ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Il peut sembler banal de dire qu’on ne peut étudier l'anatomie pathologique des lobites supérieures droites que sur celles qui aboutissent à la mort. Cette notion est, cependant, importante ; car, en suivant leur évolution, nous avons vu qu’à côté de celles dont la marche est, le plus souvent, fatale, il existe des lobites qui, après un début et une fonte caséeuse rapides, évoluent secondairement vers la guérison par rétraction fibreuse ; et d’autres, très rares, qui d'emblée fibreuses, n’ont qu’un potentiel évolutif très faible. :
La nature de ces deux catégories ne nous est connue qu'imparfaitement par les constatations cliniques et par les examens radiologiques, car elles n’ont pas — au moins immédiatement — une issue fatale. Or, il n’est pas exact de considérer la radiologie comme «l’autopsie sur le vivant ». La transparence d’un corps simple aux rayons X dépend uniquement du poids de l’atome de ce corps ; c’est la loi de Benoist, formulée dès 1896. Il en
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résulte que la différence de visibilité radiologique des corps est indépendante de leur densité et qu’elle ne peut renseigner qu'approximativement sur la nature histologique des tissus qui les composent. Pour pouvoir étudier l’anatomie pathologique des lobites à potentiel évolutif faible ou nul, il faudrait les rencontrer alors qu’une autre cause aurait déterminé la mort des sujets qui en sont atteints. Faute de cette contingence on ne peut porter ses investigations que sur celles dont la nature n’a pas permis la stabilisation.
Il est très vraisemblable, toutefois, que, sauf celles qui sont d'emblée fibreuses, toutes les lobites ont, au début, la même structure ; leur évolution ultérieure variable n’est due qu’à la différence du développement fibreux, fonction lui-même de l'intensité du processus morbide et du degré de résistance du terrain sur lequel il évolue. C’est d’ailleurs ce que nous permet de croire l'examen comparatif des pièces tel que nous l'avons pratiqué.
La première étude dont nous allons exposer les résultats a, en effet, pour objet, une lobite supérieure droite de constitution récente, et dont l’extension ne s’est faite que sous forme d’une lésion isolée, juxta-pleurale, dans le poumon gauche, ayant entraîné, par son ulcération, la formation d’un pneumothorax spontané, rapidement mortel. Nous nous trouvons donc dans des conditions particulièrement favorables pour déceler la nature des tissus qui constituent la lobite supérieure droite du type le plus fréquent, alors qu'elle est encore, presque entièrement, localisée.
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Nous exposerons ensuite les résultats de nos rechet-
ches sur deux autres pièces, choisies comme les plus caractéristiques parmi celles que nous avons examinées.
A. — Etude d’une lobite supérieure droite de constitution relativement récente
Obs. LXVINI. — H.. Gabriel, 27 ans, mécanicien, entre salle Brissaud le 31 octobre 1931 parce qne, à la suite d'une douleur violente du côté gauche, il a été pris d'une dyspnée intense.
Le début de sa maladie remonte à trois mois, époque à laquelle il a souffert d'une.affection qualifiée grippe Sa température a été supérieure à 39° pendant quelques jours ; mais il a pu reprendre ses occupations et ne les a cessées que quinze jours avant son entrée à l'hôpital parce que la sensation de fatigue qu'il ressentait depuis l'épisode précédent s’est accrue et l'a rendu incapable de tout travail.
Le 26 septembre, à l'occasion d’une quinte de toux, il a été pris d’une violente douleur du côté gauche et a eu l'impression qu'il étouffait. Un médecin mandé aussitôt lui fit une injection de morphine, mais la douleur et la dyspnée persistant les jours suivants, son admission à l'hôpital fut décidée.
A.son entrée, les difficultés respiratoires sont manifestes ; le ma-
lade est cyanosé. Il tousse et crache ; bacilloscopie positive. Température : 39°.
‘ Examen stéthacoustique : Poumon droit : submatité dans la moitié supérieure du poumon. Souffle rude à l'inspiration, doux à l’expiration. Râles bulleux en avant, sous la clavicule, et, en arrière dans la fossé sus-épineuse.
Poumon gauche : Abolition des vibrations thoraciques. Au sommet, silence respiratoire. A la base,matité dont la limite supérieure varie avec les positions du malade.
Examen radiologique : Champ pulmonaire droit : Plage d'ombre non homogène, occupant le tiers supérieur avec limite inférieure scissurale nelte., Plusieurs images spéléomorphiques du diamètre d'une pièce d'un franc dans le sommet, une autre plus petite dans l'angle pariélo-claviculaire.
Champ pulmonaire gauche : opacité liquidienne occupant la moi-