‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 101 sur 126 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Le déplacement de l’industrie

Le phénomène dont il nous reste à traiter est le produit d’un mécanisme différent du précédent. Au lieu qu'il s'agisse d’une simple extension de la base géographique de l’industrie, nous avons affaire à un véritable déplacement de son siège. Les établissements industriels abandonnent le centre de la ville pour sa périphérie ; ou bien des établissements nouveaux se fondent directement à la périphérie de la ville. C’est l’ensemble de chaque fonction industrielle qui est ici atteint par le mouvement centrifuge au lieu que ce soient seulement tels ou tels des actes de production dont la succession constitue cette fonction ; et même une partie de la fonction distributive ou commerciale peut êlre entrainée dans ce déplacement. Il y a donc, avec la forme précédente, une différence de degré ; la déconcentration atteint ici la totalité de la fonction industrielle, le centre urbain devient un organe proprement commercial,

ou, comme on dit maintenant, une ce{y (1).

1. Voir en général Schott. Die City-bildung in den deutschen Grosstædten (Statistischer Jahrbuch deutscher Stædte, XIV, 1908) et Robert Michels. £a formazione di centri d'affari meno abitati nelle città moderne della Germania, extrait de la Riforma sociale, septembre-octobre 1908.

Mais, ce mode de la déconcentration diffère aussi de l’autre en ce qu’il ne se développe pas et surtout n'apparaît pas dans les mêmes milieux ; et à ce point dé vue il est à la fois plus primitif et plus élevé. La déconcentration que nous avons appelée continue, ou simple extension locale du groupe industriel, n’apparaît, on vient de le voir, qu'avec un certain système économique et conséquemment avec un certain type de ville, des caractères spéciaux duquel elle dérive ; au contraire, le déplacement total de la fonction industrielle vers la périphérie se produit à la fois dans des types urbains très élémentaires (1) et dans des types urbains extrémement élevés. Il a un domaine en queique sorte plus général ; il apparait ainsi comme lié moins étroitement aux circonstances changeantes du milieu externe, comme dépendant moins aussi, dans son essence, des propriétés variables de la ville ; et on peut, dès maintenant, prévoir que ce phénomène est plus directement dépendant de caractères des fonctions industrielles et que ces caractères sont relativement fixes. Etant plus consiant, ses causes aussi doivent être plus constantes.

Comme précédemment, on étudiera successivement les formes élémentaires que présente le déplacement (2), et les causes qui les déterminent.

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