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l. LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ 133
Le premier est que les sociétés où se constitue la ville indifférenciée sont formées exclusivement de groupes secondaires locaux, dont chacun a sa base géograque distincte (1). Or la ville n’est, dans plusieurs des mécanismes qui ont été décrits, que le simple resserrement de son milieu ; sa morphologie répète donc naturellement la morphologie de celui-ci (2). C'est ce qui se passe dans l’agglomération de clans. et mieux encore dans l’agglomération de villages, où les divers quartiers de la ville sont assez souvent séparés par des espaces cultivés Il y a d’ailleurs des cas privilégiés où se marque on ne peut plus nettement cette ressemblance fondamentale entre la ville et son milieu ; il y a des villes très distendues, dont l’aire est occupée en majeure partie par de la terre cultivée (3), et qui
1. Les limites de ces groupes sont toujours nettement déterminées. V. pour la tribu C. C. Royce. Indian Boundaries (First Report of the Bureau of Ethnology, p.253). — Pour les villas, villages et domaines, Maitland. Township and Borough, p. 8, et Domesday Book and Beyond, p. 9-10. — Sée. Les classes rurales et le régime domanial, p. 27. — Andrews. The Old English Manor, p. 103-104 (cérémonies de la limitation du domaine).— Beaudoin. Les grands domaines dans l'empire romain, N.R. H., XXII, 1898, p. 78-79. Limites très déterminées du grand domaine, tracées suivant les mêmes règles que celles de la ville. Celles-ci ét&ient alors tracées avec une charrue. (V. Smith.Dictionary of Greek and Roman Rs v° Colonia, p. 316). V. déjà dans les Lois de Manou (VHI, $ 245 et suiv.), les règles minutieuses relatives à la fixation des limites entre deux villages.
2. À Athènes les dèmes compris dans la ville avaient comme les autres des limites très déterminées et étaient séparés par des bornes, sauf deux dèmes entre qui eurent lieu des contestations interminables. (Haussoullier. Vie municipale en Atti-
ue, p. 2.
: 3. Ex. à Téhéran, Boukhara, Khiva (cf. Ratzel, Anthropogeographie, 1, 447) où plus de la moitié du sol de la ville est
ressemblent ainsi tout à fait aux districts ruraux qui les entourent. Il apparaît par là qu'entre le district rural, village ou domaine, et la ville indifférenciée, il n’y a aucune différence essentielle autre que le degré de contraction et de complication du groupe. La morphologie (1) et la fonction de la ville sont les mêmes que celles d’un district rural ; et de même son droit est identique : comme le district rural elle est formée d’une multiplicité de communautés juridiquement autonomes ; elle présente le même morcellement juridique et économique (2). Les ressemblances entre la ville et le village apparaissent ainsi maintenant comme un aspect particulier de ressemblances plus générales, de caractères plus profonds de l’organisation sociale.
En second lieu le caractère morcelé de la ville résulte d’une double propriété que présente dans ces sociétés tout établissement humain. Le morcellement de la ville n’est d'abord qu’un cas particulier d’un morcellement général des agglomérations ; le village et la
en champs et jardins. A Bénin, il y a deux enceintes : l’enceinte interne contient en partie des bois et des champs ; l’enceinte externe ne contient guère e cela (Dennett. At fhe Back se Black Man's Mind, A plan de Bénin face à la page 1
1. C’est ainsi que le domaine, comme la ville, est formé d’un château et de plusieurs villages, mais plus distants, et comme la ville, il est même quelquelois entouré de murs (Beaudoin. L£g prunes domaines dans l’Empire romain , N. R. H., 1897, P: ;
2. V, Round. The early administration of London (dans Geoffroy de Mandeville, 1892, appendice P, p. 356-357). Le Londres du xrr' siècle était un agrégat de communautés, townships, paroisses, manoirs et seigneuries, etc. ; le seul élément commun était le shériff, que la ville avait comme tout autre comté.