I. DÉCONCENTRATION DE L'INDUSTRIE
transportée aux bornes mêmes des faubourgs, qui passaient ainsi dans le cercle réservé où l'exercice des métiers était permis.
Il. — À mesure que s'effaçaient les contrastes juridiques entre les anciennes divisions sociales (1) et locates de l'organisme urbain, et notamment entre la ville et les faubourgs, d'autres oppositions se trouvaient pour ainsi dire démasquées et remplaçaient les premières ; la division en classes sociales, et plus spécialement en classes économiques, passait au premier plan. L'opposition entre les riches et les pauvres prenait toute sa valeur (2) maintenant qu'ils faisaient partie d'un même ensemble, et que se multipliaient à la fois, avec les changements dans la fonction de la ville, les causes de richesse et de pauvreté ; et, dans des sociétés où les différences étaient encore si efficientes, où la classe sociale avait encore, à bien des égards, toute la netteté de la caste, il en résultait un mépris intense des riches pour les pauvres, et une mise à l’écart de ceux-ci. Or, les riches étaient les commerçants, et les pauvres les travailleurs de l’industrie ; la fonction de ces gens vils, « Ki ont lesongles bleus » (3) se trouvait par contrecoup séparée localement de la fonction commerciale, et
r. C’est ainsi que les clercs, après avoir formé une société à part, peuvent être ensuite reçus bourgeois de la ville. (V. D'Herbomez. Les constitutions de Tournay, in Nouv. Rev. hist. de droit, 1906, p. 352, 456, 464 (1340).