Henri Berthout
2. C’est un. train de chars sur lequel se trouve une plate-forme mobile et inclinée portant des mannequins costumés. Le mouvement de rotation imprimé aux chars par les chevaux communique un second mouvement à la plate-forme qui, posée obliquement, présente les personnages tantôt en haut, tantôt en bas, pour marquer l’inconstance et la mobilité des caprices de la fortune dont la statue est fixée debout au centre de la plateforme.
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
serait seule capable de définir le tableau de ces scènes pittoresques, ou encore celle que Théophile Gautier employa pour les fusées du capitaine Fracasse. Quant à nous, qui étions venus ici pour y étudier la seule locomotion, nous sommes obligé d’être succinct et de nous en rapporter aux dires de la froide histoire. « Ghascun marchand forain, dit Boileau1, qui descent ès halles toile, doit de hallage, pour cheriot quatre sols, pour charete deux, et, pour cheval, douze deniers. » Ainsi sommes-nous renseignés sur les prix de remise des véhicules de nos pères ! De tous les points, vers la foire du Lendit, arrivaient les marchands, parmi lesquels beaucoup
Dessus un char à marchéant
De cels qui vont en Lombardie2.
Et pendant ce temps, magistrats, médecins, plaideurs et hommes de loi de continuer à se rendre au Palais « à dos de mule » !
Cette coutume judiciaire s’accrédita si bien qu’elle se conserva jusque fort avant dans le xvne siècle. Cette expression proverbiale : « Garder le mulet », date de cette époque. Les hommes au service des magistrats la répétaient entre eux pour témoigner de leur impatience. Cela correspond à peu près au « croquer le marmot » de Xv« siècle.
notre génération. A mesure
que le nombre des magistrats augmenta, le nombre des montures et des valets s’accrut. Le Parlement dut y mettre ordre. Aussi lit-on, dans un acte en date du mois de mars 1599, « qu’il fit faire un montoir de pierre dans la cour de Mai pour que MM. les Présidents et Conseillers pussent, en sortant de l’audience, monter sur leurs mules ou chevaux ». Il n’y a pas si longtemps que des « montoirs » de ce genre existaient encore à Paris, rite du Pas-de-la-Mulc.
Nous avons, par les fabliaux, rondels, ballades et poésies légères