière; et quand le dernier répons est achevé, l'officiant, encore revêtu de sa chape chorale ordinaire, dit après un moment de silence le f. Crastina die. . . auquel le chœur répond : Et regnabit. . . C'est le verset sacerdotal qui, nous l'avons dit, toujours précède les Laudes. Alors officiant et chantres prennent des chapes de soie rouge, on découvre l'autel ; les Laudes solennelles commencent.
L'Archevêque officie le soir, aux premières vêpres. Il est au trône, du côté de l'Evangile. A Magnificat, un chapelain portant la crosse le précède à l'autel où il bénit l'encens, que présente le prêtre assistant, dans l'encensoir tenu par un diacre en chape . Après l'encensement du maîtreautel, le prélat va encenser successivement l'autel de la Sle Croix, celui du St-Sacrement, deux autres des petites chapelles et enfin^ en dernier lieu, l'autel de Sl-Maximin.
Si les Matines de la Vigile ont eu déjà un accent particulier préludant à la grande fête natale du Sauveur, les Mati-
(1) Doc. Lxxm et txxvn.
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nés de la fête elle-même revêtent un caractère tout spécial de grandeur.
Cette nuit, comme toujours et partout, s'illumine et les rues de la cité s'animent. Le peuple entier accourt à Matines. Assistons à cet office:*. Après le Dne lahia mea, qu^ tre choristes, en chapes de soie blanche, commencent l'invitatoire Christus natus est nobis, chantant cette splendide mélodie, à voix pleine mais sans éclat (voce plana et humili, dit la rubrique). Pendant que le chœur reprend Christus natus est, les quatre chantres se prosternent et baisent la terre. Ils se relèvent quand le chœur a fini ; et c'est celui-ci qui, à son tour, fait la prostration et baise la terre, tandis que les chantres commencent le verset Venite. Au mot preoccupemus, toul h monde se relève. Enfin au verset Hodie si vocem, les chantres enflent la voix, comme pour mieux faire entendre aux chrétiens, dont Israël n'était que la Bgure, de ne point résister à l'appel divin.
Les psaumes se chantent. On arrive aux leçons. Celles du premier nocturne sont d'Isai'e et se terminent par Hœc dicit Dns, comme en Avent.
Remarquons encore ceci : A la 1'° leçon, tandis qu'on la chante, se fait un encensement de l'autel et du chœur. — Il en est toujours ainsi aux grandes fêtes dites « de quatre chapes » .
— Si l'Archevêque est présent, c'est lui qui fait l'office, il chante alors la dernière leçon, debout et tête découverte,
(1) Doc. txsni.
la lisant dans le lectionnaire qu'on lui présente enire deux céroféraires . Il commence : Jubé Dne benedicere. L'Archidiacre répond : Ora pro nobis patei' ; et le prélat réplique : Per evangelica dicta...
Au moment où s'achève la neuvième leçon, le diacre paré des plus beaux ornemenis blancs et accompagné du thuriféraire et des acolytes, vient demander la bénédiction à l'officiant (ou à l'Archevêque) ei va à l'ambon dire sur un chant spécial le texte évangélique : Liber generationis. Toute l'assistance est debout, écoutant avec respect cette grande page de la généalogie de l'Horame-Dieu. A son dernier mot, l'officiant entonne le Te Deum que chantent d'un commun élan le clergé et le peuple, tandis que se fait un nouvel encensement de l'autel et du chœur.
La messe de minuit * dite in galli cantu, suit le Te Deum, pendant lequel le célébrant et ses ministres ont pris leurs ornements. A cette messe (et aux deux autres de celte fête) il y a deux épitres, l'une d'Isaïe, l'autre de S' Paul, pour marquer l'accord des deux Testaments sur l'avènement de Notre-Seigneur.
Quand, à la fin, on a chanté Tant, de la communion, le célébrant s'arrête. Au chœur on entonne, sans D eus in adj., le chant de Laudes. Point de capitule, ni d'hymne, ni de verset. Le célébrant entonne Tant, ie Benedictus . L'encensement ordinaire se fait pendant ce cantique. Puis Tant.
(1) Doc. LXMiiet VIII.
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ayant été répétée, le célébrant dit : Dns vobisc. et l'or. Respice nos. Après quoi le diacre, au lieu d'Ite missa est, chanté : Ecce compléta ' sunt omnia que dicta sunt per angelum de Virgine Maria. Le chœur répond : Deo gratias. L'office de nuit est terminé.
— S'il a plu à l'Archevêque de chanter cette messe *, le rite qu'il suit est celui que nous décrirons tout à l'heure pour la grand'messe du jour, en l'additionnant des particularités que nous venons de noter.
La messe de l'aurore, dite de Cuce, se chante à l'autel de St-Maximin. Au lieu de Vite missa est, le diacre chante : Maria autem ^ conservabat omnia verba hec conferens in corde suo. ^. Deo gratias.
Voici la grand'messse du jour, L'Archevêque va y officier pontificalement "*.
Après Tierce, il récite Ne reminiscaris. Quam dilecta. etc. . . Pendant ce temps une procession s'organise " et les
(1) Trad. « Voici que sont accomplies toutes les choses qui par l'ange avaient été dites de la Vierge Marie ».
(2) Assez ordinairement l'Archevêque ofBciait cette nuit. Au Doc. m il y a une note marquant qu'il chante les trois messes. Le statut du 10 nov. 1535 réglant le service des ornements de drap d'or (Doc. lxxvii), indique les offices pontificaux pour Noël, Epiphanie, Jeudi saint, Pâques, Ascension, Pentecôte, Fête-Dieu, et etiam in Transfig, et Àssompt. si placuerit,
(31 Trad. « Marie gardait toutes ces paroles, les entretenant dans son coeur. »
(4) Doc. vu.
(5) Doc. LXXIH.
290 LA LITDRGIE
choristes prennent des chapes de soie blanche. L'Archevêque, qui s'est revêtu de ses ornements à la sacristie \ se rend directement à l'autel avec son chapelain ou prêtre assistant ^ en chape, le diacre et le sous-diacre en dalmatiques ^ et les porte-insignes. Le sous-sacristain donne les reliques à qui les doivent porter ; et à l'Archevêque il remet, en lui baisant la main, la Rose d'Or ^ que le prélat lient avec un
(1) Le Pontifical aixoisdu xiv« siècle (Doc. vu) dit très clairement que l'Archevêque devant officier, prend ses ornements à la sacristie ou autre lieu disposé à cet usage. Là il lui fait dire les prières préparatoires, après Tierce ; on le chausse, on le peigne et le revêt des ornements, à peu près avec le même cérémonial que demande le romain actuel. Puis, ayant pris la chasuble et le pallium, le prélat, après le chant de l'introït, s'avance processionnellement vers l'autel, précédé du thuriféraire, de deux acolytes ou céroféraires, du sous-diacre portant le livre de l'Evangile, dans lequel est le manipule, d'un acolyte portant la croix métropolitaine, qui précède immédiatement l'Archevêque. Celui-ci a son prêtre-assistant à sa droite, et à sa gauche est le diacre qui soutient la crosse. En même temps ces deux ministres portent étendu devant le prélat un beau grémial. Les porte-insignes marchent derrière. — Les dispositions générales indiquées dans cette marche concordent avec tout ce qui est dit dans nos documents. Mais de cette marche elle-même, de cette entrée solennelle de l'Archevêque, je n'ai pas trouvé trace ailleurs. Comme à chaque fête solennelle à St-Sauveur, il y avait avant la grand'messe une procession, dite des chapes, dans le cloître, il me paraît probable que cette partie de la fonction pontificale dût être omise à partir de l'époque (?), où l'on institua ces processions spéciales. L'auteur du Pontifical aurait alors copié tel quel au xiv siècle lin texte plus ancien.
(2) Le Pontifical (Doc vu) en désigne un seul. L'Ordinaire du môme xiv« siècle (Doc. lxxiii) parle de deux gre'miaux en chape, qui pourraient bien n'être que pour les vêpres et indépendants du chapelain. Le texte ne m'a point paru très clair.
(3) En d'autres circonstances, ils sont en planètes plie'es, quand le temps liturgique le demande (Doc. vu).
(4J Cette Rose d'or avait été donnée par Innocent IV en 1245 à Raymond Béranger. — Faut-il dire R. Bérenger III ou IV ? Cela dépend de la chronologie qu'on adopte. Au Doc. cxni, de Haitze dit « Raymond Bérenger III » parce qu'il n'a pas chiffré Raymond Bérenger le jeune, comme d'autres auteurs. — Quoi qu'il en soit, Raymond Bérenger légua sa Rose
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voile de soie et qu'il porte ainsi en procession. On fait le tour de l'église et du cloître, où il y a diverses stations *.
De retour au chœur, Reliques et Rose sont déposées sur l'autel. On chante l'introït ; puis l'Archevêque commence la sainte messe. En montant à l'autel, il baise le texte de l'Evangile qn'on lui présente. Il fait l'encensement. Puis il va au trône, dressé du côté de l'évangile '^. Là ayant quitté la crosse' et la mitre, il lit debout l'introït et s'assied ensuite aidé du diacre et du sous-diacre, qui l^assistent toujours, et reçoit la mitre et le grémial.
La musique a pendant ce temps chanté le Kyrie eleison. Au moment oii s'achève la dernière de ces supplications, le Precentor quitte sa stalle. Il s'avance au milieu du chœur, et assisté de quatre « bons chantres » et de quatre enfants, il entonne sur une mélodie fort simple du \" mode: Christus vincit ^, Ghristus régnât, Christus imperat, que le
d'or à St-Sauveur. Enrichie d'indulgences, (1 an et 40 jours) cette rose était exposée le 4= dim. de carême et processionnelleraent portée par l'Archevêque lo jour de Noël. Elle était dans un beau reliquaire d'argent.— M. de Saint-Vincens, dans un mémoire de janvier 1791, dit qu'à cette date il ne restait du reliquaire que le pied en vermeil avec un petit rubis formant un des boutons de la rose. (De Ribbe, Doc. cxx).
(1) Je n'ai pu découvrir ce qu'on y chantait, ni le motif de ces stations, dont une seule, la 21=, est désignée ante ostium camere curatorum (Doc. ixxni).
(2) Il est à remarquer qu'aux termes du Pontifical aiîois l'Archevêque n'officie au trône que pour les plus grandes solennités. Pour les moindres il officie au faldistorium placé au coin de l'épître ; et le cérémonial de cette messe est à peu de chose près exactement celui que prescrit le cérém. romain actuel pour la messe pontificale au fauteuil.
(3) Trad. « Le Christ a vaincu, le Christ règne, le Christ commande ! Quecejour soit plein de joie! Mon Dieu, gardez au Pape l'intégrité de la
chœur répète. Puis les chantres continuent alternativement avec le chœur :
f. Gloria nostra. — i^. Chrislus vincit, etc.
f. Hune diem. — ^. Leti deducamini.
f. Summo Pontifici integritatem fidei. — 15!. Deus conservet.
f. Episcopum nostrum. — v^. Deus conseroet.
f. Regem noslrum. — i^. Deus conservet.
f. Istam sedem. — i^. Deus conservet.
f. Populum cliristianum. — i^. Deus conservet.
f. Féliciter, féliciter, féliciter tempora bona habeanl. (3 fois). — b1. Féliciter, etc.
f. Multos annos. — v). Christus in eis regnet.
f. In Christo semper uniantur. — ^. Amen ^
Et aussitôt l'Archevêque entonne le Gloria in excelsis. Après le Gloria , le Pontife chante Fax vobis et l'oraison.
Pendant le chant de l'évangile, il est debout, sans mitre
foi ; conservez notre évêque, notre roi, ce siège et le peuple chrétiun Qu'ils aient des jours heureux. Que sur eux le Christ règne longtemps et. qu'ils lui soient éternellement unis ! »
(1) Ces acclamations ou laudes sive Rogationes. comme les appelle notre Pontifi'îal, ne se faisaient qu'aux grandes solennités, quand i'Archevèque olficiait au trône. — Je ne crois pas me tromper en disant nue vers le milieu du xiv= siècle on les supprima pour un motif qui ne se devine pas. En effet, le Pontifical est de 13^9 à 1318 (Doc. vit). Or les Institutions de 1303 (Doc. Lxxrrr) en parlent comme d'un usage perdu : ut dicunt antiqui. Il est vrrfi qu'elles ajoutent que c'était « avant l'épître s, mais cette lépère divergence ne me paraît pas suffisante à motiver un doute, l'indication manquait simplement de précision. Dans la suite d'ailleurs on n'en trouve plus trace aucune.
AixoisE. 293
ni crosse, et tient en main le grémial retombant sur sa poitrine.
Après le Credo et la lecture de l'Offertoire, il se lave les mains, en disant une prière spéciale Largire sensibus nostris, etc.; puis il revient à l'autel. Après l'encensement, il se lave les mains et les lèvres.
La messe se poursuit. La consécration est faite. On en sera bientôt au Pater. Voici un détail qui ne doit pas nous échapper. Quand au Per ipsum, l'Archevêque dépose la sainte Hostie sur le corporal, le diacre ayant recouvert le calice baise l'autel, puis l'épaule droite du Pontife.
Le Pater est chanté. La sainte Hostie est divisée, au chant du Per omnia. Le chœur répond Amen. Ici se présente une scène majestueuse. Le prélat dépose sur la patène la sainte particule qu'il tenait au-dessus du calice, met la patène sur le calice et la couvre de la pâle. Il reçoit la mitre. A ce moment deux dignitaires quittent les stalles et se présentent sur les marches du sanctuaire. Ils entonnent sur une mélodie spéciale du S"" mode grégorien : Princeps Ecclesie ^ pastorque gregis, tu nos benedicere digneris. Le diacre tenant en mains la crosse du prélat, se tourne vers eux et répond sur la môme mélodie ; Cum mansuetudine et caritate, humiliate vos ad benedicendum. A quoi,
(1) Trad. « Prince de l'Eglise, pasteur de ce troupeau, daignez nous bénir. — Avec mansuétude et charité liumiliez-vous pour recevoir cette bénédiction. — D'une voix humble nous la réclamons et en rendons grùces à Dieu. »
toujours sur le même chant, répond le chœur : Humili voce damnantes atque dicentes Deo grattas semper agamus ^ Alors, l'Archevêque se tourne vers le peuple agenouillé. Devant lui est le sous-diacre debout, tenant ouvert le livre des Bénédictions ^ et qui ne s'agenouillera qu'au moment où le Pontife bénira, afin de ne pas lui cacher la foule, A sa gauche est le prêtre assistant. A sa droite, le diacre. L'Archevêque prend la crosse, lève la main droite en s'appuyant le coude sur l'épaule du diacre incliné, et commence la formule de la bénédiction. Arrivé au mot Et benedictio Dei Patris, il bénit d'un signe de croix le peuple qui est dans la partie méridionale de l'église ; à et Filii il bénit devant lui à l'occident; à Spiritus Soi il bénit vers le nord. A Descendat super vos et maneat semper, il quitte la crosse et la mitre, joint les mains, se tourne vers l'autel, replace la patène sur le corporal, prend la sainte particule pour la mettre comme d'ordinaire dans le calice; et en môme temps, continuant la pensée du maneat sempe7\ il achève sa phrase en chantant: Et paxEjus sit semper vobiscum. Et la messe continue.
Remarquons encore une particularité. Le prêtre assistant.
(1) Aux fêtes moins solennelles, cette requête est supprimée et le rite est simplifié. Le diacre, tenant la crosse, se tourne vers le peuple et chante : Bumiliate vos ad benedictionem. On répond Deo grattas ; et l'Archevêque bénit.
(2) Ce livre est perdu, malheureusement. Il nous eût donné, avec le texte, des détails complémentaires peut-être de cette majestueuse cérémonie.
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après avoir reçu du Pontife le baiser de paix, s'incline et lui baise la poitrine.
Quand le Diacre a cbanté Vite Missa est comme d'ordinaire, l'Archevêque ne donne point la bénédiciion habituelle Sit nomen, la grande bénédiction ayant été donnée après le Paler. — Mais notons que si l'Archevêque officiait en un jour qui ne fut point solennel, omettant la grande bénédiction, il donnerait, à la fin de la messe, cette bénédiction Sit nomen, comme il le fait toujours à la fin des Laudes et des Vêpres.
La messe est achevée. Le Pontife retourne à la sacristie en- récitant âvec s,es minisives Triiim puer oi^iwi, etc- Là, ses ornements, en commençant par le pallium, lui sont enlevés par le diacre et le sous-diacre, qui ont quitté leurs manipules. Puis il se lave les mains et les lèvres, reprend sa cappa ou son surplis ; et pendant qu'il récite Sexte avec ses ministres, on lui retire les sandales et les bas.
Aux Vêpres, l'archevêque officie encore solennellement avec les ornements blancs. Une particularité saillante marque cet office, c'est la coutume des antiennes « triomphales » ' aux fêtes « de quatre chapes ». En voici la méthode: on chante l'antienne, puis le Magnificat, sans Gloria • puis, l'antienne, suivie du Gloria. Sicut erat. Puis on reprend encore l'antienne vers son milieu, et ensuite l'antienne tout entière;, avec son neume.
(1) Àntîphone ad Magnificat et Benedictus triumphantur. (Doc. lxïiii. fol. 129).
5° S' Etienne. — Hier, après les vêpres de Noël, * on a pris les chapes rouges ^ et l'on a fait une procession à l'autel de S. Etienne pour y chanter la mémoire de ce saint martyr, omise aux Vêpres.
Ce matin, jour de la fête, ^ la messe du peuple se célèbre à l'autel du saint, alors même que ce soit un dimanche ; et l'on y chante les planchs de S. Etienne, propter devotionem populi : le sous-diacre s'arrête à chaque phrase de l'épitre racontant le martyre d'Etienne et un prêtre en chante la glose en provençal.
6° S' Jean. — ■* Comme pour S. Etienne^ on fait la veille, en chapes blanches, la procession à l'autel du saint. Le jour de la fête on y dit la messe du peuple.
7° Les saints Innocents ^. — La veille, à la fin des vêpres de S. Jean, les enfants de chœur se retirent en chantant l'antienne Laverunt des Saints Innocents. Ils vont procéder à l'élection d'un petit archevêque.
Le jour de la fête, le petit archevêque, paré d'ornements
(1) J'ai décrit jusqu'ici, dans tous leurs détails intéressants, les grandes cérémonies. C'est fait une fois pour toutes. Nous les supposerons sans y insister davantage aux autres fêtes de l'année, comme nous supposons chaque jour les offices ordinaires décrits au 1" dim. de l'Avent.
(2) Doc. Lxxiii et ixivii.
(3) Doc. r,xxiv. Le texte des Planchs est au Doc. iir,
(4) Doc. ixxrii et ixxvii.
(5) Doc. ixxiv et LïXEir. — J'ai raconté tout au long l'historique et les détails de cette fête dans Notre Maîtrise (Doc, cxxii). et j'ai dit qu'elle cessa en 1542.
AixoisE, 297
pontificaux, oiBcie après Tierce à une procession, qui sort par la grande porte et rentre par le cloître. Il s'assied au siège archiépiscopal et préside l'office. Les enfants prennent les stalles des chanoines et chantent seuls à la messe capilulaire et aux vêpres, les chanoines disant leurs versets. A Magnificat des vêpres, au mot Deposuit patentes de sede tout rentre dans l'ordre.
8» Epiphanie. ^ — A la fin des Matines de cette fête, après la dernière leçon, le diacre suivant le même cérémonial qu'aux Matines de Noël, vient chanter l'Evangile Factura est autem cum bapiizareiur de S. Luc : après quoi Te Deum.
, 9° S' Sébastien. ^ — Une procession solennelle signale cette fêle. Elle se fait hors la ville avec le concours de tout le clergé séculier et régulier et la présence des consuls. Devant la porte Notre-Dame on chante le f Ora pro nohis, S. Sébastiane. ^ Ut mereamur preservari a peste. On fait le tour des remparts. La messe se chante en plein air sur la place St-Sébastien. Quand c'est un dimanche, une autre grand'messe, à laquelle assistent quelques membres du Chapitre, est dite en môme temps à S. Sauveur.
'10° La Chandeleur. ^ — Ce. ne sont pas seulement les
(1) Doc. ixxirr.
(2) Doc. Lxxiv et Lxxvii.
(3) Doc. txxni et txxiv. Les aires du Chapitre étaient au marché
cierges que l'on bénit, c'est aussi le feu nouveau {candelas et ignem novum). Après quoi le diacre crie (clamât) trois fois au peuple, en haussant graduellement la voix: Ve^iite et accendite. A cet ordre, on allume les cierges. Il crie de nouveau : Lumen ad revelationem, que le chœur chante alors. La procession sort par la rue droite et monte jusqu'aux aires du Chapitre. Au retour on rentre par le cloître
11° Temps du Carême. ^ — Nous voilà aux jours de la pénitence quadragésimale, dont l'esprit se reflète dans la liturgie sacrée. Depuis la Septuagésime et à tous les offices du temps, les ornements sont violets. A partir du samedi après les Cendres, les vêpres, en semaine, suivront immédiatement la grand'messe, qui sera précédée de None. A 3 iieures, on dira compiles. — Après les vêpres du \" dim. de Quadragésime, on voilera les images et les autels, jusqu'au Samedi Saint ; l'autel-majeur ne sera découvert que pour les fêtes « de 2 chapes » .
1 2° Mercredi des Cendres. — ^ On vient de chanter Tierce, une grande sonnerie des cloches a appelé les fidèles
des bestiaux actuel. Avant le xiv^ siècle (le Doc. lxxiii disant : autrefois), on sortait par la porte des « Escourregues » (grande horloge actuelle) et l'on rentrait par la porte, quas tune erat, du cimetière. Au xiv» s. (Doc. Lxsvn), on descend la rue droite, on /ait le tour des bâtiments capitulaires et on rentre par le cloître.
(1) Doc. uv etLXsvri.
(2) Doc. vri, VIII, Lxxiii, lxxvii. Les cendres étaient préparées par les curés et faites des écuelles de bois et des étoupes qui avaient servi à l'Extréme-Onction.
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à l'église. L'Archevêque, paré de la chape violette avec la mitre blanche, va faire la cérémonie.
On commence. Le chœur chante Vexaudi, que suivent diverses oraisons (dont le texte, comme les détails du rite qui l'accompagnent, est à peu de chose près du romain le plus exact).
En donnant les cendres à chacun, le prélat prononce cette formule : « Recognosce homo ' quia pulvis es et in pulvere reverteris. Ideo âge penitentiam ut habeas vitam eternam. Amen ». On chante au chœur Juxta (p.inter) vestibulum. .. Immutemur habitu; que suit une er. Omnip. . . . qui Ninivitis. . . . Après quoi il y a un sermon.
Le prédicateur descendant de chaire, l'Archevêque se lève et expulse de l'église les pénitents publics, qu'il conduit jusque à la grande porte;, tandis que le chœur chante un répons In sudore vultus tui. En les congédiant, le pontife leur dit : « Ecce ejiciamus - vos hodie a fade Ecclesie propter peccata et scelera vestra ». Et, une fois qu'ils sont dehors, il leur signifie qu'ils aient à jeûner, prier et faire de bonnes œuvres, et à n'entrer pas dans l'église jusqu'au Jeudi Saint ^ pour leur réconciliation.
(1) Trad. s Homme, reconnais que tu es poussière et retourneras en poussière. Fais donc pénitence pour obtenir la vie éternelle. »
(2) Trad. -s. Voici que nous vous rejetons aujourd'hui de la face de l'Eglise à cause de vos péchés et de vos crimes. <
(3) Cette expulsion qui se faisait sans imposition de ciliées et sans trop de rigueur, puisque le cérém. de 1538 (Doc. txxvii) accordait même un tapis devant la porte, s'est continuée à Aix plus longtemps qu'on ne le sup-
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13° 4° Dm. DU Carême. * — Exposition, sur le maître autel, de la Rose d'or, que le jour de Noël l'Archevêque porlait et que porte, ce dimanche, le célébrant à la procession d'avant la grand 'messe.
14' DiM. DES Rameaux. ^ — Après Tierce, l'Archevêque, en chape violette et mitre blanche, sort de la sacristie, avec ses ministres, précédé du thuriféraire, des acolytes et de quatre prêtres portant une arche, (sorte de châsse). Dans cette arche on place le Saint-Sacrement. Tout le monde se met en procession, et l'on entonne le répons CoUegerunt. De l'église on passe par la porte du clocher et Ton entre ainsi au cimetière. Là, sur un autel dominant la foule et paré d'un voile de soie, on dépose l'arche eucharistique. Alors commence la bénédiction des rameaux d'olivier^: lecture d'Isaïe Dicite filie Sion, répons Christus factus est ; évangile Cum appropinquasset, sans encens mais avec bénédiction du Diacre et baiser du texte par l'Archevêque. Puis le prélat officiant chante une longue formule Hec tibi Dne dies [esta recolitur. . . suivie d'une préface
poserait. On n'en perd guère la trace à St-Sauveur qu'au milieu du xvic siècle.
(1) Doc. Lxxvn.
(2) Doc. VIII, I.XX, LXXIII, LXXIV.
(3) Au x.vi'! siècle existait déjà l'usage de donner aux enfants des rameaux chargés de fruits et gâteaux de toute nature, que l'on faisait bénir. Il paraît que cela devint à un certain moment la cause de beaucoup d'abus, car le Concile de 1585 (Doc. xt, p, 180 de l'éd. 1708) condamna cette coutume. Elle a bien persisté jusqu'à nos jours mais évidemment après répression des désordres et avec des allures qui ne paraissent guère abusives.
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et de l'or. Deus cujus filius, avec cette finale : Et bndictio Dei omn. P. et F. et S. S. descendat super hos arborum ranios et maneat semper. Amen.
Les rameaux étant distribués, on les porte à la procession pour le retour, en passant par la porie Notre-Dame et en chantant Puei'v hebreorum, puis Cum appropinquasset et Cum audisset. Arrivé à la grande porte de S, Sauveur, laquelle est fermée, on repose sur un autel, préparé à droite, l'arche eucharistique. Devant elle quatre prêtres en habit de chœur fléchissent le genou en chantant par trois fois, haussant graduellement le ton , Ave Rex noster. . . que le choeur reprend chaque fois. Puis quatre enfants de chœur chantent le Gloria laus. On ouvre ensuite les portes. — Au xvi" siècle l'usage s'introduisit àa chanier AttolUte portas en frappant la porte de la crosse ou de la croix ^ — En rentrant à l'église, on chante Ingrediente Dno. Un sermon est alors prononcé dès que l'on est rendu au chœur, s'il n'a été fait au cimetière.
A la grand'messe, on chante la passion ^.
(1) Le Doc. ixxiir, du xiv» siècle marque que l'opinion de quelques-uns est de chanter Atlolite portas en frappant la porte de la croix ou de la crosse ; mais l'auteur ajoute : Hoc tamen non reminiscor fieri in Aquenst ecclesîa me vidisse (fol. 163). Au xv= siècle, le Missel de 1423 (Doc viii) n'en dit mot, marquant simplement qu'après le Gloria laus on entre en chantant V Ingrediente. Mais au xvi» siècle cet usage s'implante à Aix, car l'Ordinaire de 1514 (Doc. r.xxiv} le prescrit et on le retrouve en 1592 iDoc. r.xx).
(2) Je n'ai trouvé de détail précis sur le chant de la Passion que le vestige d'un « bonnet à la turque » porté par « Pilate » et une délib. du 1 may
' 1609 disant que « celui qui a fait Pilate » n'aura aucune rétribution, — c'était juste — et qu'au refus des bénéficiers (qui n'aimaient guère sans doute le personnage), un des serviteurs prêtres « le fera >. (Doc. txx).
45° Jeddi Saint, ^ — Nous voici aux grands jours de cette semaine que nos aïeux appelaient la « semaine peineuse ». Aux Matines, le Gloria Patri des psaumes est remplacé par Miserere mei, Dne, Miserere mei, Le chandelier aux 15 cierges est allumé.
A l'aube de ce jour, au premier son des cloches, un premier « mandatum » appelle le Chapitre à la salle capitulaire.
Treize enfants pauvres y sont réunis. Les chanoines entrent, portant chacun une aiguière et une serviette et ils lavent et baisent les pieds de ces enfants, tandis que les diacres et les sous-diacres chantent Mandatum novum. Cet acte d'humble charité accompli. Messieurs le complètent en faisant à chaque enfant l'aumône d'un patac ^ au moins. Et aussitôt, séance tenante et là même, deux chanoines dressent une table et tous servent à ces enfants un déjeûner, aux frais du Chapitre. — Quelquefois, c'est l'Archevôque ^ qui accomplit ce premier « mandatum » après Tierce,
Après None, rArchevôque va réconcilier les pénitents *,
(1) Doc. LXÏIII, LSXIV, tXXVII.
2j Unum patacum vel quartum et plus si eorum devotio major fuerit (Doc. Lxxrv). Le patac (ou pataf) était « une monnaie provençale de cuivre, valant un double tournois de France ou deux deniers environ s>, (F. Mistral, Lou trésor dou felibrige. Dict. prov.-fr.)
(3) Doc. VII.
(4) Doc. VII, Lxxiri. — Le Pontifical dit que c'est après Sexte ; mais l'Or-
AIXOISE. 303
Paré des ornements violets, avec la mitre blanche, il fait avancer devant lui, au maître autel, les pénitents qui viennent de recevoir l'absolution sacramentelle. Psaumes, litanies, antiennes et oraisons (comme au pontifical romain) se succèdent. Et ainsi sont réintégrés à l'église ceux que le mercredi des Cendres en avait chassés.
Cette cérémonie achevée^ nous allons assister à la Bénédiction des Saintes Huiles ' pendant la messe pontificale. On sonne les cloches. On fait un sermon. Puis la messe commence. L'Archevêque et ses ministres sont parés d'ornements blancs -. Sept sous-diacres, sept diacres et sept prêtres parés prennent place près de la table disposée dans le chœur pour les Saintes Huiles. Cinq autres prêtres également parés s'ajouteront aux sept premiers, pour la consécration du Saint-Chrême. — Tous les chapelains des localités voisines jusqu'à Gardanne et Bouc assistent à celte cérémonie. Et le rite qui y est observé est semblable à celui que prescrit encore le Pont. Rom. La seule différence notable, la voici : elle concerne le moment ^ où est béni le chrême.
dinaire (Doc. lxxiii), qui semble un peu postérieur au Pontifical, dit que c'est après None.
(1) Ibid.
(2) Au xvi« siècle, le règlement de 15.38 (Doc. lxxvii) dit que s'il n'y a pas de bénédiction des saintes Iiuiles, les ornements sont rouges. Le Missel de 1527 dit que dans ce même cas on supprime le Gloria et le C7-edo; une note marginale qui doit être de la môme époque, a ajouté ce même détail au Pontifical (Doc. vu).
(3) La hénéd. de l'Huile des Inf. se faisait au moment que prescrit le Pont, rom., qui met la bén. du Chrême après la communion.
304 LA IITURGIE
L'Archevêque a chanté le Pax Ejus (Pax Dni) et le chœur a répondu Et cum spiritu iuo. Le prélat communie seul. Le diacre couvre les hosties consacrées ; on va à la table du chœur et la bénédiction du Saint Chrême se fait, suivie de celle de l'huile des Catéchumènes. Quand la procession, chantant Redemptor, et reportant les saintes ampoules à la sacristie, est achevée, l'Archevêque revient avec ses ministres à l'autel ; on chante Agnus Dei, puis a lieu la communion du Clergé et la messe se poursuit.
Après la communion *, la Sainte Hostie, consacrée pour le lendemain, est portée par le Diacre, précédé de céroféraires, dans « une armoire » près de l'autel du Saint-Sacrement ^. Devant ce tabernacle, on allume deux cierges de six livres qui brûleront jusqu'au lendemain devant Notre- Seigneur, (Cerei grossi consueti ut ardeant die ac nocte ante dominicum corpus), et les serviteurs y réciteront le psautier la nuit suivante ^.
Lorsque Tant, de la Communion est chantée, on entonne * aussitôt les vêpres ; l'oraison de la post-communion est dite après le Magnificat. Et l'office finit ainsi. « (Et sic finitur missa et v espéré) ».
(1) Le Pontifical {Doc vu) dit qu'on met en réserve quelques hosties pour les prêtres qui voudraient communier le vendredi. Je n'ai trouvé dans les Ordinaires ou autres documents aucune trace de cette pratique, nul objet à préparer.
(2) Doc. txxni.
(3) Doc. Lxxvii.
(4) Doc. viir, cantantur ; et les ant. sont notées aux livres choraux. (Doc. xnij,
AIXOISE. 305
A cet office, les cloches ont sonné ^ au Gloria. Elles se taisent ensuite jusqu'au Gloria du Samedi Saint.
Dans Taprès-midi un second « mandatum » ^ plus solennel que le premier et suivi d'une « Cène », a lieu dans le cloître. On y a disposé un tapis, de l'eau chaude, l'aiguière, des serviettes. L'Archevêque y arrive paré en violet, dépose la chape, se ceint d'un linge, et lave les pieds des clercs, chapelains , bénéficiers et chanoines , baisant ensuite le pied de chacun, tandis que le chœur chante Mandatum novum. Puis, ayant quitté le linge et repris la chape, le Prélat s'assied ; on le déchausse : c'est à son tour d'être lavé. Le prévôt, ayant quitté sa chape chorale, accomplit cet office : il lave, essuie et baise le pied du Pontife. Gela fait, un lecteur lit le texte de l'évangile de S. Jean jusqu'à Surgite eamus hinc. A ces mots, l'assemblée s'ébranle. On entre au réfectoire de la maison capitulaire. Il est heriQétiquement fermé : on y a fait la nuit. Des flambeaux y jettent une clarté douteuse, posés sur des tables recouvertes de nappes blanches. On s'assied. A chacun est donnée une hostie bénite, qu'il mange aussitôt, (nonobstant le jeûne de ce jour, dit la rubrique). Puis à chacun est servi un peu de « bon » vin blanc et un peu de « bon » vin rouge. Le Dia-
(1) Doc. r.xxvn. — A propos des cloches, je note ici qu'il était d'usage à St-Sauveur de sonner un glas à midi tous les vendredis, excepté qu'il y eût une fête (Doc. ixx. Délit, du 4 nov. 1G32 dit que c'est une ancienne coutume).
(2) Doc. r.xïiii,
crelit alors l'évangile (de la cène, sans doute), qu'il termine par Tu autem Due. mis. nobis. Tous boivent alors et se lèvent. L'Archevêque dit le f Tu mandasti et l'or. Adesto Dne. Et, en chantant le i^ Gircumdederunt me, on rentre en procession à l'église. Un prêtre et un diacre vont dépouiller tous les autels ; et au chœur on dit Compiles.
1 6° Vendredi Saint. * — De grand matin, aujourd'hui, on a dit à deux chœurs tout le psautier (usque in finemj. Après None, le célébrant revêtu de la chape de soie noire, et le diacre en aube ainsi que le sous-diacre, viennent pieds nus à l'autel et disent le Conflteor. En montant à l'autel, or. Deus quipeccati veteris. Ils vont ensuite à leurs sièges. Un sous-diacre en habit de chœur lit une leçon In tribulatione sua, que suit le trait Dne audivi. Suivent : or. Flectamus genua. Deus aquo et Judas; nouvelle leçon Dixit D. ad Moysen, lue par un sous-diacre en tunique, et suivie du trait Eripe me.
On met alors à droite et à gauche, sur l'autel nu et sans lumières, deux chapes rouges ^ . Le chant de la passion commence. Aux mots Partiti sunt vestimenta, deux diadres enlèvent de l'autel les deux chapes, rapidement et comme s'ils les dérobaient (ad modum furantis).
■ Pour la dernière partie du texte évangélique, le diacre
(1) Doc. VIII, XV, Lxxiii.
(2J Au x?i« siècle on remplaça les chapes par deux nappes (Doc. lxxvii) .
AIXOISE. 307
demande la bénédiction au célébrant et encense le livre. Sermon après la Passion.
L'office continue : or. pour l'Eglise, le pape, le clergé^ le roi, les catéchumènes, enfin pour les juifs, (avec suppression du flectamus genua).
Ces prières achevées, deux curés en chapes noires de soie % pieds déchaussés, paraissent au fond du sanctuaire ; ils sortent de la sacristie, tenant une croix, voilée d'une sorte de petite chasuble noire. A la porte même, ils font la génuflexion en chantant Agios o Theos . . . eleyson ymas. Le chœur répond : Ses Deus. . . miserere nobis ; et deux chantres disent Tant. Popule meus. S'étant avancés, les deux curés recommencent Agios ; le chœur répond Ses Ds et ajoute Tant. Ego quidem, transvexi te mare ruhrum. Une troisième fois^ les deux curés redisent Agios, étant arrivés près de l'autel ; le chœur répond encore Ses Ds et deux chantres disent le Quid ultra debui facere. Alors, montant à l'autel^ les deux curés découvrent le bras droit de la croix en chantant Eece lignum, que le chœur poursuit ; ils entonnent et l'on chante le premier verset du ps. Beati immaeulali. Ils font de môme au bras gauche, avec Ecee lignum et le 2° f Beati gui scrutantur. Enfin, sans découvrir encore complètement la croix, ils recommencent, cette fois sur un ton plus élevé, Eece lignum avec le 3° f Non enim qui operantur. Et, cela dit, ils découvrent la croix et élevant encore plus haut le ton, ils reprennent Eeee
(1) Chapes rouges au wi' siècle (Doc. lxxvii).
lignum que le chœur continue toujours de môme. — Au xvi" siècle c'est ici, et non dès le commencement comme au xiY° siècle, que le célébrant et ses ministres se déchaussent, allant pour cela à la sacristie.
L'adoration de la croix déposée devant l'aulel, se fait par le clergé et le peuple , pendant qu'on chante Crucem tuam. . . Pange lingua, etc. (comme maintenant). L'adoraiion terminée, les deux curés reprennent la croix et la remettent sur sa hampe, tandis que le chœur chante Super omnia ligna cedrorum.
Le sacristain allume les cierges de l'autel et y étend une nappe. Le célébrant et ses ministres vont à la sacristie et y prennent leurs chaussures. Le célébrant y revêt aussi, à la place de la chape, une chasuble noire pliée, ses ministres restant en aubes. Ils reviennent à l'autel. Le diacre y étend le corporal; puis précédé de céroféraires et du thuriféraire il va prendre la Sainte Hostie réservée la veille et la porte à l'autel.
Le célébrant pose la Sainte Hostie sur le corporal et il commence : Hoc corpus , le . chœur continuant avec lui quod jjro vobis tradelur, hic calix novi testamenti est in meo sanguine dicit Dns. Hec facile quotiescumque sumilis in meam commemorationem. Suivent l'offrande de l'eau et du vin dans le calice, l'encensemeni, le lavabo, In spir. humilitatis. Pater noster. A Sicut, in cela du Pater, se fait l'élévation de la Sainte Hostie, des deux mains. Suivent ieôera nos sur le Ion d'une oraison et la fraclion de l'hostie. Le célébrant met la sainte particule dans le
AIXOISE . 309
calice en disant tout bas Hec sacrosancta commixtio. Point de Paœ Dni, ni baiser de paix. Viennent le Perceptio corporis, le Panem celestem, le Dne non s. dignus, le Corpus Dni N., puis lo Quod ore. Et aussitôt on chante vêpres comme la veille avec le Ctim accepisset à Magnificat et l'or, Bespice sans conclusion.
— Si c'est l'Archevêque qui fait l'office, ^ il arrive pieds nus portant le livre des Evangiles , se prosterne devant son faldislorium, et fait Toffice comme il vient d'être dit, sauf que, revêtu de la chasuble noire dès le commencement, il la dépose pour faire lui-même la présentation de la croix attribuée plus haut aux curés. C'est lui aussi qui porte la Sainte Hostie - à l'autel pour la messe des présanctifiés.
Dans l'après-midi, on chante au chœur les « planchs de la Sainte Vierge ^ ».
17° Samedi Saint. * — Après None, on tire le feu de la pierre et l'on allume un cierge que l'on place sur un serpent de bois fin ore serpentis ligneij posé sur une hampe. On procède alors à la bénédiction du feu nouveau : or. Dne Sce. . . lumen indeficiens. On bénit l'encens et l'on asperge le feu et les grains d'encens. C'est à l'autel même que s'accomplit cette cérémonie^ avec des ornements violets.
(1) Doc VII.
• (-2) Doc. r.xxriii. fol. 167.
(3) TPxte au Doc. m.
(4) Doc. VIII, XV, ixxiii.
3i0 LA LITURGIE
Le Diacre^ prenant alors des ornements blancs, porte le cierge triangulaire qu'il allume eii chantant Lumen Christi, faisant ses trois génuflexions, à la porte de la sacristie, puis à côté de l'autel et enfin au milieu en face le chœur. 11 chante XExultet.
Les leçons, oraisons, traits suivent ensuite, tels qu'on les dit maintenant, sauf une interversion entre la dixième leçon et la onzième.
Puis viennent le trait Sicut servus avec l'or. Omnipotens et les litanies « Septena, quina et terna » K
La bénédiction des fonts se faisait alors avec le même rite et les mêmes prières que maintenant, excepté qu'il n'est pas question de l'effusion de l'huile des catéchumènes mais seulement du Saint Chrême avec cette formule : Sanctificetur - et fecundetur fons iste renascentibus ex eo, in nom. Pair. etc. Et benedictio Dei omnip. P. et F. et S. S. descendat super hune baptismatis fontem et maneat semper. Amen. En revenant des fonts, on chantait le rép. Cantemus Dno.
Alors on baptisait des enfants s'il y en avait. Et, durant toute l'octave on laissait sur les fonts deux étoles ^ superpo-sées en forme de croix.
(1) Voir l'explication de ces litanies au Doc. viii,samedi saint.
(2) Trad. « Que sanctifiée et fécondée soit cette source pour ceux qui viendront y chercher la renaissance... Et que la bénédiction du toutpuissant Dieu, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, descende sur ces fonts baptismaux et y demeure toujours. »
(3) Doc. Lxxvii.
AIXOISE. 311
Le célébrant et ses ministres ont déposé le violet ; les voici avec des ornements blancs, La messe commence solennellement par le chant du Kyrie. A ce moment, les chanoines ne sont pas au chœur, ils sont à la sacristie ; c'est l'instant de la toilette d'été : ils quittent leurs chapes de chœur.
On est au Gloria. Le célébrant l'entonne, lès cloches sonnent. Aussitôt messieurs du Chapitre et les bénéflciers reparaissent et rentrent au chœur n'ayant plus que le surplis et l'aumusse.
Après J'épître, c'est le precentor qui, un cierge à la main, entonne YAlleluja. On dit le Credo et tout le reste de la fonction sacrée se passe comme de nos jours, sans en omettre les vêpres, avec cette seule différence que les deux Alleluja de Xlte missa est ou du Bndicamus D,no se continueront jusqu'à la Trinité.
Le soir, l'office acl^evé , le Chapitre se rend processionnellement à Notre-Dame de Consolation, pour dire ses Congratulations à la Mère du divin Ressuscité". C'est la dernière note, préludant à la grande allégresse de demain.
— Si l'Archevêque veut officier,, le Samedi Saint *, il le fait comme pour une messe pontificale ordinaire, en tenant compte des détails spéciaux à ce jour que nous venons de noter, avec cette différence toutefois, qu'il entonne luimôme ['Alleluja après l'épître.
(1) Doc. VII.
4 8° Paqdes. ^ — Au milieu de cette nuit qui « seule eut la gloire de connaître le temps et l'heure du Christ sortant du tomheau » ^, le second coup de Matines sonne à peine que, malgré les fatigues des jours précédents, tout le monde est alerte, Saint-Sauveur se remplit. Le personnel du chœur est au complet. Le diacre, le sous-diacre et quatre choristes sont parés. L'Archevêque préside en chape de soie blanche. On se lève et l'on se dirige vers le cloître. Là, le Pontife pénètre dans la chambre du boulanger, où l'on a fait un sépulcre tout garni de belles soieries. Gomme Pierre et Jean il constate que ce sépulcre est vide. Il entonne alors le répons Chnstus resurgens, que le choeur poursuit, tandis que la procession rentre à l'église. On s'arrête devant l'autel de S. Maximin. Derrière cet autel, à la porte môme de la Sainte-Chapelle, deux chantres disent le f Dicant nunè. L'Archevêque pénètre dans le vénérable oratoire avec les acolytes, encense l'autel de la Résurrection. Puis les enfants disent le -f Surrexit Dns ; et l'Archevêque chante l'or. Presta quesumus omnip. Ds. Cela fait, on rentre au chœur, le 3' coup de cloche de Matines sonne, l'office commence ^ .
— Au xvi° on ne fit plus cette procession à la même heure, on la mit après Matines.
(1) Doc. LKXIII, I.XXVII.
(2) Quœ sola meruit... etc. (Exultet).
(3) Il n'est peut-être pas inutile de noter ici qu'à ces Matines le D. ne ciiante pas d'évangile. Cette particularité, ne figure dans nos Ordinaires que pour Noël et l'Epiphanie.
AIXOISE. 313
Les grands offices de ce jour ^ sont des plus solennels : il ne saurait en être autrement. C'est toute la pompe pontificale, déjà décrite à Noël, qui se renouvelle avec la communion générale du clergé non-célébrant, auquel on donne Fablution ^.
Un usage ^ particulier plaçait à S. Sauveur, au jour de Pâques, près des marches du sanctuaire, côté de l'Evangile, un pin tout entier, symbole de l'immortalité.
A Vêpres, après l'or, du Magnificat, procession aux fonts baptismaux *. Les choristes entonnent le rép. Christus resurgens, que l'on chante en allant. Au baptistère deux enfants disent le ^ Didte, que suit l'or, avec conclusion brève. Puis on va au chœur de S. Maximin, en chantant le rép. Dicant nimc, que suit le f Surrexit avec l'or, à conclusion solennelle. Après quoi, et alors seulement, on chante Bndicamus Dno alléluia ; et l'on rentre en silence au chœur pour Compiles.
19° Semaine de Pâques. — Elle garde la note solennelle
(1) Doc. txx, Lsxnr, r.xxvir.
(2) Le Doc. Lxxviii, prescrit de préparer un broc de vin pour cette ablution. Cela suppose que le clergé non célébrant était nombreux. Il est vrai qu'il y a broc et broc.
(3) Je n'ai pas trouvé le point de départ de cet usage ni même sa trace dans nos premiers documents. L'excellent de Haitze, pour l'expliquer, a rêvé de suite aux Romains, etc. Il me semble que la perpétuelle verdure du pin suffît à justifier le choix qu'on en fit. (V. de Ribbe, Doc. cxx.) .
(1) Doc. ixxiii. — Je remarque qu'on n'y chante pas le Magnificat et qu'il n'y est pas question d'encens, comme à la Pentecôte
de la Résurrection, Chaque soir, à yêpres, se renouvelle la procession aux fonts.
20° Dimanche de Quasimodo. — Au xv" siècle ^ on ouvrait ce jour-là, à la sacristie l'armoire des Saintes Relirques que les fidèles s'empressaient de venir vénérer et à la visite desquelles étaient attachées des indulgences. — Ce même jour, la Maîtrise allait ^ avec une. délégation du. Chapitre chanter la messe à Puyricard.
21° Annonciation.^ — La veille, après Compiles, on allait prendre en son église la statue de N. D. de Consolation que l'on portait à S. Sauveur. Le jour de la fêle, après Tierce, on faisait la procession en ville avec cette Madone, que l'on ramenait en son sanctuaire le soir, après Complies.
22° Synode diocésain. * — C'est le mardi qui suit le dimanche du Bon Pasteur, que le synode se réunit. Le rite en est à peu près conforme à celui que marque le Pont. Rom. corrigé par Clément VIII, maintenant en usage, y compris l'appel et la correction des absents. Remarquons le début de Tallocution qui suit les litanies : Ecce beatissimi
(1) Doc. LXXIII.
(2) YoiT Notre Maîtrise (Doc. cxxii). C'était parfois une grande solennité, comme en 1612), où Mgr Hurault de l'Hôpital y pontifia avec six chanoines et six bénéflciers (Doc, lxx).
(3) Doc. txxiv, ixxvii.
(4) Doc. vir, I.XXIV, txxvii.
AIXOISE. 315
et venerabiles consacerdotes . . . Lé second jour àxi synode, (qui dure 3 jours s'il le faut) il y a messe pour les défunts avec absoute au cimetière, après quoi, rentrant à la Métropole, on prend les chapes rouges pour l'aclion synodale.
23° Autres fonctions pontificales. ' — C'est généralement après le synode que l'Archevêque fait sa tournée pastorale. En partant, il dit les prières de l'itinéraire In viam pacis. Il est reçu, à l'église qu'il visite, au chant du" Sacerdos etpontifex... sic placuisti Dno;el tout le reste, moins une oraison, est semblable à ce que marque le Pont, rom. actuel, y compris le souvenir des morts et les deux absoutes.
Ajoutons qu'il confirme les enfants à l'âge de sept ans environ et demande des parrains et des marraines ^.
Disons de suite que le rite des Ordinations différait également fort peu de ce qui se pratique aujourd'hui. Parmi les légères nuances qui nous ont frappé, notons que le prélat ne donne la communion avec la paix (aussitôt qu'il a donné la sainte Hostie) qu'aux nouveaux prêtres ; et que ceux qui imposent les mains sont en chapes ou chasubles blanches.
Notons enfin que pour les consécrations d'églises, tout est conforme au Pontifical actuel.
(1} Doc. vu.
(2) Le Concile d'Aix de 1585 consacre cet usage (Doc. xl).
24° Rogations. *. — On commence la cérémonie par l'aspersion, pendant laquelle on chante, le premier jour, VExurge, et les deux autres jours des antiennes similaires, A la procession, on chante les litanies sur une mélodie spéciale (aujourd'hui encore en usage à St-Sauveur) et l'on porte des reliques.
Mais voici une note bizarre. Regardez ce Dragon, qui précède la croix et les bannières. Sa longue queue paraît être son plus bel ornement : il en est fier, il la relève et semble l'enfler, les deux premiers jours ; mais le troisième jour, voici que cette queue est amaigrie, basse et traînante; le monstre ne précède plus le cortège, il le suit, il se retourne souvent comme pour voir si derrière lui on le pourchasse encore : le vieux Dragon est vaincu par la prière persévérante.
Au retour de la procession, ceux qui portent le reliquaire rélèvent près de la porte - et tout le monde passe dessous.
25° Ascension ^. — Procession aux cloîtres avec « toutes les chapes. »
(1) Doc. VIII, Lxxiii, ixxiv. — Ce dernier doc. dit au sujet du dragon : Bec 171 Rationali et ibi vide quid signiflcat. — Quant à la mélodie des litanies, laquelle est encore auiourd'hui en usage à St-Sauveur, voir Doc.
{■J) De Haitze (Doc cxiii) dit qu'on mettait ensuite le reliquaire sur la porte méridionale afin que les fidèles pussent le baiser. Il a peut-être raison ; mais je n'ai pas trouvé la source de ce détail.
(3) Doc. Lxxvii.
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26° S' Maximin *. — Très grande solennité. Procession en ville avec les chapes de soie rouge, huit prêtres portant la sainte relique du chef de notre premier évoque d'Aix. La messe du peuple est dite ce jour-là au baptistère et le grand office se fait au chœur de St-Maxirain.
27° Pentecôte ^. — Cette fête revêt à Aix un caractère particulier. La veille on n'a pas seulement bénit les fonts, on a encore fait le feu nouveau et dit le Lumen Christi. Il y a eu sept leçons avec les litanies. A l'évangile il n'y a pas eu de lumières, mais seulement de l'encens.
Les Matines sont très solennelles avec quatre choristes en chapes rouges et tenant leurs bourdons d'argent. Celui qui dit les leçons prend aussi la chape; il en est de même naturellement de l'officiant et de son assistant.
A Tierce, l'Archevêque, portant le surplis et l'aumusse, entonne de son trône le Veni Creator, étant à genoux.
Mais voici le détail saillant du jour : c'est la colombe ^. Un appareil la fait courir de la fenestrelle voisine du grand portail. Elle part à l'intonation du Veni Creator. Elle
(1) Doc. Liv, Lxxiv, r.xxvii. — 11 est dit sux statuts de Puppio, xv« siècle (Doc. rav) que cette solennité a été réglée dans les anciens statuts. On fait alors la procession dans le cloître seulement,
(2) Doc. vjii, Lxxiir, Lxxiv, r.xxvii. — A propos de la candela accensa, qui est placée in ore serpentis lignei, comme au samedi saint, il est dit au Doc. Lxxiv qu'en 1535 on fit ce serpent d'une racine de cèdre.
(3) Doc. Lxvi, r.xxvii. — L'appareil cause une dépense de 8 florins en
vient, dirigée par un fil conducteur jusqu'à l'a u tel-majeur, où elle s'arrête et d'où elle n'est enle"vée que lorsque l'hymne est 'achevée. Pendant ce temps, la mousqueterie fait entendre une salve bien nourrie. — Cet usage fut aboli par délibéralion capitulaire ^ presqu'à la veille de l'adoption de la liturgie romaine.
A la fin des vêpres de cette fête, on fait la procession aux fonts. L'Archevêque entonne Tant. Fontes et omnia ; et au chant du Magnificat on s'avance vers le baptistère. Là l'officiant encense les fonts, deux enfants disent le f. et l'or, est chantée avec conclusion solennelle. Puis (sans aller comme à Pâques au chœur de St-Maximin), on revient au grand chœur où Ton chante le Bndicamus Dno. — Cette procession se renouvelle chaque jour de l'octave, après vêpres, jusqu'au vendredi inclusivement.
28° Trinité ^. — Dès les 1'" vêpres, l'office se faisait au chœur de St-Maximin, en souvenir d'une ancienne chapelle de la Ste Trinité, fpropter capellam S. Trinitatis, olim conjunctam cum capella S. Salvatoris).
— Au xvi° siècle, un autel de la Ste Trinité existant près du clocher, on y dit la messe du peuple ; l'office se fait toujours au chœur de St-Maximin et la grand'messe capitulaire se chante à l'autel du Corpus Chrisfi.
(1) Doc. Lxx. Dél. 7 may 1607 abolit la colombe et décide qu'on dira le Veni Creator « sans aucunes poudres, fusils, ni feu ou fusées ».
(2) Doc. Lxxiv et Lxxvii.
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29° Fêtb-Dieu ^ — Matines se chantent la veille au soir, entre 4 et 5 heures, (propter indulgentias) . Les quatre chantres en chapes blanches vont dire l'invitatoire, l'hymne, les versets et le Bndicamus, en dehors du chœur, devant « l'armoire où est le St-Sacrement » ; — ce qui ne se fera plus dans la suite lorsque l'on aura remis la Ste Réserve au maître-autel. — La grand'messe est chantée à l'autel du St-Sacreraent.
C'est le matin que se fait la procession. Au xiv° siècle, elle suit l'itinéraire que voici : Rue Droite jusqu'à la porte de Marseille, d'où l'on monte au Palais pour passer devant les Prêcheurs, franchir le « portalet » voisin, aller jusqu'à la Place (Marché) et de là, par la rue « Imberti Coutelerii » ^, atteindre la 'Porte du Bourg (G''°-Horloge), d'où l'on rentre à St-Sauveur.
En 4581 ^, la peste ravageant le pays, on recommande à son de trompe aux Aixois de ne pas sortir de chez, eux avant sept heures, afin d'éviter la contagion. Dès 5 heures du matin^ dans les rues solitaires et sans rien supprimer du
(1) Doc. LXÏUl, txiiv.
(2) C'était la rue bordant au levant les deux places (rue Vauvenargues actuelle). Cf. Rous Alph., Rues d'Àix, i, 73. Son nom inséré dans l'Ordinaire de St-Sauveur du xiv» siècle (Doc. r.xxiii) semble de nature à trancher le différend entre de Haitze et Pitton, rapporté dans une note des Bwes à'Âix. Pitton avait raison , ce document contemporain le prouve, de faire venir le nom de cette rue de son habitant Imhert Cautelery. Ce qui n'empêche pas que de Haitze a pu ne pas se tromper en la nommant de la Coutellerie. En fait d'altérations de noms, on en voit bien d'autres. N'y a-t-il pas des Aixois qui appellent foire de Ste Clotilde, la foire dite originairement des Sans-Culottides, fondée à la Révolution ?
(3) Doc. Lxx.
320 tk LITURGIE
parcours ordinaire fper omnes carieras), le cortège eucharistique passe comme d'habitude. Il n'y a qu'un chanoine. M. Matai, et quelques serviteurs, — les autres sont loin. — M. Matai tout seul a fait l'office entier, y compris Matines la veille. Tandis qu'il porte le Très-Saint Sacrement, il a lui-môme sur la tête une couronne de roses rouges et blanches ^ Puis il célèbre la grand'messe à laquelle, pour la première fois à St-Sauveur, on chante le Lauda Sion.
En 1589, nous trouvons indiqué l'ordre du cortège: Croix de St-Sauveur. Pauvres de l'hôpital. Bannières de Dieu le Père, de « S' Glar, » de N.-D. de Pitié, du St Esprit, de S^ Hubert, de « S' Mor » (Maur), de S' Roch, de S' Sébastien, de S' Mitre, de S' Martin, de N.-D. de la Seds, de N.-D. de l'Annonciade, de N.-D. des Anges, de S' Georges, de N.-D. de « Grasse », de N.-D. de Nazareth, de S' Cosme, de N.-D. de Beauvezet, de S' Eloy, de S" Catherine, de S' Honorât, de S*^ Crépin, de la Ste Trinité, de N.-D. de Consolation, du « Corpus Dni ». Les conventuels par ordre. « L'Abat » de la ville. La Bazoche. Le Prince d'Amour. Les prêtres de l'église S t- Jean. Les Docteurs du Collège. Mes-
(1) M. Matai, qui relate lui-même les faits dans le registre capitulaire, dit à propos de cette couronne qu'il l'a portée selon la louable coutume des églises de France : « Nam sacerdotes processionaliter ambulantes gestant in capitibus suis vel brachiis serta ad instar coronarum confecta nec absque ratione optima quia sacerdotes sunt leges spirituales : fecisti nos Deonoslro regnum Et sacerdotes sunt etiam bonus Christi odor qualis est rosarum et aliorum florum optimum odorem emittentium. Nota quod solemnitas corporis Dni est festum omnium sacerdotum qui in virtute verborum Christi consecrant corpus Christi. »
AIXOISE. 321
sieurs de l'église St-Sauveur. Messieurs de la Cour du Parlement. — Il faut, supposer que le St-Sacrement précède le Parlement et que celui-ci est suivi des consuls, de la Cour des Comptes, etc. — Nous allons également voir tout à l'heure que la procession ne se faisait plus le matin, comme autrefois.
La présence du Prince d'Amour, de la Bazoche et de l'Abbé de la Ville dans ce cortège nous amène tout naturellement à la note caractéristique de la Fête-Dieu à Aix :. les jeux du Roi René.
Ces jeux ^ sont de leur nature et furent en fait, comme on le verra bientôt, extra-liturgiques. Nous pourrions donc, — d'aucuns penseront même que nous devrions — nous dispenser d'en parler. Toutefois ils ont été durant trois cents ans, intimement liés à nos fêtes ; ils se sont associés à notre culte et y ont pénétré sans enfreindre cependant le respect dû à la sainte Eucharistie ; ils sont de notre histoire religieuse ; et après la réunion de la Provence à la France, le Parlement et les grands corps de l'Etat y adoptèrent la part qu'y prenait le bon roi René avec sa cour. Par conséquent parler de la Fête-Dieu et laisser « les jeux » dans l'ombre, ce serait une lacune que beaucoup, de nos concitoyens ne nous pardonneraient pas. Aussi bien, renvoyant le- lecteur pour les détails secondaires aux auteurs qui ont
(1) Doc. cxiv, cxv, cxvi, cxvii. — Outre ces doc, voir Millin : Voy. dans les dép. du Midi, 9» vol., — Rou.r Alphêran, Rues d'Aix, 1, 106 et seq.
traité spécialement la question, nous allons en donner au moins un aperçu rapide mais exact.
Deux catégories distinctes sont à établir dans ces cérémonies : les jeux proprement dits et ce qu'on peut appeler l'état-major de la fête.
Les jeux comprenaient : ]" le grand jeu des Diables, où. les démons tourmentent Hérode. — 2° Le petit jeu des diables, ou VArmetto, dans lequel les diables cberchent à enlever la croix à un jeune homme que défend son ange gardien. — 3° Le veau d'or, ou le Cat : Moyse et Aaron y paraissent ainsi que le veau d'or adoré par des Juifs ; l'un de ceux-ci lance en l'air un malheureux chat enveloppé dans un sac. — 4° La Reine de Saba, allant à Salomon avec ses dames. — 5° La Belle étoile, conduisant les Mages à Bethléem. — 6° Leis Tirassouns (qui se traînent par terre), représentant le massacre des innocents, tombant à un coup de fusil tiré par Hérode. — 7° Les Apôtres, y compris S' Paul menaçant de sa grande épée Judas qui tourne autour du Christ en lui montrant la bourse aux trente deniers et en l'embrassant. — 8° Leis Chivaouœ frux (chevaux fringants), où se meuvent et dansent d'élégants jeunes gens enchâssés à mi-corps dans des chevaux de carton. — 9° Leis Dansaïres (danseurs) exécutant un pas rythmé au son du fifre el du tambourin. — 1 0° Leis Razcassetos (lépreux) dont l'un, passablement malpropre, est peigné et brossé par les autres. — 11° S. Christoj)he, portant le Christ. — 12° La Mort armée de sa faux. — 13° Les traits d'histoire d'Adam et Eve, d'Abraham, de Caïn. — 14° Les Stes femmes de
AixoiSE. 323
l'Evangile. — l'a" Le Guet, où toutes les divinités de l'Olympe sont à cheval ou sur des chars et auxquelles se joignent les Chevaliers du Croissant, (ordre fondé par le roi René), ainsi que le duc et la duchesse d'Urbin % montés à âne, ridiculisés par René. — Des danses et des airs, que l'on croit de la composition du roi René, étaient exécutés par plusieurs des groupes.
La seconde catégorie comprenait : 1°Le Prince d' Amour , nommé par le Conseil de Ville, avec son Lieutenant de Prince, son Guidon et ses Bâtonniers. — ^2° Le Roi de la Bazoche, nommé par MM. de la Justice, avec ses officiers : Connétable, Amiral, Grand-Maître, Chevalier d'Honneur, Guidon du Roi. Lieutenant du Roi, Capitaine des gardes, Porte-enseigne et Râtonniers. — 3° Enfin, Y Abbé de la Ville (ou Abat, ou encore Abbé de la jeunesse), nommé par le Conseil de Ville, avec son Lieutenant, son Guidon et ses Râtonniers.
Quel était le sens de ces jeux ? Chaque auteur les a interprétés I sa façon. 11 nous semble que l'abbé Guiet a eu raison de mettre d'accord ses devanciers en y voyant un mélange de souvenirs de chevalerie et de sj'mboles religieux. Au seul énoncé des divers groupements, que l'on vient d'entrevoir, on devine les derniers vestiges des tournois en « un combat de courtoisie », dont faisait les frais ce que nous nommions tout à l'heure l'état-major de la fêle; et il
(1) Leduc d'Urbin, auxiliaire de la faction espagnole dans la guerre de Naples, avait été battu par René, qui s'acharnait à sa mémoire comme type d'un suppôt de rebelles.
est en même temps difficile de ne pas voir dans la marclie de certains groupes, comme le Guet, le Veau d'Or, les Diables, etc., l'image du Paganisme et du Mal fuyant devant l'Eucharistie, — car tous ces jeux précédaient, à bonne distance, le cortège religieux.
Quoi qu'il en soit, voici l'ordre dans lequel se succédaient ces cérémonies semi-profanes et celles de l'Eglise.
Le lundi de la Pentecôte, à l'Hôtel de Ville, nomination du Prince d'Amour ^ et de l'Abbé. En même temps, on nommait au Palais le Roi de la Bazoche.
A la Trinité s'inauguraient les fêtes par un essai des divers jeux, une sorte de répétition préparatoire.
Le mercredi, veille de la fête, à 7 heures du soii-, réunis devant St-Sauveur, les Bâtonniers de la Bazoche et de l'Abbé exécutaient un pas d'armes (la Passado) en suivant l'itinéraire qui devait être celui de la procession du lendemain. A 10 heures le Guet sortait.
Le jeudi de la Fête-Dieu , à 4 heures du matin, les Diables entendaient la messe à St-Sauveur ; puis grands et petits faisaient en courant le tour que devait suivre la procession. Si le grand jeu parvenait à ravir YArmetto au petit jeu, celui-ci payait un déjeuner. Sinon, le grand soldait la dépense. Cela s'appelait « la gageure des Diables ».
.\ 8 heures, les officiers de la Bazoche allaient déjeuner chez leur Roi ; puis ils venaient au Palais, prendre Mes-
(1) Je dirai plus loin comment et pourquoi le Prince d'Amour fut supprimé.
AixoisE. 325
sieurs du Parlement pour monter à la Métropole, De leur côlé, les Consuls et l'Assesseur se rendaient à Sl-Sauveur avec le Prince d'Amour et sa suite. De même MM. les Trésoriers généraux de France et la Sénéchaussée.
A 10 heures commençait la grand'messe solennelle, tandis qu'une messe basse se disait au Corpus Dni, pour la Sénéchaussée. Après XAgnus Dei, deux chanoines, l'ancien administrateur et le nouveau, venaient en surplis et aumusse inviter à dîner MM. du Parlement, le Prince d'Amour et ses otBciers et les Trésoriers ; on faisait la môme politesse â la Sénéchaussée.
La messe achevée,' la Bazoche sortait et allait dîner, aux frais des procureurs et des notaires. Le Parlement et les autres invités du Chapitre entraient au contraire directement dans la maison capitulaire ; et là un copieux repas ^ leur était servi. La Sénéchaussée cependant ne dînait pas avec MM. du Parlement. Elle était dans une autre salle et avait un menu plus sohre. A côlé étaient les huissiers, à qui l'on passait les plats de la table de la Sénéchaussée. Ajoutons; le Chapitre payait.
(1) Le menu n'était pas mince : 5 soupes de riz, avec deux poules dans chaque soupe, 2 entrées, un rôti, nombreux hors d'oeuvre, vins rouge et blanc à la glace. Cf. Roux-Alphéran, Rues d'Aix, 1, p. 140. On mangeait debout, et « sur le pouce s évidemment, car Grégoire (Doc. cxvr) a/firme qu'il n'y avait que des serviettes et des assiettes, mais point de couteaux, ni fourchettes, ni cuillers. Le Cérémonial du Parlement (Bibl. Méjanes, ms. 899, p. IG), dit : « debout et sans fourchettes ». — Cela me rend très perplexe. Quels prodiges d'équilibre devaient faire messieurs du Parlement en robes! — Dès 1495, il est question (Doc. r.xv) de ce repas, pour lequel une délib. du IG juin décide de servir la moitié d'un mouton et deui jambons.
Pendant ce temps, les jeux parcouraient la ville.
Après la grand'messe à 11 h. 1/2, commençait le défilé de la procession par la croix de la Métropole, que suivaient lentement, très lentement même, les diverses confréries, etc.
Vers 2 h. 1/2, la bravade de l'Abbé, composée de six compagnies de fusiliers, entrait à St-Sauveur avec son capitaine et ses bâtonniers. Ceux-ci jouaient alors de leurs bâtons, (sorte de salut aux évolutions plus ou moins compliquées), devant l'autel et devant le Parlement. Puis ils sortaient et suivaient l'itinéraire de la procession, avec les compagnies de fusiliers qui dans la rue déchargeaient leurs armes.
La bravade de la Bazoche entrait à son tour à l'église et en faisait autant. Le cortège du Prince d'Amour la suivait.
Enfin, à 4 h., — tous les jeux, on le voit, étaient déjà loin et le respect dû à la Très-Sainte Eucharistie ne pouvait être en cause, — le St-Sacrement était exposé. La procession, la vraie, se mettait alors en marche, avec la maîtrise, tout le clergé, les chanoines en chape, l'Archevêque enfin portant le St-Sacrement, sous le dais, dont les cordons étaient tenus par les Consuls et l'Assesseur. Le Parlement,, en robes rouges, précédé du premier huissier portant la masse de justice fleurdelysée d'or, venait ensuite, ainsi que les autres corps de l'Etat. Et sur le passage de Notre- Seigneur toute la population s'agenouillait respectueusement et se signait.
30° Les Dix mille Martyrs K — Procession en ville. On y porte les reliques de ces saints.
31°. S' Jean-Baptiste et S' Pierre ^. — Le Chapitre, la veille de ces deux fêtes, allume un feu de joie d'abord au petit cimetière,, plus tard (quand celui-ci fut fermé), sur la place devant St-Sauveur. Un petit souper qui suivait fut aboli en ]o6], à cause des abus (propter insolentiam aliquorum).
32° La Visitation (N.-D. de la Seds). — Cette fête, établie par S' Bonaventure en 1263 et étendue à toute l'Eglise par Urbain VI en 1389, ne fut introduite dans notre calendrier qu'en 1300^. Or, la peste de 1321 ayant amené la i-éédification de l'antique cathédrale de N.-D. de la Seds*^, l'église rebâtie fut mise sous le vocable de la Visitation.
A partir de cette époque, chaque année, le 2 juillet, les PP. Minimes, le matin, conduisent la sainte Madone à St- Sauveur, d'où sort une procession qui fait escorte à la
(1) Doc. LXXIV.
(2) Doc. Lxviii.
(31 M. Matai, célébrant seul Ja Visitation, durant la peste de 1581, et tenant les registres du Chapitre (Doc. ixx), dit que cette fêle a été introduite à Aix en 1500 par Guillaume de Cordoan, originaire du Mans, qui devint chanoine d"Aix et oflîcial et qui fonda une chapellenie, sous le titre de la Visitation et Présentation. — Notre martyrologe (Doc. m) contient, en effet, une note marginale datée de 1500 qui énumère complaisamment les indulgences accordées à cette fête par Sixte IV (-f 1492).
(4) Cf. ma Notice sur Notre-Dame delà Seds. Aix, Makaire, 1896.
sainte image et parcourt la ville. Au retour, le Chapitre étant rentré à la Métropole, N,-D. de la Seds portée par les Minimes revient, accompagnée des Consuls, qui la quittent à la porte des Cordeliers et du peuple qui la précède, l'entoure et la suit jusqu'à son sanctuaire.
33° S'° Magdeleine \ — Après Sexte, procession à l'église de la Magdeleine^ où le Chapitre chante la messe. Les deux vêpres y sont également chantées par la chapelle de Sl-Sauveur.
34° La Transfiguration, -t- Fête titulaire de St-Sauveur, pendant laquelle, trois jours durant, on tapissait les cloîtres de tentures de soie "^, la Transfiguration offrait à notre Métropole une particularité marquante : la bénédiction des raisins.
Au xiy° siècle, avant le Pe?' quem omnia du canon ^, l'Archevêque bénit ainsi les raisins : Oremus. Bndic. Due et hos novos fructus uve quos tu, Dne, rore celi et inundancia pluviamim et temporum serenitaie atque tranquillitate ad maturitatem perducere dignatus es et dedisti eos ad usus nostros cum gratiarum actione perci-
(1) Doc. Lxxiv. — Aui chanteurs de la métropole qui vont à la Magdeleîne on sert une collation préparée per confratres. Ce complément était assez généralement d'usage quand la Maîtrise métropolitaine allait se faire entendre quelque part.
(2) Doc. Lxsiir.
(3) Doc. VII. — Les érudits liturgistes savent que dès le iii= siècle le pape S' Eutychien régla la bénédiction des fruits de la terre et défendit de bénir intra missam d'autres fruits que les fèves et les raisins (Liber pontificalis. Edit. Duchesne, I, p. 159). Selon la coutume, c'est avant le Pater que se faisait cette cérémonie.
AixoisE. 329
père in nom. Dni Nri Jesu Xpi. Per quem hec omnitt' » .... etc. du canon, que le prélal célébrant continue.
— A rOrdinaire de la môme époque *, il est noté que le missel dit d'exprimer du jus de ce raisin dans le calice et l'auteur ajoute: Hoc tamen non recordorme vidisse. W est vrai, en effet, que le Pontifical dont nous venons de citer la formule ne contient pas cette prescription. Mais si le Missel d'alors (que nous ne possédons pas et qui était probablement antérieur), le disait,' c'est que cela se faisait précédemment. On avait peut-être, par un 'scrupule de conscience facile à saisir, momentanément suspendu cet usage au xiv° siècle. Toutefois, au xv siècle, le Missel aixois de Murri -, 'après avoir donné le même texte que le Pontifical, ajoute : Hic deprimatur uva in calice et misceatur cum sanguine. C'est sans doute la reproduction de la rubrique du Missel antérieur dont parlait l'Ordinaire du siècle précédent. Comprit-on, bientôt après, que ce mélange avec le Précieux Sang n'était pas assez respectueux et qu'il y avait lieu de changer le moment de ce rite ? Y eut-il un autre motif d'opérer cette modification? Toujours est-il que, au début même du siècle suivant, l'Ordinaire de 1514 ^ énonce, comme règle acquise, la bénédiction des raisins et le mélange dans le calice à l'Offertoire ; et c'est aussi ce qu'or-
(1) Doc. r,xxin.
(2) Doc. VIII.
(3) Doc. r.xxiv. — Ce Doc. ajoute : Jtatio hujus commixtionis uvœ est eo quod Dns discipulis suis dixit : Non bibatn amodo de hoc genimine vitis, etc. Vide latius in Rationali et in legenda aurea in festo Sci Sixti. ■
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donne le Missel de 1527 \ en gardant la même formule ancienne.
Voici donc comment - alors, au xvi° siècle, se fait l'ofBce de ce jour.
La messe du peuple a été dite à la chapelle de St-Etienne, parce que l'image de la Transfiguration y est peinte.
Tout le grand oifice, depuis les premières vêpres, se fait au chœur de St-Maximin, (où est la chapelle de la Transfiguration, propter capellam Transfigurationis ^ quœ est in ipso choro). L'Archevêque y assiste en chape blanche, s'il n'officie pas.
La grand'messe capitulaire, précédée de la procession au cloître^ commence à l'autel du Corpus Christi et s'y poursuit jusqu'à l'Offertoire exclusivement. A ce moment^ voici que le célébrant et ses ministres passent à la Ste-Chapelle. Là, un prêtre reçoit les offrandes des fidèles, à la porte de cet antique et vénéré sanctuaire, où il était défendu aux femmes d'entrer [eo quod mulieres non ingrediuntur). Là, le célébrant bénit les raisins dont le jus de quelques grains est mélangé au vin du calice. Là enfin se poursuit le saint sacrifice jusqu'à la On. — Pendant ce temps, une messe basse est dite à l'autel de Corpus Christi, afin que le peuple puisse suivre la sainte action (utpopulus videat) ainsi qu'au maître-autel. — A la fin de la grand'messe, le
(1) Doc. XV.
(2) Doc. Lxxiv et Lxxvii.
(3) La Sainte-Chapelle ou oratoire de S' Maximin.
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diacre accompagné des acolytes, se rend à l'autel du Corpus Christi, où la messe avait été commencée, et y chante Vite missa est ; puis il revient à la Ste-Chapelle rejoindre le célébrant pour se retirer avec lui.
35. S' Laurent ^ — Le Chapitre envoie des officiants et des chantres en l'église St-Laurent, pour faire l'office complet de ce jour : ]'" et 2"°" vêpres, messe et procession. Et, « selon les bonnes coutumes », une collation y est préparée pe7^ fermarium.
36. Assomption ^. — Une délégation semblable à la précédente se rend à N.-D. de Beauvezet. A St-Sauveur, la messe du peuple est dite à l'autel de St-Jean, au baptistère, parce que l'Assomption y est peinte.
37° Nativité de la S'° V. ^ — N.-D. de Consolation est .portée à St-Sauveur et il y a procession comme le jour de l'Annonciation.
38° La Toussaint et les Morts *. — A Magnificat des vêpres de la Toussaint, on sonne toutes les cloches ; et aussitôt les chanoines, bénéficiers et autres vont à la sacristie, quittent leurs surplis et prennent leurs chapes de laine. On se rend ensuite au chœur de St-Maximin pour y dire les
fl.) Doc. LXXIV.
• (2) Md.
(3) Doc. r.xxiv, Lxxvii.
(4) Doc. LXXIII, LXXIV, XXXVII.
vêpres des morts, puis on va au grand chœur pour complies.
Le jour même des morts, au martyrologe de Prime on ajoute la lecture des noms et qualités des défunts ', en terminant ce nécrologe par Requiescant in pace. Après la grand'messe, on va processionnellement au cimetière, en faisant station - à l'autel majeur, à l'autel de St-Maximin et au petit cimetière, quod est ante regiam ecclesie ; puis on entre au grand cimetière, on y chante une absoute très solennelle pendant laquelle l'Archevêque , ou l'officiant , fait le tour de l'enceinte, en l'aspergeant.
39° S' Mitre ^. — La chapelle de ce saint patron de la cité est magnifiquement ornée. Toutes les reliques de l'église y sont exposées, sauf le chef de S' Maximin.
Après Tierce, la procession sort ; les chanoines sont en chapes de soie ; et l'officiant porte en mains la tête du saint martyr d'Aix. On se dirige vers le palais. Au moment d'y arriver, la Maîtrise chante l'antienne et \ô f. du saint. L'officiant entre alors dans la chapelle du palais, y dit seulement l'oraison. Puis on revient à la métropole, toutes les cloches sonnant joyeusement.
fl) Il n'est pas téméraire de croire qu'il s'agit seulement du nécrologe annuel du clergé et des bienfaiteurs.
(2) Une absoute, car le Règlement de 1538 (Doc. lxxvii) dit que l'absoute se fait au cimetière et per totam ecclesiarii per dominos canonicos.
(3) Doc. lïxii et r,xxvin.
AixoiSE. 333
40° S' André '. — Après les premières vêpres^ on va procossionnelleraent à N.-D. de Consolation, où l'on redii les vjpres du saint apôtre, titulaire de celte église. Le jour même, la messe y est chantée avec procession. Aux 2°"" vêpres, on y revient comme la veille en faisant, à l'aller, une courte station à S' Eloi. — C'est la dernière fête de l'année liturgique.
41° Administration des Sacrements. — Le soin des âme>, pour l'administration des sacremenis et autres fonctions qui s'y rattachent, était condé par le Chapitre à des curés (ou vicaires) de son choix, dont le nombre varia du deux à quatre. — Suivons un instant. ceux-ci dans l'exercice de ce saint ministère.
Un Baptême - s'annonce: vous entendez le son du tambourin ^. C'est le cortège modeste du jeune néophyte qui arrive à St-Sauveur.
Revêtu du surplis et de l'étole, le prêtre le reçoit à la porte de l'église.
— « Que vous a Dieu donné »? dit-il; et on lui répond : « Ung filz ou tille ». Car selon le sexe du nouveau-né la cérémonie va différer quelque peu, mais quelque peu seulement, nuances à peine sensibles, dans le changement d'une
(1) Doc. Lxxvii.
(2) Doc. XII et XVIII.
(3) Doc. XLi. — Cf. d'intéressants détails dans de Ribbe « La Société Provençale à la fin du moyen âge », Parts 1898, au sujet du baptôme des enfants de Jaume Devdier.
oraison et dans l'ordre d'un exorcisme, sans que rien n'en trahisse le motif. — Tout ce rite, du reste, quant aux textes et aux cérémonies, se retrouve à peu prés intégralement dans le rituel romain.
L'administration du sacrement achevée, on complète la cérémonie par la lecture de l'évangile de S' Jean ou l'antienne et l'oraison de S' Biaise ^
Après le baptême, voici un Mariage'^. Ce n'est plus cette fois le « tambourineux », c'est le « ménétrier » qui fait des frais d'harmonie, exécutant une « marche nuptiale » que l'on ne semble pas dédaigner.
On s'arrête à la porte de l'église. C'est là que va être donné le mutuel consentement des époux.
Mais ceux-ci ne sont point pour le curé des inconnus. Il y a quarante jours environ qu'il les a solennellement fiancés. Puis les bans ont été publiés trois fois, annonçant que tel et telle « se veulent prendre et assembler en loyal mariage. Un quatrième ban « d'abundance » est encore proclamé au moment solennel de l'engagement nuptial et la cérémonie commence. Mutuelle donation de soi; bénédiction de l'anneau et de treize sous tournois, arrhes dont une let-
(1) On sait que S' Biaise, dont la prière arracha à la mort un enfant qui s'étranglait, est, pour ce motif, invoqué dans les maux do gorge. Cette dévotion, fort ancienne à Aix, y est encore en honneur en l'église St-Jeande-Malte.
(2) Doc. XII et XVIII. — Cf. pour amples détails ma brochure La célc'bration du mariage a Aix au XV et au XVI" siècles (Doc. cxxvi).
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tre constate là remise; introduction de l'anneau par l'époux à l'index, puis au grand doigt, puis à l'annulaire de la main droilo de l'épouse : telle est la succession des actes que sanctionne le prêtre par les mots divins : Ouod Deus conjunxit homo non separet.
On entre alors à l'église. La sainte messe (de Sca Trinitale) est célébrée avec Gloria et Credo, en laquelle aux oraisons du rite s'ajoute une or. pro sponsis, dont il est également fait mention à VHanc igitur.
La bénédiction nuptiale après le Pater est celle du rituel romain, dont diffère toutefois la formule complémentaire de la fin.
Puis, la messe achevée, les époux reçoivent chacun du prêtre la moitié d'une hostie bénite. Ils comprennent ce symbole : chacun ne sera plus que la moitié de l'autre.
Enfin, quand le cortège esl retourné à la maison, le prêtre s'y présente ; il fait la bénédiction de la chambre nuptiale; puis ayant bénit un pain et du vin, il les remet à l'époux en lui disant : « Prenez et donnez à vostre espouse en luy faisant aussi bonne part et loyauté que voulés qu'elle vous fasse ». Et se retirant il les salue de ces mots : « Demeurez en paix : Dieu demeure avec vous. »
— Au XYi° siècle, quelques modifications s'introduisiren^ dans ce rite, qui n'en changèrent ni le sens, ni l'économie générale. La seule importante est dans la tradition de l'anneau. Ce n'est plus désormais à l'index, au grand doigt et à l'annulaire de la main droite ; mais au pouce, à l'index et
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à l'annulaire de la raaln gauche que l'on passe ce signe de l'union conjugale:
Le soin des malades fut toujours l'objei des- pressantes sollicitudes de la vie pastorale. Suivons l'un des curés de Saint-Sauveur, qui vient de quitter l'église portant le Saint Viatique. La clochette annonce le passage de Jésus- Hostie. Un nombreux cortège de fidèles l'accompagne. — Pax hicic domui ', dit le prêtre en entrant dans la chambre du malade, à qui, après une or. Visita.... habit, istam y il fait une touchante exhortation. « Mon amy, c'est chose salutaire aux créatures malades de recepvoir le saint Sacrement. Or, entens de bon cuer, mon arty, ou mamye : vécy ton créateur, ton rachateur, ton saulveur, etc. . . . Tu crois et confesses icy être ton créateur? » — « Ouy, » répond le malade. Et suit ainsi une profession de foi sommaire par mode d'interrogation.
Ayant communié le malade, le prêtre, tenant le ciboire, , récite l'év. In principio puis quelques oraisons. Il donne ensuite la bénédiction en ces termes : A subitanea et improvisa morte et a danatione perpétua liberet vos Pater f et Filius et Spir. S. Amen.
Et s'il n'a pas jugé utile de donner de suite l'Extrême- Onction à l'infirme, il lui pose celte question : « En cas qu'il vous serait besoing de recepvoir le saint sacrement d'unction, vous le demandez et requérez dévotement ? »
(1) Doc. xn.
Aj(xoiSE. 337
— Ouy, sire, répond l'interpellé. »
Un dernier mot d'exhortation à l'action de grâce et à la patience achève cette dévote visite et le cortège reprend le chemin de St-Sauveur. Là, le prêtre annonce aux « bonnes gens qui par dévotion ont accompagné Notre-Seigneur » les indulgences qu'elles ont gagnées, leur souhaite « le pardon que Dieu feist et dona à S' Piare à S' Pol et à la glorieuse Marie-Madeleine »; et les bénit : Et benedictio Dni descendat super vos et maneat semper. In nomine Patris, etc.
Conformément à sa promesse le malade, tombant en pire état, demande l'Extrôme-Onction. Voici * comment s'administre ce sacrement.
« Pax huic domui », a dit le prêtre en entrant. Aspersion, récitation du ps. Deus misereatur nostri, après lequel, au lieu du Gloria, se dit Miserere ei Dne, Due miserere ei ; puis Kyrie, Pater, versets et 2 oraisons : tel est le début précédant les onctions
Celles-ci, après que le malade a baisé les pieds du Christ, sont faites sous la forme : Per istam sacri olei unctionem et Dei benedictionem et manus nostre impositionem remittat tibi Dns quidquid deliquisti per auditum . . . olefactum. . . . incessum pedum..
Entre chaque onction se récite l'un des sept psaumes de la pénitence, avec une antienne, Kyrie, Pater, Miserere ei
(1) Doc. XII, et xviii.
Dne miser et^e ei et une oraison. Suivent les litanies (avec invoc. S' Maximin, S' Mitre, S'° Marie Madeleine). — Et au retour à l'église le prêtre récite quatre oraisons pour la personne qu'il vient d'administrer.
— Au xvi° siècle, ce rite est abrégé au début par le retranchement du ps. Deus misereatur; mais, outre qu'il conserve les pss. de la pénitence entre chaque onction, il regagne en longueur à la fin ce qu'il a perdu au commencement, par l'addition de neuf oraisons, suivies de deux absolutions, avant les litanies. Remarquons toutefois qu'à cette époque on dit l'or. Deus qui per apostolum et la forme des onctions, comme le prescrit aujourd'hui le rituel romain.
Les prières des agonisants ont été faites, accompagnées de touchantes exhortations et d'une imposition des cendres Mémento homo quia pulvis es. L'âme chrétienne a reçu ce dernier salut de la Ste Eglise : Proficiscere anima christiana. Elle a quitté la terre. Sa dépouille mortelle va recevoir les honneurs de la sépulture en terre sainte.
Voici l'heure des Funérailles *. La levée du corps débute par le Credo quod Redemptor meus vivlt suivi de Kyrie, Pater, f. et or. On chante Y In exitu dans le trajet. En entrant à l'église, on entonne le Subvenite, puis Inpor-
(i) Doc XVIII. — Je n'ai rien trouvé dans le Doc xii ni aucun autre du xivi= siècle ni du xv<= sur les funérailles. Il est à croire que les cérémonies étaient déjà à peu près, sinon absolument, telles que nous les observons au xvi' siècle.
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radisum, le ps. Lauda Jérusalem, Kyrie, Pater ; et l'on dit le Non intres in judicium, avec une oraison. Alors se chante la messe. L'absoute la suit, pour laquelle on dit le rép. Qui Lazarum ; et après l'oraison il y a encore trois antiennes et trois psaumes.
Toute la cérémonie étant ainsi accomplie dans l'église, on porte au cimetière, qui y est attenant, le corps du défunt, sur lequel l'officiant, après avoir bénit la tombe, jette un peu de terre, en disant : De terra ^ formasti eum et carne induisti eum. Resuscita eum in novissimo die. In noe Patris, etc. Ce n'est pas fini. Voici les chantres qui entonnent une antienne avec les ps. Laud. Dnum de celis. Cantate, Laudate Dnum in scis ; puis Tant. Absolve et le cant. Benedictus avec Kyrie, Pater f. et or.; puis le répons Absolve avec Kyrie, Pater, f. et trois or. Et c'est tout.
C'est long. Bien plus long quand il s'agit d'un Prêtre ou d'un Clerc, car alors il y a à l'église, après la messe, quatre absoutes, dont la dernière a pour rép. le Libéra me.
Pour les FUNERAILLES DES ENFANTS, le Beatt immaculali et le Laudate pueri se chantent à la levée du corps ; le Hic accipiet, ps. Dni est terra, Kyrie, Pater, f. et or. se disent à l'église. Enfin viennent le Benedicite et le Laudate Dnum de celis, Kyrie, Pater, f. Sinite parvulos et or. Et gn rentrant à l'église le cant. Benedicite et quatre
(1\ Trad. « Vous l'avez formé de la terre en le revêtant de chair. Ressuscitez-le au dernier jour. Au nom du Père, etc. »
oraisons complètent la cérémonie qui, tout entière, célèbre Tinnocence s'associant à la glorieuse pureté des anges.
42° Décès d'un Archevêque. — Nous avons commencé les souvenirs de cette période liturgique par le cérémonial de l'intronisation de nos archevêques, il est naturel.de les clore par le cérémonial de leurs funérailles.
A la mort de l'Archevêque ^, on lave son corps (abluitur corpus ejus), puis on le revêt de tous les ornements pontificaux, depuis le rochet jusqu'à la mitre blanche. Par dessus la chasuble noire on lui met le pallium. Ensuite on l'expose sur un lit de parade, la crosse à la main ; et on place en tête du lit funèbre la croix métropolitaine d'argent avec le bénitier et l'aspersoir.
La veille au soir de l'enterrement, on transporte le corps à la chapelle de l'Archevêché. On y dit les matines de TofiGlce des défunts ; et toute la nuit, (sine intermissionej , ceux qui y veillent récitent des psaumes, à leur dévotion.
Le jour des funérailles, la levée du corps est faite en grande pompe et « avec un grand luminaire ». On se rend' à St-Sauveur. La messe pontificale est célébrée par l'évêque d'Apt -. Pendant toute la durée de cette messe, deux ou quatre clercs encensent le corps du défunt. Enfin, à l'heure de mettre en terre la dépouille mortelle du prélat, on rem-
(1) Doc. ixxiii.
(2) Cui incumbere dicitur ab antiquo. C'était à titre de premier suffragant ; et en retour il recevait en présent « un palefroi s des écuries du défunt.
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place ses ornements précieux par d'autres de moindre valeur, sauf le pallium, (rémanente tamen pallio sine quo non débet tumulari).
Pendant la neuvaine qui suit, chaque jour il y a au maître-autel une messe de Requiem avec absoute pour le repos de l'âme du prélat. Chaque jour on renouvelle les grandes sonneries des cloches. Chaque matin également, douze cierges sont allumés, qui brûlent nuit et jour sur le lieu de la sépulture et dont le nombre est doublé le dernier jour.
C'est selon ce rite que se firent les funérailles de l'Archevêque Armand de Narcès, décédé le 21 juillet 4348 ; et, plus de deux siècles après, celles de l'Archevêque Ant. Filhôli qui trépassa le 3 décembre 1550.