‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 33 sur 126 · Vinogradoff. Grouth of the Manor, p · texte numérisé non relu

Vinogradoff. Grouth of the Manor, p

ainsi que le village, comme des institutions d'assurance mutuelle, dont l'apparition était naturelle dans un milieu dont le trouble et le risque sont la loi.

IL. — Il suffit dès lors que s'’intensifie ce caractère du milieu social, pour que la famille ou le village lui-même devienne une protection insuffisante ; et alors, de même que s'étaient rapprochés les membres de la famille, les villages s’agrègent ensemble, etla ville se constitue. Que ce soit là la cause de l'agglomération des villages c’est ce qui est impliqué, comme pour le village, par la morphologie même de la ville; et c'est ce qui peut être

observé directement dans certains cas privilégiés (1).

Mais qu'est-ce qui détermine l’organisation économique interne des villes ainsi formées ?

Le même mécanisme se reproduit qu’on avait déjà vu fonctionner dans l'agglomération des clans : dans les deux cas, la ville est le simple resserrement d’une société déjà complexe, mais dont les parties sont indifférenciées. En effet, ce qui caractérise le village dans ces sociétés, c’est l'autonomie économique : l’économie de

village constitue un organisme presque fermé au de-

1. Expilly (Dictionnaire géographique des Gaules, IH, 251) montre que la ville del'Isle-sur-Sorgue s’est ainsi constituée par Punion de deux villages dont les habitants, ne se voyant pas en étai de résister aux violences croissantes des grandes compagnies, « abandonnèrent leurs demeures et se retirèrent dans le bourg de l'Isle ».

I. LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ 93 hors (1). Que plusieurs villages se joignent pour faire une ville, ils conservent chacun son autonomie économique et ainsi les quartiers de la ville constituent, les uns par rapport aux autres, des unités relativement fermées. Le rapprochement qui se fait entre les villages est purement géographique, parce qu'il résulte d’une pression externe, qui ne les constitue pas en société ; la ville est une unité politique et juridique, non une unité économique. Ce ne sont pas les parties de la ville qui s’attirent l’une l’autre, poussées par le besoin de se lier socialement ; c’est une nécessité tierce qui les force à se placer côte à côte. Ainsi l’organisation interne de la ville se relie à la nature de sa cause ; il Semble en quelque sorte que par cet isolementinterne les villages manifestent leur résistance contre les nécessités qui les joignent. Ils tendent en quelque sorte d'eux-mêmes à se disjoindre ; on verra même comment ils sont souvent entre eux sur le pied de guerre (2). Autrement dit, le village, en devenant partie à la ville reste pourtant lui-même ; il ne revêt aucun caractère nouveau ; sa morphologie et sa fonction restent ce qu’elles étaient. Voilà pourquoi la ville et le village peuvent nrésenter les mêmes traits fonda-

mentaux, et ne diffèrent qu’en complexité.

1. V. notre Distribution géographique des industries, p. 4-8 et références’

2.V.p.122193, Téhéran était divisé en douze quartiers quiétaient en lutte permanente : un homme domicilié dans un quartier nentrait jamais dans l’autre. (Barbier de Meyÿynard, Dictionnaire de la Perse, p. 399.) Ici les parties de la ville sont des unités rigoureusement fermées les unes aux autres.

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