LA CANONISATION DES SAINTS XI
selle, disparaît sous l’opulente profusion des décorations. Le Pape est de la fête. C’est luimême qui proclame la joie du jour. Il arrive avec son noble cortège, tiare en tête, sur la Sedia, au chant de l’Ave Maris Stella, la louange à la Reine de tous les Saints. Quand le Pape est assis à son trône, trois fois l'avocat consistorial lui demande d'inscrire au catalogue des saints le Bienheureux. A la troisième instance, le Pape se décide et prononce la sentence décisive : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit. Il entonne le Te Deum. C’est lui qui chante la messe. A l’offertoire, a lieu la gracieuse et touchante cérémonie des oblations. On offre au Pape des cierges richement enluminés, aux armes du pontife, des pains décorés, deux petits barils pleins de vin, dorés et argentés, trois cages artistement ouvragées, qui contiennent deux tourterelles, deux colombes et deux petits oiseaux, symboles aimables de douceur et de joie. Il faut avoir assisté à une canonisation pour se faire une idée des splendeurs de cette cérémonie, splendeurs de lumières surtout qui jettent leur éclat sur la magnificence des draperies. Et à travers cette magnificence, le Pape, sur la Sedia, qui passe, comme une vision, tandis que dans l’abside, flamboie au milieu de lumières innombrables, l’image du nouveau Saint.
Pour un Martyr Pontite.