‹ La Lobite Supérieure Droite TuberculeuseChapitre 46 sur 63 · THE · texte numérisé non relu

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la zone d'ombre peu dense du sommet correspond un réseau lymphatique pauvre.

Cependant, normalement, le cours de la lymphe est commandé par le jeu des valvules et se fait de la périphérie vers le centre, c’est à-dire vers les ganglions médiastinaux. Comment dans ce cas expliquer la propagalion par voie lymphatique de l'infection tuberculeuse ?

C’est que, lorsqu'un organisme est atteint de tuberculose, la progression de lalympe peut se faire dans une direction opposée à la direction normale : ce renversement de la direction est dû, probablement, à la dilata. tion des ganglions lymphatiques qui provoquent un obstacle. GABRIELLE, en ligaturantdeslymphatiques de chien, a pu confirmer les expériences de Corn et prouver que l'arrêt de la circulation lymphatique provoque une dilatation considérable des collecteurs au-dessus de cet obstacle. Or, M. ROUVIÈRE a prouvé, par ses expériences, | que les ganglions hypertrophiés agissent comme un obstacle : l’adénite tuberculeuse, première manifestation de l'infection, pourra donc agir comme un obstacle et provoquer en amont la dilatation des lymphatiques qui permettra aux germes pathogènes d'utiliser le cours de la lymphe en une direction inverse de sa direction normale pour étendre la lésion loin du foyer initial.

Il est vrai que les ganglions diminuent au fur et à mesure que le sujet vieillit, mais il résulte des travaux de M. Rouviëre qu’on trouve à l’autopsie de sujets adultes, morts detuberculose pulmonaire, des ganglions lymphatiques, dans les groupes atteints, en nombre

à Halte

bien supérieur à ceux des sujets normaux de même âge ; il pense que l’involution ganglionnaire n’est jamais complète : « les ganglions diminuent de volume, dit-il, mais ils ne disparaissent pas ; ce qu’il en reste est toujours susceptible de reprendre un grand développement ».

Ces considérations expliquent le rôle prépondérant des lymphatiques dans la constitution de la lobite supérieure droite; elles montrent comment le processus pathologique peut envahir tout le lobe tout en restant longtemps localisé. C’est qu'en effet, contrairement à la conception d'HovELACQUE, il n'existe pas de communication des lymphatiques au travers de la plèvre interlobaire et si, en empruntant la voie l\mphatique, la lésion primitive a pu se diffuser rapidement à tout un lobe, elle y reste néanmoins longtemps localisée.

Cependant, si la collapsothérapie n'intervient pas rapidement pour enrayer l'extensiou du processus morbide la lésion va s'étendre, et, le plus souvent encore, en utilisant la voie lymphatique : l'atteinte du lobe moyen ne se fera pas à travers l’interlobe et presque toujours l’espace immédiatement sous-scissural sera sain; les lésions d'extension ne se produiront que plus bas au niveau d’un réseau lymphatique des lobes sous-jacents, ou dans la région péri-hilaire opposée.

Entre les deux lobes il n’y a pas de communication directe : avant d'atteindre le lobe moyen le processus métastalique a dû gagner, de proche en proche, les ganglions médiastinaux dont l'hypertrophie. pathologique a permis la progression de la lÿmphe en sens rétro: grade au travers du lobe sous-jacent. $

Et cette conception du rôle primordial des lymphatiques nous explique encore pourquoi l'extension des lésions se fait plus souvent sous forme de bilatéralisation dans la région périhilaire gauche que sous forme de propagation descendante aux lobes inférieurs droits.

La topographie lymphatique commande la topographie de l’extension des lobites et justifie l’aphorisme de SERGENT : « Chaque lobe pulmonaire est un petit poumon ». |

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