CHAPITRE PREMIER
Formes du déplacement des fonctions
vers la périphérie
Ce phénomène présente des degrés selon l’importance du déplacement, correspondant aux degrés suivant l'étendue de la déconcentration dont nous avons signalé l'existence dans les faits de déconcentration : et des degrés aussi selon la nature des fonctions qui sont
l’objet du déplacement.
Le déplacement des industries urbaines du centre vers la limite de la ville apparaît dans son évolution comme un processus particulièrement lent et progressif. Au lieu que les fonctions s'étendent pour ainsi dire subitement à la suite de certains changements accomplis dans le système économique, on voit le déplacement progresser de façon continue dans l'échelle des types urbains, et se développer à partir de germes qui apparaissent déjà dans la ville différenciée, sous la forme
très élémentaire où nous l’avons étudiée dans le premier
livre. On peut dire en effet que la formation de la ville différenciée avait déjà en elle-même pour effet la constitution d'industries périphériques : car, comme il a été dit, la partie différenciée de la ville n’en est devenue le centre que par un développement asseztardif ; elle acommencé par occuper une situation périphérique: l'établissement industriel et commercial aété à son origine un faubourg, avant que d'être la partie essentielle et caractéristique de la ville, et il est resté longtemps en dehors de la ville proprement dite. Sans doute, il ne s'agissait pas là d’éléments issus de la ville même ni par conséquent d’un mouvement centrifuge de ces éléments ; mais des éléments industriels venus du dehors prenaient directement une position périphérique. Ils y étaient nécessités par les caractères propres des établissements auxquels ils venaient s’agréger; mais on a fait voir qu'ils y tendaient aussi d'eux-mêmes.
Ainsi, on trouve le phénomène des industries périphériques à l’orgine même des villes. Il y présente même des caractères particulièrement nets. Ce ne sont pas seulement certaines industries, mais c’est l’ensemble des industries de la ville quiest à l’origine relégué et confiné à la périphérie: et de plus ce confinement est quelque chose de particulièrement tranché ; il revêt même souvent un caractère obligatoire.
On voit déjà par là que le phénomène des industries urbaines périphériques n’est point du tout, ainsi qu’on le dit souvent, un caractère spécifique à nos grandes villes modernes, Il n’a fait que s’y développer et s'y