‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 12 sur 126 · I. LE TYPE INDIFFERENCIÉ · texte numérisé non relu

I. LE TYPE INDIFFERENCIÉ

établissements permanents dont une partie, mieux défendue, servira pour les autres de refuge périodique. Même dans des villes temporaires on trouve déjà cette division (1) ; et ainsi il n’y a pas de solution de continuité entre les faits de concentration périodique et la « ville » comme établissement permanent. La périodicité de la ville se prolonge en quelque sorte à son intérieur ; une ville périodique survit dans la ville permanente elle-même.

Quelles sont les causes d’où dépendent ces formes diverses et successives d'un même phénomène ?

L'identité du caractère fondamental, à savoir la périodicité de l'établissement, permet de dire que ces causes sont les mêmes, et varient seulement en degré ou en quantité à mesure qu’on passe de la ville périodique à la ville permanente à base mobile ; et cette évolution même manifeste l'existence d’une lutte entre des nécessités de concentration et des nécessités de dispersion, les premières devenant de plus en plus agissantes et les secondes leur opposant de moins en moins de résistance.

1. Un des anciens refuges périodiques ou ferramares de l'antiquité est formé d’une enceinte qui ne dépassait pas 4oo mètres de diamètre, à l’intérieur de laquelle une seconde muraille délimitait un arx ou citadelle de 60 à 70 mètres ; et cependant il ny a à l’intérieur de ces enceintes aucune trace de constructions (V. Baumeister. Denk:mæler des Klassischen Altertums, HI, V° Stadtanlage, p. 1694-1695, avec plan).

Dans le cas de concentration intermittente, c'est la tendance centrifuge qui est la plus forte; puis les causes de concentration, agissant de façon continue, prennent le pas sur elle.

Ilest facile alors de voir de quelle nature sont ces tendances croisées.

Les tendances dispersantes sont l’œuvre de nécessités d'ordre économique ; elles tiennent à la nature de l’activité économique des sociétés où se constituent ces premières villes. Dans les unes, c’est la chasse, qui nécessite le maximum de dispersion des unités sociales ; la société se concentre l'hiver, lorsque la chasse est impossible ou rare. Dans les autres c'est une agriculture rudimentaire, épuisante, qui par suite requiert des migrations fréquentes ou au moins une forte dissémination des éléments sociaux. Mais déjà la dispersion exigée par l’activité agricole est moindre que celle nécessitée par la chasse : la nécessité de dispersion s’affaiblit à mesure qu’on remonte l'échelle des sociétés les moins élevées.

En même temps progresse la nécessité de concentration, qui est le fait de l’état de guerre (li. Dans les sociétés peu fixées la guerre est rare et intermittente (2)

mais dans les sociétés fixées elle devient fréquente et

.1. C’est ce que les textes disent quelquefois eux-mêmes : Les villes et châteaux sont bâtis, disent Les vieux textes anglais, «for the shelter of the folk » (V. Ballard. Domesday Boroughs, P+ 109).

. 2. On a souvent noté le caractère pacifique des rapports intertribaux en Australie.

Page 1