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LA CANONISATION DES SAINTS 1X

éternelle, près le tombeau de saint Pierre. En fait, sans aucune constitution écrite, comme naturellement, à partir du retour des Papes d’Avi- gnon à Rome, toutes les canonisations, deux exceptées, sont célébrées dans la basilique de Saint-Pierre 1. Cette affirmation est de Benoît XIV. les deux exceptions sont Jean Népomucène par Benoît XIII, en 1729, et, ensemble par Clément XII, en 1737, Vincent de Paul, François Régis, Julienne Falconieri et Catherine Fieschi Adorno. Ces canonisations eurent lieu à Saint-Jean de Latran. Mais Benoît XIV se décida nettement pour la basilique de Saint-Pierre.

Et pour couper court à toute éventualité possible, il en fit une loi par sa Constitution Ad Sepulcra Apostolorum.

Le 5 juillet 1694, le Pape Urbain VII avait publié le décret qui est la base de la procédure à suivre pour établir officiellement la sainteté, c’est-à-dire authentiquer en face de l'Eglise le droit à la vénération publique sur les autels. Malgré certaines innovations, la marche demeure essentiellement la même.

Un homme de Dieu vient à mourir entouré de la vénération des foules. On crie : c’est un saint ! Il a fait des miracles. L'Eglise ne dit pas non. Elle regarde, elle écoute, elle prend note et attend. Elle s'occupe même de sauvegarder tout ce qui le touche. Puis, après un certain temps, elle le cite à son tribunal. Tribunal de l'évêque d’abord, le plus proche du saint personnage, celui auquel il appartenait ; puis tribunal de la Congrégation Romaine chargée de cette

1. Pour tous ces détails Benoît XIV, De Serv: Dei Beatif., et Canon. I. p. 37 et ss. -- Cf. Mortier, Saint-Pierre de Rome, p. 507etss,.

mission. Une cour de justice est constituée, ayant ses juges, ses procureurs, ses avocats pour et contre. On plaide en première instance sur l'héroïcité des vertus. Si l'arrêt est favorable, s’il est confirmé par le Pape, un décret pontifical en avertit la chrétienté, c’est le premier pas. Le personnage est par là même Véñnérable.

A Jui d'agir maintenant pour monter plus haut. Ses miracles opérés pendant sa vie mortelle ne comptent pas, il en faut d’autres. Et la discussion de ces miracles est excessivement laborieuse. Pas d'enthousiasme, pas de fébrile activité. On ne se presse pas à Rome. Les jugements sont entièrement libres, laissés à. la conscience de chacun.

Enfin, si les miracles sont acceptés, le Pape les confirme solennellement et déclare, après des jours de réflexion et de prière, que l'on peut procéder à la béatification, c’est le deuxième pas.

La cérémonie a lieu à la basilique de Saint- Pierre. Mais elle est sobre de pompe. Le Pape n’est pas présent, le matin, quand on lit le bref de béatification, Le voile qui couvre l'image du Bienheureux tombe au chant du Te Deum. Et pour la première fois, on le prie officiellement.

Le Pape vient dans l’après-midi. L'entrevue avec le Bienheureux est simple, sans apparat. Le Pape arrive en Portantina, chaise à porteurs fermée. II se met à genoux devant l’image, prie quelques instants et se retire.

Encore deux miracles au moins — et de bons !

— et le Bienheureux est appelé aux honneurs de la canonisation. C’est le troisième pas, le dernier, la troisième promotion. Sa gloire, cette fois doit rayonner sur tout l'univers. Aussi, la basilique Vaticane, symbole de l'Eglise univer-

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