‹ La Lobite Supérieure Droite TuberculeuseChapitre 43 sur 63 · UE · texte numérisé non relu

UE

n'évoluent pas vers la guérison fibreuse et si la syphilis joue un rôle dans l’évolution de la lobite elle ne semble pas influer sur sa constitution.

Nous ne partageons pas, non plus, avec Béraoux la conception de l'existence constante d'antécédents tuberculeux car sur 124 malades que nous avons observés 69 ne présentaient absolument aucun antécédent. Ainsi donc 55 %, c’est à dire plus de la moitié, n'avaient jamais été alleints de tuberculose pulmonaire ou extrapulmonaire et celle proportion est d’autant plus importante que nous avons rigoureusement banni de notre statistique tous les malades ayant eu dans leur passé une affection telle que : bronchite, pleurésie, pleurite, broncho-preumonie, congestion, que BURNAND, SAvy, OrsarT considèrent comme représentant, le plus souvent, l'épisode initial de la tuberculose pulmonaire. Mais si nous avions recherché les malades ayant un « long passé de tuberculose pulmonaire » nous n’en aurions trouvé qu’un nombre infime. Et ceci nous semble logique : les sujets qui font des formes de tuberculose lentes et faiblement évolutives, ceux qui sont particulièrement destinés pour faire des formes fibreuses, font le plus souvent des lésions bilatérales, symétriques, et pour créer une lésion aussi étendue qu’une lobite il faut que l’organisme se défende mal au cours d’une période d’anergie. La conception du terrain prédisposé à la sclérose peut expliquer la constitution d’une lésion fibreuse, elle n’explique pas la formation d’une lésion spéciale et localisée comme la lobite supérieure droite,

B. — Pathogénie

« La pathogénie et le mécanisme de formation de la lobite supérieure droite constituent, disait M. Léon BEr- NARD en 1929, une partie du vaste problème des localisations de la tuberculose qui fait l’objet de tant d’études actuellement, tant en France qu’en Allemagne ». C’en est peut-être la partie la plus délicate.

Existe-t-il une pathogénie spéciale de la lobite supérieure droite ? ou bien cette localisation particulière admet-elle le même mécanisme pathogénique que les autres localisations de tuberculose pulmonaire ?

Il est démontré, aujourd'hui, que la tuberculose de l'adulte n’est le plus souvent que la reviviscence d’une primo-infection de l’enfance qui a disparu en tant que maladie, laissant sur le poumon des traces plus ou moins décelables à l'écran ; c’est | « état séquelle » décrit par notre Maître, le Pr Léon BerNaRp. C'est dans les ganglions hilaires et périhilaires, c’est dans les lympbhatiques qui partent de ces ganglions, que demeurent les bacilles ; et c’est de là qu’ils partiront en irradiant vers la « région intereléido hilaire » (L. BER- NARD) pour constituer linfiltration précoce sous-claviculaire d’Assmanx et des auteurs allemands, première localisation de la tuberculose de réinfection, tuberculose de l'adulte.

M. Léon BERNARD fait remarquer qu’on ne rencontre jamais d’élat séquelle affectant la topographie de la lobite supérieure droite, et il se demande si l’on doit en conclure que les lobites relèvent d’une pathogénie spé-

ciale. Les examens chaque jour plus fréquents des dis- pensaires, la multiplicité des examens préventifs permettront sans doute l’établissement d'observations plus complètes, mais les malades que nous avons observés présentaient presque tous, au moment de notre examen, une lobite entièrement constituée. Dans un cas nous avons pu suivre la constitution de la lésion lobitique et nous avons vu (obs. LXXXIV) une tuberculose banale, représentée par une tache de la région intercléido-hilaire, irradiant sur des tractus fibreux dont la plupart partaiént du hile, s'étendre, en quelques semaines, à la totalité du lobe supérieur droit pendant que la scissure interlobaire, d’abord extériorisée sur l'écran par une ligne mince et incomplète, s’épaississait et s'allongait pour venir former la limite inférieure de l’envahissement lobaire.”

Nous sommes donc parfaitement en droit de dire que la lobite obéit à la règle générale de la pathogénie des lésions tuberculeuses et qu’elle constitue sous l'action d'un processus morbide particulièrement intense l’extension à tout le lobe supérieur de lésions développées rapidement à partir d’un état séquelle de la région intercléido-hilaire.

Page 1