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L'assurance colléctive, op, cit. in fine

Ainsi, affirme-t-il, de la liberté des conventions surgira la réalisation du rêve d’une certaine école dont M. Le Play est le chef, la reconstitution du patronage.

Ces conclusions peuvent sembler exagérées : c’est préter aux promoteurs d’une idée de prévoyance et d'humanité des calculs bien profonds. Si la pratique des assurances se développe, l'ouvrier sera sûr de trouver dans toutes les usines les mêmes avantages, le patron ayant eu soin ou de contracter une assurance collective, ou d'établir une caisse particulière. C’est pour éviter ce danger que les compagnies minières du bassin de la Loire ont conclu entre elles des conventions ayant pour but de servir à ceux de leurs ouvriers qui passeraient d’un établissement dans unautre, les avantages qu'ils étaient en droit d'attendre des retenues opérées sur leurs salaires (1).

Loin d’apercevoir dans cette institution un élément de discorde, il faut plutôt y voir un germe d’apaisement : elle peut aboutir à une diminution du nombre des malheureux et par suite des révoltés et des mécontents.

Nous avons reconnu d’ailleurs que l’assurance, telle qu’elle est pratiquée actuellement, présente des défauts.

Cest imperfections viennent-elles de ce que lassurance est laissée à l'initiative individuelle? L'assurance par l'Etat et l'assurance obligatoire que certains auteurs préconisent, les feraient-elles disparaître ?

Ces deux questions soulèvent de nombreuses difficultés et d’ardentes controverses : nous mous bornerons à

1. Gruner. Les lois d’assistance ouvrière en France, Angleterre.

résumer les arguments invoqués par les partisans et par les adversaires de ces réformes.

L'assurance par l'Etat a été préconisée par M.Wagner, de Berlin (1).

L'assurance est, selon lui, une fonction analogue à “celles que l'Etat remplit déjà. Il a pour ce service une bureaucratie toute prête; par suite, une dépense inutile de forces se trouve économisée qui résulterait pour la société de la formation de nouveaux organismes. De plus, le placement des capitaux nécessités par l'assurance est une opération à laquelle l'Etat est propre et qu'il fait déjà.

La nature de l'assurance présente des arguments décisifs en faveur de ce mode d'exploitation : quelle compagnie peut présenter des garanties de solvabilité plus grande que la collectivité même des citoyens, que l'État?

L'État ne peut respecter la classification et la sélection des risques : c’est tant mieux. Ce système, logique en lui-même, est un mal : il aboutit en effet à ne pas protéger ceux qui ont le plus besoin de protection. La prime doit être la même pour tous, « car l'État est un organisme où chaque membre est solidaire des autres. » M. Wagner voit même dans cette égalité de la cotisation un moyen lent, mais sûr de faire Ep les inégalités sociales.

C'est l'État qui fait les frais de l'assurance préventive : inspection et Surveillance. Qu'arrive-t-il alors ? C’est que

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