‹ La Lobite Supérieure Droite TuberculeuseChapitre 44 sur 63 · RÔLE DE LA SCISSURE · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA SCISSURE

Quand on examine une image radiologique de lobite supérieure droite, la caractéristique qui s'impose plus particulièrement à l'esprit est la limite inférieure scissurale, dont la netteté dans les positions hautes de l’ampoule semble un obstacle à l'extension, vers le bas, des

lésions tuberculeuses. D'où l'importance attribuée par tous les auteurs au rôle de la scissure.

Les premiers observateurs pensaient avec Bérnoux qu'il existait une symphyse préalable des deux feuillets scissuraux et que la barrière scléreuse constituée par cet accollement représentait l'obstacle que la lésion ne pouvait franchir, « véritable barrière d'arrêt qui pousse en haut dans le lobe supérieur des processus fibreux qui protègent en bas le lobe inférieur ». Mais les études de M. SERGENT et de ses élèves, les recherches ultérieures de M. Léon BERNARD, montrèrent qu'il peut parfaitement exister des lobites, répondant aux définitions anatomo-pathologiques et aux conceptions radiologiques que nous avons exposées, et dans lesquelles l’espace interlobaire est parfaitement libre. C’est particulièrement lors de la constitution d’un pneumothorax thérapeutique que l’on peut se renäre compte de ce phénomène : l'air qui pénètre dans la grande cavité pleurale s’insinue aussi entre les deux feuillets de la plèvre interlobaire, et apparaît, à l’écran, comme un triangle clair à sommet hilaire et à base pariétale entre les deux masses, plus sombres, que constituent le lobe supérieur et le lobe moyen dissociés. On peut d’ailleurs vérifier l'indépendance de l’interlobe lors des examens nécropsiques, bien qu'il s’agisse là de lobites le plus souvent anciennes qui ont pu mettre en œuvre tous les moyens de défense de l'organisme. Sur les trois pièces que nous avons examinées nous avons trouvé deux fois la scissure libre. Ce n’est donc pas dans la symphyse interlobaire qu’il faut chercher la cause de la limitation des

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lésions. Or, nous n'avons trouvé nulle part une explication du rôle de la seissure, bien que tous les auteurs aient insisté sur ce rôle. Il ne s’agit que d’un cas particulier de la « ioi de limitation lobaire » de MM. Risr et AMEUILLE.

Cependant, M. Léon BERNARD, placé dans des conditions d'observation particulièrement favorables puisqu'il s'agissait d'une infirmière de son service, a pu suivre tout le mécanisme de la constitulion d'une lobite supérieure droite. Il a vu se développer d'abord une scissurite et l’obscurité lobaire toujours étendue s'accroître progressivement à partir de la scissure pour envahir la lotalité du lobe.

Ce mécanisme est il celui qui préside à la constitution de toutes les lobites supérieures droites? Assurément non puisque nous avons pu nous-même suivre, sur des clichés rapprochés et toujours pris dans la mème posi-

tion, la constitution d'une lobite supérieure droite, et

nous avons vu (obs. LXXXIV) une scissurile à peine perceptible au début devenir la limite inférieure d’une plage d'ombre résullant de la propagation d’une tache éloignée de la scissure, et développée sur des tractus probablement anciens de la région inter-cléido-hilaire.

Il existe donc différents mécanismes de constitution de la lobite supérieure droite. Peut-être d'ailleurs ces différents mécanismes correspondent-ils à des conditions pathogéniques différentes? Nous croyons en effet que l'observation rapportée par notre Maître est le fait d'une infection exogène d'autant plus explicable qu'il s'agissait d'une infirmière vivant dans un service de

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tuberculeux, tandis que celle que nous exposons serait due à une tuberculose de réinfection endogène, chezun individu vivant en milieu indemne.

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