OFFICES PONTIFICAUX
S'ils avaient pu se former la conscience pour garder à peu près intégralement les vieilles cérémonies capitulaires, Messieurs du Chapitre se trouvaient moins libres par rap-
(1) Doc. i,xx. Dé]. 4 décembre 1642.
(-2) Doc. cïi.
(3) Doc. r.xx. Dél. 16 sept. 1620,
(4) Doc. tïxviii, CXI (1773).
pori aux offices pontificaux. Ils avaient bien englobé ceuxci dans leur délibéralion, ordonnant le maintien des usages; mais le Pontifical aixois qui donnait les règles des fonctions pontificales, était frappé de déchéance par la bulle de Clément VIII (1596), réformant le Pontifical romain. On ne pouvait davantage ignorer le Cérémonial des Evoques, du môme Pape (1600).
Aussi bien, en faisant son entrée à Aix le 6 décembre 1626, M''' de Richelieu fut-il reçu conformément aux règles romaines \ De la porte, du bourg, où le Chapitre l'accueille, il est conduit sous le dais ; le Prévôt lui donne l'eau bénite et l'encense de trois coups à la porte de St-Sauveur; on dit les ff. et oraisons du Pontifical romain ; puis le prélat promet d'observer les statuts du Chapitre et reçoit l'obédience de son clergé.— C'est de la même manière que M^' de Vintimille était reçu ^ le 3 novembre 1708, avec ce détail en plus, mentionné dans le procès-verbal, que le dais était porté par les consuls.
Il fallut donc abandonner toutes les anciennes cérémonies archiépiscopales , qui n'étaient plus conformes au droit nouveau ; et dans les manuscrits des maîtres de chœur de St-Sauveur, depuis cette époque, nous trouvons très souvent que l'on mentionne, ou que l'on invoque comme règle à suivre, le Cérémonial des Evoques.
(1) Doc. Lsx. Le récit en est publié dans le GalUa Christiana novissU ma, I, du chan. Albanès. — Instrumenta, cix.
(2) Doc. txxix, fol. 63 V".
AixoisE. 353
D'aucuns essayèrent bien parfois de revenir en arrière. — vieille manie dont le germe n'est jamais éteint. — C'est ainsi qu'en 1624 ^ le m^tre de chœur Paulet demandait de rétablir la grande bénédiction qui précédait le Fax Dni aux messes pontificales. Le Chapitre accepta sa requête. Mais, comme il s'agissait d'une fonction archiépiscopale, l'Archevêque dut probablement s'y refuser, car il n'y a aucune trace que cet. ordre ail jamais été exécuté.
En fait pourtant, çà et là, il se rencontre que, en des détails moins importants ou pour des cérémonies spéciales, l'Archevêque se conforme à telle- ou telle coutume. Tandis que strictement l'on observe certains points, comme de faire suivre la croix métropolitaine uniquement par les parés, d'inviter - le prélat à se tourner vers sa croix, face au peuple et dos à l'autel pour donner sa bénédiction, etc.; d'autres pratiques nous paraissent au contraire obscures ou changeantes. C'est ainsi qu'il nous a été impossible, en compulsant les divers manuscrits, de reconnaître une règle fixe relative aux assistants du prélat officiant. Leur nombre et leurs fonctions ne semblent pas avoir été toujours les mêmes. Il y avait là, sans doute, une part faite à l'interprétation du maître de chœur, cherchant à concilier le « Cérémonial des Evêques » avec les usages de la métropole.
Mais où la tolérance nous paraît avoir dépassé toute mesure, c'est dans l'introduction faite, en ce xvn" siècle, d'un
(13 Doc. txx. Dél. 4 nov. 1624.