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V. Pirenne. Histoire de Belgique

2. Gilliodts Van Severen. Coutumes de la ville de Bruges, IE, 530 (encore en 1691, décret portant que tous ceux qui exercent un franc négoce sont bourgeois).

3. Flammermont. Histoire de Senlis, p. 187 (Statuts des lingers, 1311 : & S'il estoit seu que nus ne nule engagast chaien-

nes ne fil d'autrui, &l pert le mestier et la ville à tous jours ».) 4. Ainsi à Noyon :Lefranc. Histoire de Noyon, p. 175.

le métier a la même nature juridique que la ville (4) et par suite le territoire en est aussi un élément essentiel. Le métier est même une véritable division administrative de la ville, qui est divisée en métiers (2) comme elle l'est en quartiers ou en rues; et on comprend ainsi comment le métier lui-même peut être un quartier ou une rue.

II. — L'action de cet ensemble de causes déjà complexe a été renforcée par celles de certains caractères communs aux différents métiers, mais qui sont propres à ce genre spécial de groupe secondaire ; ce sont des caractères d'ordre économique. Nous faisons allusion aux propriétés générales du métier considéré comme forme d'industrie. Ce qui le définit à ce point de vue, c’est l'existence d'un rapport direct entre le groupe producteur et le groupe consommateur : l'artisan est en même temps le marchand de son produit, ainsi qu'en témoigne le nom même de mercator qui qualifie sa situation sociale. Ce rapport direct est même quelque chose de si essentiel, qu’il est imposé et sanctionné par

le droit. Il en résulte deux conséquences. L’artisan,

1. On a pu dire que l’art est une petite commune qui a les mêmes principes que la grande (Luchaire. Le statut des neuf gouverneurs et défenseurs de la commune de Sienne, Mélanges Ecole Rome, XXI, 1901, p. 28, note 2.) A Surate la guilde de chaque métier porte le nom de panchayat comme le conseil du village (Hunter, /Zmperial gazeteer of India, XL, 135.)

2. Lefranc ibid. : les bourgeois non manuels furent réunis en une division spéciale, les Auiseux. —Les bourgeois de Wissembourg étaient divisés en sept tribus de métiers : les vignerons, les tisserands, les serruriers, les cordonniers, les marchands, les boulangers et les bouchers. (Reuss. L’Alsace au X VIII: siècle, t. 1, p. 478.) : à Turckhein, il n’y a que deux tribus, les vignerons et les artisans. (Reuss, ébid., t. L, p. 496.)

étant un marchand, se trouve atteint par la contrainte de marché : la localisation obligatoire de la vente a souvent ainsi pour effet indirect celle de la production. De plus, la police de la ville, et celle de la corporation là où existe celle-ci, interviendront directement dans l’organisation de l’industrie, pour assurer la séparation locale des métiers dans l'intérêt des acheteurs (1). Ceuxci, étant en relation directe avec les métiers, en influencent directement l’organisation.

IV. — A côté de ces causes générales, des caractères plus spéciaux sont entrés en action. Ce sont, soit des caractères communs aux différents métiers, mais qui ne se rencontrent pas dans tous les milieux sociaux où domine cette forme d'industrie ; soit à l'inverse, des caractères particuliers à certains métiers, mais que ceux-ci peuvent présenter de façon constante dans les divers milieux.

Les premiers sont eux-mêmes de deux sortes ; ils tiennent soit à l’origine des métiers, soit à leur droit.

Dans certaines sociétés, les métiers sont issus directement de clans spécialisés et localisés, lorsque la ville différenciée n’est elle-même que le resserrement d'une organisation de ce genre. Ils présentent donc naturellement aussi le même caractère local ; l’organisation locale des métiers n’est que le prolongement de celle des clans. Dans d’autres sociétés, les métiers ne sont

que des castes dont le caractère économique a pris un

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