LA DÉDIC. DE LA PASIL. DU T.-S. SAUVEUR
plaintes ; quelquefois, sous les coups de son marteau, nous versons des larmes. Allons quand même, confiant en sa sagesse ct en sa bonté.
Et plus tard, quand pierre vivante et riche, il nous mettra à notre place, nous n’aurons pas assez de l'éternité pour le bénir, le remercier, le fêter de tout notre cœur. Alors, les larmes seront loin, loin la douleur, loin la mort et ses angoisses. Tout ce passé sera oublié. Nous n’aurons que la joie infinie de Dieu, la sienne et la nôtre : tout sera neuf et ne vieillira jamais.
Graduel : « Ce lieu est l’œuvre de Dieu, symbole dépassant toute intelligence, il est exempt de tout défaut. — Dieu, que le chœur des Anges entoure, exaucez la prière de vos serviteurs.
Alleluia, Alleluia. Je vous adorersi dans votre temple, jé glorifierai votre Nom ».
Evangile selon saint Luc, c. 19.
« En ce temps-là, Jésus passait dans Jéricho. Or, il y avait là un homme nommé Zachée, il était chef des publicains et très riche. Il désirait voir Jésus, pour savoir qui il était. Et il ne le pouvait pas, à cause de la foule car il était petit de taille. Courant en avant, il monta sur un sycomore afin de l’apercevoir, car Jésus devait passer par là. En arrivant près de,cet endroit, Jésus leva les yeux, le vit et lui dit: Zachée, descends vite, car aujourd’hui je dois demeurer chez toi. Il se hâta de descendre et le reçut dans sa maison joyeusement, Ce que voyant, tous murmuraient, ils se disaient { comment a-t-il pu demander l’hospitalité à un pécheur ?
Mais Zachée, lui, vint devant Jésus et dit au Seigneur : Maître, je donnerai aux pauvres la moitié de mes biens et si j'ai fait tort à quelqu'un, je veux lui en rendre quatre fois autant. Jésus lui dit: Le salut est entré aujourd'hui dans cette maison, car cet homme est aussi un fils d'Abraham. Le Fils de l’homme est venu précisément pour chercher et pour sauver ce qui est perdu. »
La liturgie dominicaine - VIII ; 22
Oh ! la belle scène ! Comme notre bon maître, Jésus, se montre exquis de délicatesse. L'âme de Zachée lui est connue. Il sait que ce publicain, ce coilecteur d'impôts, peu soucieux d’honnêteté, comme ses confrères, a cependant le désir de Dieu. Et doucement, Jésus, par sa grâce intime, achève ce désir. Zachée marche, il court, sans le savoir, sous l'impulsion de Jésus. Il se dit: je suis trop petit, la foule m’empêche de le voir, et je veux absolument le voir. Alors, il grimpe sur un arbre. Au moins, là, je le verrai. Toute âme qui cherche Jésus, le trouve. Jésus approche. Il sait le désir de Zachée, il lève les yeux et il regarde ce petit homme juché pour le voir sur cet arbre. Son cœur est ému de cette simplicité. Il lui dit avec une douceur infinie: Zachée ! descends vite, je vais chez toi, j'y passerai la journée. Quelle délicieuse parole ! C’est lui dire : tu désires me voir, eh bien ! moi je désire te voir plus encore. Viens, nous serons ensemble toute cette journée. Je veux m’asseoir à ta table, me reposer auprès de toi. Jésus, mon Sauveur, je vous reconnais bien là. Que de fois vous répondez ainsi aux désirs de vos pauvres serviteurs. : Vous leur donnez toujours plus de joie, plus de force, plus d'intimité avec vous, qu’ils n’'osent demander. Et Zachée descend vite, il se précipite chez lui, il fait préparer un banquet, et quand le Maître arrive, sa joie est débordante. II oublie qu’il est un publicain, Jésus loublie aussi, qui s'assied, heureux à sa table. Mais les ennemis du Maître très bon ne l’oublient pas : ne sait-il pas, disent-ils, chez qui il est, à quelle table il s’assied ! Eh ! oui, il le saït, mais il sait plus encore que l’âme de Zachée est déjà transformée. Et c’est sa bonté qui la transforme.
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Voyez plutôt. Pendant que les autres chuchotent, murmurent, avec leur esprit étroit et haineux, Zachée. se présente devant Jésus, Il a conscience de sa vie passée et pour en réparer les torts il dit au Maître: Je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait tort à quelqu'un, je veux lui donner quatre fois autant. Le cœur de ce publicain au contact de celui de Jésus s’élargit, il s'agrandit, il devient généreux. Peut-on s'approcher de Jésus sans lui ressembler ?
Le Maître regarde Zachée : c’est bien! lui dit-il, le salut est entré aujourd’hui dans cette maison ! Avec vous, il est entré, Seigneur. Et le Maître confond l’orgueil et la dureté de ses adversaires en ajoutant: Le Fils de l’homme est venu pour chercher et sauver ce qui est perdu, ce qui est misérable. Oh ! la douce parole que nous a value le désir de Zachée. Elle a triomphé du monde, elle a attiré à Jésus tous les miséreux de la terre, miséreux d'âme et miséreux de corps. ,
Cette parole : aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, donne la raison du choix de l’évangile pour la consécration des églises. C’est par cette consécration que l’église est sanctifiée. Le Christ Jésus y entre pour la première fois, il en prend possession officielle. Sur les murs on marque le signe auguste de la croix, comme signe de cette prise de possession. On l'y marque douze fois, car les apôtres sont les douze colonnes qui portent l'Eglise de Dieu.
Offertoire : « Seigneur Dieu, je vous ai offert, avec joie, tous ces présents, dans la simplicité de mon cœur, Et j'ai vu avec une immense
allégresse votre peuple s’unir à moi. Dieu d’Israël, gardez-le dans cette bonne disposition de cœur >.
Secrète : « Seigneur, exaucez nos prières, faites que nous, qui sommes réunis dans ce temple dont nous célébrons l’anniversaire de la dédicace, nous vous soyons agréables par une parfaite et pleine dévotion de corps et d’âme, afin que, en vous offrant ces présents, nous parvenions, avec. votre secours, à la He éternelle ».
Tout notre être doit servir Dieu, car tout notre être vient de Dieu ; nous devons donc le glorifier et dans notre corps et dans notre âme. Tous les deux seront, pendant l'éternité, une
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louange à sa bonté.
Communion : « Ma maison est une maison de prière, dit le Seigneur. En elle, celui qui demande, reçoit, celui qui cherche, trouve, on ouvre à celui qui frappe ».
Postcommunion : « Dieu, qui avez daigné donner le nom d’Epouse à votre Eglise, afin.
que, ayant la grâce par une foi vive, elle ait aussi par ce nom même une ferveur plus tendre, rendez ce peuple ici présent, qui honore votre Nom, digne d’un si beau titre. Faites que votre Eglise, réunie dans le temple dont elle célèbre l'anniversaire de la dédicace, vous craigne, vous aime, vous suive, afin que, marchant constamment sur vos traces, elle mérite de parvenir, sous votre direction, aux promesses de l’éternité ».
Saint Martin, Evêque, MESSE : Statuit, p. [12], sauf ce qui suit.
+ Oraison : « Dieu, qui voyez que nous ne pouvons subsister par nos propres forces, accordez avec bonté que nous soyons protégés contre toute adversité par l’intercession du bienheureüx Martin, votre Confesseur et Pontite ».
L'aveu de notre impuissance est, devant Dieu, notre force. Nous lui disons, comme lui disait le bienheureux pontife Martin : Seigneur, voyez notre impuissance. Ce n’est pas le courage qui me manque, je ne refuse pas le labeur, mais sans vous je ne puis rien.
Martin est né en Pannonie, de parents infidèles. La grâce de Dieu le choisit à son insu,
car elle prend les siens où elle veut. Malgré sa
famille, il se réfugia dans une église chrétienne. Il n'avait que dix ans. On l’admit parmi les catéchumènes. Soldat sous l’empereur Constance — au IV° siècle — il passa dans les Gaules.
Un jour, à Amiens, il rencontra ur pauvre sans vêtement, qui lui demanda l’aumône au nom du Christ. Pris au dépourvu, Martin, qui n'avait pas autre chose que ses armes et son manteau, le tailla d’un coup d'épée et en donna la moitié à ce pauvre. La nuit suivante, le Christ lui apparut revêtu de cette part de son manteau et lui dit : Martin, encore catéchumène, m'a revêtu de
ce manteau. Et Jésus, comme toujours, quand il désire élever une âme, regarda Martin. Ce regard pénétra au vif dans cette âme droite. Il comprit toute la bonté de Jésus pour lui et se fit baptiser. Il quitta la carrière militaire, se rendit à Poitiers auprès de l’évêque saint Hilaire et se mit sons sa direction. Direction austère et lumineuse qui forma l'esprit et le cœur de Martin.
Ce qui frappe en cet homme extraordinaire, c’est le détachement complet de toutes les choses de la terre et une foi profonde. Fondateur de plusieurs monastères, il en suivait luimême la rude discipline. Mais sa bonté dominaïit encore toutes les autres vertus.
« Alleluia, Alleluia. Martin, pauvre et petit, entre riche dans le ciel, il est glorifié par des hymnes célestes ».
Evangile selon saint Luc, c. 11.
« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Personne n’allume une lampe pour la mettre en un lieu caché ou sous un boisseau. On la place plutôt sur un chandelier
afin que ceux qui entrent dans la maison, voient la lu-
mière. La lampe de votre corps c’est votre œil. Si votre œil est sain, tout votre corps sera éclairé ; mais si votre œil est malade, votre corps sera aussi dans les ténèbres.
Veillez donc à ce que la lumière qui est en vous ne devienne pas sombre. Si votre. corps ‘est entièrement éclairé, sans qu’une seule partie soit ténébreuse, il sera lumineux partout et il vous éclairera comme une lampe éclatante. »
Cet évangile fait allusion à la mort de saint Martin.
Après des luttes fortement soutenues pour la pureté de la foi; après des miracles tellement
prodigieux que les peuples se pressaient sur ses pas, Martin, depuis longtemps évêque de Tours, et parmi les évêques des Gaules, le premier en vue, tomba malade à Candes.
Dévoré par la fièvre, il ne cessait pas de louer et de prier Dieu. Il se fit mettre sur la cendre pour mourir. Et comme ses disciples le pressaient d’adoucir un peu cette couche, en lui retirant son cilice : Non, dit-il, mes enfants, un chrétien doit mourir sur la cendre, revêtu d’un cilice. Et l’homme de Dieu disait encore : Seigneur, j'ai combattu pour vous, je suis prêt à combattre, tant que vous le voudrez ! je ne refuse pas le labeur. Me voici : que votre volonté se fasse !
Et comme on se pressait autour de lui, il dit : mes enfants, écartez-vous un peu, laissezmoi voir le ciel. Sur la cendre, Martin voulait voir le ciel. Il se disait : Là-haut c’est Jésus que je vais voir. L’ennemi, le mauvais ne trouvera rien en moi qui lui appartienne. Laissez-moi voir le ciel. :
Martin expira sur cette noble couche. Et lui, qui avait l'aspect si pauvre, rude même, une fois mort, devint resplendissant. Toute la beauté de son âme envahit ses membres. Il était sur cette cendre « plus lucide que le cristal, plus blanc que le lait >. On eût dit que déjà ce corps était paré des splendeurs de la gloire.
Laissez-moi voir le ciel ! C’est le dernier cri de saint Martin. Qu'il soit le nôtre ! Toutes les misères de la terre sont comme un nuage sombre qui nous empêche de voir le ciel. Il faut écarter ces ténèbres de la terre, il faut nous dégager de tout l'humain. Que notre œil soit sain, que rien n’arrête sa vision ! Laissez-moi voir le ciel !
La Toussaint de l'Ordre.
MESSE
Introït : « Réjouissons-nous dans le Seigneur en célébrant ce jour de fête à l'honneur de tous les saints dont la solennité réjouit les Anges et leur fait louer tous ensemble le Fils de Dieu. — Justes, soyez joyeux dans le Seigneur : aux cœurs droits il revient de le louer ».
Oraison : « Dieu, qui avez daigné enrichir l'Ordre des Prêcheurs d’une nombreuse famille de saints et couronner en eux merveilleusement les mérites héroïques détoutes les vertus, accordez-nous de suivre leurs exemples, afin que nous Soyons unis, dans le ciel, par une fête perpétuelle, à ceux que nous fêtons aujourd’hui sur terre en une seule solennité ».
L'Ordre de Saint-Dominique est un Ordre de.
saints. Le bienheureux Patriarche a répandu dans sa famille, dans le monde entier et à travers tous les siècles, son esprit vivifiant. Un Ordre vit de la grâce capitale de son Fondateur. Cette grâce en saint Dominique fut immense. Dès son vivant, dans une vision célèbre, il contempla avec ravissement, sous le manteau virginal de la sainte Vierge, une multitude infinie de -ses enfants. Parmi eux, quatorze sont glorifiés dans l'Eglise militante, sans compter de nombreux Bienheureux qui se succèdent à travers les siècles. Famille joyeuse, famille lumineuse, car