TRAITEMENT
L'importante réalisation de la collapsothérapie artificielle et la vulgarisation de sa technique : les résultats’ de l’aurothérapie et l’extension de son application, l'introduction de la chirurgie dans le domaine de la phtisiologie et l'amélioration constante de ses méthodes, ont depuis vingt ans complètement transformé l’aspect du traitement de la tuberculose pulmonaire. En modifiant l’aphorisme de GRANCHER il est juste désormais de dire avec M. LÉON BERNARD qu'après le paludisme et la syphilis, la tuberculose est devenue la plus curable des maladies chroniques. Comme les autres localisations de la tuberculose, la lobite supérieure droite a bénéficié de ces méthodes nouvelles et c’est ce qui nous autorise à nous étendre sur ce chapitre de thérapeutique.
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À. — Lobite supérieure droite et pneumothorax artificiel
Il semble que la méthode de ForLANINI devait s’imposer comme procédé de choix dans la thérapeutique
d'une localisalion aussi nette que la lobite supérieure -
droite ; cependant, elle ne s’est pas généralisée d'emblée.
Aux détracteurs habituels d’une méthode qui a cepen-
dant justifié les espérances qu'avait fait naître son apparilion, s’ajoutaient les temporisateurs qui espéraient
obtenir par le simple repos et une médication reconstituante la guérison de lésions aussi limitées. Or, nous
savons que la limitation de la lobite n’est souvent que temporaire, et sa guérison spontanée fréquemment aléatoire. C’est pourquoi, sans atermoiements, il faut intervenir et collaber le poumon malade. i
1° INDICATIONS DU PNEUMOTHORAX.
D'une façon générale, on peut dire que toutes les lobites supérieures droites non bilatéralisées sont justiciables de la collapsothérapie.
Quelles sont en effet les conditions de réalisation d’un pneumothorax thérapeutique ? L'unilatéralité lésionnelle et la possibilité du décollement.
Aucun examen clinique ou radiologique ne peut préalablement déterminer cette possibilité : la symptomato= logie jadis classique de la symphyse pleurale (frottements, attraction médiastine, immobilisation du diaphragme) constitue toutau plus une présomplion; la géné: ralisation de la méthode de FoRLANINI a permis de constater qu’on ne peut connaitre l'existence d’une syme
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physe qu’en abordant la plèvre, l'aiguille à la main.
Quant à l’unilatéralité lésionnelle, elle résulte de la définition même de la lobite : affection étendue à tout le lobe mais n’atteignant que lui. Il est d’ailleurs évident que lorsque la lobite s’est propagée aux lobes inférieurs la lésion tuberculeuse reste unilatérale : le pneumothorax artificiel est toujours indiqué.
Mais souvent, au lieu de s’étendre aux lobes sousjacents la lobite supérieure droite s’étend au poumon gauche. Faut-il dans ce cas renoncer systématiquement à l'institution d’un pneumothorax artificiel ? C’est ce que l’on croyait au début de la méthode parce que l’on craignait que, dans le poumon non collabé, et obligé de fournir un travail supplémentaire du fait de la suppression fonctionnelle presque totale de son congénère, les lésions ne prissent une extension rapide. Or, nous savons maintenant que, lorsqu'il s’agit de lésions peu étendues, la création d’un pneumothorax artificiel ne facilite pas forcément leur propagation ; souvent même il existe une action contro-latérale du pneumothorax qui fait régresser des lésions du poumon non collabé. Cette action contro-latérale peut être si intense que le P' Ascozr (de Palerme) a préconisé la création d’un pneumothorax artificiel du côté sain lorsqu'on n’a pas pu décoller le poumon malade symphysé. Nous ignorons quelle pourra être l’application pratique de cette notion, mais il est actuellement acquis qu’une lésion symétrique, peu étendue et stationnaire, ne constitue pas une contre
indication à l'institution d’un pneumothorax artificiel. Le nombre des cas de lobite supérieure droite justi-
ciables de la méthode de ForLanini doit en être augmenté d'autant.
Sur 124 cas de lobite supérieure droite que nous avons étudiés, le pneumothorax artificiel n’a été proposé que 16 fois ; il est probable que les connaissances actuelles auraient révélé un plus grand nombre d’indications, car certaines de nos observations datent de 1924. D'ailleurs sur les 48 cas où le pneumothorax artificiel n’a pas été proposé nous n'avons rencontré que deux guérisons (obs. XLITI et CXVITI) et huit cas seulement où les malades ont pu être améliorés par d’autres méthodes ; nous enregistrons par contre sept cas où l’élat est resté stationnaire (il s’agit de 7 malades des sanatoriums de Villiers-sur-Marne, obs. XCVIH, CIT, CHI, CV, CIX, CXIE, CXIE, dont nous n'avons pu suivre l'évolution que sur uné période relativement courte), quatre cas où il s’est aggravé (obs. CVI, CX. CXiV, CXVI) et 16 cas qui ont été rapidement mortels ; enfin nous devons ajouter 10 cas dont nous n’avons pu connaître les résultats mais sur lesquels nous sommes obligé de porter un pronostic sévère, les malades à évolution favorable étant toujours ceux qu’on retrouve le plus facilement.
Nous n'avons pu suivre que deux cas où le pneumothorax a été refusé : l’un est mort en moins de deux ans (obs. LXX VI), l'autre,qui représentaitune forme fibreuse évoluant vers la sclérose chez un syphilitique, s’est considérablement amélioré (obs. XXIX). Nous ne saurions établir des pourcentages avec une documentation aussi pauvre, mais nous croyons que sur une plus grande statistique de pneumothorax refusés nous trouverions une forte proportion d'évolutions défavorables.
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