‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 13 sur 126 · I. LE TYPE INDIFFERENCIÉ · texte numérisé non relu

I. LE TYPE INDIFFERENCIÉ

périodique (1), et nécessite l'existence de refuges fixes où la population se concentre d'abord périodiquement, puis de façon permanente dès que la guerre est suffi samment continue ; mais alors l’action des nécessités économiques de dispersion détermine le changement rythmique du lieu de l'établissement qui descend en plaine pendant l'été, pour remonter l'hiver sur les hau:teurs où il est plus en sùreté, dès que le cycle des tâches agricoles est accompli.

Il reste à déterminer ce qui cause l'indifférenciation économique interne de ces premiers établissements urbains.

On vient de voir que la ville n’est à son origine qu’un resserrement temporaire puis permanent d’une société complexe, formée d'une multiplicité de groupes distincts. C'est généralement une tribu qui la constitue ; or la tribu est un assemblage de clans. Concentrée, elle reste ce qu'elle était disséminée ; elle continue d’être formée d’une multiplicité de groupes locaux, normalement indépendants les uns des autres au point de vue écono m que, la tribu ne constituant guère qu’une unité politique et religieuse ; et ainsi se trouve constituée, par simple contraction d'une organisation préexistante, une ville de type indifférencié. L'organisation interne de la ville n’est qu'un prolongement et un décalque réduit de

l’organisation tribale. Toutes les divisions de celle-ci

1. Elle était à l’état chronique chez les Indiens agriculteurs de l'Amérique du Nord.

s’y retrouvent; non seulement les clans ont leur place marquée dans la ville périodique des Omahas, mais aussi les deux phratries de la tribu s'opposent localement dans cette ville éphémère (1); et de même les refuges périodiques fortifiés comprennent souvent, outre une enceinte centrale, une multiplicité d'enceintes plus petites (2) qui sont le germe premier des faubourgs, et où les diverses divisions du groupe qui venait se réfugier dans cet ensemble continuaient sans doute à vivre à part les unes des autres.

L'organisation de ces premières villes n’est donc qu’une forme particulière d’une organisation plus générale, l’organisation tribale, dont elle est issue par simple contraction ; l’a:tonomie économique des divisions de la ville n'est que le prolongement de l’autonomie économique des clans, et elle dépend des mêmes causes. Ces causes, nous n’avons pas à les rechercher ici; il nous suffit d'être remonté à cette structure plus générale et d’avoir montré, dans le caractère essentiel de la ville indifférenciée, un prolongement d’un caractère général .

du milieu social où elle se forme.

1. Dorsey. Omaha Sociology (Third Report of the Bureau of Ethnology, p. 219, 220.)—Cf. Morgan. Ancient Society, p.95. (Opposition locale des phratries aussi chez les Iroquoïs quand la tribu se rassemble en conseil.)

2. Baumeister. Denkmaæler des Klassischen Altertums, v° Stadtanlage, IT, 1695, 1696. — Meitzen, Siedelung und Agrarwesen der West-und Ostgermanen, etc., II, 239. Ces enceintes ne contiennent, rappelons-le, aucune espèce de bâtiments ; le resserrement temporaire de la tribu ne modifie même pas la technique de son habitation.

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