SAINTE ROSE DE LIMA
ment. Mais il le fallait et les disciples de Corinthe l'ont compris. Ce qu’il veut c’est les garder jalousement au Christ auquel il les a fiancés, unis pour toujours. Et pour les garder il ne craint pas de louer en lui-même les dons de Dieu, sachant très bien que l’on vaut juste ce que Dieu nous estime, rien de plus.
Graduel : « Dieu a jeté sur sa cité un regard favorable, il habite au milieu d’elle et n’en sortira point. — Un fleuve de joie inonde la cité de Dieu ; le Très-Haut a sanctifié son temple.
Alleluia, Alleluia. Elle est comme l’arc-en-ciel éclatant sur des nuées glorieuses, comme un parterre de roses aux jours du printemps ».
Evangile selon saint Matthieu, c. 13.
« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Le royaume des cieux est semblable à une graine de sénevé qu'un homme sème dans son champ. C’est la plus petite parmi les graines de semence, mais quand elle se développe, elle surpasse toutes les autres plantes légumineuses et devient un arbre sur lequel les oiseaux se posent et habitent.
Il leur dit encore une autre parabole. Le royaume des cieux est smblable à du levain qu’une femme met dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que tout ait fermenté. Toutes ces choses, Jésus les disait aux foules en paraboles et il ne leur parlait pas sans user de paraboles, afin que fût réalisée la parole du prophète : Je parlerai en paraboles et je révélerai les choses cachées depuis la création du monde. »
Petite graine, très petite, Rose de Lima. Petite par la naissance, petite par sa vie obscure.
Mais dans cette petite graine Dieu avait mis le germe de vie, la grâce de son amour. Et elle s’est développée, elle a grandi jusqu'à remplir de sa gloire le monde entier.
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On n’est quelque chose que par Dieu. De soi- . même, c’est le néant.
Offertoire : « Ecoutez-moi germes de Dieu, donnez des fruits comme les rosiers plantés sur le bord de l’eau. Répandez autour de vous le parfum suave du Liban ».
Rose était joyeuse. Au milieu même de ses angoisses les plus douloureuses, elle gardait en son cœur ia joie profonde d’aimer Dieu. Et de toute son âme elle désirait que toutes les créatures s'unissent à elle pour chanter la bonté de Dieu. Quand elle traversait les jardins fleuris, son cœur s’épanouissait et elle disait : Fleurs, chantez avec moi le Seigneur. C’est qu’elle sentait profondément que tout être créé doit, de tout ce qu’il est, louer la bonté de Dieu, puisqu’il est tout ce qu’il est par la bonté de Dieu. Et elle-même s’offrait ainsi à Dieu de tout son être. C’est la plénitude de l’amour.
Secrète : « Seigneur, daïgnez recevoir nos sacrifices de louanges, que nous vous offrons humblement, tout remplis des parfums de la bienheureuse vierge Rose, afin qu’ils soient pour elle un honneur et pour nous une prière salufaire ». |
Communion : « Portez des fleurs, comme..le lis, jetez une odeur suave, poussez des rameaux gracieux, chantez ensemble des cantiques et bénissez le Seigneur dans ses œuvres ».
Postcommunion : « Seigneur, que nos prières montent vers vous, parfumées par la douceur de la bienheureuse vierge Rose, afin que restau-
‘ SAINT RAYMOND NONNAT 1169
rés dans le temps par la céleste nourriture, nous jouissions un jour de la douceur de l'éternel banquet ».
Le 24 août 1617, Rose expira doucement, en disant trois fois : Jésus ! Jésus ! Jésus ! Pour lui Rose avait vécu, avec lui elle mourait, sûre de son tendre accueil.
Saint Raymond Nonnat, Confesseur MESSE : Os justi, P- [18].
Oraison : « Dieu, qui avez rendu admirable Île bienheureux Raymond, votre Confesseur, dans la délivrance de vos fidèles, de la captivité des impies, accordez-nous, par son intercession, de nous délivrer des chaînes du péché, afin d’accomplir en pleine liberté ce qui vous est agréable ».
Raymond eut sa vie militante en plein XIII° siècle. On le surnomma Nonnat, non natus, parce que sa naissance ne put se faire que par une opération chirurgicale. Il est Catalan d’origine, cette terre des âmes vigoureuses. Très pieux dès son enfance, très dévot à la sainte Vierge, qui eut pour lui des tendresses de mère, il entra, par son inspiration, dans l’ordre de la Merci, récemment institué, avec le concours de saint
Raymond de Pennañfort, pour racheter les chrétiens tombés aux mains des Maures.
Il fut envoyé, dans ce but, en Afrique. Sa charité débordante eut vite fait de dépenser l'argent mis à sa disposition. Alors, sans ressources et voyant le danger que couraient des prisonniers, exposés par leurs souffrances à abjurer la foi, il se donna lui-même en gage auprès de leur maître, et prit leurs chaînes. Maïs son cœur d’apôtre ne put se taire. Il parlait avec tant de feu de Jésus, Sauveur du monde, que plusieurs Maures se convertirent à la foi chrétienne. Son maître le fit jeter en prison et pour lobliger à se taire il lui ferma les lèvres avec un cadenas.
Longtemps Raymond supporta latroce supplice, mais « la parole de Dieu ne s’enchaïîne pas », dit saint Paul. Dans la chrétienté on sut ladmirable vertu de cet homme de Dieu et Grégoire IX lui conféra la pourpre cardinalice. Racheté et mis en liberté, Raymond se dirigeait vers Rome, en toute la simplicité de sa vie religieuse, quand, surpris par la maladie, il dut s'arrêter. Il supplia ceux qui l’accompagnaient de lui donner le Saint Viatique. Mais comme le prêtre tardait à venir et que le mal empiraït, des Anges, sous l’habit de Religieux de la Merci, s’approchèrent du mourant et lui donnèrent la Sainte Communion. Il mourut peu après, rendant grâces à Dieu. C'était le dernier dimanche d'août 1242.
De cet homme intrépide, nous avons tous à apprendre qu’il faut donner Dieu aux âmes, coûte que coûte. La parole de foi ne doit jamais se taire sur nos lèvres. Et, rien de plus beau, pour un chrétien, que de voir fermer ses lèvres par un cadenas, Celui qui a peur ou du rire ou
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LE BIENHEUREUX GUALA 171
de la persécution ferme ses lèvres lui-même, et le verbe de Dieu ne passe plus par sa bouche. C'est qu'il n’est plus dans son cœur. Or, le Maître a dit : celui qui rougira de moi, et n’osera plus parler de moi, je rougirai moi-même de lui et je ne parlerai plus de lui à mon Père. Seigneur ! parlez toujours de moi à votre Père.
Sans cela, si mon nom n’est plus prononcé par -vous dans le ciel, que deviendrai-je ? C’est le silence de mort, le silence éternel.